A l’aube d’une énième crise en Grèce ?

Publié le par ottolilienthal

 

 

Alors que la Grèce prendra la présidence de l’Union européenne le 1er semestre 2014, une nouvelle information pourrait aggraver davantage la situation économique et sociale du pays.

 

La crise financière de 2008 a eu toutes les conséquences que l’on connait dans le pays hellénique, et tandis qu’on pouvait espérer que tous les scenarii catastrophes se soient déroulés, une nouvelle crise semble pointer à l’horizon. En cause cette fois, les saisies immobilières.

 

Concrètement, depuis 2008, plusieurs textes de loi ont été établis afin de suspendre et d’interdire les saisies de biens immobiliers faisant l’objet de créances, et ce, dans la limite de 200.000 euros. Cependant, le moratoire mis en place sur ces saisies doit prendre fin le 1er janvier 2014. Les créanciers vont ainsi pouvoir à nouveau, à partir de cette date, saisir ces biens immobiliers.

 

Les conséquences seraient dévastatrices pour les citoyens grecs qui ont emprunté et qui n’ont pas fini de rembourser leurs biens immobiliers. Dans ce cas, comme aux Etats-Unis durant les prémisses de la crise, des milliers de gens se retrouveraient à la rue, sans toit.

La situation financière grecque est toujours aujourd’hui compliquée. Depuis 2010, le pays est sous l’assistance financière de l’Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI), et a reçu plus de 240 milliards de prêts pour éviter la faillite. Le pays est dans une récession profonde et a vu son taux de chômage exploser. Aujourd’hui, il est approximativement à 27,3% et est le plus élevé de la zone euro. Par ailleurs, la population ne cesse de s’appauvrir. Seule lumière à l’horizon, les prévisions de nombreux analystes économiques pour 2014 sont positives et encourageantes : le PIB pourrait connaître une mini croissance avec une augmentation de 0,6% Rappelant même la prévision d’un excédent budgétaire primaire en 2013, le ministre des affaires économiques grec s’est dit optimiste sur “la sortie définitive du pays de cette terrible crise” en 2014.

 

Cela n’empêche pas malheureusement que la Grèce puisse, dès le 1er janvier 2014, connaître à nouveau une crise d’une ampleur considérable. Comme l’expliquait le site boursorama.fr, “la levée totale ou partielle du moratoire sur les saisies immobilières est l’un des principaux points d’achoppement des laborieuses négociations en cours depuis fin septembre entre Athènes et la troïka (UE-FMI-BCE) pour le versement d’une tranche d’un milliard d’euros, dans le cadre du second plan d’aide à la Grèce.” Par ailleurs il ajoute que “la presse grecque se fait l’écho des prédictions les plus sombres en cas de reprise des saisies. Le nombre d’enchères immobilières entre 2009 et 2012 a chuté de 50%, mais la levée du moratoire pourrait entraîner la vente forcée et soudaine de 110.000 habitations.”

 

Les textes et les négociations au plus haut niveau ne se soucient guère des logements d’une centaine de milliers de citoyens. Et alors que l’on parle toujours du remboursement de la dette, pensons surtout au sort réel des ces personnes. Même si le gouvernement grec répète que “les plus pauvres resteront protégés par la loi”, le site de la bourse en ligne relaie une vraie question, soulevée par Panagiota Kalapotharakou, de l’association de défense des consommateurs Ekpizo: “Comment va-t-on définir la pauvreté en Grèce aujourd’hui”?

 

Catherine Haquenne

Eurasian Finance (c)

 

http://eurasianfinance.com/2013/12/a-laube-dune-enieme-crise-en-grece/

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