Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Chaud devant, vers +2°C et au-delà......

Publié le par ottolilienthal

Climat : vers un réchauffement "catastrophique", alerte l'ONU

L'année 2020 a égalisé 2016 sur l'échelle des années les plus chaudes dans le monde, malgré le refroidissement provoqué en fin d'année par le phénomène océanique naturel de La Niña.

Une énième alerte. Le monde se dirige vers un réchauffement climatique "catastrophique" au XXIe siècle, après une année 2020 record à égalité avec 2016, a alerté jeudi 14 janvier l'ONU, appelant à "faire la paix avec la nature". Selon une consolidation de cinq grandes bases de données internationales effectuée par l'Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence de l'ONU, l'année 2020 a rejoint 2016 sur la plus haute marche des années les plus chaudes dans le monde, en apothéose d'une décennie de températures record.

"2020 a été une année difficile pour la planète. Ce fut l'année la plus chaude jamais enregistrée, dépassant à peine le record établi en 2016 de moins d'un dixième de degré", a indiqué pour sa part la Nasa. Ce réchauffement record a été atteint malgré le refroidissement provoqué en fin d'année par le phénomène océanique naturel qu'est La Niña. Alors que 2016, elle, avait été marquée par un fort épisode El Niño, phénomène océanique naturel qui entraîne une hausse des températures.

 

"Un prélude de ce qui va suivre"

Il est "manifeste que le changement climatique induit par l'homme est à présent aussi puissant que la force de la nature", assure le Secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas. L'épisode La Niña qui a débuté fin 2020 devrait se poursuivre jusqu'au milieu de cette année. Ses effets sont généralement plus forts la deuxième année de leur apparition, et il reste donc à voir dans quelle mesure le refroidissement induit par La Niña pourrait temporairement freiner la tendance générale au réchauffement.

Selon l'OMM, les caractéristiques remarquables de l'année 2020 sont une chaleur persistante et des feux de forêt en Sibérie, la faible étendue de la banquise arctique et une saison record des ouragans dans l'Atlantique. "Cette année a été un exemple très frappant de ce que c'est que de vivre sous certains des effets les plus graves du changement climatique que nous avons prédit", a souligné Lesley Ott, du centre Goddard de la Nasa.

En 2020, "nous avons fait l'expérience directe de la façon dont la chaleur s'exprime sur notre planète. Les grands incendies, les ouragans intenses et la fonte des glaces que nous avons connus en 2020 sont les conséquences directes du changement climatique provoqué par l'homme", a relevé la Nasa. Autant de catastrophes qui devraient s'intensifier au cours de la prochaine décennie, surtout si les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine se poursuivent au rythme actuel. "Ce n'est pas la nouvelle norme. C'est un prélude de ce qui va suivre", a averti Gavin Schmidt, directeur de l'institut des études spatiales au centre Goddard de la Nasa.

France Télévisions
 
Publié

 

 

 

https://www.francetvinfo.fr/meteo/canicule/climat-vers-un-rechauffement-catastrophique-alerte-l-onu_4257953.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20210116-[lespluspartages/titre1]

Température globale


Commentaire de Jean-Marc Jancovici :


"Par rapport à la température moyenne du début du 20è siècle, la température planétaire a déjà augmenté de plus de 1°C : environ 1,2 , avec une augmentation de l'ordre de 0,18°C par décennie.

Cela signifie que dans 15 ans, plus ou moins quelques années, nous pourrons jeter au panier l'accord de Paris qui dit que nous devons limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C.... d'ici à 2100.

En fait, les 1,5 ont déjà été dépassés sur les terres émergées, qui se réchauffent plus vite que la moyenne, pendant que du côté de l'océan c'est l'inverse.

A 1,2 °C, nous avons déjà mis en route la fonte de l'essentiel de la calotte groenlandaise, nous ne sommes peut-être plus très loin de celle de l'Antarctique de l'Ouest (les deux combinés c'est potentiellement une élévation du niveau de la mer de plus de 10 m), nous voyons une partie de la forêt française dépérir, et 20 millions d'hectares ont brûlé en Australie (liste non limitative !).

Si nous pensons que "c'est trop dur" de changer nos chaudières, avoir des petites voitures et faire du vélo, acheter moins d'objets, ou devoir changer de métier dans le cadre de la reconversion de l'économie, cela ne va hélas pas nous garantir pour l'éternité contre la douleur et la peine. Elles seront juste "ailleurs", et - un jour - plus fortes."


(publié par Joëlle Leconte)

source et autres graphiques : http://www.columbia.edu/~mhs119/Temperature/

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159601084867281

2020 sera probablement l'année la plus chaude jamais enregistrée dans le monde, par Jeff Berardelli

Alors que l'attention du public est consumée par l'inquiétude face à la pandémie mondiale et les protestations contre les injustices sociales, la condition chronique du changement climatique continue de s'aggraver. En fait, il est de plus en plus probable que 2020 sera l'année la plus chaude au monde depuis que des données ont été recueillies, remontant à la fin du XIXe siècle.

Les températures de mai 2020 ont été analysées par quatre organismes de référence en matière de données climatiques, dont la NASA, la NOAA, Berkeley Earth et l'agence européenne Copernicus. La conclusion est unanime : Le mois de mai dernier a été le plus chaud jamais enregistré au niveau mondial, la NOAA ayant averti qu'il était virtuellement à égalité avec mai 2016.

Selon la NOAA, l'un des rares endroits sur Terre à être plus frais que la moyenne en mai a été une grande partie du Canada et de l'est des États-Unis. Mais cela n'a pas beaucoup contribué à contrecarrer la chaleur globale de 2020.

Pour l'année en cours, la NASA et la Terre de Berkeley classent 2020 comme la deuxième année la plus chaude au monde, une ombre derrière 2016. C'est particulièrement impressionnant si l'on considère qu'en 2016, il y a eu un Super El Niño. Pendant les années d'El Niño, l'océan Pacifique tropical libère une chaleur abondante dans l'atmosphère et des années record de chaleur sont attendues. Cette année, il n'y a pas d'El Niño.

De plus, nous sommes actuellement au bas de la période minimale de 11 ans, une période où l'énergie solaire entrante diminue. C'est une preuve supplémentaire que les minimums solaires n'ont pas d'impact substantiel sur le climat.

Pour mettre les choses en perspective, les cinq années les plus chaudes jamais enregistrées dans le monde se sont toutes produites depuis 2015, et il est fort probable que cette tendance se poursuive en 2020.

La visualisation du climatologue Ed Hawkins, désormais célèbre sous le nom de #WarmingStripes, offre un moyen simple d'appréhender ces changements spectaculaires. A la demande de CBS News, Hawkins a généré cette image ci-dessous (voir sur le site) montrant les anomalies de température de janvier à mai, de 1850 à 2020, 1850 commençant à gauche. Chaque ligne représente une année, avec le bleu pour les températures plus fraîches que la normale et le rouge pour les températures plus chaudes que la normale - les plus rouges apparaissant en 2016 et 2020.
Cette visualisation est devenue un symbole mondial du changement climatique, inspirant des installations artistiques, la façade d'une gare et même le logo de la commission spéciale de la Chambre des représentants des États-Unis sur la crise climatique. En fait, pour marquer le solstice d'été plus tard dans la semaine, des centaines de milliers d'utilisateurs de médias sociaux devraient participer à la campagne ShowYourStripes de cette année le jeudi 18 juin, en affichant les Warming Stripes de leur ville.

Comme l'Arctique se réchauffe deux fois plus vite que la planète dans son ensemble, les rayures les plus rouges se trouveront probablement dans les villes du Grand Nord. En mai, les températures mondiales ont été fortement augmentées par la chaleur étonnante de la Sibérie occidentale, où certaines régions ont enregistré 18 degrés Fahrenheit de plus que la normale pour le mois. Dans l'ensemble, la Sibérie occidentale a enregistré une moyenne de 10 degrés au-dessus de la normale pour le mois de mai, effaçant ainsi tout ce qui avait pu être observé auparavant.

Ce qui est peut-être encore plus impressionnant, c'est que cette chaleur relative persiste depuis décembre, avec des températures moyennes en Sibérie occidentale également supérieures de 10 degrés Fahrenheit à la normale - le double de l'écart précédent par rapport à la moyenne en 2016.

En tant que post-doc au sein du département des sciences atmosphériques de l'université d'État du Colorado, Zack Labe étudie les changements dans l'Arctique pour gagner sa vie :

"La chaleur sibérienne est vraiment remarquable. Ce n'est pas seulement l'ampleur de la chaleur, mais ce qui est plus frappant, c'est sa persistance", déclare Zack Labe.

Pour mettre la chaleur en perspective, le 23 mai, la ville sibérienne de Khatanga, située à l'extrême nord du cercle arctique, a atteint 78 degrés Fahrenheit (25,5556°C). C'était 46 degrés (7,77778°C) au-dessus de la normale et a pulvérisé le précédent record de 22 degrés, un record pratiquement inconnu. Puis, le 9 juin, Nizhnyaya Pesha, une région située à 900 miles au nord-est de Moscou, près de la mer de Barents, dans l'océan Arctique, a atteint un étouffant 86 degrés Fahrenheit (30°C), soit 30 degrés au-dessus de la normale.

La chaleur moyenne en Russie de janvier à mai est si remarquable qu'elle correspond à la normale prévue pour 2100 si la tendance actuelle des émissions de carbone qui piègent la chaleur se poursuit. Sur l'image ci-dessous, les données pour 2020 sont presque hors normes et correspondent à ce que les modèles climatiques prévoient pour de nombreuses décennies à venir. (-> https://twitter.com/ClimateFlav…/status/1272148815127080961… )

Cela conduit à la question suivante : quelle est la cause de cette chaleur extraordinaire ? Les climatologues s'empressent toujours de souligner que les événements individuels ne sont pas causés par le changement climatique, mais que ce dernier agit comme un amplificateur. Une bonne analogie est celle d'un subwoofer sur une chaîne stéréo - le son existe déjà, mais l'amplificateur amplifie le son et le diffuse.

"Au cours des dernières années, nous avons observé des événements remarquablement extrêmes dans l'Arctique en raison de températures plus élevées que la moyenne", explique M. Labe. En réfléchissant au mois de mai, qui a été le plus chaud jamais enregistré dans l'Arctique, il a déclaré : "Bien qu'il soit difficile d'attribuer cet événement, surtout pour comprendre tous les facteurs, il est cohérent avec le changement climatique dans l'Arctique".

Bien que cela n'explique pas tout, une explication communément acceptée pour les régions de l'Arctique ou proches de l'Arctique qui connaissent ces remarquables périodes de chaleur est le déclin de la glace de mer, et dans certains cas de la couverture neigeuse, en raison du réchauffement rapide des températures. L'absence de glace blanche, et l'augmentation correspondante des zones sombres des océans et des terres, signifie que moins de lumière est réfléchie et plus est absorbée, créant une boucle de rétroaction et chauffant la zone de manière disproportionnée.

(L'image ci-dessous est un classement mensuel produit par Labe montrant tous les mois depuis janvier 1979 dans l'Arctique. Le bleu représente les mois plus frais que la normale, et le rouge signifie plus chaud que la normale. Le classement numérique pour chaque mois et chaque année est indiqué dans chaque case, le mois de mai 2020 se classant en première position.)

Le réchauffement spectaculaire de ces dernières années est en train de remodeler rapidement l'Arctique. Au cours des quatre dernières décennies, le volume de la glace de mer a diminué de 50 %. Le réchauffement et l'assèchement du paysage entraînent des incendies arctiques sans précédent, l'été 2019 étant la pire saison des incendies jamais enregistrée. En ce moment, ce que l'on appelle les feux zombies - des feux qui n'ont jamais été tout à fait éteints pendant l'hiver - reprennent de plus belle.

Dans certains cas, le sol cède littéralement sous l'effet de la fonte du permafrost. Cela a entraîné l'apparition de plusieurs énormes cratères en Sibérie, que les scientifiques associent à l'amplification de l'Arctique due au changement climatique provoqué par l'homme.

En fait, il y a quelques semaines à peine, dans la ville sibérienne de Norilsk, il semble avoir été tenu compte de la fuite de plus de 20 000 tonnes de diesel d'un réservoir de réserve d'une centrale électrique. L'accident de carburant - l'un des plus importants de l'histoire moderne de la Russie - a coloré les rivières avoisinantes en rouge cramoisi et a incité le président russe Vladimir Poutine à déclarer l'état d'urgence. Les responsables russes ont attribué l'accident à la fonte du permafrost.

La persistance de l'air chaud en Sibérie et dans l'ensemble de l'Arctique a conduit les scientifiques de la NASA et de la Terre de Berkeley à augmenter leurs chances que 2020 soit l'année la plus chaude jamais enregistrée. Même si 2020 est actuellement la deuxième année la plus chaude après 2016, la Terre de Berkeley donne à 2020 89 % de chances de devenir l'année la plus chaude. La NASA a également augmenté son estimation des chances à 72%.

Gavin Schmidt, le directeur de l'Institut Goddard pour les études spatiales de la NASA, explique que la raison pour laquelle la confiance grandit dans le fait que cette année sera la plus chaude au monde est liée à l'absence d'El Niño.

"Normalement, les années records commencent par un grand El Niño [comme 2016] et les anomalies diminuent au cours de l'année", a-t-il déclaré.

En d'autres termes, lors des années d'El Niño, la chaleur relative diminue généralement au fur et à mesure que l'année avance. Cependant, Schmidt explique que:

"cette année est étrange car nous n'avons pas commencé avec un El Niño, et donc statistiquement nous ne nous attendons pas à ce que les anomalies diminuent". Cela signifie qu'il y a de fortes chances que les températures restent chaudes. Schmidt en conclut qu'"il est possible que nous rattrapions et dépassions 2016 d'ici la fin de l'année".

Une autre considération est la récente diminution de la pollution due au verrouillage de la pandémie mondiale. La combustion des combustibles fossiles libère des particules comme les aérosols, qui réfléchissent généralement la lumière du soleil vers l'espace, ce qui maintient la Terre un peu plus fraîche qu'elle ne le serait autrement. Cependant, la diminution spectaculaire à court terme des polluants atmosphériques pourrait permettre à davantage de lumière solaire de pénétrer dans l'atmosphère, ce qui réchaufferait encore plus le climat.

Selon M. Schmidt, cela n'a pas encore été pris en compte dans les prévisions, mais cela pourrait faire pencher la balance :

"Ce sera un effet réel. Ce ne sera pas énorme, mais cela pourrait faire la différence entre un record ou non".


(publié par Joëlle Leconte)

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159428214427281

Les scénarios climatiques les plus pessimistes pourraient être sous-estimés, selon ce que les nouvelles données sur les nuages tendent à montrer.


Les scientifiques ont déclaré que les pires scénarios de réchauffement de la planète pourraient devoir être revus à la hausse à la lumière d'une meilleure compréhension du rôle des nuages.

Des données de modélisation récentes suggèrent que le climat est considérablement plus sensible aux émissions de carbone qu'on ne le pensait auparavant, et les experts ont déclaré que les projections pouvaient être "incroyablement alarmantes", tout en soulignant que des recherches supplémentaires seraient nécessaires pour valider les nouveaux chiffres.

Les résultats de modélisation de plus de 20 institutions sont en cours de compilation pour la sixième évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat des Nations unies, qui devrait être publiée l'année prochaine.

Par rapport à la dernière évaluation de 2014, 25 % d'entre eux montrent une forte augmentation de la sensibilité du climat de 3C à 5C - la quantité de réchauffement prévue pour un doublement du dioxyde de carbone atmosphérique par rapport au niveau préindustriel de 280 parties par million. Cela a choqué de nombreux observateurs chevronnés, car les hypothèses sur la sensibilité du climat sont restées relativement inchangées depuis les années 1980.

"C'est une préoccupation très profonde", a déclaré Johan Rockström, le directeur de l'Institut de Potsdam pour la recherche sur l'impact du climat. "La sensibilité au climat est le saint Graal de la science climatique. C'est le principal indicateur du risque climatique. Depuis 40 ans, elle se situe autour de 3C. Maintenant, nous commençons soudainement à voir sur de grands modèles climatiques et grâce à de meilleurs supercalculateurs que les choses pourraient être pires que nous le pensions".

Il a déclaré qu'une sensibilité du climat supérieure à 5C réduirait la marge de manœuvre de l'homme pour réduire les pires impacts du réchauffement climatique. "Nous n'aurions plus de place pour un atterrissage en douceur à 1,5°C [au-dessus des niveaux préindustriels]. Le mieux que nous puissions viser est 2C", a-t-il déclaré.

Les projections les plus pessimistes au-delà de 5C ont été réalisées par plusieurs des principaux organismes de recherche sur le climat, notamment le Hadley Centre du Met Office britannique et le modèle communautaire du système terrestre de l'UE.

Timothy Palmer, professeur de physique climatique à l'université d'Oxford et membre du conseil consultatif du Met Office, a déclaré que ce chiffre élevé a d'abord rendu les scientifiques nerveux. "C'était bien en dehors des estimations précédentes. Les gens ont demandé s'il y avait un bogue dans le code", a-t-il déclaré. "Mais cela s'est réduit à des changements relativement mineurs dans la façon dont les nuages sont représentés dans les modèles".

❗️L'évaluation du rôle des nuages est l'un des domaines les plus incertains de la science du climat car ils sont difficiles à mesurer et, selon l'altitude, la température des gouttelettes et d'autres facteurs, peuvent jouer un rôle de réchauffement ou de refroidissement. Depuis des décennies, cette question fait l'objet de vives controverses au sein des milieux universitaires.❗️

Les précédents rapports du GIEC avaient tendance à supposer que les nuages auraient un impact neutre parce que les rétroactions de réchauffement et de refroidissement s'annuleraient mutuellement. Mais depuis un an et demi, de plus en plus de preuves montrent que l'effet net sera un réchauffement. Ces preuves sont basées sur des modèles informatiques à résolution plus fine et sur la microphysique avancée des nuages.

"Les nuages détermineront le sort de l'humanité - que le climat soit une menace existentielle ou un inconvénient avec lequel nous apprendrons à vivre", a déclaré M. Palmer. "Les modèles les plus récents suggèrent que les nuages aggraveront la situation".

Dans un article récent de la revue Nature, M. Palmer explique comment le nouveau modèle du Centre Hadley qui a produit le chiffre 5+C sur la sensibilité du climat a été testé en évaluant sa précision dans la prévision météorologique de court terme. Cette technique de test avait mis en évidence les défauts des modèles précédents, mais dans le cas le plus récent, les résultats ont renforcé les estimations. "Les résultats ne sont pas rassurants - ils soutiennent les estimations", a-t-il écrit. Il demande que d'autres modèles soient testés de la même manière.

"C'est vraiment important. Le message au gouvernement et au public est qu'il faut prendre au sérieux cette grande sensibilité climatique. Nous devons réduire les émissions aussi vite que possible", a-t-il déclaré.

Le GIEC devrait inclure le chiffre de 5+C de sensibilité climatique dans son prochain rapport sur l'éventail des résultats possibles. Les scientifiques avertissent qu'il s'agit d'un travail en cours et que des doutes subsistent car un chiffre aussi élevé ne correspond pas aux données historiques.

Catherine Senior, responsable de la compréhension du changement climatique au Centre Hadley du Met Office, a déclaré que davantage d'études et de données étaient nécessaires pour comprendre pleinement le rôle des nuages et des aérosols.

"Ce chiffre pourrait être incroyablement alarmant s'il est juste", a-t-elle déclaré. "Mais en tant que scientifique, ma première réponse est : pourquoi le modèle a-t-il fait cela ? Nous en sommes encore au stade de l'évaluation des processus à l'origine des différentes réponses".

Tout en reconnaissant la persistance de l'incertitude, Mme Rockström a déclaré que les modèles climatiques pourraient encore sous-estimer le problème parce qu'ils ne tiennent pas pleinement compte des points de basculement de la biosphère.

"Plus nous apprenons, plus le système terrestre semble fragile et plus nous devons agir rapidement", a-t-il déclaré. "Cela donne un argument encore plus fort pour sortir de cette crise Covid-19 et avancer à toute vitesse vers la décarbonisation de l'économie".

Un papier signé Jonathan Watts ( https://twitter.com/jonathanwatts?lang=fr ) pour The Guardian.

(publié par Joëlle Leconte)

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159413578277281

 

https://www.theguardian.com/environment/2020/jun/13/climate-worst-case-scenarios-clouds-scientists-global-heating?__twitter_impression=true&fbclid=IwAR2mKY6c5bEmfJn4iIf47UUy9V1VJRtuiOB_URD17Fl3BNrd3RnVLU00JGQ

Futur des zones climatiques viables pour l'humanité

 «Un article tout juste publié dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (US) montre que, pendant des milliers d'années, les hommes se sont sédentarisés dans une "bande climatique" caractérisée par une température annuelle moyenne proche de 15°C, et des précipitations annuelles moyennes proches de 1000 mm.

Ce sont typiquement les conditions rencontrées en Europe, alors que la productivité primaire des écosystèmes est maximale avec des températures et surtout des précipitations nettement plus élevées.

Question : pourquoi ? L'hypothèse dominante est que cette T moyenne correspond à un optimum pour effectuer le travail de force lié à l'agriculture, ainsi que l'optimum pour la "créativité intellectuelle". Cela expliquerait que le maximum de production économique dans le monde moderne s'observe aujourd'hui au même endroit.

+5°C de T moyenne, de ce fait, engendrera(it) un déplacement massif "hors zone de confort" pour l'essentiel de la population. 1,5 à 3 milliards d'hommes (dont l'essentiel de l'Inde et de l'Asie du SE) pourraient se retrouver, d'ici à 2070, dans des zones à plus de 29°C de moyenne annuelle, où, actuellement, la sédentarisation est impossible.

Décarbonons ! C'est plus urgent que jamais…»

Jean Marc Jancovici

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159298986847281

(article ci dessous)

La température maximale admissible dans un environnement humide va bientôt devenir la principale cause de décès, posté le 21 mai 2016 par Kevin Hester.

Alors que la catastrophe du changement climatique devient plus extrême, la principale cause de décès sur la planète sera l'atteinte pour les humains à leur température maximale admissible.

Robertscribbler (blogeur sur le climat) a écrit sur ce phénomène ici :

Des températures et un taux d'humidité élevés jamais vus auparavant sont à l'origine de milliers de malaises et de centaines de décès dus à la chaleur en Inde. Dans certains endroits, les relevés approchaient les 35 C - un niveau de chaleur latente jamais atteint par les humains avant que la combustion des combustibles fossiles n'oblige la planète à se réchauffer rapidement. Un niveau largement reconnu comme la limite de l'endurance physique humaine et dont l'excitation plus fréquente engagerait la race humaine à endurer un nombre croissant d'épisodes de chaleur mortelle. Une limite que des scientifiques comme le Dr. James Hansen ont averti qu'elle serait dépassée si le réchauffement de la planète dû à l'homme n'était pas stoppé".

(English) https://robertscribbler.com/…/wet-bulb-near-35-c-heatwave-…/

Résumé pour calculer la température du bulbe humide.

"Dans une étude récente avec Matt Huber, nous avons montré qu'il ne faut pas tant de degrés de réchauffement climatique pour que le stress thermique estival de pointe devienne (parfois) insurmontable, dans de nombreuses régions du monde actuellement très peuplées".

"Nous sommes arrivés à cette conclusion en considérant une grandeur météorologique appelée température du "thermomètre humide". Vous mesurez cette quantité avec un thermomètre normal dont le bulbe est recouvert d'un tissu humide. Elle est toujours inférieure à la température habituelle ou "sèche" ; la valeur de cette température dépend de l'humidité, à 100 % d'humidité (dans un nuage ou un brouillard), elles correspondent exactement. À Sydney et Melbourne, même pendant les périodes les plus chaudes, le "thermomètre humide" atteint généralement son maximum dans les 20°C. Les valeurs les plus élevées au monde se situent entre 30 et 31°C, pendant les pires épisodes de chaleur et d'humidité en Inde, en Amazonie et dans quelques autres endroits très humides.

Centre de recherche sur le changement climatique (CCRC) - Université de Nouvelle-Galles du Sud, Sydney NSW Australie, article partagé ici : What is Wet Bulb temperature ? (English) http://web.science.unsw.edu.au/~stevensherwood/wetbulb.html

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite) modifié par Laurent Rouchairoles
Source : https://kevinhester.live/…/wet-bulb-temperature-soon-to-b…/…

Note du traducteur : L'exposition mortelle semble arrivé si on reste plus de 6 heures (~) en température d'exposition !?
En Inde (et ailleur) en été on atteint plus de 40°c https://earth.nullschool.net/… le misery index (MI) n'est pas la température de thermomètre humide mais à mon avis cela donne une idée de la problématique.
Misery Index
perceived air temperature as combination of heat index and wind chill
Index de la misère
la température de l'air perçue comme la combinaison de l'indice de chaleur et du refroidissement éolien

Pour aller plus loin :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_chaleur
https://fr.wikipedia.org/…/Température_au_thermomètre-globe…

The Heat Index

The Heat Index

 

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159062445037281

 

Neuf “points de bascule” qui pourraient être déclenchés par le changement climatique

La marche persistante d’un climat en réchauffement se manifeste par une multitude de changements continus et progressifs. Les niveaux de CO2 dans l’atmosphère. La teneur en chaleur des océans. L’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale. Chacune s’élève d’année en année, alimentée par les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine. Et si les records climatiques sont régulièrement battus, l’impact cumulatif de ces changements pourrait également entraîner des changements radicaux et irréversibles dans des parties fondamentales du système terrestre.

Ces “points de bascule” sont des seuils où un changement minuscule pourrait faire basculer un système dans un état complètement nouveau.

Imaginez un enfant qui se pousse du haut d’un toboggan de terrain de jeu. Il y a un point au-delà duquel il est trop tard pour que l’enfant s’empêche de glisser. Passez ce seuil et l’enfant continue inévitablement vers un état différent — en bas du toboggan plutôt qu’en haut.

Dans cet article, Carbon Brief explore neuf points de bascule clés à travers le système terrestre, de l’effondrement des calottes glaciaires et du dégel du permafrost, au déplacement des moussons et au dépérissement des forêts.

(publié par J-Pierre Dieterlen)

 

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159001465702281

Climat : nous sommes entrés dans l’heure des "chocs"
Un rapport du cabinet McKinsey Global pointe le coût phénoménal du réchauffement climatique dans les 30 prochaines années. Des millions de vie et des milliards de dollars sont en jeu.

 

 

 

Les sombres prévisions climatiques ont aussi un lourd impact économique. C'est ce que chiffre un rapport du cabinet international McKinsey Global publié ce vendredi.

Les violents incendies qui ravagent l'Australie sont peut-être la première illustration de ce qui nous attend à l'avenir.

Dans les 30 prochaines année, la hausse des températures va changer le monde. Mais pas de manière linéaire. Par à-coups, à la suite de catastrophes climatiques. 

L'évolution du climat fonctionnera "par "chocs" dès lors que des seuils "physiques et biologiques" seront franchis, avec des effets majeurs sur le capital humain et naturel", selon l'étude.

 Mortelles canicules

 Premier danger majeur : la hausse des températures. "Le nombre de personnes vivant dans des zones où le risque caniculaire est élevé passerait de zéro aujourd'hui à entre 250 et 350 millions d’ici à 2030. En Inde, à la même échéance, entre 160 et 200 millions de personnes seraient exposées à hauteur de 5 % à une probabilité d’occurrence de canicules dépassant le seuil de survie d'un être humain en bonne santé", note McKinsey.

En 2019, la planète a battu un record de châleur.
Océans appauvris

Le réchauffement des océans ne sera pas sans conséquences pour les poissons qui y vivent. Et les hommes qui travaillent dans la pêche. Le changement climatique "pourrait réduire l’accessibilité aux ressources halieutiques, affectant les moyens de subsistance de 650 à 800 millions de personnes qui dépendent des revenus de la pêche", note le rapport.

Des heures de travail partie en fumée

En raison des conditions climatiques extrêmes, "la part moyenne des heures annuelles de travail en plein air perdues en raison de la chaleur extrême dans les régions exposées du monde entier passerait de 10% aujourd'hui à 15% d'ici à 2030 et à 20% d'ici à 2050", selon les consultants internationaux du cabinet.

Les investisseurs sortent leur calculatrice

Les impacts socio-économiques du changement climatique commencent à sérieusement inquiéter les décideurs. Le risque climatique est au coeur du Global Risks Report 2020, l'étude traditionnelle faite auprès de 750 experts et décideurs mondiaux en amont du Forum de Davos. Pour la première fois, tous les grands risques anticipés sont environnementaux, et à long terme, le climat est présenté comme le plus important.

Et pour cause, entre impact sur les conditions de travail, perturbation des systèmes alimentaires avec la fragilisation de l'agriculture dans certaines régions du monde, destruction des infrastructures en raison des catastrophes naturels ou encore disparition de pans du patrimoine naturel : l'économie ne sortira pas indemne de la crise climatique.

Le rapport de McKinsey invite à une "vaste réévaluation des actifs" au regard de leur exposition au risque climatique.

Un exemple : "En Floride, les pertes dues aux inondations pourraient dévaluer les habitations exposées par rapport aux habitations non exposées de 15% à 35% (soit d’une valeur totale de 30 à 80 milliards de dollars) d'ici à 2050. Cela entrainerait dans certaines de l’Etat une réduction des recettes de l'impôt foncier pouvant aller jusqu'à 30%."

Les pays du Sud ( et en voie de développement) restent les plus exposés. " Leurs climats sont plus proches des seuils physiques, ces régions dépendent davantage du travail en plein air et du capital naturel et disposent de moins de moyens financiers pour s'adapter rapidement", note l'étude.

A contrario, certains pourraient tirer leur épingle du jeu : " Les changements climatiques pourraient profiter à certains pays où les rendements agricoles pourraient s'améliorer comme au Canada et en Russie".

Les vagues de chaleur : Nombre de jours de chaleur létale

Jean-Marc Jancovici : « “Je crève de chaud” : au sens littéral du terme, c'est bien ce qui pourrait nous (enfin à ceux qui seront encore vivants à ce moment là) arriver de plus en plus à l'avenir. Les conditions létales dépendent de la température et de l'humidité. Plus l'air ambiant est humide, plus cela nous empêche de refroidir notre corps par la transpiration, et plus la température qui nous fait littéralement mourir de chaud (d'hyperthermie pour être précis) est basse.
Une carte interactive propose de visualiser, en fonction du scénario d'émission et de la date, le nombre de jours où le seuil est franchi dans le monde : https://lnkd.in/gez6HAP
En cliquant n'importe où sur cette carte on peut aussi faire apparaître le graphique de l'évolution du nombre de jours "mortels" en fonction du temps pour le scénario choisi et la localisation concernée.
Ci-dessous un exemple pour le scénario "avec mesures sans que ce soit 2°C - RCP 4.5" et 2050, c'est à dire quand nos enfants ont notre âge.
Les vagues de chaleur risquent donc, pour de vrai, de nous faire "crever de chaud"... et cela ne devrait pas contribuer à amener la paix sociale ! »

(publié par J-Pierre Dieterlen)

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10158201905462281

Températures estivales : pourquoi nous aimons tant nous lamenter
 

Alors que la vague de chaleur atteint un nouveau pic cette semaine, un psychologue allemand explique pourquoi l’homme tend autant à se lamenter de la météo et comment il essaie d’en tirer profit

Il est dans la nature de l’homme de râler, mais peu d’occasions s’y prêtent autant que les périodes de fortes chaleurs ou de grand froid, explique à la Süddeutsche Zeitung le psychologue Michael Thiel. Alors que les températures outre-Rhin battent aussi des records cet été, le quotidien munichois a voulu comprendre comment la météo influe sur notre humeur.

Premier enseignement : si la tolérance aux nuisances se réduit radicalement en temps de canicule, c’est parce que “la chaleur stimule la testostérone – l’hormone chargée, entre autres, de réguler notre agressivité”, explique le psychologue. De plus, le fait que l’on ne puisse pas complètement se protéger contre la chaleur aggrave la situation. “Même si on se promenait nu, il serait impossible d’enlever sa peau. C’est cette perte de maîtrise que beaucoup de personnes vivent mal.”

Deuxième enseignement, selon Thiel, il existe une typologie des râleurs : le râleur qui cherche avant tout à se ménager en demandant aux autres d’assumer ses tâches ; celui qui implose intérieurement et pour qui râler est un exutoire ; le râleur de solidarité, qui aime partager ses expériences avec d’autres ; le râleur qui cherche tout simplement l’attention ; et enfin le râleur habituel, celui qui râle… toujours. Dans tous les scénarios, il reste difficile de se soustraire au mouvement, explique Thiel : “Si vous cherchez à nuire à votre popularité, refusez le lamento ambiant. Râler ensemble éveille la solidarité. Celui qui ne participe pas se retrouve vite marginalisé.”

Ce n'est pas votre imagination, les étés sont de plus en plus chauds.

Des étés exceptionnellement chauds - qui était pratiquement inconnu dans les années 50 - sont devenus monnaie courante.

Les événements estivaux de cette année, comme les vagues de chaleur traversant le sud de l'Europe et des températures proches de 50°c au Pakistan, font partie de cette tendance plus large.

Le tableau ci-dessus (1), basé sur les données de James Hansen, scientifique à la retraite de la NASA et professeur à l'Université de Columbia, montre comment les températures estivales ont changé vers une chaleur plus extrême au cours des dernières décennies.

Pour créer les courbes en cloche, le Dr Hansen et deux collègues ont comparé les températures réelles de l'été pour chaque décennie depuis les années 1980 à une moyenne de base fixe. Au cours de la période de référence, de 1951 à 1980, environ un tiers des températures estivales locales dans l'hémisphère nord étaient dans ce qu'ils appelaient une gamme «proche de la moyenne» ou normale. Un tiers était considéré comme froid, un dernier tiers comme chaud.

Depuis lors, les températures des étés ont changé drastiquement, ont constaté les chercheurs. Entre 2005 et 2015, les deux tiers des valeurs étaient dans la catégorie chaude, et près de 15% étaient dans une nouvelle catégorie: extrêmement chaud.

Pratiquement, cela signifie que la plupart des étés sont maintenant chauds ou extrêmement chauds par rapport au milieu du 20ème siècle.

La grande augmentation des températures estivales sous la catégorie rouge sombre de la chaleur extrême est «juste en ligne» avec ce que les scientifiques s'attendent à voir alors que le climat de la Terre se réchauffe, a déclaré Todd Sanford, directeur de la recherche à Climate Central, une organisation à but non lucratif de science et de nouvelles .

Pour chaque période de temps ci-dessus, la répartition des températures d'été forme ce qu'on appelle une courbe en cloche car la plupart des mesures sont proches de la moyenne, formant une bosse, ou une cloche, au milieu (une gaussienne-NdT). Des températures plus extrêmes, qui se produisent moins fréquemment, diminue sur les cotés de la courbe, avec des vagues de chaleur sur la droite et de froid sur la gauche.

Comme la moyenne de la courbe - le sommet du pic - se déplace vers la droite au fil du temps, plus de températures dans plus d'endroits se retrouvent dans les catégories chaudes et extrêmement chaudes et de moins en moins dans la catégorie froide.

Les courbes du Dr. Hansen s'aplatissent, ce que certains ont suggéré, c'est une indication d'une plus grande variabilité de la température. Mais d'autres scientifiques du climat, y compris Zeke Hausfather, un analyste de systèmes énergétiques à l'Université de Californie, Berkeley, ont souligné que cet effet est principalement une réflexion que certaines parties du monde se réchauffent plus rapidement que d'autres. Il n'y a aucune preuve que les températures deviennent plus variables dans la plupart des régions du monde après que le réchauffement ait été pris en compte.

Les données du Dr Hansen "soulignent vraiment que les changements dans la moyenne, bien qu'ils semblent modestes, ont de grandes implications pour les extrêmes. Et c'est ce qui va affecter la société et les écosystèmes ", a déclaré le Dr Sanford. Les résultats révèlent ce qui s'est produit jusqu'à présent et donnent «un aperçu de ce qui se passera à l'avenir».

(publié par J-Pierre Dieterlen)

 

(1) animation visible sur le site original ci dessous  :

Mourir de chaud, un risque pour 30 % de la population mondiale

Sans une réduction drastique des gaz à effet de serre, les trois quarts des habitants de la planète seraient exposés à des vagues de chaleur potentiellement mortelles à la fin du siècle.

Alors qu’une partie de la France est placée en vigilance orange pour la canicule, une étude se penche sur le risque de « mourir de chaud », au sens propre. Publiée en ligne lundi 19 juin dans la revue Nature Climate Change, elle conclut que ce danger guette aujourd’hui près d’un individu sur trois dans le monde. Une proportion qui pourrait grimper à trois sur quatre à la fin du siècle, si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent à leur rythme actuel.

Pour poser ce diagnostic, une équipe américano-britannique de dix-huit chercheurs, dont la plupart travaillent à l’université de Hawaï, a compilé la littérature scientifique documentant les cas de mortalité supplémentaire associée à des vagues de chaleur, entre 1980 et 2014. Elle en a identifié 783, observés dans 164 villes de 36 pays. Parmi eux figurent la canicule de l’été 2003, à l’origine de 70 000 morts excédentaires en Europe, dont environ 20 000 en France, et près de 5 000 à Paris, celle de 2010, à laquelle sont imputés 55 000 décès supplémentaires en Russie, dont près de 11 000 à Moscou, ou celle qui avait frappé Chicago en juillet 1995, responsable de plus de 700 morts.

Les auteurs ont ensuite croisé ces données avec les paramètres climatiques enregistrés lors de ces épisodes : température de l’air, taux d’humidité relative, ensoleillement, vitesse du vent… Ils en ont déduit que le facteur déterminant, pouvant altérer la capacité de thermorégulation de l’organisme humain et provoquer un état d’hyperthermie, était le couple température-humidité, cette dernière renforçant la chaleur ressentie. Ils ont alors calculé un seuil à partir duquel l’association de ces conditions ambiantes peut devenir fatale.

Les chercheurs n’affirment évidemment pas que le dépassement de ce seuil conduit à un trépas inéluctable, mais simplement qu’il expose à un « coup de chaud » potentiellement mortel. Différentes parades peuvent en effet être mises en œuvre pour éviter une telle extrémité, allant de l’équipement individuel en système de climatisation jusqu’à la politique publique de prévention.

Les tropiques en surchauffe

A l’aune de ce critère, l’équipe a établi qu’en 2000, le seuil fatidique de température et d’humidité a été franchi, pendant au moins vingt jours, sur environ 13 % de la surface continentale de la planète, abritant 30 % de la population mondiale.

Lire aussi :   Tous les indicateurs du réchauffement climatique sont au rouge

Qu’en sera-t-il demain ? La menace ne va faire que s’amplifier, répondent les auteurs. Son niveau dépendra toutefois de celui des émissions futures de gaz à effet de serre. Dans le scénario le plus optimiste du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui suppose une réduction rapide et drastique de ces émissions et limite ainsi à 1 °C le réchauffement en 2100, la zone de danger concernerait 27 % de la surface du globe et 48 % de la population à la fin de ce siècle. Dans le scénario le plus pessimiste, avec lequel les rejets carbonés conservent une courbe ascendante entraînant un réchauffement moyen de 3,7 °C en 2100, ce sont 47 % du territoire et 74 % des individus qui seraient mis en péril.

Face au risque de surchauffe, tous ne sont cependant pas égaux. Bien que les modèles des climatologues prévoient des hausses de température plus marquées aux latitudes élevées, les régions tropicales seront « exposées de façon disproportionnée à davantage de jours avec des conditions climatiques potentiellement mortelles », prédisent les chercheurs.

La raison en est l’humidité importante qui y prévaut toute l’année, ce qui fera dépasser la cote d’alerte même avec une moindre montée du thermomètre. Partout, en revanche, la menace sera aggravée par le vieillissement de la population et sa concentration croissante dans les zones urbaines, sujettes au phénomène des îlots de chaleur.

Lire aussi :   La température des villes les plus peuplées pourrait croître de 8 °C d’ici à 2100

« Prix ultime »

« Le grand intérêt de cette publication est sa dimension globale, estime Robert Vautard, directeur de recherche au CNRS (Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, Institut Pierre-Simon-Laplace), qui n’a pas participé à ce travail. On sait que les vagues de chaleur tuent, mais c’est la première fois qu’une étude dépasse les analyses locales, en s’appuyant sur une bibliographie très large et une méthode statistique à la fois précise et innovante. »

Sans doute ces résultats reposent-ils sur des modélisations. Les auteurs en pointent eux-mêmes certaines limites : les données ont été collectées sur une période relativement courte (trois décennies) et ne sont peut-être pas exhaustives, les incertitudes sont plus grandes pour les hautes latitudes et, surtout, de multiples facteurs (démographique, socioéconomique, urbanistique…) peuvent influencer la vulnérabilité future des populations.

C’est précisément sur l’importance des politiques d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à ses conséquences que les chercheurs mettent l’accent. « Concernant les vagues de chaleur, nos options sont maintenant le mauvais ou le terrible, commente Camilo Mora, professeur associé au département de géographie de l’université de Hawaï et premier signataire de l’étude. Beaucoup de personnes dans le monde paient déjà le prix ultime des canicules et cela pourrait être bien pire si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas considérablement réduites. »

 

Coup de chaud sur l’Arctique mais froid record en Sibérie ou en Amérique du Nord : des scientifiques pensent avoir détecté un nouveau schéma climatique là pour durer

Le pôle nord connaît un réchauffement particulièrement important, en ces périodes de fêtes, pour la deuxième année consécutive. Une situation inquiétante tant elle est révélatrice de la dérégulation climatique mondiale.

Atlantico : Plusieurs chercheurs mettent en garde contre la hausse des températures dans l'Arctique, certains modèles de projection prévoyant une hausse des températures pour cette période des fêtes de 20 à 30 degrés par rapport aux normales de saison. Qu'est-ce qui explique ce phénomène ?

Myriam Maestroni : On assiste clairement à un réchauffement climatique généralisé. L'année la plus chaude sur Terre était 2014, avant d'être battue par 2015. Et pourtant, les prévisions laissent à penser que 2016 va exploser tous les records en matière de température. Mois après mois, les niveaux de température sont systématiquement dépassés. Actuellement, et par comparaison avec l'ère préindustrielle, nous avons gagné 1.2 degrés environ. Bien évidemment, 2016 aura été impactée par le phénomène El Niño, lequel renforce indéniablement la tendance, mais celle-ci s'observe au-delà de ce seul élément.

Et elle s'observe dans le temps, durablement.

Cet été, par exemple, la concentration annuelle moyenne de CO2 mesurée à Mauna Loa (Hawaï) a franchi le cap pourtant très symbolique des 400 ppm (parties pour million, unité de mesure du taux de CO2 dans l'atmosphère). C'est, rappelons-le, le principal gaz à effet de serre. Lesquels sont en partie non négligeable responsables du réchauffement climatique.

Le réchauffement climatique est un phénomène universel qui touche évidemment l'Arctique. Malheureusement, le phénomène de réchauffement y est encore plus spectaculaire qu'ailleurs. C'est dû à la fonte des glaces qui, en plus d'augmenter le niveau des eaux, contribue aussi à les réchauffer. Cette problématique a été abordée pendant la Cop 21. Le 5ème rapport du GIEC, rendu en 2014 établissait le caractère indéniable du changement climatique. Il établissait également le fait que le changement climatique relevait à 95% de l'activité humaine. C'est la principale cause de la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Ce rapport notait déjà les écarts de température et permet de mesurer l'accélération du réchauffement. En 2014, nous étions à +0.85 °. Nous sommes désormais à + 1.2 °. C'est énorme. La conférence de Paris, rappelons-le, a pour objectif de limiter cette montée d'abord à +2 ° puis à +1.5 °. Nous sommes d'ores et déjà à +1.2 °.

Les réserves de glace dans l'Arctique diminuent. Ce phénomène accélère le réchauffement ainsi que la montée des eaux (+ 19 centimètres entre 1901 et 2010, en moyenne). 

Cette hausse des températures dans l'Arctique a déjà été observée l'année dernière. Assisterions-nous là une tendance durable ? Quelles pourraient être les conséquences de ce réchauffement pérenne de l'Arctique ? 

Comme nous l'expliquions plus tôt, on assiste malheureusement à un consensus sur le réchauffement climatique aujourd'hui. Dans l'Arctique tout spécialement, on constate la fonte du permafrost, le recul des glaciers et la disparition de la banquise. Ce phénomène est, hélas, durable. Il a des conséquences directes sur le niveau des eaux. Dans moins de 100 ans, National Geographic estime que cela engendrera une reconfiguration totale de l'intégralité de nos côtes. Certaines sont évidemment menacés.

Il y a également, évidemment, un impact sur les populations et les écosystèmes locaux. Cependant, au final, ce qui inquiète le plus c'est le rôle de l'Arctique dans le climat mondial. Le Pôle Nord joue un rôle très spécifique dans le climat mondial, que le réchauffement est en train de déréguler complètement. Concrètement, les changements y sont plus intenses qu'ailleurs : les températures ont augmenté presque deux fois plus rapidement dans l'Arctique que dans le reste du monde. Cela se répercute durement sur l'ensemble de la planète, dans la mesure où cela aggrave les effets déjà nocifs du réchauffement climatique global. 

Selon toutes les prévisions, la banquise devrait continuer à disparaître de façon drastique.

L'ensemble de la zone Arctique se contracte. Les effets sur la planète sont multiples. On trouve davantage d'eau douce dans les océans, ce qui entraîne une perturbation des courants marins et donc l'Atlantique… Des impacts sur la biodiversité, mais aussi sur les zones boisées, l'aquaculture, etc. Enfin, cela joue aussi sur les évènements climatiques extrêmes, très nombreux dans l'année 2016 (incendies, inondations, tempêtes, etc).

De quels moyens disposons-nous pour lutter contre cette situation ? Dans quelle mesure les décisions prises lors de la Cop 21, par exemple, permettraient-elles d'y remédier ?

Le lien entre le réchauffement climatique et les gaz à effet de serre est désormais clairement établi. La solution passe donc nécessairement par une réduction nécessaire de l'émission de ces gaz. Concrètement, il s'agit de réduire en priorité l'utilisation de combustibles fossiles (responsables en grande partie de l'émission de CO2). C'est l'un des objectifs assumés de la transition énergétique, qui vise à passer des énergies fossiles à l'utilisation de sources d'énergie renouvelable. C'est la première mesure à prendre, qui a été largement débattue à la Cop 21. Des objectifs ont d'ailleurs été donnés à chaque pays, afin qu'ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre.

Au sein des pays occidentaux, il m'apparaît important de réfléchir à l'efficacité énergétique et à la réduction de notre consommation énergétique. En France et plus généralement en Europe, un logement sur deux est dans une situation de surconsommation énergétique. La consommation énergétique des logements les plus anciens est 6 à 9 fois supérieure à ce qu'elle devrait être. Il y a d'énormes progrès à faire et l'intégralité d'entre nous est concernée. C'est à la fois une problématique liée aux comportements et à d'importants travaux de rénovation énergétique.

Il faudra aussi accompagner les pays les moins avancées énergétiquement parlant qui cherchent à s'équiper. Plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à l'énergie. Il convient d'en optimiser l'accès à l'avenir. Enfin, il faut prévoir des mesures d'interdiction : 85% des ressources fossiles doivent rester dans le sol. Nous n'avons jamais eu autant de signes d'un dérèglement climatique qu'aujourd'hui et pourtant on assiste à une résurgence inquiétante du climatoscepticisme.

 

Myriam Maestroni

 

Myriam Maestroni est présidente d'Economie d'Energie, et a remporté le Women's Award de La Tribune dans la catégorie "Green Business". Elle a accompli toute sa carrière dans le secteur de l'énergie. Après huit années à la tête de Primagaz France, elle a crée Ede, la société Economie d'énergie. 

Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages majeurs: Intelligence émotionnelle (2008, Maxima), Mutations énergétiques (Gallimard, 2008) ou Comprendre le nouveau monde de l'énergie (Maxima, 2013).


 
Avec le réchauffement climatique, seulement une poignée de ville seront capables d’accueillir les JO en 2085

 

Selon une étude, en tenant compte de la progression du réchauffement de la planète, les Jeux Olympiques ne pourraient plus avoir lieu en Amérique latine d’ici 70 ans. Très peu de villes seraient capables d’offrir des conditions climatiques viables pour la tenue d’épreuves sportives.

 

 

Les Jeux Olympiques de Rio seront-ils les derniers à se dérouler en Amérique latine ? C’est du moins ce que laisse présager une étude publié dans la revue médicale The Lancet. Menées par Kirk Smith de l’Université de Californie, les recherches démontrent que si l’émission élevées de gaz à effet de serre continue, les risques seraient trop élevées pour la quasi-totalité des villes d’organiser les Jeux Olympiques d’été.

Seulement 8 villes éligibles

L’étude se base sur le concept de température au thermomètre-globe mouillé (WBGT), utilisé pour estimer les effets combinés de la température, l’humidité et le rayonnement solaire sur l’homme. Cette température peut différer de la température ordinaire. D’après les estimations les plus pessimistes, les conditions ne seraient pas supportables pour qu’un humain reste à l’extérieur.

Lors d’efforts physique, la température WBGT devient dangereuse lorsqu’elle se situe aux alentours de 25 degrés Celsius. Pourtant, parmi les 543 villes pouvant accueillir les JO d’été en dehors de l’Europe de l’Ouest (moins touchée par le réchauffement climatique), seulement huit descendraient sous les 26 degrés WBGT. En augmentant les risques à 28 degrés WBGT, il n’y aurait qu’une petite quarantaine de villes viables.

Les recherches ont même montré qu’au 22ème siècle, les seules villes offrant un risque limité pour la tenue des JO d’été seraient Belfast, Dublin, Edimbourg et Glasgow. Encore une fois, cette étude s’appuie sur des données hautes d’émissions de gaz à effet de serre, elle n’en reste pas moins inquiétante.

Pierre Monnier

 

Conséquence du phénomène El Niño, l'Afrique du Sud fait face à sa pire sécheresse depuis 30 ans. Une catastrophe économique et sociale.

 

Derrière son épaisse barbe rousse, Pierre Van Eeden affiche un rictus amer. Une ombre inquiète assombrit en permanence les yeux bleus du jeune agriculteur, qui tire nerveusement sur sa cigarette. Cela fait quatre générations que sa famille cultive la terre, tout près de la ville de Kroonstad. La bourgade est située à quelque 200 kilomètres au sud de Johannesburg, dans la région du Free State, l'une des cinq provinces classées zone de catastrophe naturelle ces dernières semaines, à cause de la sécheresse.

 

De mémoire familiale, jamais la pluie n'a tant tardé à arriver. « Nous savions depuis le mois de janvier que nous aurions une saison sèche. Mais nous ne nous attendions pas à ne pas avoir de pluie du tout », soupire Pierre Van Eeden. Autour de sa ferme, les signes de la sécheresse sont visibles dans les moindres plis du paysage jaune et sec. Habituellement, la pluie commence à tomber abondamment dès le mois de septembre, mais cette année, le mois de novembre n'a bénéficié que de faibles précipitations. Trop faibles, selon les spécialistes, qui estiment qu'il faudrait plus de dix jours de pluie pour atténuer un peu les effets de la sécheresse qui touche tout le pays.

« Nous ne pouvons rien faire, sauf attendre la pluie »

Le climat est généralement sec en Afrique du Sud, et les fermiers sont habitués à traverser des périodes arides. Mais pour la première fois en près de 30 ans, c'est le pays tout entier qui est touché par la sécheresse, due en grande partie au phénomène climatique El Niño, particulièrement puissant cette année. Autour de la ferme de Pierre Van Eeden, les étangs sont asséchés. « L'eau de surface a complètement disparu, et l'eau souterraine commence aussi à baisser dangereusement », assure l'agriculteur. Les cultures ont pris énormément de retard à cause du manque de pluie. Certains champs n'ont même pas pu être labourés. « C'est un travail saisonnier, et la pluie est notre ligne de vie. Les gens sont frustrés, nous ne pouvons rien faire de plus, juste attendre la pluie », lâche Pierre Van Eeden.

Le jeune agriculteur dit pouvoir survivre à une mauvaise saison. Pas à deux. « Cela coûte très cher de planter du maïs. Nous demandons des crédits aux banques, qui nous forcent à prendre des assurances. Celles-ci nous obligent à planter avant le 15 décembre, sinon le risque est trop élevé. » Sa femme Sara explique doucement avoir vu partir chaque année des fermiers trop endettés, des voisins, des connaissances, des amis en faillite. « Notre métier revient à creuser des trous dans la terre, dans lesquels nous mettons tout notre capital, et d'attendre de voir ce qu'il en ressort. C'est pour cela que la météo joue un si grand rôle. Aucun business n'est aussi risqué que l'agriculture. »

« Une bombe à retardement »

La culture du maïs – qui occupe 600 hectares sur les 800 que compte la ferme de Pierre Van Eeden – a déjà pris beaucoup de retard. Pour la saison 2014-2015, la production de maïs en Afrique du Sud a déjà chuté de 14,2 millions de tonnes à moins de 10 millions de tonnes. Selon l'organisation agricole Grain SA, le pays va devoir importer cette année jusqu'à 770 000 tonnes de maïs, pour 2,2 milliards de rands (145 millions d'euros). Des importations d'autant plus coûteuses que le rand – la monnaie nationale – a plongé face au dollar, pour atteindre l'un de ses taux les plus bas jamais enregistrés (14,44 rands = 1 dollar à la mi-novembre). « Le coût des importations va se répercuter sur la nourriture, et ce seront les plus pauvres qui vont subir cette augmentation de plein fouet », affirme Johan Willemse. Le maïs blanc, qui constitue un aliment de base pour une grande partie de la population en Afrique du Sud, risque de se faire particulièrement rare. D'ailleurs, les prix du maïs ont déjà bondi de plus de 50 % cette année en raison de la sécheresse, alors même que l'alimentation représente plus d'un tiers du budget des foyers les plus pauvres en Afrique du Sud.

« L'Afrique du Sud a longtemps été autosuffisante. Ce n'est plus le cas aujourd'hui », rappelle Ruth Hall, chercheur au sein de l'Institut d'études foncières et agraires Plaas de l'Université du Cap-Occidental. « Il y a une nouvelle dynamique intéressante, car nous pouvons maintenant importer un peu depuis les pays voisins – notamment la Zambie. Mais même en période d'abondance, plus de la moitié de la population sud-africaine souffre d'insécurité alimentaire, de manière chronique ou ponctuelle », affirme la chercheuse. « Nous sommes assis sur une bombe à retardement », s'inquiète de son côté Sara Van Eeden. « Les plus pauvres dépendent de nos cultures. Partout dans le pays, les gens sont en colère, ce sera pire s'ils ont faim. » La hausse des prix de la nourriture risque effectivement d'accentuer les tensions sociales, dans un pays où le chômage touche un habitant sur quatre. Les manifestations contre la mauvaise qualité des services publics, déjà fréquentes dans les quartiers les plus pauvres, risquent bien de se multiplier à l'approche des élections locales de 2016.

Les petits fermiers, premières victimes

Les petits fermiers émergents sont eux aussi en première ligne face à la sécheresse. Sur les terrains communaux alloués par l'État sud-africain dans le cadre de sa réforme agraire, les pâturages se font rares. À quelques kilomètres de la ferme de Pierre Van Eeden, on aperçoit depuis la route le cadavre d'une vache desséché par le soleil. « Les petits fermiers n'ont plus assez de fourrage pour leurs animaux », soupire Nakana Masoka, responsable de l'Afasa – l'association des fermiers africains – dans la province du Free State. Selon l'association des producteurs de viande rouge, plus de 40 000 têtes de bétail sont mortes depuis le début de la sécheresse, particulièrement dans la région côtière du Kwazulu-Natal. Un drame pour les plus pauvres, dont le bétail constitue l'unique richesse, et qui peinent déjà à vendre leurs animaux affaiblis, alors que de nombreux éleveurs tentent de réduire leurs troupeaux pour faire face à la sécheresse. Mais dans les mois qui viennent, la viande risque de devenir rare et chère en Afrique du Sud.

Le gouvernement sud-africain a débloqué près de 30 millions d'euros pour tenter d'atténuer les effets de la sécheresse. Des camions-citernes vont notamment être acheminés vers les zones les plus sinistrées, et des efforts vont être faits pour la réhabilitation en urgence des puits et des canalisations. Le plan prévoit également de déplacer certains troupeaux vers des pâturages plus verdoyants. Mais ces efforts semblent encore insuffisants pour atténuer l'impact de la sécheresse sur une économie déjà en berne.

 

Vietnam : le grenier à riz bientôt englouti ?

Vietnamnet – Pas moins de 80 % de Ca Mau pourrait souffrir de la montée des eaux. Cette province, considérée comme le grenier à riz du Vietnam, pourrait bien voir ses 10 000 hectares de terres arables détruites par la salinité. De même, Kien Giang, autre province proche, pourrait être immergée si le niveau de la mer montait de 85 à 105 m. Les scientifiques ont sonné l’alerte, annonçant que l’ensemble des terres du delta du Mékong pourrait bientôt disparaître sous l’eau avec le réchauffement climatique. Selon un rapport du PNUD (Programme de Développement des Nations Unies), la montée des eaux au Vietnam fera 22 millions de réfugiés climatiques et une perte de 10 % du PIB

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article