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Publié le par ottolilienthal

Lactalis: les témoignages gênants de salariés d'un laboratoire

Des anciens salariés d'un laboratoire nantais chargé de déceler des allergènes dans les produits commercialisés par Lactalis affirment que les résultats étaient biaisés.

Des ex-employés d'un laboratoire d'analyses nantais, chargé de détecter les allergènes dans les produits Lactalis, affirment à Europe 1 que les résultats étaient souvent faussés. Selon l'enquête de la radio, les tests aux allergènes étaient refaits jusqu'à ce qu'il soit positif.

Lactalis représentait à lui seul plus de 50% de l’activité de ce laboratoire d’analyses. Pour satisfaire ce client donc, le laboratoire n'aurait pas hésité pas à faire ces tests en boucle pour obtenir, au final, un résultat satisfaisant.

Une pression

"A chaque fois que le résultat obtenu n'était pas celui espéré, ça devenait un automatisme pour nous. Le responsable nous disait "Vous pouvez refaire l'analyse"", explique l'un des anciens techniciens du laboratoire à Europe 1.

Un autre employé a même "senti une vraie pression" à chaque fois qu'il a eu Lactalis au téléphone. "Lactalis est un contrat à plusieurs millions d'euros. Il faut absolument satisfaire un très gros client", confie-t-il. 

On rendait des résultats qu'on savait biaisés

 

Pour "un client lambda qui fait peu d'analyses annuelles, on ne va pas s'embêter. On va rendre le résultat tel quel, que ça lui plaise ou non. À lui de se débrouiller", poursuit encore un des ex-salariés.

"On s'est souvent dit entre nous qu'un jour, un scandale sanitaire allait arriver. Parce qu'on rendait des résultats qu'on savait biaisés", déplore-t-il aujourd'hui.

Interrogés par Europe 1, le laboratoire d'analyses en question et Lactalis n'ont pas souhaité s'exprimer.

 

 

 

 

 

 

Le spécialiste allemand de la dénonciation des fraudes alimentaires s'en prend à Michel-Edouard Leclerc sur la toile et épingle quatre autres produits de grandes marques qui induisent en erreur les consommateurs.

 

Pour sa première campagne en France, l'ONG allemande Foodwatch - qui vient d'ouvrir des bureaux à Paris - attaque fort. Le spécialiste de la dénonciation des fraudes alimentaires a épinglé cinq produits aux étiquettes mensongères et lancé une pétition contre Michel-Edouard Leclerc, patron de l'enseigne éponyme. L'ONG a examiné plusieurs produits commercialisés par cinq grandes entreprises dans l'Hexagone. L'organisation a écrit à chaque entreprise pour lui poser une série de questions sur l'élaboration, la composition et la provenance de ses produits. Bien souvent, les fabricants et distributeurs y ont répondu partiellement, voire pas du tout.

 

En l'absence de réponse satisfaisante, l'ONG a dénoncé des pratiques «inacceptables». Le plus alarmant, selon Foodwatch, c'est que «les ruses de l'industrie agroalimentaire sont parfaitement légales». «Les fabricants en profitent, confortés par des réglementations laxistes et le laisser-faire de la plupart des pouvoirs publics. Là est le véritable scandale», dénonce Ingrid Kragl, directrice de l'information de l'ONG. Pour Foodwatch, «le but n'est pas que le fabricant change de recettes mais qu'il joue la transparence, éventuellement qu'il modifie certains ingrédients». Et la grande distribution a également sa part de responsabilité en mettant des produits en rayons sans les contrôler, critique encore l'ONG qui a présenté l'ensemble de ses analyses lors d'une conférence presse ce mardi. Palmarès.

 

1- La «dinde à l'eau» de E.Leclerc

 

Alors que l'emballage mentionne «qualité supérieure» et «100% filet», les tranches de filet de dinde ne contiennent que «84% de viande, le reste c'est de l'eau, des additifs et du sel», observe l'organisation. «Ainsi le consommateur paye six tranches de dinde, en réalité l'équivalent d'une tranche sur 6 n'est que de l'eau», explique une vidéo mise en ligne sur le site de l'ONG. Scandalisée, l'ONG a décidé de lancer une pétition destinée aux consommateurs qui ne veulent pas être pris pour «des dindons de la farce». 394 l'ont déjà signé.

 

En face, Michel-Edouard Leclerc n'a pas tardé à réagir. Sur son blog, le patron des hyper et supermarchés éponymes a dénoncé un «coup de comm'» de l'organisation qui cherche à faire le «buzz». «Non, il n'y a pas de malveillance, il n'y a pas tromperie, il n'y a pas de mensonge», a-t-il écrit avant de justifier le choix de ses fameux filets de dinde. «On peut choisir un produit avec des taux de saumure différents (eaux avec une forte concentration de sel. NDLR), mais si le législateur a encadré et prévu qu'on mentionne ces taux (ce que la marque ciblée a fait), c'est bien pour qu'il y en ait pour tous les goûts», a-t-il souligné. Et de conclure non sans ironie: «Si l'on veut du jambon sans eau, ça s'appelle du jambon sec...et il s'en vend aussi chez E.Leclerc!».

 

2 - La soupe «Maggi boeuf-carottes»...sans boeuf!

 

Chez Nestlé, la «soupe Maggi boeuf-carottes aux vermicelles» comporte malgré son nom, 0% de boeuf et «1,1% de jus de cuisson» avec «5,5% de carottes», selon Foodwatch: interpellé, l'industriel a fait valoir que son produit respectait «le code de bonnes pratiques». Or ce code a été «élaboré par le Syndicat national des soupes et potages dont la mission est de défendre ses adhérents!», souligne Mme Kragl, qui conteste cette double casquette de juge et partie.

 

3 - La vinaigrette Puget qui n'a qu'1% de tomate séchée

 

Quant à la vinaigrette «huile d'olive extra, vinaigre balsamique, tomates séchées» de Puget, elle ne contient que 1% de tomates, et surtout de l'huile de colza et du vinaigre blanc, des ingrédients meilleurs marché. La marque d'huile d'olive préférée des Français a répondu dans une lettre qu'elle ne voulait pas «saturer» le goût du produit avec un arôme trop prononcé de tomate séchée.

 

4 - Les tortellini «au jambon cru et parmesan» pauvres en jambon

 

La farce des tortellinis est seulement composée de 24% de jambon et d'une «petite cuillère de parmesan». Le reste n'ést que fécule et flocons de pomme de terre et poitrine de porc. Lustucru a refusé de répondre.

 

5- Le yaourt bio aux «arômes pas bio du tout»

 

Enfin les yaourts Vrai, estampillés «bio aux fruits rouges», ne contiennent pas un gramme de fruit, mais «seulement des arômes pas bio du tout» à hauteur de 1,1%, remarque encore l'ONG. Interrogé sur l'absence de bio dans son produit, Triballat Noyal assure que l'arôme utilisé est «100% naturel» et «provient essentiellement directement du fruit rouge». D'où vient-il? Le fabricant botte en touche.

 

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