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effondrements..

Publié le par ottolilienthal

La Terre sera inhabitable... plus tôt que vous ne le pensez

Chaleur étouffante, famine, océans acides... Les 8 scénarios catastrophe échafaudés par les scientifiques ont de quoi faire peur. Car, si rien n'est fait, certaines parties de notre planète ne seront plus habitables dès la fin de ce siècle.

C'est pire que ce que vous pensez... Un article paru lundi dans le New York magazine recense les risques qu'encourt l'humanité dès la fin de ce siècle. En l'absence d'un ajustement significatif de la façon dont des milliards d'humains mènent leur vie, certaines parties de la Terre seront proches inhospitalières, voire proche de l'inhabité.

1/La fonte des glaces

Jusqu'à récemment, le pergélisol, qui couvre un cinquième de la surface terrestre dont 90 % du Groenland, 80 % de l'Alaska, 50 % du Canada et de l’ex-Union soviétique, n'était pas une préoccupation majeure pour les scientifiques du climat, car, comme le nom l'indique, c'était un sol qui restait en permanence gelé. 

Mais le pergélisol de l'Arctique contient 1,8 trillion de tonnes de carbone, plus de deux fois plus que ce qui se trouve actuellement en suspension dans l'atmosphère terrestre. Lorsqu'il décongèle et se libère, ce carbone peut s'évaporer en tant que méthane, qui est 34 fois plus puissant que le dioxyde de carbone, qui est le principal gaz à effet de serre produit par l'activité humaine.

Cette fonte des glaces entraîne une hausse du niveau des eaux, mais fuir le littoral ne suffira pas : non seulement des villes comme Miami ou des pays tels que le Bangladesh seront submergés, mais la libération de ces gaz va inexorablement entraîner des scénarios catastrophe. 

2/La chaleur étouffante

Parmi eux, la chaleur qui peut tuer. Les humains, comme tous les mammifères, sont des moteurs thermiques : ils survivent en maintenant une température corporelle moyenne de 37°C. Lorsqu'ils ont chauds, ils doivent se refroidir continuellement. Pour cela, la température doit être assez basse pour que l'air puisse agir comme une sorte de fluide frigorigène.

Avec le réchauffement, cela deviendra impossible pour les habitants des zones équatoriales ou des tropiques, où l'humidité ajoute au problème. Dans les jungles du Costa Rica, par exemple, où l'humidité dépasse habituellement 90%, se déplacer à l'extérieur lorsqu'il fait 40°C sera mortel : en quelques heures, le corps humain sera "cuit" de l'intérieur comme de l'extérieur.

À l'heure actuelle, la plupart des régions du monde atteignent un maximum de 26 ou 27 degrés Celsius. La ligne rouge pour l'habitabilité est de 35 degrés Celsius.

3/La famine

Les climats diffèrent et les plantes varient, mais la règle de base pour les cultures de céréales de base cultivées à une température optimale est que pour chaque degré de réchauffement, les rendements diminuent de 10%. Certaines estimations atteignent 15 ou même 17%.

Cela signifie que si la planète atteint 5 degrés de plus à la fin du siècle, nous pouvons avoir jusqu'à 50% de personnes de plus à nourrir et 50% de céréales en moins.

La sécheresse pourrait s'imposer comme un problème encore plus important que la chaleur : certaines des terres les plus cultivables du monde se transforment aujourd'hui en déserts.

Les précipitations se font rares, et des sécheresses sans précédent frappent presque partout où la nourriture est produite. Le stress hydrique existe déjà.

D'ici 2080, sans des réductions spectaculaires des émissions de gaz, le sud de l'Europe sera en sécheresse permanente et extrême, comme certaines régions des Etats-Unis. Il en va de même en Irak et en Syrie et dans une grande partie du reste du Moyen-Orient. Certaines des régions les plus densément peuplées d'Australie, d'Afrique et d'Amérique du Sud. Et les régions "grille-pain" en Chine.

Pour rappel, l'Onu dénombre déjà 800 millions de personnes sous-alimentées dans le monde.

4/L'émergence de maladies

Il existe des maladies prises au piège dans la glace de l'Arctique qui n'ont pas circulé dans l'air depuis des millions d'années. Dans certains cas, elles ont existé bien avant que les humains ne les rencontrent. La fonte des glaces pourrait libérer certaines bactéries, et notre système immunitaire n'aurait aucune idée de la façon de se battre lorsque ces fléaux préhistoriques émergeront.

Rappelons qu'en Alaska, les chercheurs ont découvert des restes de la grippe de 1918 qui ont infecté jusqu'à 500 millions de personnes au début du XXe siècle. Et, comme l'a rapporté la BBC en mai, les scientifiques soupçonnent que la variole et la peste bubonique sont piégés dans la glace sibérienne.

5/L'air irrespirable

Nos poumons ont besoin d'oxygène, mais l'air que nous respirons est de plus en plus pollué.Plus la planète se réchauffe, plus l'ozone se forme. D'ici 2090, jusqu'à 2 milliards de personnes dans le monde respireront un air qui sera davantage pollué que les normes établies par l'OMS. Plus de 10 000 personnes meurent chaque jour des petites particules émises par la combustion de combustibles fossiles. Il faut ajouter à cela les feux de forêt, les pollutions industrielles et le rétrécissement de la forêt amazonienne : à elle seule, elle fournit 20% de l'oxygène que la Terre respire.

6/Davantage de guerres

Pour chaque demi-degré de réchauffement, les climatologues disent que les sociétés verront une augmentation comprise entre 10 et 20% de la probabilité d'un conflit armé conflit. Dans l'ensemble, les conflits sociaux pourraient plus que doubler ce siècle à cause du réchauffement.

7/Une économie menacée

L'économie mondiale va pâtir du réchauffement : il existe une probabilité que les changements climatiques réduisent la production mondiale de plus de 50% d'ici 2100. Et que le réchauffement abaisse le PIB par habitant de 20% ou plus d'ici là, à moins que les émissions ne diminuent. 

8/Des océans trop acides

Un tiers des principales villes du monde se situent sur les côtes, sans oublier les centrales électriques, les ports, les terres agricoles... Au moins 600 millions de personnes vivent à moins de dix mètres du niveau de la mer aujourd'hui. Même si la population fuit le littoral, les océans, eux, sont victimes d'une acidification puisque, à l'heure actuelle, plus d'un tiers du carbone du monde est absorbé par les eaux. 

Les deux sciences et le politique

La science, c'est le plus souvent avec les yeux de Chimène que nous la regardons : ne nous a-t-elle pas permis de vaincre la rage, de mettre au point des transports rapides, d'avoir chaud l'hiver et de téléphoner de partout ? Cette science-là, hélas, a aussi un effet secondaire : elle aide trop souvent à accélérer le sciage de la branche sur laquelle nous sommes assis. Des bateaux de pêche motorisés, des tronçonneuses et des centrales à charbon vont avec un prélèvement accéléré de ressources non renouvelables, une diminution des surfaces boisées ou un changement climatique plus rapide.

C'est alors qu'entre en jeu une deuxième science, qui ne cherche pas à créer ou à améliorer une technique, mais qui rend compte de l'état du monde. Cette science-là inventorie les espèces et leur abondance, ausculte le système climatique, sonde les océans ou décrit l'état des forêts et des sols cultivables. La première de ces sciences est toujours à la fête, budgétairement et réglementairement. Permettant de déboucher sur des produits commerciaux, elle attire les milliards, et donc les cervelles. Pour la même raison, il n'est pas un décideur politique qui ne cherche à lui rendre la vie facile, ce qui correspond au souhait de la majorité de ses électeurs.

La seconde science, qui ne sert qu'à nous dire si nous faisons ce qu'il faut pour que notre vaisseau spatial habitable pour 7 milliards d'humains le reste encore longtemps, n'a pas autant nos faveurs. Ses résultats sont contestés injustement, ses budgets sont maigrichons et sa place dans nos arbitrages réglementaires l'est plus encore. Et, malgré les discours - un Grenelle, un débat sur la transition énergétique ou un accord de Paris -, dans les actes les mesures décidées sont trop souvent à côté du problème, ou le font empirer (ce n'est pas rare), ou restent lilliputiennes au vu des ordres de grandeur.

Il est urgent de renverser la hiérarchie entre ces deux sciences, et que celle des constats prenne l'importance qui lui revient dans le monde économique, politique et associatif. A défaut, nous n'aurons pas la réalisation des promesses de campagne, nous aurons un effondrement dont nous voyons malheureusement les signes avant-coureurs un peu partout.

Jean-Marc Jancovici

Jean-Marc Jancovici, associé de Carbone 4, est président du Shift Project


 
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