Les sparadraps du capitaine Hollande

Publié le par ottolilienthal

 

Le président multiplie les erreurs de jugement dans le choix de son entourage. Mais le pire, c'est que l'expérience ne lui apprend rien.

 

Tous les lecteurs de Tintin se souviennent du capitaine Haddock incapable de se débarrasser d'un pansement adhésif qui lui colle désespérément à la peau. François Hollande, c'est un peu la même chose avec une partie de son entourage. Pour le commun des mortels, cela dénoterait simplement d'une pauvreté de jugement sur les autres. Mais cela relève de la faute pour un chef d'État, dont l'image est brouillée par ces mélanges incessants entre action publique, soupçons judiciaires et manquements à l'éthique.

C'est, jeudi 4 décembre, la première ligne du Journal officiel de la République française : "Il est mis fin aux fonctions de M. Faouzi Lamdaoui, conseiller à l'égalité et à la diversité, à la présidence de la République." Une formulation administrative, dénuée de tout affect, pour décrire une situation ubuesque. Monsieur Lamdaoui peut exciper d'une qualité rare : n'avoir jamais douté de François Hollande, même quand il ne pesait que 3 %. Est-ce une raison pour ignorer ses nombreux faux pas, qui ne remontent pas à hier ?

Un comportement éloigné de la "République exemplaire" prônée par Hollande

Élu adjoint au maire d'Argenteuil en 2008, il se fait débarquer en décembre 2009 par le maire en raison d'un "investissement quasi inexistant" et d'un "absentéisme intolérable". Il est trop occupé, sûrement, à aller faire les courses de l'ancien premier secrétaire du PS, qui le nomme chef de cabinet de sa campagne. Et puis qui le fait entrer à l'Élysée, mais qui le relègue dans l'aile Marigny, celle de la disgrâce. Son âme damnée est en effet l'objet d'une enquête préliminaire pour faux et usage de faux. Faouzi Lamdaoui est accusé d'avoir usurpé le nom d'une connaissance pour créer des sociétés dont les fonds ont été détournés. Mais il reste jusqu'à son renvoi devant le tribunal correctionnel, alors que son comportement est assez éloigné de la "République exemplaire" prônée par son patron : une fois son permis de conduire perdu pour excès de vitesse répétés, il tyrannise les officiers de sécurité chargés de le convoyer.

Le plus grave, c'est le comique - ou plutôt le tragique - de répétition. Comme si le président n'apprenait rien de ses erreurs passées. Jérôme Cahuzac a pu mentir au chef de l'État pendant des mois avant d'être rattrapé par la justice. Thomas Thévenoud était célèbre au PS pour ces "phobies administratives", et c'est pour cette raison qu'il n'est pas entré dans le premier gouvernement de Manuel Valls, en avril 2014. Aquilino Morelle avait, de façon notoire, la folie des grandeurs. Les petites affaires de la famille de Kader Arif, autre fidèle parmi les fidèles de Hollande, étaient à Toulouse un secret de polichinelle. Cela fait beaucoup pour un seul président ! Sans compter son ancienne compagne, qui fait la tournée des grands-ducs, en dehors des frontières, pour le dézinguer... Le capitaine Haddock n'a jamais eu à se plaindre d'autant de sparadraps à la fois.

 

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