Quand le chef (des armées) ne donne pas l'exemple

Publié le par ottolilienthal

Dans l'armée, le chef doit donner l'exemple à ses troupes. Le président François Hollande, chef des Armées, vient de rater une bonne occasion de le faire. Mercredi, le ministère de la Défense a publié la liste des restructurations pour 2015 permettant de supprimer une nouvelle fois 7500 emplois, conformément à ce qui est prévu dans la loi de programmation militaire. Un seul régiment est dissous : le 1er régiment d'artillerie de marine (RAMa) de Châlons-en-Champagne. La préfecture de la Marne va perdre près de 1000 emplois. C'est un coup dur pour la ville.

Or, le 1er RAMa n'était pas le régiment dont l'armée de terre souhaitait se séparer. A la suite d'une étude du coût/efficacité, l'état-major était parvenu à la conclusion que l'unité «la plus chère à conserver» était le 126e régiment d'infanterie. L'armée de terre proposait donc au ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, de le dissoudre. Il n'y avait qu'un hic : la garnison du «126» est Brive-la-Gaillarde, sous-préfecture de la Corrèze, le département d'un certain François Hollande ! Donc intouchable dans le régime quasi-monarchique qui est le nôtre. La Défense a ordonné au nouveau chef d'état-major de l'armée de terre, le général Jean-Pierre Bosser, qui vient de prendre ses fonctions le 1er septembre, de revoir sa copie ; ce qu'il a fait.

Le «126» avait déjà échappé à toutes les précédentes restructurations grâce à la bienveillance d'autres Corréziens célèbres, Jacques et Bernadette Chirac. Plutôt que de montrer l'exemple en prenant, localement, sa part aux restructurations qu'il impose à l'armée et aux territoires concernés, le chef de l'Etat a sauvé «son» régiment. Il était sans conteste plus facile d'annoncer la disparition du 1er RAMa, sur les terres du député-maire UMP Benoist Apparu.

Les habitudes sont sauves, la morale publique un peu moins.

Jean-Dominique Merchet

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