à votre santé...

Publié le par ottolilienthal

 

Dépenses courantes de santé par habitant

«Notre système de santé est sous tension croissante, et n'est pas résilient en cas de krach de notre économie sous perfusion (tel que développé dans mon article récent).

Une fois n'est pas coutume, de simples data World Bank donnent quelques éclairages.

Les dépenses de santé par habitant en dollars à Parité de Pouvoir d'Achat (ouf !) en France sont de 4783 US$ : 7,5 fois supérieures à la Thaïlande, 13 fois supérieures au Vietnam. La France a une espérance de vie de 82 ans, la Thaïlande 75 ans, le Vietnam 76 ans (pourtant, ils ne mangent pas particulièrement sain, et souffrent de graves pollutions). Certes, les dépenses de santé augmentent de 3% par an en France, 5% par an en Thaïlande et 8% par an au Vietnam. Et la part des personnes de +de 65 ans est de 20% en France, 11% en Thaïlande et 7% au Vietnam.

Mais quand même, avec la photographie actuelle : la santé d'un Français couterait 390k US$ au cours de sa vie (dont une bonne partie ses dernières années), et un Thaïlandais 50k.

La bonne nouvelle, c'est que les vaccins, l'hygiène, l'alimentation saine, l'exercice physique, les soins "de base", et la formation médicale ne sont pas très chers, permettant de vivre en bonne santé jusqu'à un âge avancé (en moyenne), même en cas d'effondrement économique.» @Cyrus Farhangi

(publié par J-Pierre Dieterlen)

« L’impact sanitaire du changement climatique menace d’annuler les progrès du XXe siècle »
 
L’élévation de la température due au réchauffement de la planète provoque une dégradation de la santé humaine qui ne fera qu’empirer, alerte le médecin Jean-David Zeitoun dans une tribune au « Monde ». Il plaide pour des mesures drastiques.
 
Tribune. En 1861, le physicien irlandais John Tyndall montrait que les émissions de CO2 d’origine humaine piégeraient l’énergie solaire dans l’atmosphère, ce qui élèverait la température. Il décrivait l’effet de serre. Depuis, la science climatique a largement confirmé cette prédiction. Les données récentes indiquent que le réchauffement mondial se concrétise plus vite que prévu. Les conséquences qui avaient été anticipées procèdent maintenant de l’observation quotidienne : températures plus élevées mais aussi montée des océans et phénomènes extrêmes, à savoir des sécheresses et incendies, des précipitations massives et inondations. Les effets de cette dégradation du climat sur la santé humaine relèvent de la même évidence mais sont gravement sous-médiatisés.
 
Les canicules créent un stress thermique qui augmente les décès cardio-vasculaires et par accident cérébral, ainsi que la morbidité respiratoire par pollution à l’ozone. L’élévation moyenne de la température – hors canicules – augmente aussi le risque d’asthme et d’allergies, dont la fréquence a plus que doublé en vingt ans.
 
 
Plusieurs maladies microbiennes, encore appelées tropicales mais peut-être pas pour longtemps, vont nous affecter. Il peut s’agir de maladies vectorielles, c’est-à-dire véhiculées par des insectes, comme la maladie de Lyme, le chikungunya ou même la dengue. Ou de pathologies liées à l’eau (choléra) ou à l’alimentation (salmonelles) car la sécurité alimentaire sera touchée. Rappelons aussi que la chaleur augmente le risque d’antibiorésistance, qui est une question déjà critique. On pourrait rajouter les retombées psychologiques, avérées à la suite d’événements extrêmes, ainsi que le risque de disruption sociale liée aux tensions, aux migrations voire aux conflits.
 
Ceci ne représente que ce que nous connaissons car il y a ce que nous ne savons pas, les fameuses « inconnues inconnues ». Plusieurs experts estiment que de nouveaux risques émergeront, correspondant à des maladies que nous ne saurons pas traiter. L’énormité du problème le rend littéralement existentiel. Compte tenu de l’inertie du système climatique – quoi que nous fassions, la météo et le climat vont continuer de changer pendant plusieurs décennies –, l’impact sanitaire est déjà partiellement inévitable et irréparable. Il menace d’annuler et surtout d’inverser les progrès du XXe siècle qui se traduisent notamment dans l’allongement de l’espérance de vie. Aujourd’hui la Banque mondiale quantifie à 7 millions les décès annuels prématurés dus à la pollution, laquelle est très liée aux émissions. Les estimations à 2030 y ajoutent au minimum 500 000 morts climatiques par an.
 

Sensibiliser l’opinion

Tout le monde ne semble pourtant pas s’en inquiéter. Bien que plus personne ne s’assume climatosceptique, il existe encore des gens qui veulent nuancer la gravité des faits. Comme ils ne peuvent plus dire « non », ils disent « oui mais » ou « c’est plus compliqué ». Leurs arguments sont subtilement faux mais hélas entendus. Cette mésinformation n’est pas moins dommageable que celle des climatosceptiques de première génération car elle conduit in fine à nier les mesures nécessaires pour limiter la crise : la baisse drastique des émissions. Nous devons maigrir et on ne peut pas maigrir en mangeant plus. Ceux qui s’alarment d’une insupportable régression doivent savoir que sans action majeure, la régression sera autrement plus brutale car on ne peut pas négocier avec les lois de la physique. Ceux qui dénoncent une atteinte aux libertés doivent comprendre que nous serons au contraire oppressés par notre vulnérabilité.
 
Les systèmes de soins se découvrent trois nouvelles obligations. La première concerne l’adaptation au changement. Une partie de celui-ci étant inéluctable, il faut se préparer aux maladies climatosensibles qui s’ajouteront aux problèmes existants. Les dispositifs de veille, de réaction et même les bâtiments vont devoir s’ajuster à ce nouveau contexte, pour ne citer que quelques exemples.
 
La seconde est la sensibilisation de l’opinion. Les enquêtes récentes suggèrent qu’elle augmente. Comme médecins, nous devons nous exprimer et dire que nous avons peur.

Que la santé humaine est une priorité qui l’emporte sur toutes les autres, et faire campagne pour toute législation qui peut la protéger car la cause est apolitique.
 
 
Troisièmement, nous devons reconnaître que nous sommes nous aussi une partie du problème. Les systèmes de soins sont des émetteurs notoires de CO2, entre 4 % et 10 % des émissions nationales selon les pays. Les hôpitaux et les industriels de la pharmacie sont de loin les plus gros émetteurs. Des exemples étrangers montrent sans ambiguïté qu’il est possible de réduire ces émissions d’au moins 30 %, sans altérer la qualité des soins et tout en faisant des économies. Cet indicateur devrait être élevé au même niveau d’importance que la qualité ou l’efficience.
 
Rappelons enfin qu’il existe des bénéfices sanitaires immédiats à baisser les émissions de CO2 : amélioration de la qualité de l’air, diminution des accidents, activité physique, alimentation plus saine. Il n’y a aucune révélation ici. Tous les rapports du GIEC sauf un contiennent un chapitre sur la santé humaine. Il est maintenant suffisamment clair que nous n’avons pas le choix. Si nous n’en faisons pas assez, nous pouvons promettre à nos enfants qu’ils vivront plus durement et moins longtemps.
 
Jean-David Zeitoun est docteur en médecine, docteur en épidémiologie clinique, et entrepreneur.
 
(publié par J-Pierre Dieterlen)

Pour être en bonne santé, manger des noix, des lentilles et être moins sédentaire

Manger une poignée de noix sans sel et se lever toutes les deux heures quand on travaille assis pour marcher un peu, font partie des nouvelles recommandations publiées mardi par Santé publique France.

Pour la première fois, ces recommandations sur l'alimentation et l'activité physique tiennent compte de l'environnement, en préconisant de consommer des aliments de producteurs locaux, de saison, si possible bio et de manger moins de viande, dit à l'AFP Anne-Juliette Serry, spécialiste à l'agence sanitaire. 

Elles distinguent la lutte contre la sédentarité, en passant moins de temps assis, de l'encouragement à faire plus d'activité physique (au moins 30 minutes/jour). 

Si le slogan "au moins cinq fruits et légumes par jour" (frais, surgelés ou en conserves) reste d'actualité, il est recommandé de manger également au moins deux fois par semaine des légumes secs (pois chiches, lentilles, haricots...).

Privilégier la volaille

Autre conseil: au moins un féculent complet par jour (pâtes, pain, riz, etc.), plus riche en fibres que les produits raffinés (pain blanc, par exemple). Il est recommandé d'ajouter "une petite poignée" de fruits à coque par jour - noix, noisettes, amandes, pistaches non salées, etc...

Pour la viande, il est conseillé de ne pas dépasser 500 grammes par semaine (soit trois ou quatre steaks) et de privilégier la volaille. 

La charcuterie est à "réduire" : pas plus de 150 grammes par semaine (soit environ trois tranches de jambon blanc). Au menu aussi, le poisson, deux fois par semaine dont un gras (sardines, saumon, maquereau, hareng…) en variant les espèces à cause des polluants qu'ils peuvent contenir.

Les conseils portent aussi sur l'excès de sel et sur les produits laitiers (deux par jour, et non plus trois). Des produits laitiers parmi lesquels on ne doit pas compter la crème fraîche ni le beurre, trop gras, pas plus que les crèmes desserts ni les flans, souvent trop sucrés.

Il vaut mieux cuisiner soi-même des produits bruts. Si on ne peut pas faire l'impasse sur les plats préparés industriels, le recours à l'étiquetage Nutri-Score est préconisé. Il aide à mieux choisir, par exemple entre deux pizzas, grâce à des lettres attribuées aux produits (A le mieux, E le moins bien).

Réduire la sédentarité

Pour l'alcool, il ne faut pas plus de deux (petits) verres sur une journée, et pas tous les jours.

Enfin, "il ne suffit pas d'être actif (faire du sport, prendre les escaliers..) mais il convient aussi de réduire au minimum la sédentarité, c'est-à-dire de limiter le plus possible le temps passé assis", selon Mme Serry. 

"L'idée, c'est de penser à se lever toutes les deux heures pour marcher un peu au travail", selon elle. La sédentarité est considérée comme le quatrième facteur de risque de décès dans le monde.

Ces recommandations, disponibles sur le site mangerbouger.fr, figureront dans la version 2019 du Programme national nutrition santé (PNNS). 

Semaine de sensibilisation au cancer de la peau: «On note une augmentation de 10 % des cancers cutanés par an»

INTERVIEW A partir de ce lundi, 300 dermatologues proposent des consultations, en cabinet et un télé-dépistage, pour sensibiliser aux risques des cancers de la peau...

 
  • Le soleil redonne en général le sourire... mais mieux vaut se protéger de sa morsure. 
  • Avec cette semaine de dépistage et de sensibilisation à la prévention et à la détection précoce des cancers de la peau, c'est l'occasion de vérifier ses grains de beauté et de s'informer sur mélanomes et carcinomes. 
  • Comment se protéger et qui sont les plus vulnérables? «20 Minutes» a interviewé la vice-président du Syndicat nationale des dermatologues et vénérologues qui organise cette semaine de sensibilisation.

Des chiffres qui rappellent que le retour du soleil rime avec badigeonnage de crème solaire. Chaque année, près de 80.00 cancers de la peau sont diagnostiqués et « près de 70 % de ces cancers sont liés à des expositions excessives au soleil, principalement des expositions intermittentes et intenses pendant l’enfance », explique la Direction générale de la santé. A partir de ce lundi et jusqu’à vendredi, 300 dermatologues proposent un dépistage gratuit dans leur cabinet ou via un télé-dépistage pour que chacun, même ceux qui n’ont ni le temps ni les moyens de consulter, puissent être sensibilisés aux risques du cancer de la peau. Pour en savoir plus sur cette maladie méconnue et les bons réflexes à prendre, 20 Minutes a interviewé la dermatologue Catherine Oliveres-Ghouti, trésorière du Syndicat national des dermatologues et vénérologues qui lance cette initiative.

Pourquoi organiser cette semaine de dépistage ?

Au départ, il y a vingt ans, c’était seulement une journée de dépistage, maintenant c'est une semaine entière. On va montrer ses dents, les femmes vont régulièrement chez le gynécologue, mais on va plus rarement voir spontanément un dermatologue. Et pourtant, tous les ans on note une augmentation de 10 % des cancers cutanés dans les pays développés !

Concrètement, comment cela va se dérouler?

Les patients peuvent prendre rendez-vous directement sur la plateforme dermatos. On propose des interventions dans certains centres municipaux, dans certaines sociétés, mais aussi dans les cabinets de dermatologues. En clair, 300 dermatologues vont libérer des plages horaires la semaine prochaine : pendant quelques heures, ils reçoivent des patients en consultation gratuite exclusivement dédiée à la recherche de cancer cutané. Ce n’est pas la peine de venir montrer vos mycoses ! Il n’y aura ni traitement, ni ordonnance. Si on détecte une lésion à risque, on remet au patient une petite carte pour aller consulter un dermato, on explique si c’est urgent, s’il y a une surveillance à mettre en place. 

 
Cette année, vous mettez en place pour la première fois un télé-dépistage, mais n’est-ce pas nécessaire de voir les grains de beauté par exemple pour vérifier qu’il n’y a pas de lésion ?

Dans les zones qui manquent de dermatologues, on a formé certains médecins généralistes à prendre des photos avec un iPad ou un iPhone qui peuvent envoyer le cliché et échanger avec un dermato. Le spécialiste va leur permettre de dire s’il faut que ce patient aille consulter ou si la lésion n’est pas très dangereuse. Sur le même principe, dans les Ehpad, ces télé-consultations vont permettre à une infirmière ou un médecin d’échanger photo et diagnostic avec un dermatologue.

L’objectif, donc, c’est de toucher des personnes qui n’ont pas forcément un dermatologue près de chez eux ou les capacités de se déplacer. Est-ce qu’il y a certaines personnes plus vulnérables ?

Les agriculteurs, viticulteurs, pêcheurs sont exposés aux UV toute l’année, et souvent ils vivent loin des villes.Dans le BTP, ils ont un casque sur la tête, mais ils travaillent parfois torse nu. Il y a vingt ans, on demandait aux patients est-ce que vous allez au soleil, la plupart disaient non. Maintenant, on précise : est-ce que vous avez des activités professionnelles et de loisir en extérieur ? Le soleil, il n’y en a pas que sur la plage ! Il faut penser aussi à la sortie en vélo du dimanche, au match de foot, au barbecue… En général, les personnes les plus vulnérables sont celles qui ont des antécédents familiaux, qui ont eu beaucoup de coups de soleil dans l’enfance. Et qui sont des habitués des cabines d’UV, qui multiplient par 8 le risque de cancer cutané.

Pourquoi faut-il redoubler de vigilance pour les femmes enceintes et les enfants ?

Les enfants ont une peau fragile. Avant la puberté, vous n’avez pas les poils qui protègent, vous avez une peau moins grasse, plus fine. Il faut donc bien se protéger.  Pour les femmes enceintes, le risque, c’est d’avoir le masque de grossesse, le mélasma. Sur le visage, l’imprégnation d’œstrogène multiplie la photosensibilisation, qui favorise les taches brunes.

Quels sont du coup les bons réflexes à prendre pour éviter ces cancers de la peau ?

Primo, faire de l’auto-surveillance parce qu’on ne peut pas aller chez le dermato tous les trois jours. Donc il faut regarder régulièrement ses grains de beauté, demander à son conjoint de vérifier ceux qu’on ne peut voir dans le dos. Autre astuce : prendre en photo votre dos divisé en quatre parties. Dans six mois, vous refaites les photos et vous voyez s’il y a un changement. Et ne pas oublier certaines zones : la plante des pieds, derrière les oreilles et le cuir chevelu, surtout pour les hommes chauves.

Ensuite, côté prévention quand on va au soleil, il faut proscrire l’exposition entre 12h et 16h. Si vous ne pouvez faire autrement, ce n’est pas une crème qui va vous protéger, donc on s’équipe pour une visite au soleil : T-shirt, lunettes, chapeau. On n’interdit pas le soleil, mais il faut avoir une attitude raisonnable par rapport au soleil. Il suffit de marcher un quart d’heure au soleil pour avoir son apport en vitamine D, donc rien de sert de rester comme une crêpe pendant cinq heures à la plage. L’autre problème, c’est que les gens ne savent pas bien utiliser les crèmes solaires. Je dis à mes patients, si vous prenez un tube avec un indice 20, autant acheter de la crème hydratante ! Mieux vaut rester avec un indice 50 toutes les vacances pour éviter les coups de soleil. Et nous conseillons d'utiliser un tube par jour, or en général, les patients l'utilisent pendant quinze jours et pour une famille entière ! De plus, il faut savoir qu'un bain de vingt minutes fait partir 50 % de la protection solaire. Donc mieux vaut se tartiner avant d’aller à la plage car la crème met un quart d’heure à pénétrer la peau. Pour les enfants, je conseille d'utiliser des crèmes spécifiques, car moins allergènes. 

Le nombre de cancers de la peau a triplé entre 1980 et 2012, selon  l'Institut national du cancer (INCa). Comment expliquez-vous cette explosion ?

Un enfant né dans les années 2000 a 10 fois plus de risques d’avoir un mélanome à l’âge adulte qu’un enfant né en 1980. En 2017, on a constaté 11.000 mélanomes et près de 3.000 morts, c’est autant que sur la route ! Ces chiffres sont liés à l’évolution de nos modes de vie. Il y a trente ans, il y avait moins de monde sur les plages. La multiplication des congés a fait que l’accès à la plage s’est démocratisé. Les gens voyagent plus, loin, dans des pays tropicaux. Et il y a un problème de méconnaissance des risques. Ils ne se rendent pas compte que le soleil tape aussi lors du barbecue, quand ils tondent la pelouse, pendant le sport. Et nos habitudes vestimentaires ont changé : au début du XXe siècle, il était de bon ton d’avoir la peau claire donc on s’exposait avec voilettes, maillots de bain jusqu’aux chevilles, chapeaux. Aujourd’hui, le culte de la peau caramel fait des ravages.

Est-ce qu’en vingt ans, vous avez l’impression que le grand public mesure mieux les risques du soleil ?

Cela dépend des endroits. A Marseille, les gens arrivent à 13h se mettent de l’huile à frire, pas une seule protection, boivent le rosé sans parasol et sans un vêtement sur le dos. On a l’impression qu’on prêche dans le désert. Par contre, certains ont pris conscience des risques. On voit de plus en plus de gens qui mettent des vêtements anti-UV à leurs enfants par exemple. Mais il faut encore marteler le message de prévention.

 

Propos recueillis par Oihana Gabriel

Chasseurs : la « vengeance » du lapin

 
La saison de la chasse s’est achevée. On la dit aussi giboyeuse que la précédente, où plus de 500 000 chevreuils, près de 600 000 sangliers, plus de 61 000 cerfs, 13 000 mouflons… sanas compter le smillions de faisans, lapins de garenne et perdrix rouges avaient été zigouillés. de quoi ripailler à la table des chasseurs et dans les restaurants gastronomiques. Sauf que, une fois dans l’assiette, il arrive que le gibier se venge.
Dans un tout récent rapport, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) raconte à quel point la venaison pourrait s’avérer plombante pour la santé.  Au fil des 74 pages, on découvre ainsi que le gibier est farci de métaux lourds et de contaminants chimiques. Les animaux sauvages profitent aux aussi des pollutions industrielles, quand ils « broutent » sur des sols pollués à la dioxine, au furane et aux PCB, ou se désaltèrent dans des cours d’eau chimiqués. Quant aux terres agricoles, elles sont bourrées de cadmium, apporté par les engrais phosphatés et les boues d’épuration. Et, dixit l’Anses, ce sont les sangliers qui dégustent le plus, à cause de leur fâcheuse habitude de retourner la terre avec leur groin.
Mais là où les toxicologues se font vraiment du mouron, c’est pour la dose de plomb contenus dans le gibier. Après avoir analysé les foies et les muscles des pauvres bêtes, ils évoquent « une préoccupation sanitaire liée au plomb présent dans la viande de grands gibiers sauvages (sangliers, cerfs, chevreuils…) qui provient pour partie de son environnement mais apparaît surtout lié au phénomène de fragmentation des munitions ». Des résidus souvent invisibles à l’œil nu.
Et l’Anses d’enfoncer le clou (en plomb). Avec 1,2 million de chasseurs, dont beaucoup consomment en famille le contenu de leur gibecière, la chasse pourrait être « le premier contributeur à l’exposition au plomb par ingestion ». C’est pourquoi l’Agence recommande de ne pas manger du gibier sauvage plus de trois fois par an et le proscrit carrément pour les femmes enceintes et les enfants. Tout cela alors que Macron vient de réhabiliter les chasses présidentielles (1).
On espère que ça ne va pas plomber l’ambiance autour de la table, à Chambord !

Le Canard enchaîné – 11/04/2018 – Conflit de Canard –

(1) Le coût du permis de chasse national va passer de 400 à 200 euros. Moitié moins cher pour tuer deux fois plus dans  tous les départements… Un cadeau de 18 millions aux chasseurs – ce qui représente à peu près le budget des réserves naturelles.
Bilan de la dernière saison de chasse communiqué par l’Aspas fin février : douze morts dont deux mineurs et trois non-chasseurs.

Renvoyée à ses études !

 

La revue médicale indépendante Prescrire n'évalue pas seulement les médicaments. Elle regarde également de près les recommandations publiées par la Haute autorité de santé (HAS), censées aider les professionnels de santé dans la prise en charge de leurs patients. Le résultat n'est pas fameux. Parmi la centaine de documents produits ces dix dernières années, 7 seulement ont été jugés intéressants. 21, acceptables. Dans le même temps, 57 ont reçu l'infâmante mention "inutile", 23 se sont carrément attirés le désaccord de Prescrire. Faiblesse documentaire, liens d'intérêts des experts ayant participé à la rédaction, sous-estimation des effets indésirables sont les principaux défauts qui décrédibilisent les recommandations officielles de la Haute autorité de santé.

 

Que choisir, mars 2018

 

Omerta dans la médecine

Le Pr Philippe Even, 84 ans, a été radié de l'Ordre des médecins… Une condamnation anachronique contre un mandarin qui a osé dénoncer nommément ses confrères rétribués par l'industrie pharmaceutique.

Il ne faut pas crier au loup !

Les maladies infectieuses les plus médiatisées ne sont pas celles qui présentent le plus grand danger. Et inversement. Notre chroniqueur s'en inquiète.

Pourquoi le cancer du pancréas progresse-t-il autant ?

En l'absence de progrès décisif, cette maladie de sombre pronostic pourrait devenir la deuxième cause de mortalité par cancer d'ici à l'an 2020.

Les 6 ennemis de notre cerveau

Le professeur Bernard Sablonnière*, chercheur à l'Inserm, spécialiste des maladies neurodégénératives, nous explique comment garder une bonne santé cérébrale.

 

1. Le stress

Le stress peut être utile ou nuisible pour le cerveau, cela dépend de son intensité et de sa durée. Il est bénéfique lorsque de courte durée et adapté, il stimule alors notre dynamisme et la prise de décision. En cas de situation conflictuelle prolongée se conjuguent les effets de deux hormones du stress : l'adrénaline et le cortisol. Le cerveau est alors contraint à réduire son dynamisme et le fonctionnement des synapses : il nous force à nous reposer

 

2. La prise chronique de psychotropes

Notre cerveau utilise de nombreuses clés chimiques ou neurotransmetteurs pour fonctionner. Les psychotropes miment ou bloquent leur fonctionnement. En perturbant nos comportements, ces médicaments perturbent les mécanismes normaux de réparation des circuits neuronaux, pouvant conduire à des effets toxiques et irréversibles.

 

3. La sédentarité

Muscle et cerveau sont faits pour s'entendre. On connaît maintenant des signaux chimiques libérés par les muscles et capables de stimuler la fabrication de nouveaux neurones, pour stimuler nos fonctions cognitives. Ce signal est une protéine, l'irisine, dont la sécrétion est fortement stimulée par un exercice physique d'au moins 30 minutes et répété régulièrement.

 

4. L'inactivité intellectuelle

 

Entraîner son cerveau, c'est le stimuler pour renforcer l'efficacité de ses circuits et nous permettre d'améliorer nos capacités mentales. Un environnement cognitif riche, une curiosité débordante et de multiples activités d'apprentissage façonnent les circuits du cerveau, en stimulant la survie des nouveaux neurones et en stabilisant leur connectivité.

 

5. L'isolement social

Le cerveau humain perçoit et partage les émotions des autres et est capable d'empathie. Cette capacité stimule le cerveau limbique et active la libération d'une clé chimique, l'ocytocine, qui améliore le partage et l'échange. Cette clé possède un effet stimulant sur les circuits du cerveau en réduisant fortement les effets du stress.

 

6. L'excès de graisses et de sucres

Un apport calorique trop élevé et un excès de sucres et de graisses dérèglent le fonctionnement cellulaire et produisent des signaux inflammatoires qui altèrent les vaisseaux sanguins du cerveau. Cela entraîne progressivement un stress cellulaire qui réduit fortement la capacité naturelle de régénération des connexions neuronales !

 

* Les Nouveaux Territoires du cerveau (Odile Jacob, 2016) et Le Cerveau (Odile Jacob, 2015)

La pollution de l’air s’introduit jusque dans notre cerveau

 

De minuscules particules liées à la pollution industrielle ont été découvertes dans plusieurs échantillons de cerveau humain. Elles sont soupçonnées de contribuer au développement de la maladie d’Alzheimer.

 

 

“Si vous vivez dans un environnement urbain, il y a des chances que vous ayez des nano-aimants dans le cerveau, au sens propre”, prévient Science. Une nouvelle étude parue dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) suggère que la plupart de la magnétite – composée d’oxyde de fer – trouvée dans le cerveau provient de la pollution de l’air issue des pots d’échappement ou d’activités industrielles comme la combustion du charbon pour produire de l’électricité.

“On savait déjà que des nanoparticules de fer étaient présentes dans le cerveau, mais on pensait qu’elles provenaient du fer qu’on trouve naturellement dans le corps, issu de la nourriture”, rappelle New Scientist. Or l’analyse précise des particules identifiées dans le cerveau de 37 personnes ayant vécu soit à Manchester, soit à Mexico fournit un indice crucial quant à leur origine.

“La magnétite que l’on trouve parfois naturellement dans le cerveau y est présente en quantités infimes, et ses particules se distinguent par leurs contours déchiquetés, explique BBC News. Au contraire, les particules trouvées dans l’étude étaient non seulement bien plus nombreuses, mais aussi lisses et arrondies, caractéristiques de ce qui se crée aux hautes températures d’un moteur de voiture ou des systèmes de freinage.”

La magnétite, un produit toxique

Cette nouvelle étude tire donc une nouvelle fois la sonnette d’alarme quant aux risques liés à la pollution. Car “le problème avec la magnétite, c’est que c’est toxique”, insiste Science. “Cela provoque le stress oxydatif, perturbe le fonctionnement cellulaire normal et contribue à la création de radicaux libres destructeurs – des molécules instables qui peuvent endommager d’autres molécules importantes”, énumère la revue scientifique.

Des travaux précédents, détaillés en 2015 par le New Scientist notamment, ont également montré des corrélations entre des niveaux élevés de fer dans le cerveau et le développement de la maladie d’Alzheimer. “Rien ne lie définitivement la magnétite à Alzheimer, tempère Science, mais le type de dommage cellulaire qu’elle peut causer est cohérent avec ce qu’on voit dans la maladie.”

Alzheimer, une maladie transmissible ?

 

Pour Clare Walton, directrice de recherche à l’Alzheimer’s Society, qui n’a pas participé à l’étude, citée par BBC News :

Les causes des démences sont complexes et jusqu’à présent il n’y a pas eu suffisamment de recherches pou dire que le fait de vivre dans des villes et des zones polluées augmente le risque de démence.”

“D’autres travaux dans ce domaine sont nécessaires, mais tant que nous n’avons pas plus d’information les gens ne devraient pas s’inquiéter de manière excessive”, ajoute-t-elle, avant de rappeler que l’exercice physique régulier, un régime alimentaire sain et l’arrêt de la cigarette diminuent les risques de développer ce type de maladie.

 

Carole Lembezat

L’ONU admet sa responsabilité dans l’épidémie de choléra en Haïti

 

Du bout des lèvres, les Nations unies reconnaissent leur implication dans la terrible épidémie de choléra qui frappe Haïti. La contamination a causé près de 10 000 morts depuis l’arrivée de la bactérie dans le pays, en 2010, et elle a rendu malades 800 000 personnes. Voilà six ans que des casques bleus sont accusés de l’avoir apportée avec eux du Népal, ce que l’institution internationale s’est obstinée à nier jusqu’à présent.

 

 

« Au cours de l’année écoulée, l’ONU a acquis la conviction qu’il est nécessaire de faire beaucoup plus en ce qui concerne sa propre implication dans le foyer initial et les souffrances des personnes touchées par le choléra »,
 

a déclaré le porte-parole adjoint de l’ONU, Farhan Haq, jeudi 18 août.

Certes la déclaration apparaît alambiquée et n’a pas le ton des annonces officielles fracassantes. Mais elle ressemble à un début de revirement, qui fait naître l’espoir chez les défenseurs des victimes et chez ceux qui, sur le terrain, attendent de l’aide pour parvenir, enfin, à maîtriser une épidémie loin de régresser. D’autant que M. Haq a aussi promis qu’un nouveau plan d’action serait présenté dans les deux mois.

Avancée essentielle

« C’est une grande victoire pour les milliers d’Haïtiens qui se sont mobilisés pour la justice, qui ont écrit à l’ONU et porté plainte contre elle », s’est réjoui Mario Joseph, le président du Bureau des avocats internationaux de Port-au-Prince dans un communiqué, parlant de « victoire pour le peuple ». Il n’est pas le seul à considérer ce demi-aveu comme une avancée essentielle.

L’ONU doit maintenant présenter « des excuses publiques et établir un plan de compensation aux victimes qui ont tant perdu », a commenté l’avocate Beatrice Lindstrom, de l’Institut pour la justice et la démocratie en Haïti, une ONG américaine partie prenante dans un procès intenté aux Nations unies.

En théorie, les réclamations des familles des victimes pourraient atteindre 40 milliards de dollars (35 milliards d’euros). En fait, l’institution a jusqu’à présent systématiquement mis en avant son immunité pour ne pas répondre aux requêtes des Haïtiens autrement que par les arguties de ses avocats. Une cour d’appel vient à nouveau de lui donner raison sur ce point, le 18 août.

Cependant, l’ONU peut difficilement se maintenir dans cette position très inconfortable, alors qu’elle se trouve à la fois sous les projecteurs accusateurs de la presse et agitée par un débat interne. Plusieurs rapports émanant de ses rangs ont dénoncé son obstination à nier sa responsabilité à l’égard des Haïtiens. L’universitaire Philip Alston, rapporteur spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté et les droits humains, a en particulier fustigé son attitude « moralement inconciliable et légalement indéfendable ».

Déshydratations fatales

 

Car voilà longtemps que ne subsiste plus de doute sur le rôle joué par un bataillon de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) venu du Népal, où le vibrion à l’origine de l’épidémie est endémique. La souche bactérienne a, depuis, été séquencée : elle correspond parfaitement.

La contamination est liée aux eaux usées et à une grande quantité de matières fécales qui se sont directement déversées dans un affluent de l’Artibonite, rivière près de laquelle était installé le campement de la Minustah en octobre 2010.

Très vite, la maladie, qui entraîne des déshydratations fatales, se répand alors dans les villages le long de la rivière ; 10 000 cas suspects sont recensés en quelques jours et les structures de soin enregistrent des pics de 4 500 cas par jour. L’épidémie s’étend très vite au reste du pays, l’un des plus pauvres de la planète, ravagé par un séisme qui a causé 220 000 morts dix mois plus tôt. Pis : elle n’a jamais cessé depuis.

Une étude de Médecins sans frontières, publiée en mars, montre même que les 9 300 décès officiels ont été largement sous-estimés. « Entre 2010 et 2012, il y a eu plus de cas en Haïti que dans l’Afrique tout entière », souligne l’épidémiologiste Renaud Piarroux. Des chiffres d’autant plus saisissants qu’il n’y avait pas eu d’épidémie de choléra sur l’île depuis cent cinquante ans.

Ce professeur de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille se rend régulièrement sur place, où il a été le premier à enquêter sur cette affaire, dès 2010. Dans son dernier rapport, qui date de juillet, il rappelle que, par le nombre de victimes, cette épidémie est « la plus importante à laquelle le monde a dû faire face au cours des dernières décennies ».

Regain de l’épidémie

Il y a urgence à agir. Les espoirs mis dans le ralentissement du rythme de contamination en 2014 ne sont plus de mises. « Depuis un an, le choléra reprend de la force », note le médecin. A défaut de pouvoir métamorphoser Haïti en pays doté d’une infrastructure d’eau et d’assainissement moderne, il préconise de donner les moyens au corps médical et aux ONG d’intervenir dès qu’un cas suspect est repéré, de se rendre dans chaque village touché pour y mener rapidement des actions d’éducation sanitaire et de distribuer des comprimés de chlore afin d’assainir l’eau. Il croit moins à la vaccination, à l’efficacité d’autant plus limitée qu’elle ne bénéficie qu’à 3 % de la population.

Lire aussi : Haïti : le premier tour de la présidentielle annulé, de nouvelles dates annoncées

« Je participe à la rédaction d’un nouveau plan que prépare l’Unicef, confie M. Piarroux. Il ne sera mis en œuvre que si des financements importants sont débloqués. » Alors lui aussi se réjouit du changement de ton de l’ONU, persuadé qu’il présage d’un revirement dans l’échelle des moyens alloués pour lutter contre un fléau aujourd’hui négligé.

 

 

De quoi meurt-on le plus dans le monde aujourd'hui ?

 

On vit sur la planète six ans de plus qu'en 1990. En France, les premières causes de mortalité sont l'infarctus et le cancer du poumon.

 

Le Lancet vient de publier un bilan complet sur l'évolution de la santé humaine entre 1990 et 2013 dans tous les pays en étudiant les 240 causes principales de mortalité. Et les nouvelles sont plutôt bonnes. Si, en 2013, 54.9 millions de personnes sont mortes, l'espérance de vie moyenne dans le monde a bondi de 65,3 ans à 71,5 ans. Cet allongement de l'espérance de vie est essentiellement dû à une diminution de la mortalité par cancer et par maladies cardio-vasculaires, dans les pays développés, ainsi qu'à une diminution de la mortalité infantile par diarrhée et pneumonie dans les pays pauvres.

Pour la première fois, les pneumonies ne sont plus la première cause de décès dans le monde. Et ce, grâce aux antibiotiques très bon marché produits dans les pays pauvres (en particulier en Inde et en Chine), et à la vaccination contre le pneumocoque dans les pays riches. Ce vaccin généralisé chez les enfants afin de les protéger de la méningite a fait reculer de manière très nette les pneumonies dues à ce même microbe chez les sujets âgés. En effet, les enfants sont les vecteurs des pneumonies qui touchent les sujets âgés (grippe et pneumocoques).

Les seuls pays a ne pas voir leur santé s'améliorer sont ceux d'Afrique australe. Essentiellement par la faute du sida, ce qui montre l'importance de poursuivre la lutte dans ce domaine et la distribution de médicaments.

Priorités

En France, les cinq premiers tueurs sont dans l'ordre, l'infarctus du myocarde et ses conséquences ; le cancer du poumon ; les accidents vasculaires cérébraux ; les suicides ; les cancers du côlon et du rectum. En sixième, on trouve la maladie d'Alzheimer, puis la cirrhose du foie, le cancer du sein, les accidents de la circulation ; en dixième position arrivent les autres problèmes cardiologiques. Par rapport aux autres pays d'Europe occidentale, la France affiche plus de morts par suicides et par accidents de la circulation.

On remarque aussi que la fréquence de la cirrhose du foie n'est pas corrélée à la seule consommation moyenne d'alcool par pays, ce qui montre qu'elle est multifactorielle. La priorité pour la prévenir est la vaccination contre l'hépatite B et le traitement précoce de l'hépatite C. Autre priorité : lutter contre le sel (à cause des accidents vasculaires cérébraux), le sucre (diabète, obésité et infarctus) et le tabac (cancer du poumon). Ce sont les trois priorités, avec la lutte contre les accidents de la circulation et la lutte contre la dépression suicidaire. Alors, modérons notre peur et notre pessimisme, tout comme notre consommation d'alcool, qui protège des accidents vasculaires cérébraux, à doses modérées (deux à quatre verres de vin par jour) et favorise à haute dose, cirrhoses et cancer du foie.

 

Pr

 

Ref "Global, regional, and national age-sex specific all-cause and cause-specific mortality for 240 causes of death, 1990-2013 : a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2013", The Lancet, vol 385 January 10.2015

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article