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les escrocs courent toujours

Publié le par ottolilienthal

Attentat au Bataclan : le mensonge "dévastateur" de Jean-Luc Batisse, fausse victime des terroristes

Âgé de 26 ans au moment des attaques du 13-Novembre, il a berné pendant plus de deux ans l'ensemble de ses proches et des associations qui l'ont accompagné. Récit.

"Je l'ai tout de suite trouvé assez inquiétant. On sentait que c'était quelqu'un qui avait des problèmes psychologiques." Arthur Dénouveaux, le président de l'association de victimes Life for Paris, se souvient très bien de sa rencontre avec Jean-Luc Batisse le 13 novembre 2016, au moment des premières commémorations des attentats. "Une sensation étrange" l'a saisi en discutant avec ce jeune homme originaire de Moselle et passionné de course à pied, qui se présente alors comme une victime des attaques du Bataclan.

"On voyait qu'il y avait quelque chose qui clochait chez lui : il partait un peu dans tous les sens quand il s'exprimait", décrit-il à franceinfo. "Mais dans le contexte post-attentats, il y avait une bienveillance globale vis-à-vis de toute différence qui faisait qu'on ne se posait pas tellement de questions", poursuit Arthur Dénouveaux. C'est ainsi que pendant plus de deux ans, Jean-Luc Batisse est parvenu à duper ses proches et des associations, jusqu'à sa condamnation à trois ans et demi de prison, en mars 2019, pour escroquerie aggravée et détention de faux documents.

Un faux billet d'entrée pour le concert

Le scénario de Jean-Luc Batisse naît dans les semaines de deuil et de sidération de la fin de l'année 2015. Paris tente de se remettre de l'horreur et la solidarité s'organise entre les victimes, dont beaucoup souffrent de stress post-traumatique. L'heure est à l'entraide et à l'écoute. Alors, quand il rejoint les principales associations d'aide aux victimes en décembre, personne ne se méfie. D'autant qu'à ce moment-là, aucun cas de fausse victime n'a été déploré. Il reçoit un soutien psychologique de l'association Paris Aide aux victimes, mais c'est surtout Life for Paris qui va l'accompagner.

Jean-Luc Batisse porte plainte le 12 janvier 2016 dans un commissariat et se constitue aussitôt partie civile en vue du procès des attentats. Il est inscrit dans le même temps sur la liste unique des victimes (LUV) établie par le parquet de Paris, ce qui lui permet d'ouvrir un dossier d'indemnisation auprès du Fonds de garantie des victimes de terrorisme (FGTI). Pour justifier de sa présence au concert des Eagles of Death Metal, il fournit un billet d'entrée et huit photos de l'intérieur du Bataclan, au moment de l'assaut meurtrier. L'ensemble a en réalité été trouvé "sur le dark web", moyennant 500 euros, explique-t-il à son procès. Au total, Jean-Luc Batisse relance le FGTI une douzaine de fois et empoche 77 000 euros, versés entre janvier 2016 et janvier 2019.

Ce "boxeur dans la catégorie poids lourds des fausses victimes", comme l'a qualifié une association lors de son procès, réussit aussi à obtenir de l'argent de la caisse d'assurance maladie du Val-de-Marne et de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre. Il dilapide tout, jusqu'au dernier centime, dans des voyages à Dubaï et Londres.

Un récit ponctué d'incohérences

Grâce à Life for Paris, il décroche même pour quelques mois un poste à la mairie de Paris. Malgré son comportement parfois "lourd avec les filles", Jean-Luc Batisse se rapproche de plusieurs membres de l'association qui le prennent sous leur aile. Il déballe à qui veut l'entendre le récit de "sa" nuit des attentats : il affirme s'être rendu au concert en compagnie d'un couple d'amis, Anne et Pierre-Yves, deux véritables victimes des terroristes, qu'il dit avoir perdus de vue au moment de l'attaque. Il raconte ensuite s'être enfui, puis avoir passé la nuit dans un square à les attendre. "Cette dernière partie de son récit soulevait des doutes chez plusieurs de nos membres", reconnaît aujourd'hui Arthur Dénouveaux.

"On s'est dit que le choc psychologique pouvait avoir joué. Et puis, il n'avait pas l'air bien dans ses baskets."

Arthur Dénouveaux, président de Life for Paris

à franceinfo

L'usurpateur pousse le vice jusqu'à prendre contact avec Renaud, le frère d'Anne. Jean-Luc Batisse lui affirme "avoir vu de la peur dans les yeux d'Anne au moment où elle a été prise pour cible par le terroriste". Il lui confie "s'en vouloir d'être le seul rescapé des trois", se souvient Renaud lors du procès de la fausse victime. Un mensonge dont "on imagine combien il a pu être dévastateur", déclare la procureure.

Les soupçons émergent à partir de 2017, après plusieurs événements troublants. Pendant une soirée dans un bar, organisée au cœur de l'été, Jean-Luc Batisse sort une arme devant plusieurs membres de Life for Paris. Elle s'avère factice, mais le groupe prend peur. Mi-novembre, une quinzaine de membres de l'association participent, en Guadeloupe, à une étude des bienfaits de la plongée sous-marine sur les effets du stress post-traumatique. En discutant, deux participantes réalisent qu'elles ont chacune eu une liaison avec Jean-Luc Batisse. Les deux histoires se sont mal finies : il s'est montré désagréable et menaçant lorsqu'elles ont voulu se séparer de lui. Surtout, aucune des deux jeunes femmes n'a entendu la même version de la nuit qu'il dit avoir passée au Bataclan.

Des antécédents d'usurpation

Peu à peu, l'étau se resserre. Au sein de Life for Paris, Arthur Dénouveaux débute une enquête discrète à son sujet à la fin de l'année. Il demande à chaque membre de l'association de répéter la version qu'il leur a livrée. "Ça ne collait jamais." Il se renseigne par ailleurs sur la participation aux Jeux olympiques dont se vante Jean-Luc Batisse, arborant fièrement un tatouage des anneaux olympiques. Le président de Life for Paris ne tarde pas à découvrir qu'il s'agit d'un mensonge.

"Il est plus ou moins facile de détecter ces fausses victimes. C'est souvent à cause des incohérences de leurs récits", observe Nathalie Faussat, responsable du Fonds de garantie des victimes de terrorisme. "Elles sont essentiellement repérées par le signalement des associations de victimes, qui ont une proximité quasi quotidienne avec elles." La mythomanie de Jean-Luc Batisse a toutefois été moins évidente à déceler que celle d'autres fausses victimes, comme les cas emblématiques d'Alexandra Damien ou Florence Monjault, pour lesquelles "on avait un faisceau d'indices concordants", relève Arthur Dénouveaux. Pour lui, c'était plutôt "de la forte suspicion". Aussi, lorsqu'il contacte la police et le FGTI pour faire part de ses soupçons en janvier 2018, le président de Life for Paris prend ses précautions. Il les met en garde : "Attention, je n'ai pas de preuves formelles comme pour les autres, mais si je regarde précisément, rien ne colle."

Les enquêteurs commencent à se pencher sur son cas et mettent un an à l'arrêter. Ils découvrent tout d'abord que Jean-Luc Batisse a des antécédents en matière d'usurpation. Il s'est déjà fait passer pour un policier sur la voie publique, en revêtant un uniforme factice. Lors d'une perquisition à son domicile de Puteaux (Hauts-de-Seine), les policiers mettent également la main sur trois faux passeports. L'homme est placé en garde à vue le 30 janvier 2019 pour "escroquerie" et "détention frauduleuse de faux documents administratifs".

Un "mythomane" pris dans l'engrenage de ses mensonges

Jean-Luc Batisse reconnaît les faits et avoue même n'avoir jamais mis un pied au Bataclan. Il ne connaît pas les victimes Anne et Pierre-Yves, qu'il avait présentés comme ses amis. Le soir des attentats, il n'était pas à Paris mais à Nancy (Meurthe-et-Moselle).

A son procès, le 12 mars 2019, au tribunal correctionnel de Créteil, Jean-Luc Batisse comparaît détenu et se défend laborieusement. Sur le banc des parties civiles, figurent les organisations bernées : Life for Paris et l'Association française des victimes de terrorisme, ainsi que le Fonds de garantie des victimes. Pour justifier sa dérive mensongère, Jean-Luc Batisse invoque une rupture sentimentale douloureuse et assure ne pas avoir fait cela pour l'argent, mais "sur un coup de tête". Il assure être "parti en burn-out". L'argument convainc moyennement les parties civiles qui penchent plutôt pour l'appât du gain.

"Je ne voulais plus voir personne, il fallait que je m'oxygène. J'étais tellement dans un engrenage."

Jean-Luc Batisse

lors de son procès

Quand on l'interroge sur le faux billet de concert et sur les photos sanglantes de l'intérieur de la salle, il rétorque vertement : "Ce sont les associations qui ont monté le dossier, j'ai rien demandé moi !" La présidente souligne au contraire la "part active" du prévenu, chez qui les enquêteurs ont trouvé plusieurs exemplaires de la revue Sciences Psy. Pour la procureure, "il les a très bien lus", et s'en est servi pour rendre son récit authentique. L'expert mandaté sur son cas a diagnostiqué l'existence de troubles divers, mais assure que sa responsabilité pénale ne peut pas être remise en question. Ce que dément pas l'avocate de Jean-Luc Batisse : "Mon client est un mythomane, mais il reste responsable pénalement."

Treize fausses victimes condamnées

"Les escrocs en général, ont des esprits fins, déliés, ils savent ce qu'ils font", pointe Jean-Marc Delas, l'avocat de Life for Paris. Lui se souvient de Jean-Luc Batisse comme "d'un homme qui n'avait pas une grande capacité à comprendre, un peu loin du sujet". A titre de comparaison, il note que le procès d'Alexandra Damien s'est mieux passé que celui du jeune Mosellan : "On a des faits comparables, mais des peines qui ne le sont pas." Cette dernière a écopé de six mois ferme, en octobre 2018. Jean-Luc Batisse a été condamné à trois ans et demi de prison, dont six mois de sursis. "C'est une peine que j'ai trouvée lourde", commente Jean-Marc Delas auprès de franceinfo.

Depuis janvier 2016, treize personnes ont été définitivement condamnées pour avoir escroqué ou tenté d'escroquer le FGTI en se faisant passer pour des victimes des attentats du 13-Novembre.

"Sur d'autres attentats de moins grande ampleur, comme l'Hyper Casher ou Charlie Hebdo, c'était bien plus difficile de frauder. L'ampleur et les circonstances de cet événement ne pouvaient que favoriser l'apparition de faussaires."

Nathalie Faussat, responsable du FGTI

à franceinfo

Arthur Dénouveaux garde un souvenir ému de l'affaire : "J'ai dû dénoncer Florence, puis Alexandra, puis lui… C'est vraiment difficile d'envoyer des gens en prison." Au sein de Life for Paris, si "une forme de soulagement" prédomine, la condamnation de Jean-Luc Batisse laisse un goût amer "car on sent qu'il a des problèmes profonds". "On aurait préféré ne jamais le croiser", regrette le président.

France Télévisions
 
Publié

 

 

https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/attentats-du-13-novembre-le-mensonge-devastateur-de-jean-luc-batisse-fausse-victime-du-bataclan_4685445.html#xtor=EPR-749-[NLbestofhebdo]-20210904-[content6]

Saad Hariri, généreux avec un mannequin, pas avec ses employés

l'ex-Premier ministre libanais aurait versé 16 millions de dollars de cadeaux à une femme. L'équivalent de ce qu'il doit aux salariés français de son groupe.

Vincent Lesage n'en revient toujours pas. Cet ancien salarié de l'entreprise de BTP Saudi Oger International a appris la nouvelle avec stupéfaction. « J'ai découvert dans le New York Times que Saad Hariri avait offert des cadeaux de 16 millions de dollars à un mannequin alors qu'à cause de cet escroc je ne peux toujours pas prendre ma retraite à taux plein », enrage l'ancien cadre de 64 ans. « Cette affaire rappelle encore une fois le mépris total qu'a cet homme pour ses anciens salariés. » Entre les salaires, les primes et les charges non versées, Vincent Lesage estime que le groupe lui doit encore près de 100 000 euros.

La maison mère d'Oger International, Saudi Oger – détenue par le Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri –, a fait faillite en 2017, laissant 50 000 employés sur le carreau. Depuis 2015, l'entreprise de BTP n'a pas payé ses fournisseurs ni la plus grande partie des salaires de ses employés (soit au moins 600 millions de dollars). « Saad Hariri a pillé Saudi Oger de l'intérieur pour ses besoins personnels pour financer sa campagne électorale au Liban ou, par exemple, un luxueux village construit à Marrakech », affirme Vincent Lesage.

240 salariés français d'Oger International

La société de BTP a également pâti d'une malheureuse conjonction d'événements. L'arrivée au pouvoir du roi Salmane en 2015 en Arabie saoudite a marqué un tournant. Son accession à la tête de la pétromonarchie a coïncidé avec une baisse des cours du pétrole. Riyad a alors freiné ses dépenses, et l'ensemble du secteur de la construction a ralenti. L'État saoudien n'a plus octroyé de nouveaux contrats à Saudi Oger et a également refusé de lui régler d'anciens projets, sur fond d'accusations de corruption.

 

Lire aussi Au Liban, les jeunes rêvent de dégagisme

« Ces 16 millions de cadeaux offerts correspondent peu ou prou à l'argent que doit Saad Hariri aux 240 salariés français d'Oger International. C'est un scandale », s'insurge Caroline Wassermann, l'avocate de Vincent Lesage et de 90 salariés français qui attendent toujours d'être payés. « En 2012-2013, le groupe a traversé ses premières difficultés financières, et les salaires n'ont pas été payés pendant trois mois », raconte Vincent Lesage. Mais, à l'époque, Saad Hariri ne semble pas s'en préoccuper particulièrement. Il a déjà la tête ailleurs.

Hôtel de Luxe

C'est à cette période qu'il a rencontré aux Seychelles Candice van der Merwe, un mannequin sud-africain de 20 ans, dans un hôtel de luxe, le Plantation Club Resort. Selon le New York Times, de 2013 à 2015, celui qui n'est alors plus Premier ministre au Liban a versé au top-modèle la coquette somme de 16 millions de dollars. La jeune femme est spécialisée dans la promotion de bikinis. Elle a déclaré avoir une liaison avec Saad Hariri, homme marié et père de trois enfants. Selon le quotidien américain, le mannequin s'est offert avec ce pactole deux voitures pour un montant de 250 000 dollars, plusieurs propriétés haut de gamme, dont l'une dans le quartier huppé de Fresnaye, au Cap, et a prêté 2,7 millions de dollars à son père, un homme d'affaires, qui a déjà eu maille à partir avec les services fiscaux de Pretoria.

Ces révélations reposent sur des documents de la justice sud-africaine, qui a enquêté sur cette sulfureuse affaire. Le Premier ministre démissionnaire s'est borné à une réaction laconique. « Quelles que soient les campagnes lancées contre moi, malgré tout ce qu'ils peuvent dire, écrire ou faire, je continuerai à travailler et je ne m'arrêterai pas », a déclaré l'ex-chef du gouvernement. La presse libanaise s'est peu fait l'écho de ce « scoop ». Seul le journal de la gauche anti-impérialiste Al-Akhbar, proche du Hezbollah, reprend ces informations et s'interroge sur le calendrier de ces révélations, alors que les documents de la justice sud-africaine étaient disponibles depuis plusieurs mois.

L'Élysée ne cherche pas à faire avancer le dossier

L'information a été publiée par le New York Times le 30 septembre, soit au lendemain d'une journée de colère au pays du Cèdre, lors de laquelle des centaines de Libanais ont bloqué des routes à l'aide de pneus brûlés pour protester contre la classe politique qu'ils accusent de corruption. Si elle ne fait pas les gros titres au Liban, elle circule beaucoup sur les réseaux sociaux, où les critiques contre Saad Hariri sont acerbes. Selon les informations du New York Times, la très généreuse somme que le Premier ministre a offerte à Candice van der Merwe n'enfreint pas la loi. Mais, dans un contexte de grave crise économique, la révélation est explosive.

Pour les ex-salariés français de Saudi Oger International, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. En effet, leur situation reste préoccupante. « Certains sont malades, et ne peuvent pas payer d'avocats pour s'occuper de leurs dossiers, faute d'argent. Certains collègues sont même décédés sans obtenir un rial dû par Saad Hariri », soutient Vincent Lesage. « Sans parler des milliers d'employés indiens ou philippins qui ont crevé de faim à l'époque et se nourrissaient dans les poubelles des supermarchés. » Selon l'avocate Caroline Wassermann, la procédure judiciaire en France ne cesse d'être reportée.

« Plusieurs audiences devant les prud'hommes ont été renvoyées en 2020, et les salariés ne voient pas le bout du tunnel, explique l'avocate. L'Élysée, qui nous a reçus à plusieurs reprises, ne cherche pas à faire avancer le dossier auprès de Saad Hariri ». Le Premier ministre démissionnaire s'était en effet engagé en septembre 2017 auprès d'Emmanuel Macron à régler les arriérés de salaire des ex-employés français de Saudi Oger, mais, depuis, rien n'a bougé. Saad Hariri a, lui, fait son grand retour en 2018 dans le classement Forbes mondial des milliardaires, avec une fortune estimée à 1,5 milliard de dollars.

 

Modifié le - Publié le | Le Point.fr
"123456", "password", "qwerty" : le palmarès des pires mots de passe de 2018
 
 

L'entreprise SplashData a publié cette semaine sa liste des pires mots de passe de 2018. La firme a analysé près de 5 millions de mots de passe, utilisés majoritairement en Amérique du Nord et en Europe de l'Ouest, précise Le Figaro.

Les deux mots de passe les plus utilisés sont identiques à ceux repérés l'an dernier par SplashData. Voici le top 10.

1. 123456
2. password
3. 123456789
4. 12345678
5. 12345
6. 111111
7. 1234567
8. sunshine
9. qwerty

Dans le top 50, on retrouve l'original "admin" à la 12e place, juste devant "welcome" (13e). Le mot de passe "football", en cette année de Coupe du monde, pointe à la 16e place, "Donald" - en hommage au président américain ? - est 23e, "harley", 39e. Une mention spéciale à "letmeine ("let me in", ou "laisse moi entrer" en anglais), qui pointe à la 43e place.

Quelques conseils

Si votre mot de passe fait partie de cette liste, il est vivement recommandé d'en changer, et d'opter pour une suite de lettres et de chiffres plus complexe.

L'Anssi (agence nationale de la sécurité des systèmes d'information) suggère par ailleurs d'utiliser des mots de passe distincts pour vos différents comptes, de renouveler régulièrement ces mots de passe, et de ne jamais les stocker ni envoyer sur votre boîte mail personnelle.

Pôle emploi : quand les offres d'emploi sont des arnaques

Un homme a perdu 1 370 euros en répondant à une petite annonce, raconte "L'Obs". Le problème est endémique pour l'établissement public.

Escroquerie, Islande et Enrico Macias: début mardi du procès Landsbanki

 

Des centaines de propriétaires immobiliers, dont le chanteur Enrico Macias, emportés il y a presque dix ans dans la débâcle du secteur bancaire islandais: mardi s'ouvre à Paris le procès d'une vaste escroquerie.

Le patron de la banque islandaise Landsbanki, ainsi que les dirigeants d'une filiale luxembourgeoise et des complices présumés sont jugés jusqu'au 24 mai par le tribunal correctionnel de Paris.

Neuf hommes et une personne morale comparaissent. L'escroquerie est passible d'une peine allant jusqu'à cinq ans de prison et de 375.000 euros d'amende.

Ils feront face à une centaine de parties civiles, propriétaires de biens immobiliers de valeur. Parmi eux, Enrico Macias, qui avait lancé l'affaire en portant plainte en mai 2009, et qui devrait s'exprimer devant les juges mercredi ou jeudi.

L'ordonnance du juge Renaud Van Ruymbeke - document qui renvoie formellement l'affaire devant un tribunal - explique méthodiquement une escroquerie à double ressort: les victimes ont été trompées sur la solidité de l'établissement bancaire et sur les risques du montage financier.

2007, la plus grande crise financière de l'histoire s'amorce et la majorité des banques européennes, inquiètes, deviennent avares en crédits. Au contraire des banques islandaises, qui se développent encore frénétiquement à l'étranger.

A cette époque, Landsbanki Luxembourg propose à des propriétaires français de gager auprès d'elle leurs villas et autres appartements, en échange d'un prêt correspondant à la valeur des biens, et d'au moins 500.000 euros.

- "Le mendiant de l'amour" -

Ces propriétaires ne perçoivent qu'une partie du crédit en argent frais, la banque convertit le reste en placements, dont le rendement est censé couvrir les intérêts. Un prêt à taux zéro, en quelque sorte, qui séduit entre autres un couple anglais fortuné, le propriétaire d'une salle de gym, un retraité touchant moins de 1.000 euros par mois, et Enrico Macias.

Le chanteur, célèbre pour des titres tels que "Les filles de mon pays" ou "Le mendiant de l'amour", veut rénover une villa à Saint-Tropez, mais ne trouve pas de financement auprès des banques françaises. Il fait affaire avec Landsbanki Luxembourg, qui lui prête un montant "exceptionnellement élevé", souligne le juge d'instruction: 35 millions d'euros.

Enrico Macias perçoit en réalité neuf millions, moins les frais, le reste étant placé par la banque.

Lorsqu'il signe, en juillet 2007, les signaux sont déjà au rouge pour le secteur bancaire islandais, hypertrophié, avec une banque centrale impuissante et un organisme de régulation dépassé.

Les représentants de Landsbanki Luxembourg vantent la solidité d'un établissement auréolé d'un AAA, la meilleure note des agences de notation, alors même que, selon le juge Van Ruymbeke, la situation de la maison-mère islandaise est déjà "gravement compromise".

La crise éclate véritablement à la fin de l'été 2008: le gouvernement islandais décide alors de nationaliser les trois principales banques, dont Landsbanki, le 7 octobre. La filiale au Luxembourg est mise en liquidation.

Les propriétaires ayant souscrit les prêts litigieux se voient réclamer un remboursement intégral, alors qu'ils n'ont touché qu'une partie des fonds. S'ils refusent, ils sont assignés en justice, et menacés d'une saisie des biens hypothéqués. Les plaintes s'accumulent et le scandale Landsbanki Luxembourg éclate.

Parlant d'une "course au triple galop pour éviter la faillite", Me Eric Morain, avocat de plusieurs parties civiles, reproche à la banque d'avoir "vendu du vent dans l'objectif de mettre la main sur des biens immobiliers à forte valeur ajoutée."

De ses clients, l'avocat dit qu'ils ne sont "pas des spéculateurs mais des gens qui ont mis en garantie les biens de toute une vie".

En défense, Me Olivier Baratelli reproche à la justice française d'avoir "une vision passéiste d'un monde bancaire qui pratique depuis des siècles un principe simple: prêter de l'argent à des gens, contre une garantie sur leur maison."

Pour l'avocat, "ce dossier est une triste illustration d'une guerre idéologique contre des banquiers"

 

AFP

Cirque : des places gratuites… payantes

S’il a fait briller les yeux des enfants qui ont pu assister à ses représentations le week-end dernier, le cirque x.. en a aussi fait pleurer d’autres, privés de spectacle au dernier moment à cause de places pas franchement gratuites.

 

Des places gratuites. C’est ce que pensaient posséder plusieurs dizaines de personnes, qui de vendredi à dimanche se sont rendues à l’une des représentations du cirque x.., installé à côté du stade x... Mais une fois sur place, la déconvenue a été grande. Car le sésame, distribué par le cirque dans de nombreux commerces, n’était en réalité pas si gratuit que ça. « Nous nous sommes présentés trois quarts d’heure avant la représentation. Mais au guichet, on nous a dit qu’il n’y avait plus de places dans la partie “famille” et qu’il fallait payer 8 € pour s’installer dans la tribune d’honneur », témoigne par exemple Karine, désespérée par la mésaventure. « J’ai dû décider de rebrousser chemin, je n’ai pas les moyens de payer quatre places de cirque, Mes trois enfants qui ont cinq et trois ans sont repartis en pleurs. J’avais pourtant l’intention de jouer le jeu en achetant du pop-corn ou des gadgets sur place, avec un budget de 15 €, car je suis bien consciente qu’un cirque doit vivre. Mais je n’ai pas accepté de payer 32 €, qui plus est avec du personnel désagréable au plus haut point ».

Une pratique semble-t-il courante

La plupart du temps prises en otage par la peur de décevoir leurs enfants, les familles concernées choisissent de payer le supplément. C’est ce qui s’est passé ce week-end et qui se passe un peu partout en France depuis au moins 2010, à en juger par les nombreux articles publiés à ce sujet dans la presse régionale. Même l’association UFC Que Choisir a écrit à ce sujet, pour alerter les consommateurs. Dans la mesure où la mention « dans la limite des places disponibles » est bien indiquée sur les billets, la pratique, bien que peu glorieuse, n’est pas illégale. Il est en revanche impossible pour le public, présent au guichet du cirque à quelques minutes ou dizaines de minutes du début du spectacle, de vérifier si le “quota” de places gratuites (200 a priori) a effectivement été atteint.

 

FakeAlert : le virus escroc qui se fait passer pour un... antivirus

Attention aux faux messages d'alerte qui apparaissent, de temps à autre, sur vos écrans. Il s'agit parfois de tentatives de piratage informatique.

 

 

« Fausse alerte » (FakeAlert en anglais). Le virus informatique, identifié par le groupe de cybersécurité Eset porte bien son nom. Ce logiciel malveillant fait en effet apparaître de fausses pages web sur les ordinateurs, portant des messages alarmants : une fenêtre surgit brutalement sur votre ordinateur pour vous indiquer que celui-ci serait infecté ou rencontrerait un problème susceptible de compromettre les données stockées sur le disque dur.

 

 

Dans ce cas, ne pas paniquer. Les concepteurs de ce malware misent sur votre inquiétude pour vous escroquer en vous invitant à contacter par téléphone un prétendu « support technique » ou à télécharger une soi-disant « solution de sécurité », le premier sera évidemment surtaxé, quant à la seconde, elle risque de comporter un ransomware ou logiciel-rançonneur.

Record battu

Découvert par les ingénieurs de Eset en décembre 2009, le virus « HTML / FakeAlert » appartient à ce que les spécialistes appellent les escroqueries de faux support. Mais si ce malware ciblait, jusque-là, surtout un public anglophone, il fait depuis quelques jours une poussée sur la Toile française. Le 17 septembre, il a même été, pendant quelques heures, le malware le plus téléchargé en France, représentant 25 % de l'ensemble des logiciels malveillants détectés dans l'Hexagone.

 

Pour les ingénieurs informatiques slovaques qui communiquent sur cette menace au moment même où se tiennent à Monaco les Assises de la Sécurité des systèmes d'information, la France serait désormais le pays le plus affecté par ce logiciel, proportionnellement davantage que les États-Unis. Ce malware représentait plus de 2 % du volume d'infection globale sur la période du 5 septembre au 5 octobre, « ce qui est un record », souligne-t-on chez Eset.

« Le plus souvent, les escroqueries de faux support que nous surveillons ciblent des utilisateurs d'Internet anglophones, car ils constituent une cible large et permettent ainsi de générer plus d'argent. Cependant, il arrive que les escrocs ciblent leurs campagnes en les traduisant dans une autre langue majeure, comme cela est le cas pour les attaques espagnoles ou françaises. Ainsi, les cybercriminels visent un pays particulier – comme ici avec le cas de la France » , commente Ondrej Kubovič, IT Security Specialist chez Eset.

 

 

Vidéos payantes : la nouvelle arnaque sur Facebook

 

Le web, et notamment les réseaux sociaux, est le lieu d'arnaques en tous genres. Mais celle-ci est assez inattendue, et met au jour une disposition peu connue prise par les fournisseurs d'accès à internet (FAI).

Vous avez peut-être rencontré ces vidéos, souvent présentées comme hilarantes, suggérées sur votre fil Facebook. Elles proviennent de pages comme "TV-Illimité" ou "Dailysmile.TV", et paraissent inoffensives :

 

La suite paraît tout aussi indolore : vous pouvez choisir de cliquer, et de voir la vidéo. En tout petit, il est indiqué qu'elle sera payante -1 à 2 euros la minute-, mais ça, peu d'internautes le remarquent.

Comment ces arnaqueurs parviennent-ils à se faire rémunérer ? Via vos fournisseurs d'accès, tout simplement, explique France Culture, dans l'émission Soft Power, ainsi que sur le blog rattaché à son émission.

Par défaut, ces derniers ont activé le service "Internet + Box" ou "Contact +", qui permet de payer ce genre de service, dans la limite de 30 euros. Le prix est ainsi répercuté dans votre facture de fin de mois.

Selon France Culture, le service est activé chez la plupart des FAI, sauf chez Free, et concerne 36 millions d'utilisateurs.

Il suffit d'un clic pour le désactiver, et cela peut éviter de vraies déconvenues !

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