JO d'Hiver 2022 : peu de candidats..

Publié le par ottolilienthal

Presque plus aucune ville ne veut organiser les Jeux Olympiques d'Hiver 2022

 

 

 

Le Comité international olympique (CIO) a de plus en plus de mal à trouver des villes candidates pour les Jeux d'hiver qui se tiendront dans huit ans, explique Tony Manfred de Business Insider. La raison ? Les politiciens et les citoyens n’ajoutent plus foi aux allégations selon lesquelles l'organisation de grands événements sportifs garantit la croissance économique à long terme, explique Manfred. A l'avenir, les pays avec des régimes dictatoriaux seront les seuls à poser leur candidature, prophétise-t-il.

 

Cette semaine, Cracovie a retiré officiellement sa candidature pour l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver 2022, après que 70% des électeurs de la ville polonaise se sont prononcés contre cette postulation au cours d’un référendum. Auparavant, c’étaient Davos, Stockholm et Munich qui s’étaient désistées.

La ville de Stockholm a abandonné sa candidature après que son conseil municipal a affirmé que les recettes seraient probablement inférieures aux estimations, et les coûts, supérieurs. A Oslo, la candidature est de plus menacée par l’opposition du public. Et la ville ukrainienne de Lviv pourrait revenir sur la sienne en raison de la crise politique grave qui secoue le pays.

Pendant des années, postuler pour l'organisation des Jeux olympiques était justifié avec un gros mensonge économique : on expliquait que cela contribuerait à une croissance économique durable. Mais des travaux de recherche effectués par Victor Matheson, un professeur d’économie à Holy Cross, ont montré que l'impact positif des événements majeurs était exagéré. Ces évènements impliquent forcément des réductions dans d'autres services publics, l'augmentation de l’endettement étatique, voire une hausse de la fiscalité qui peuvent toutes peser sur l'économie locale.

Au mieux, lorsque les emplois créés par l’évènement correspondent à peu près aux suppressions d’emplois consécutives à l’alourdissement de la fiscalité, leur impact est nul, affirme le professeur Matheson.

Il souligne en outre que très souvent, les études prospectives minorent les coûts de charges telles que la sécurité et qu’elles font la confusion entre les dépenses d’infrastructure générales et les dépenses d’infrastructures sportives.

Beaucoup d’équipements sportifs n’ont aucune utilité pour la vie quotidienne, et beaucoup d’anciennes villes hôtes des Jeux olympiques, comme Sarajevo et Athènes, se retrouvent confrontées au problème de l’abandon d’infrastructures sportives qui tombent en ruine.

Les pays démocratiques ne se laissent plus berner par ces allégations de retombées économiques mirifiques, ce qui implique qu’à l’avenir, seuls les gouvernements non-démocratiques seront prêts à accueillir les Jeux olympiques.

Les deux candidatures restantes pour les Jeux Olympiques d'hiver 2022 sont celles de la métropole chinoise de Pékin et la capitale kazakhe d'Almaty. Le Comité international olympique devrait trancher à la fin du mois de juillet de l'année prochaine.

 

Audrey Duperron

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