Après l’arnaque au panneau photovoltaïque, celle au chauffe-eau thermodynamique !

Publié le par ottolilienthal

Le blog Sosconso a longuement évoqué les arnaques aux panneaux photovoltaïques. Des installateurs indélicats promettaient des rendements mirifiques, à des clients que séduisait la perspective de toucher un crédit d'impôt.

Le crédit d'impôt sur le photovoltaïque ayant diminué au fil des ans, et même disparu depuis le 1er janvier 2014, les aigrefins se sont tournés vers les chauffe-eau thermodynamiques.

Un chauffe-eau thermodynamique est une pompe à chaleur de petite puissance, dédiée à la production d'eau chaude sanitaire. Il se compose d'un volume de stockage (150 à 300 litres d'eau) et d'une pompe à chaleur fonctionnant à l'électricité, explique l'Ademe, dans une fiche technique en date de février 2013.

L'Ademe précise que "le marché des chauffe-eau thermodynamiques a été multiplié par cinq en deux ans": 5 000 unités commercialisées en 2009, 26 000 en 2011. Elle indique que "ce marché est essentiellement porté par la rénovation de l'existant (75%), notamment grâce à la mise en place d'un crédit d'impôt développement durable, de 26%"

En mai 2012, M. et Mme G., qui viennent de faire construire leur pavillon dans l'Eure, sont ainsi démarchés, par téléphone puis à domicile, par la société Kotherm, qui se présente, selon eux, comme "partenaire d'EDF". Un commercial leur propose d'acheter des panneaux photovoltaïques et un ballon thermodynamique, afin de cumuler les bénéfices de la vente d'électricité à EDF, et des économies sur l'eau chaude sanitaire. Leur production d'électricité annuelle s'élèverait à 2794 euros. Le ballon thermodynamique, lui, ferait diminuer la facture de leur chauffe-eau: estimée par le commercial à 400 euros par an, elle tomberait à 50 euros.

Après cinq heures de démonstration, "de lavage de crâne", selon Mme G., le couple signe un bon de commande pour des panneaux photovoltaïques (10 500 euros) et un ballon thermodynamique (13 000 euros) - bien qu'il dispose déjà d'un chauffe-eau tout neuf. M. et Mme G. souscrivent un emprunt auprès de Solfea.
Peu après l'installation, ils constatent que les toilettes, où a été posé le nouveau ballon, sont devenues une "chambre froide". Tout chauffe-eau thermodynamique, en effet, utilise l'air du local dans lequel il se trouve, pour fonctionner. En conséquence, il le rafraîchit de plusieurs degrés. Au bout d'un certain temps, le ballon tombe en panne.

M. et Mme G. appellent Kotherm, qui ne réagit pas. Ils apprennent que la société est placée en liquidation judiciaire, le 26 mars 2013. Ils font appel à un avocat, qui mandate un expert.

L'expert explique qu'il aurait fallu installer le ballon dans un endroit non chauffé et non habité, comme le garage. L'installer dans une pièce chauffée, dont il prélève les calories pour fonctionner, revient à jeter l'argent par les fenêtres.

Selon l'expert, la consommation énergétique de l'ancien ballon d'eau chaude, pour le couple et ses deux enfants, ne s'élevait pas à 400 euros par an, mais à 150 euros seulement. Le nouveau ballon, s'il avait marché, n'aurait pas permis d'économiser plus de 50% de ce montant, soit 75 euros par an. On est loin des 350 euros annoncés.

Enfin, un chauffe-eau thermodynamique ne coûte au plus que 3 000 euros, et non 13 000.

Quant aux panneaux solaires, ils ne rapportent pas 2800 euros par an, mais seulement 700 euros, les prévisions du commercial ayant été surestimées.

M. et Mme G. vont essayer de faire annuler le contrat de vente, qui est entaché d'irrégularités, et l'emprunt qui lui est lié.

Rafaele Rivais

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THERMODYNAMIQUE 25/05/2017 13:00

Merci