L'exercice physique, bon pour la santé... et le portefeuille

Publié le par ottolilienthal

Les Français, toujours plus sédentaires... à cause des nouvelles technologies

Une équipe espagnole vient de montrer que les comportements sédentaires ne cessent d’augmenter en Europe. Et les Français compteraient parmi ceux qui bougent le moins.

es autorités sanitaires ne cessent de le répéter : pour être en forme, il convient de bouger tous les jours. Et pour cause : « la sédentarité renforce toutes les causes de mortalité », martèle l’Organisation mondiale de la Santé.

« Elle double le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète, d’obésité et augmente les risques de cancer du côlon, d’hypertension artérielle, d’ostéoporose, de troubles lipidiques, de dépression et d’anxiété. »

Alors, le message passe-t-il auprès du grand public ? Pas sûr, si l’on en croit des chercheurs de l’Universidad Rey Juan Carlos à Madrid.

Dans le cadre des enquêtes Eurobaromètre sur le sport et l'activité physique, ils ont évalué le niveau de sédentarité des Européens depuis 2002.

Résultat, le nombre d’Européens passant plus de quatre heures et demie assis par jour a augmenté de 8% entre 2002 et 2017. Aujourd’hui, plus d’un adulte sur 2 (54%) ne bouge pas suffisamment.

Bien entendu, les taux varient d’un pays à l’autre. Si de 2002 à 2017, la proportion d'adultes sédentaires a augmenté de 3,9% en Espagne, elle a bondi de 18% en France et de 22,5% en Grande-Bretagne.

La faute aux nouvelles technologies

Le groupe d'âge avec la plus forte augmentation d’inactivité physique en 2017 était les 35 à 44 ans (+15,3%). Les hommes sont aussi plus concernés que les femmes.

Pour les auteurs, « l’inactivité physique peut être attribuée au fait que les personnes interagissent de plus en plus grâce aux technologies telles les smartphones mais aussi au succès des services de streaming ».

Alors, comment bouger plus ? Même si vous êtes très occupé, il est toujours possible d’intégrer 30 minutes d’exercice physique dans vos activités quotidiennes.

Des pratiques simples comme prendre les escaliers, vous rendre au travail à bicyclette ou descendre du bus deux arrêts avant votre destination finale peuvent être intégrées dans votre quotidien.

Pour être heureux, transpirez

Une méta-analyse américaine montre que les personnes en quête de bonheur devraient essayer de se mettre au sport ou d'augmenter leur activité physique, et ce à n'importe quel âge.

 

Même si des recherches précédentes avaient mis en lumière les bienfaits de l'activité physique sur la dépression et l'anxiété, peu d'études avaient été menées sur les effets du sport sur la satisfaction.

Pour creuser cet aspect, Weiyun Chen et Zhanjia Zhang, de l'université du Michigan, ont passé en revue 23 études sur le bonheur et l'activité physique.

Ces recherches comprenaient des données concernant des milliers de participants dans différents pays. L'échantillon était très représentatif de la population mondiale avec des adultes, des seniors, des adolescents, des enfants et même des personnes ayant survécu au cancer.

Bien que huit études interventionnelles analysées par les chercheurs arrivaient à des résultats contradictoires, les quinze études observationnelles passées en revue montraient toutes une association directe ou indirecte entre le bonheur et l'exercice. Les scientifiques ont même trouvé qu'une journée de sport par semaine pouvait suffire à augmenter la satisfaction de certains.

Les chercheurs ont trouvé que les personnes considérées comme insuffisamment actives étaient tout de même plus susceptibles (+20%) d'être heureuses que celles qui ne se dépensaient pas du tout. Ce chiffre augmentait pour atteindre les +29% chez les personnes suffisamment actives et décollait à +52% chez les sujets très actifs.

Des résultats positifs à tous les âges

Cependant, pour les personnes qui ne pensent pas pouvoir atteindre le niveau "très actif", les chercheurs ont aussi noté qu'il y avait un seuil pour doper son bien-être. Plusieurs études ont montré que les niveaux de satisfaction étaient les mêmes que l'on se dépense entre 150 et 300 minutes par semaine ou plus de 300 minutes par semaine.

En analysant les effets de l'exercice sur différents groupes d'âge, les résultats ont montré que l'activité physique semblait avoir un effet positif sur les niveaux de satisfaction des jeunes et des seniors. De manière plus spécifique, augmenter son activité pouvait aussi aider les femmes ayant dû faire face à un cancer ovarien, les enfants et les adolescents atteints d'infirmité motrice cérébrale, ainsi que les toxicomanes.

Parmi les types d'exercice ayant des effets positifs sur plusieurs types de populations, on note les exercices d'aérobie, les activités scolaires sportives pour les enfants, ainsi que les étirements et les exercices d'équilibre.

Les deux auteurs ont cependant tenu à préciser que de plus amples recherches étaient nécessaires pour aider à déterminer comment l'activité physique influençait la satisfaction et quels niveaux entraînaient les meilleurs résultats sur l'humeur.

Les conclusions de ces recherches sont consultables dans le Journal of Happiness Studies.

 

En plus de ses vertus thérapeutiques reconnues, la pratique d'une activité sportive régulière permettrait de réaliser de vraies économies.

 

Votre médecin et vos proches ne vous le diront jamais assez, faire du sport contribue à votre bien-être et consolide votre capital santé pour les années à venir. Les vertus d'une activité physique régulière sont de plus en plus constamment mises en avant, notamment par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a même établi un programme de recommandations sur le sujet.

Dans un monde en constante sédentarisation, maintenir une pratique sportive régulière s'avère même primordial d'après les premières conclusions de l'étude européenne menée par le groupe de réflexion Sport et citoyenneté, qui lance le 25 février à Bruxelles le projet PASS (Physical Activity Serving Society). Ce projet, le premier du genre à être financé par l'Union européenne, travaille autour du thème de l'inactivité physique. Un phénomène constaté à l'échelle mondiale, mais pas encore suffisamment pris au sérieux, selon de nombreux spécialistes.

 

 

Une des premières causes de mortalité dans le monde

Les premières conclusions de ce laboratoire sont formelles. Elles placent l'inactivité physique comme étant directement ou indirectement à l'origine de 5,3 millions de décès par an dans le monde. Un chiffre qui, selon le classement établi par l'OMS, surpasse celui du sida ou encore celui des accidents de la circulation. Et pourtant, ce phénomène d'inactivité croissante aura bien du mal à être enrayé. La faute à une prise de conscience insuffisante sur le sujet.

"Le rôle de l'inactivité physique continue à être sous-évalué en dépit de preuves solides existant depuis plus de 60 ans quant à son impact sur la santé", déplore par exemple Harold W. Kohl, professeur d'épidémiologie et de kinésiologie à l'université du Texas. Les chiffres ne le contredisent pas. Selon le docteur Jad Chaaban, 18 % des Indiens pourraient être considérés comme physiquement inactifs à l'horizon 2030. Chiffre qui monterait à 40 % chez les Américains, et même à 50 % chez les Britanniques.

L'argent comme motivateur ?

La simple perspective de préserver sa santé ne suffit souvent pas à consacrer au sport la place qu'il devrait avoir dans notre quotidien. Les plus réfractaires à l'idée d'aller enchaîner les tours de terrain, les longueurs de piscine ou les heures en salle de musculation vont alors trouver une autre source de motivation plus dissuasive : le porte-monnaie. Toujours d'après Sport et citoyenneté, les économies en dépenses de santé effectuées grâce à une pratique sportive s'élèveraient entre 65 à 250 euros par an.
Et les particuliers ne seraient pas les seuls à en récolter les bénéfices. En effet, l'étude avance également que l'activité régulière améliore la productivité, estimant le stress responsable à 50 % de l'absentéisme en France. Un constat appuyé par une expérience menée en Australie, où la mise en place d'activités en entreprise a fait baisser les arrêts maladie de 30 %. Conclusion, que votre motivation soit l'argent, la santé ou votre sentiment d'accomplissement, il y aura toujours une bonne raison de vous mettre au sport !

 

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