à votre santé...

Publié le par ottolilienthal

Omerta dans la médecine

Le Pr Philippe Even, 84 ans, a été radié de l'Ordre des médecins… Une condamnation anachronique contre un mandarin qui a osé dénoncer nommément ses confrères rétribués par l'industrie pharmaceutique.

Il ne faut pas crier au loup !

Les maladies infectieuses les plus médiatisées ne sont pas celles qui présentent le plus grand danger. Et inversement. Notre chroniqueur s'en inquiète.

Pourquoi le cancer du pancréas progresse-t-il autant ?

En l'absence de progrès décisif, cette maladie de sombre pronostic pourrait devenir la deuxième cause de mortalité par cancer d'ici à l'an 2020.

Les 6 ennemis de notre cerveau

Le professeur Bernard Sablonnière*, chercheur à l'Inserm, spécialiste des maladies neurodégénératives, nous explique comment garder une bonne santé cérébrale.

 

1. Le stress

Le stress peut être utile ou nuisible pour le cerveau, cela dépend de son intensité et de sa durée. Il est bénéfique lorsque de courte durée et adapté, il stimule alors notre dynamisme et la prise de décision. En cas de situation conflictuelle prolongée se conjuguent les effets de deux hormones du stress : l'adrénaline et le cortisol. Le cerveau est alors contraint à réduire son dynamisme et le fonctionnement des synapses : il nous force à nous reposer

 

2. La prise chronique de psychotropes

Notre cerveau utilise de nombreuses clés chimiques ou neurotransmetteurs pour fonctionner. Les psychotropes miment ou bloquent leur fonctionnement. En perturbant nos comportements, ces médicaments perturbent les mécanismes normaux de réparation des circuits neuronaux, pouvant conduire à des effets toxiques et irréversibles.

 

3. La sédentarité

Muscle et cerveau sont faits pour s'entendre. On connaît maintenant des signaux chimiques libérés par les muscles et capables de stimuler la fabrication de nouveaux neurones, pour stimuler nos fonctions cognitives. Ce signal est une protéine, l'irisine, dont la sécrétion est fortement stimulée par un exercice physique d'au moins 30 minutes et répété régulièrement.

 

4. L'inactivité intellectuelle

 

Entraîner son cerveau, c'est le stimuler pour renforcer l'efficacité de ses circuits et nous permettre d'améliorer nos capacités mentales. Un environnement cognitif riche, une curiosité débordante et de multiples activités d'apprentissage façonnent les circuits du cerveau, en stimulant la survie des nouveaux neurones et en stabilisant leur connectivité.

 

5. L'isolement social

Le cerveau humain perçoit et partage les émotions des autres et est capable d'empathie. Cette capacité stimule le cerveau limbique et active la libération d'une clé chimique, l'ocytocine, qui améliore le partage et l'échange. Cette clé possède un effet stimulant sur les circuits du cerveau en réduisant fortement les effets du stress.

 

6. L'excès de graisses et de sucres

Un apport calorique trop élevé et un excès de sucres et de graisses dérèglent le fonctionnement cellulaire et produisent des signaux inflammatoires qui altèrent les vaisseaux sanguins du cerveau. Cela entraîne progressivement un stress cellulaire qui réduit fortement la capacité naturelle de régénération des connexions neuronales !

 

* Les Nouveaux Territoires du cerveau (Odile Jacob, 2016) et Le Cerveau (Odile Jacob, 2015)

La pollution de l’air s’introduit jusque dans notre cerveau

 

De minuscules particules liées à la pollution industrielle ont été découvertes dans plusieurs échantillons de cerveau humain. Elles sont soupçonnées de contribuer au développement de la maladie d’Alzheimer.

 

 

“Si vous vivez dans un environnement urbain, il y a des chances que vous ayez des nano-aimants dans le cerveau, au sens propre”, prévient Science. Une nouvelle étude parue dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) suggère que la plupart de la magnétite – composée d’oxyde de fer – trouvée dans le cerveau provient de la pollution de l’air issue des pots d’échappement ou d’activités industrielles comme la combustion du charbon pour produire de l’électricité.

“On savait déjà que des nanoparticules de fer étaient présentes dans le cerveau, mais on pensait qu’elles provenaient du fer qu’on trouve naturellement dans le corps, issu de la nourriture”, rappelle New Scientist. Or l’analyse précise des particules identifiées dans le cerveau de 37 personnes ayant vécu soit à Manchester, soit à Mexico fournit un indice crucial quant à leur origine.

“La magnétite que l’on trouve parfois naturellement dans le cerveau y est présente en quantités infimes, et ses particules se distinguent par leurs contours déchiquetés, explique BBC News. Au contraire, les particules trouvées dans l’étude étaient non seulement bien plus nombreuses, mais aussi lisses et arrondies, caractéristiques de ce qui se crée aux hautes températures d’un moteur de voiture ou des systèmes de freinage.”

La magnétite, un produit toxique

Cette nouvelle étude tire donc une nouvelle fois la sonnette d’alarme quant aux risques liés à la pollution. Car “le problème avec la magnétite, c’est que c’est toxique”, insiste Science. “Cela provoque le stress oxydatif, perturbe le fonctionnement cellulaire normal et contribue à la création de radicaux libres destructeurs – des molécules instables qui peuvent endommager d’autres molécules importantes”, énumère la revue scientifique.

Des travaux précédents, détaillés en 2015 par le New Scientist notamment, ont également montré des corrélations entre des niveaux élevés de fer dans le cerveau et le développement de la maladie d’Alzheimer. “Rien ne lie définitivement la magnétite à Alzheimer, tempère Science, mais le type de dommage cellulaire qu’elle peut causer est cohérent avec ce qu’on voit dans la maladie.”

Alzheimer, une maladie transmissible ?

 

Pour Clare Walton, directrice de recherche à l’Alzheimer’s Society, qui n’a pas participé à l’étude, citée par BBC News :

Les causes des démences sont complexes et jusqu’à présent il n’y a pas eu suffisamment de recherches pou dire que le fait de vivre dans des villes et des zones polluées augmente le risque de démence.”

“D’autres travaux dans ce domaine sont nécessaires, mais tant que nous n’avons pas plus d’information les gens ne devraient pas s’inquiéter de manière excessive”, ajoute-t-elle, avant de rappeler que l’exercice physique régulier, un régime alimentaire sain et l’arrêt de la cigarette diminuent les risques de développer ce type de maladie.

 

Carole Lembezat

L’ONU admet sa responsabilité dans l’épidémie de choléra en Haïti

 

Du bout des lèvres, les Nations unies reconnaissent leur implication dans la terrible épidémie de choléra qui frappe Haïti. La contamination a causé près de 10 000 morts depuis l’arrivée de la bactérie dans le pays, en 2010, et elle a rendu malades 800 000 personnes. Voilà six ans que des casques bleus sont accusés de l’avoir apportée avec eux du Népal, ce que l’institution internationale s’est obstinée à nier jusqu’à présent.

 

 

« Au cours de l’année écoulée, l’ONU a acquis la conviction qu’il est nécessaire de faire beaucoup plus en ce qui concerne sa propre implication dans le foyer initial et les souffrances des personnes touchées par le choléra »,
 

a déclaré le porte-parole adjoint de l’ONU, Farhan Haq, jeudi 18 août.

Certes la déclaration apparaît alambiquée et n’a pas le ton des annonces officielles fracassantes. Mais elle ressemble à un début de revirement, qui fait naître l’espoir chez les défenseurs des victimes et chez ceux qui, sur le terrain, attendent de l’aide pour parvenir, enfin, à maîtriser une épidémie loin de régresser. D’autant que M. Haq a aussi promis qu’un nouveau plan d’action serait présenté dans les deux mois.

Avancée essentielle

« C’est une grande victoire pour les milliers d’Haïtiens qui se sont mobilisés pour la justice, qui ont écrit à l’ONU et porté plainte contre elle », s’est réjoui Mario Joseph, le président du Bureau des avocats internationaux de Port-au-Prince dans un communiqué, parlant de « victoire pour le peuple ». Il n’est pas le seul à considérer ce demi-aveu comme une avancée essentielle.

L’ONU doit maintenant présenter « des excuses publiques et établir un plan de compensation aux victimes qui ont tant perdu », a commenté l’avocate Beatrice Lindstrom, de l’Institut pour la justice et la démocratie en Haïti, une ONG américaine partie prenante dans un procès intenté aux Nations unies.

En théorie, les réclamations des familles des victimes pourraient atteindre 40 milliards de dollars (35 milliards d’euros). En fait, l’institution a jusqu’à présent systématiquement mis en avant son immunité pour ne pas répondre aux requêtes des Haïtiens autrement que par les arguties de ses avocats. Une cour d’appel vient à nouveau de lui donner raison sur ce point, le 18 août.

Cependant, l’ONU peut difficilement se maintenir dans cette position très inconfortable, alors qu’elle se trouve à la fois sous les projecteurs accusateurs de la presse et agitée par un débat interne. Plusieurs rapports émanant de ses rangs ont dénoncé son obstination à nier sa responsabilité à l’égard des Haïtiens. L’universitaire Philip Alston, rapporteur spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté et les droits humains, a en particulier fustigé son attitude « moralement inconciliable et légalement indéfendable ».

Déshydratations fatales

 

Car voilà longtemps que ne subsiste plus de doute sur le rôle joué par un bataillon de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) venu du Népal, où le vibrion à l’origine de l’épidémie est endémique. La souche bactérienne a, depuis, été séquencée : elle correspond parfaitement.

La contamination est liée aux eaux usées et à une grande quantité de matières fécales qui se sont directement déversées dans un affluent de l’Artibonite, rivière près de laquelle était installé le campement de la Minustah en octobre 2010.

Très vite, la maladie, qui entraîne des déshydratations fatales, se répand alors dans les villages le long de la rivière ; 10 000 cas suspects sont recensés en quelques jours et les structures de soin enregistrent des pics de 4 500 cas par jour. L’épidémie s’étend très vite au reste du pays, l’un des plus pauvres de la planète, ravagé par un séisme qui a causé 220 000 morts dix mois plus tôt. Pis : elle n’a jamais cessé depuis.

Une étude de Médecins sans frontières, publiée en mars, montre même que les 9 300 décès officiels ont été largement sous-estimés. « Entre 2010 et 2012, il y a eu plus de cas en Haïti que dans l’Afrique tout entière », souligne l’épidémiologiste Renaud Piarroux. Des chiffres d’autant plus saisissants qu’il n’y avait pas eu d’épidémie de choléra sur l’île depuis cent cinquante ans.

Ce professeur de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille se rend régulièrement sur place, où il a été le premier à enquêter sur cette affaire, dès 2010. Dans son dernier rapport, qui date de juillet, il rappelle que, par le nombre de victimes, cette épidémie est « la plus importante à laquelle le monde a dû faire face au cours des dernières décennies ».

Regain de l’épidémie

Il y a urgence à agir. Les espoirs mis dans le ralentissement du rythme de contamination en 2014 ne sont plus de mises. « Depuis un an, le choléra reprend de la force », note le médecin. A défaut de pouvoir métamorphoser Haïti en pays doté d’une infrastructure d’eau et d’assainissement moderne, il préconise de donner les moyens au corps médical et aux ONG d’intervenir dès qu’un cas suspect est repéré, de se rendre dans chaque village touché pour y mener rapidement des actions d’éducation sanitaire et de distribuer des comprimés de chlore afin d’assainir l’eau. Il croit moins à la vaccination, à l’efficacité d’autant plus limitée qu’elle ne bénéficie qu’à 3 % de la population.

Lire aussi : Haïti : le premier tour de la présidentielle annulé, de nouvelles dates annoncées

« Je participe à la rédaction d’un nouveau plan que prépare l’Unicef, confie M. Piarroux. Il ne sera mis en œuvre que si des financements importants sont débloqués. » Alors lui aussi se réjouit du changement de ton de l’ONU, persuadé qu’il présage d’un revirement dans l’échelle des moyens alloués pour lutter contre un fléau aujourd’hui négligé.

 

 

De quoi meurt-on le plus dans le monde aujourd'hui ?

 

On vit sur la planète six ans de plus qu'en 1990. En France, les premières causes de mortalité sont l'infarctus et le cancer du poumon.

 

Le Lancet vient de publier un bilan complet sur l'évolution de la santé humaine entre 1990 et 2013 dans tous les pays en étudiant les 240 causes principales de mortalité. Et les nouvelles sont plutôt bonnes. Si, en 2013, 54.9 millions de personnes sont mortes, l'espérance de vie moyenne dans le monde a bondi de 65,3 ans à 71,5 ans. Cet allongement de l'espérance de vie est essentiellement dû à une diminution de la mortalité par cancer et par maladies cardio-vasculaires, dans les pays développés, ainsi qu'à une diminution de la mortalité infantile par diarrhée et pneumonie dans les pays pauvres.

Pour la première fois, les pneumonies ne sont plus la première cause de décès dans le monde. Et ce, grâce aux antibiotiques très bon marché produits dans les pays pauvres (en particulier en Inde et en Chine), et à la vaccination contre le pneumocoque dans les pays riches. Ce vaccin généralisé chez les enfants afin de les protéger de la méningite a fait reculer de manière très nette les pneumonies dues à ce même microbe chez les sujets âgés. En effet, les enfants sont les vecteurs des pneumonies qui touchent les sujets âgés (grippe et pneumocoques).

Les seuls pays a ne pas voir leur santé s'améliorer sont ceux d'Afrique australe. Essentiellement par la faute du sida, ce qui montre l'importance de poursuivre la lutte dans ce domaine et la distribution de médicaments.

Priorités

En France, les cinq premiers tueurs sont dans l'ordre, l'infarctus du myocarde et ses conséquences ; le cancer du poumon ; les accidents vasculaires cérébraux ; les suicides ; les cancers du côlon et du rectum. En sixième, on trouve la maladie d'Alzheimer, puis la cirrhose du foie, le cancer du sein, les accidents de la circulation ; en dixième position arrivent les autres problèmes cardiologiques. Par rapport aux autres pays d'Europe occidentale, la France affiche plus de morts par suicides et par accidents de la circulation.

On remarque aussi que la fréquence de la cirrhose du foie n'est pas corrélée à la seule consommation moyenne d'alcool par pays, ce qui montre qu'elle est multifactorielle. La priorité pour la prévenir est la vaccination contre l'hépatite B et le traitement précoce de l'hépatite C. Autre priorité : lutter contre le sel (à cause des accidents vasculaires cérébraux), le sucre (diabète, obésité et infarctus) et le tabac (cancer du poumon). Ce sont les trois priorités, avec la lutte contre les accidents de la circulation et la lutte contre la dépression suicidaire. Alors, modérons notre peur et notre pessimisme, tout comme notre consommation d'alcool, qui protège des accidents vasculaires cérébraux, à doses modérées (deux à quatre verres de vin par jour) et favorise à haute dose, cirrhoses et cancer du foie.

 

Pr

 

Ref "Global, regional, and national age-sex specific all-cause and cause-specific mortality for 240 causes of death, 1990-2013 : a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2013", The Lancet, vol 385 January 10.2015

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