Christine Lagarde ou la "négligence" à 400 millions d’euros

Publié le par ottolilienthal

Décidément, les Français se taillent une belle réputation à la tête du FMI. La Cour de justice de la République vient en effet de mettre en examen Christine Lagarde. Elle lui reproche de ne pas avoir engagé, lorsqu'elle était ministre de l'Economie, un recours contre l'arbitrage très favorable à Bernard Tapie. Et très défavorable aux caisses de l'Etat...

«Est-ce que vous croyez que j’ai une tête à être copine avec Bernard Tapie ? » expliquait benoîtement Christine Lagarde en 2011, alors qu’éclatait le scandale de l’arbitrage favorable à l’homme d’affaires, avec 400 millions d’euros de fonds d’Etat à la clé. « Elle, peut-être pas, mais Nicolas Sarkozy, oui », ironisait alors Charles de Courson, le député UDI de la Marne, très en pointe dans cette affaire.

Mais ce n’est pas pour ce pseudo-délit de sale gueule que l’ex-ministre de l’Economie, aujourd’hui à la tête du Fonds monétaire international (FMI) a été mise en examen par la Cour de justice de la République (CJR), mais pour « négligence », comme elle l’a elle-même révélé. Alors que le procureur de la République de l’époque évoquait un « abus de pouvoir », la CJR a donc finalement retenu sa « négligence ». En somme, elle l’accuse de ne pas avoir introduit un recours contre l’arbitrage pourtant très défavorable à l’Etat et aux deniers publics, dont elle se vantait d’être une farouche gardienne.

Ce n’est pas trop honorable, mais la patronne du FMI s’en tire mieux que les cinq autres mis en examen dans l’affaire – dont Stéphane Richard, son ancien directeur de cabinet, aujourd’hui PDG d’Orange –, poursuivis pour « escroquerie en bande organisée ». En tout cas, cette relative clémence dans la qualification des faits pourrait pousser le conseil d’administration du FMI à lui conserver sa confiance. Quant aux Français, à qui cette « négligence » a coûté plusieurs centaines de millions d’euros, ils attendront impatiemment un procès, lequel n’est pour l’heure même pas certain, un non-lieu restant encore possible à ce stade de la procédure…

Emmanuel Levy

Journaliste économique à Marianne

le petit Tapie illustré :

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