pays hors la loi

Publié le par ottolilienthal

Arabie saoudite Des Français bloqués et sans ressource

Deux cents ressortissants français et leurs familles sont bloqués, sans salaires depuis de nombreux mois. Ils étaient employés d’un géant du bâtiment, en conflit avec le pouvoir wahhabite.

 

En plus d’un an, ils n’ont reçu qu’un seul salaire mensuel. Leurs comptes bancaires sont bloqués. Leurs voitures de société reprises, leurs loyers impayés. Certains de leurs enfants ont dû stopper brutalement leur scolarité ou leurs études supérieures. C’est une très longue traversée du désert que vivent actuellement près deux cents employés français et leurs familles en Arabie Saoudite.

Comme près de 38 000 autres salariés dont beaucoup de Libanais, ils sont victimes de la chute d’un empire du bâtiment, Saudi Oger, et de surcroît « prisonniers » de la législation locale. Comme il y a quelques années certains footballeurs français chez le voisin qatari…

La société Saudi Oger, fondée par l’ancien Premier ministre libanais et milliardaire Rafic Hariri (assassiné en 2005) et désormais dirigée par son fils Saad, ne serait plus en odeur de sainteté au palais royal.

Non seulement elle paie la crise du brut, mais aussi en raison des tensions entre le Royaume et le Liban, majoritairement chiite.

Un salarié français de Saudi Oger, originaire de l’Est de la France, témoigne anonyme de « peur de représailles » : « Chaque jour, des gens démissionnent ». Contraints et forcés. Et sans « iqama », le permis de travail local, certains ne peuvent pas quitter le royaume.

L’entraide entre « expats » s’organise.

Une collecte de fonds a été organisée avec le soutien de l’ambassade de France à Riyad, qui se dit « pleinement mobilisée ». Mais ce n’est pas suffisant, selon la femme, très amère, du ressortissant français. « L’ambassade doit faire pression pour que l’on soit payé. On a peur de passer des années à se battre contre cette bureaucratie corrompue… » Jusqu’à maintenant, la France* est restée très discrète sur le sort de ses compatriotes. « J’ai une lettre de l’ambassade qui me dit clairement que la relation entre les deux pays serait abîmée si elle interférait dans cette affaire… »

* En 2015, l’Arabie saoudite a été le premier client militaire de la France, devant le Qatar, l’Égypte et l’Inde.

Violée puis condamnée, Laura a pu rentrer aux Pays-Bas

"Laura", la Néerlandaise condamnée lundi par le Qatar à un an de prison avec sursis pour "adultère", après avoir porté plainte pour viol, est rentrée aux Pays-Bas. Agée de 22 ans, la jeune femme a pu quitter le Qatar mercredi soir.

Laura était détenue depuis son arrestation le 14 mars au Qatar, où elle passait ses vacances. Lundi, un tribunal de Doha l’avait condamnée à un an de prison avec sursis pour "adultère", c'est-à-dire pour des relations sexuelles en dehors des liens du mariage, interdites au Qatar. Le même tribunal avait ajouté qu’elle serait expulsée du Qatar une fois qu’elle aura payé une amende de 3.000 riyals (732 euros).

Laura s’était rendue dans un hôtel où la consommation d’alcool était autorisée. Selon son avocat, "elle est allée danser mais à son retour à sa table, après la première gorgée, elle s’est rendu compte que quelqu’un avait ajouté quelque chose dans son verre. Elle s’est sentie très mal et le lendemain matin, quand elle s'est réveillée dans un appartement complètement inconnu, elle a réalisé qu’elle avait été violée".

Laura s'était ensuite rendu dans un poste de police pour déposer plainte, mais les policiers ne l'ont pas laissé repartir.

Selon l’auteur présumé des faits, la relation était consensuelle et la jeune femme lui avait même demandé de l’argent. Des accusations que réfute totalement la jeune femme. «Elle réfute complètement ces accusations», a dit son avocat.
L’homme, un ressortissant syrien identifié comme Omar Abdallah al-Hassan, a écopé de 100 coups de fouet pour «adultère» et de 40 coups de fouet pour «consommation d’alcool», interdite dans cet émirat conservateur régi par la loi islamique.
Il devait lui aussi être expulsé du Qatar.

L’international Abdès Ouaddou attaque le Qatar de front. « On est dans une conspiration du silence »

 

Joueur au Qatar pendant deux saisons, l’ancien Nancéien veut sensibiliser l’opinion aux contraintes très strictes qui pèsent sur les travailleurs étrangers dans le pays.

 

D epuis des mois, Abdès Ouaddou mène une croisade pour dénoncer un scandale, celui du Qatar. Aujourd’hui de plus en plus de gens le rejoignent. En filigrane il y a le PSG, la coupe du Monde, le pouvoir du football sur la scène diplomatique internationale. Et surtout des drames humains. Témoignage.

 

Peut-on écrire que vous menez un véritable combat ?

 

« C’est trop ‘‘hard’’. Ce n’est surtout pas une guerre. Disons que je profite d’une expérience personnelle pour sensibiliser l’opinion publique sur l’image contrastée du Qatar et sur ce qui s’y passe réellement. Il y a les investisseurs de l’Europe et leur énorme puissance financière, eux sont en passe de réussir leur coup. Leur image est bonne. Mais cette ouverture de séduction vers l’Occident est en train de se retourner contre eux. Et puis il y a le reste… »

 

C’est-à-dire ?

 

« Les Qataris ont décidé d’investir, notamment à travers le sport, pour s’émanciper, se développer, avoir une bonne image. Le sport, presque tous les sports les aident. Ils ont même conçu une télévision BeIn pour cela. C’est une filiale d’Al Jazeera, mais il n’était pas question de la baptiser ainsi, elle passe pour la télé des terroristes. Ils ont trouvé un autre nom pour mieux se faire aimer. Leur visage est double. Moi je peux parler des deux, j’ai vécu là-bas. Ce sont les mêmes personnes ceux qui offrent 170 M€ de mécénat à Barcelone, ceux du PSG, un club que moi j’aime bien au demeurant et ceux qui martyrisent des personnes chez eux.

 

Alors pourquoi ?

 

« Parce qu’ils ne veulent pas déroger au système de Kafala, à leurs lois. C’est un « sponsoring-ship », c’est-à-dire que lorsque vous travaillez là-bas comme étranger vous êtes forcément sous la tutelle entière de quelqu’un. Vous êtes mains et pieds liés. On ne peut pas se libérer de son employeur, la tutelle est totale. En cela le football est une activité comme une autre. On est dépendant de cette loi archaïque et barbare, d’un autre siècle. Les droits de l’homme et de la femme sont bafoués en permanence. »

 

Vous avez joué au Qatar avant d’être écarté. Comment cela s’est-il passé ?

 

« Je reste en conflit et en litige avec eux car ils ont arrêté de me payer. Mais cela n’est pas propre au Qatar, le foot pratique ainsi, ce n’est pas le souci. Ce qui est important c’est qu’en raison de leur système, on est prisonnier là-bas, pris en otage, ils gardent votre passeport, vous ne pouvez plus sortir. Je connais deux entraîneurs qui sont dans cette situation, ils crèvent de faim. Le but pour moi est de sensibiliser sur ce drame, quand j’ai commencé, je n’étais qu’un sportif. Et on considérait peut-être que je n’avais pas à me plaindre car j’avais gagné de l’argent. Mais je suis un travailleur aussi. Il y a des citoyens français retenus au Qatar, des industriels, je me bats pour eux. »

 

Les choses bougent-elles sous le poids de votre action et d’autres soutiens ?

 

« Clairement oui. Des gens ouvrent les yeux. Mais de là à dénoncer, il y a encore un fossé. On est dans une sorte de conspiration du silence, une omerta. Surtout en France car en Angleterre et en Allemagne notamment, les médias s’indignent. Aux USA Madame Clinton est partie libérer deux de ses compatriotes en discutant avec les autorités. En France, on dirait que c’est tabou. La diplomatie essaie mais on sent bien que l’on ne peut pas froisser nos amis qataris. »

 

On connaît les Qataris du PSG, sont-ce les mêmes personnes ?

 

« Oui, elles ont simplement deux facettes. »

 

Avez-vous reçu des menaces ?

 

« Oui, une seule fois, un coup de fil en anglais. On m’a dit qu’il fallait que je fasse attention à ce que je disais. Mais je ne veux pas me taire, je ne peux pas. »

 

Le Qatar doit organiser la Coupe du monde 2020, est-ce possible ?

 

« On a appelé à la réattribuer à un pays respectueux de l’être humain et à revoter. Savez-vous aussi que 400 travailleurs décèdent chaque année sur les chantiers, cela fera 5000 morts sur les stades quand le Mondial débutera ! Nous, footballeurs, on ne peut pas cautionner cela ! On ne peut pas fermer les yeux sur ce système esclavagiste. Leur mort ce sont des normes de sécurité non respectées, des conditions insalubres d’hébergement et énormément de suicides pour tous ces gens qui ne peuvent rentrer chez eux. Ils dépriment. La Coupe du Monde au Qatar serait la Coupe du monde de la honte. »

 

Que fait la FIFA ?

 

« Au départ elle a eu du mal à nous entendre. Onze manifestants ont même été chassés par la police lors d’un comité exécutif à l’Ile Maurice. Mais aujourd’hui elle ne peut plus rien ignorer, seulement Blatter a trouvé la parade, il dit qu’il ne peut pas faire d’ingérence dans la politique d’un état souverain. Nous, les joueurs, on peut changer cela, on ne peut pas jouer là où des gens sont morts ! Alors j’ai invité clairement la FIFPro (le syndicat mondial des joueurs) à me soutenir et au boycott. Je veux qu’elle prenne position. »

 

Que pensez-vous d’un éventuel changement de saisons pour la coupe du Monde ?

 

« Je vous dis simplement qu’il est strictement impossible de jouer l’été. Il fait 50 degrés et un taux d’humidité de 80 %. J’y ai joué, les gars marchent pendant les matchs. Un Colombien, Christian Benitez, est mort d’un arrêt cardiaque l’an passé. Mais personne n’en a parlé. «

 

En conclusion ?

 

« On est dans un apartheid des temps modernes et on veut que le football cautionne. Moi, Abdès Ouaddou, malgré ma carrière, je ne suis pas grand-chose, un petit joueur. Si demain Messi, Zidane ou Ronaldo en parlent, alors oui on va nous entendre. »

 

Propos recueillis par Christian FRICHET

 

http://www.lejsl.com/sport-national/2013/10/11/on-est-dans-une-conspiration-du-silence

 

Retenu au Qatar, Zahir Belounis va enfin pouvoir rentrer en France

 Ce footballeur français cherchait à sortir du pays depuis deux ans...

 

Zahir Belounis, un footballeur franco-algérien coincé au Qatar avec femme et enfants depuis deux ans, va enfin pouvoir rentrer en France. Son avocat a confirmé mercredi sur RTL qu’il avait enfin pu obtenir un visa de sortie et qu’il arriverait vendredi à l’aéroport Charles-de-Gaulle.

 

Débarqué au club d’Al-Jaish en 2007, Belounis avait vu son destin basculer en 2011, alors qu’il participait à la Coupe du monde militaire au Brésil sous les couleurs du Qatar. Barré par l’arrivée de trois nouveaux étrangers dans son club, il avait été prêté à un club de 2e division en même temps qu’Al-Jaish refusait de payer son salaire. Jusqu’à aujourd’hui, ce dernier refusait de délivrer une autorisation de sortie de territoire à Belounis si celui-ci ne renonçait pas à toucher l’argent prévu dans son contrat.

 

http://www.20minutes.fr/sport/1255611-20131127-retenu-qatar-zahir-belounis-va-enfin-pouvoir-rentrer-france

Commenter cet article