Bourgi, de Villepin, Chirac..

Publié le par ottolilienthal

Costumes de François Fillon: L'avocat Robert Bourgi raconte comment il a voulu «tuer» le candidat à la présidentielle

REGLEMENT DE COMPTE L’avocat a indiqué pourquoi il avait décidé de torpiller la campagne du candidat de la droite à la présidentielle…

Avocat au cœur des réseaux de la Françafrique, Robert Bourgi a une nouvelle fois démontré son franc-parler.

>> A lire aussi : Qui est Robert Bourgi, l’avocat de la «Françafrique» qui a payé les costumes de François Fillon?

Dans une interview accordée ce lundi à Jean-Jacques Bourdin sur RMC, il ainsi est revenu sur « l’affaire des costumes ».

« J’avais déjà conçu le projet que j’ai réalisé et conduit à sa fin, de niquer Fillon »

Et les propos de celui qui avait offert les fameux costumes à François Fillon sont sans ambiguïté sur sa volonté - et sa capacité - de nuire.

« J’avais déjà conçu le projet que j’ai réalisé et conduit à sa fin, de niquer François Fillon. J’ai dit Nicolas [Sarkozy] : "il n’ira jamais à l’Elysée parce que je vais le niquer" », a lancé Robert Bourgi. Avant d’expliquer pourquoi il a voulu « tuer » le Sarthois, déjà fragilisé par « l’affaire Pénélope ».

« Je le savais accro à l’argent »

« D’abord, parce qu’il a violé toutes les règles de l’amitié à mon endroit. Deux, la mise en examen du Général de Gaulle, ça, je ne l’ai pas supporté. Trois, il passait son temps à démolir Nicolas Sarkozy. Ça, je ne le supporte pas. Quatre, je le savais accro à l’argent. On ne pouvait pas laisser faire cela » a-t-il ensuite confié.

« Vous décidez donc de piéger en quelque sorte François Fillon si je comprends bien, avec l’histoire des costumes », questionne enfin Bourdin. « Absolument », répond sans sourciller l’avocat.

 

 

le quai d’Orsay offre un « pot de départ » de 88.787 euros à Dominique de Villepin

 

 

 

 

Dans son prochain numéro, disponible en kiosque vendredi, Marianne consacre un dossier à la nouvelle aristocratie et les traitements de faveur dont elle bénéficie. Devenu avocat d'affaires, Dominique de Villepin est revenu « travailler » une journée au Ministère des Affaires étrangères pour toucher une retraite dorée de 88 787,72 euros. Dévoilée en mars par un quotidien britannique, Marianne a refait l'enquête et dévoile le contrat d'un jour ainsi que les feuilles de salaire de l'ancien chef de la diplomatie française.

 

 

 

Dans les allées du pouvoir, certains se font cirer les pompes sur leur lieu de travail quand d’autres se font offrir des pots de départ à la retraite à 88 787,72 euros (voir les documents en fin d'article). Ca fait cher le petit four ! C’est pourtant la somme touchée par l’ancien ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, qui est revenu « travailler » une journée au ministère spécialement pour ça. L’affaire avait été dévoilée en mars par le quotidien britannique The Telegraph.

 

 

 

 

Une journée bien payée

Un traitement de faveur censé permettre à ces hauts fonctionnaires « sortants » de se constituer un petit pécule pour monter leur affaire ou se reclasser. Outre que l’on pourra s’étonner de ces décrets fabriqués sur mesure pour quelques dizaines de personne, devenu avocat d’affaires, Villepin est à la tête, depuis 2008 de « Villepin International », une société de conseil plutôt prospère (1.6 millions d’euros de CA, 400.000 euros de bénéfices en 2013 et une fortune personnelle estimée à 4 millions d’euros).

Le hic, c’est que n’étant plus en service actif au ministère des affaires étrangères depuis 2004 – il quitte même la diplomatie en 1993 mais reste rattaché à son administration d’origine –, Dominique de Villepin n’a libéré aucun poste.

En disponibilité, l’ancien ministre des Affaires étrangères a même dû faire un bref retour au quai d’Orsay pour toucher son pécule. Un retour d’une journée, du 30 septembre au 1er octobre 2013, avec contrat « sur mesure » comme le prouvent les documents dévoilés par Marianne. Une journée à 88 787.72 euros. Un « golden parachute » pour hauts fonctionnaires.
Pour être payé à ce tarif là, l’ancien ministre a dû abattre un sacré boulot ! Contacté, le ministère des affaires étrangères n’a pas souhaité préciser en quoi avait consisté ce dur labeur d’une journée.

L’affaire a fait grincer quelques dents au ministère des Affaires étrangères où l’heure est aux économies et où les réformes des retraites s’accumulent. Certains agents du quai ne nous ont pas caché leur surprise : « le quai est saigné à blanc depuis des années. On ferme des ambassades, des consulats, on a du mal à débloquer 200 euros pour un chauffeur au Niger. C’est légal mais Villepin est un cas unique. Quelqu’un l’a sans doute alerté qu’il y’avait là un jackpot à se faire et il en a profité trois mois avant l’échéance. L’artifice est un peu gros. ».

Autre fait surprenant, par le biais de son porte-parole, Laurent Fabius assure qu’il n’a pas eu connaissance de cette « manne » versée à son prédécesseur. Or le décret prévoit que « l'admission au bénéfice du dispositif de fin d'activité est prononcée par arrêté du ministre des affaires étrangères. »

Ni vu, ni connu, mais grassement payé quand même.

Interrogé par Marianne sur les détails de ce traitement de faveur, le ministère se limite à une réponse lacunaire renvoyant au décret du 8 juin 2011. Circulez…

 

Villepin, businessman international

Retiré des affaires politiques, Dominique de Villepin, aujourd’hui avocat d’affaires a su monter un business florissant, grâce à des réseaux constitués pendant sa longue carrière diplomatique.

En 2009, lors du procès Clearstream, Villepin déclarait 29000 euros de revenus mensuels. De la diplomatie d’affaires fructueuse selon la lettre spécialisée intelligence online
L’Azerbaidjan fait partie des destinations favorites de l’ancien Ministre. Le but de ces déplacements : « baliser le terrain pour des groupes du CAC 40 » en attente de gros contrats à signer dans ces pays. Intelligence online rapportait récemment que l’ancien ministre était retourné en Azerbaïdjan à la mi mars : « Depuis sa création en 2008, Villepin international, le cabinet de diplomatie d'affaires de l'ancien premier ministre de Jacques Chirac, conseille Alstom. Or le groupe de transport et d'énergie français convoite le méga-contrat de construction du métro de Bakou, en partenariat avec Bouygues Jusque-là, Dominique de Villepin est intervenu pour Alstom surtout en Amérique latine, où il a essayé de rabibocher le groupe avec les autorités vénézuéliennes et a tenté de débloquer le dossier du TGV argentin auprès de son amie, la présidente Cristina Kirchner ».

François Hollande, est lui attendu en Azerbaïdjan les 10 et 11 mai prochains, avec pour objectif de revenir les bras chargés de méga contrats.

Entre autres activités, Dominique de Villepin anime aussi des conférences. Il s’est exprimé le 10 octobre au Foreign Correspondents Club de Hongkong au titre de président du conseil consultatif d'Universal Credit Rating Group (UCRG), une nouvelle agence de notation enregistrée à Hongkong en juin. Dans un portrait de M le magazine, paru en janvier 2013, un ancien diplomate, proche de l’ancien Ministre des affaires étrangères rapportait que, en privé, Villepin assurait « être payé 100 000 euros la conférence ». A 100.000 euros la conférence d’une heure, des journées rémunérées 88.000 euros paraissent sans doute bien peu de choses.

 

Franck Renaud et Régis Soubrouillard


Retrouvez le dossier complet dédié à cette « nouvelle aristocratie » dans le numéro 888 de Marianne en vente en kiosques ce vendredi 25 avril.

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