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Gaz...

Publié le par ottolilienthal

World Energy Outlook 2022 (extraits) :

"Après une croissance rapide de la consommation de gaz au cours des dix dernières années, nous pensons que l'âge d'or du gaz méthane touche à sa fin. Avec le déclin du charbon et du pétrole que nous prévoyions déjà, nous voyons maintenant un pic autour de 2030 pour tous les combustibles fossiles."

Les prix du gaz méthane ont atteint des niveaux jamais vus auparavant, dépassant les $250 pour un baril de pétrole.

Les prix élevés du gaz et du charbon représentent 90% de la pression à la hausse sur les coûts de l'électricité dans le monde.

Pour compenser les insuffisances de l'approvisionnement en gaz russe, l'Europe devrait importer 50 milliards m3 supplémentaires de gaz naturel liquéfié (GNL) en 2022 par rapport à l'année précédente. On ne parle même pas de l’interruption des importations de pétrole d’ici à décembre et de diesel dès février 2023.

Cet hiver et le suivant s'annoncent encore difficiles pour les pays qui dépendaient jusqu'alors fortement de la Russie, malgré la récente baisse des prix du gaz. Alors que les membres de l'UE ont réussi à remplir les installations de stockage à un niveau proche de leur capacité pour cet hiver, M. Birol a déclaré que des défis subsistent pour ce qui se passe au-delà du printemps 2023.

"En l'absence d'un hiver exceptionnellement rigoureux ou d'une grande surprise, nous traverserons cet hiver avec quelques meurtrissures économiques et sociales dans notre société. Mais en mars, nous n'aurons qu'environ 25 % de nos stockages de gaz pleins, et comment allons-nous les remplir à nouveau ?"

https://2000watts.org/index.php/29-renouvelables/1305-l-aie-annonce-un-pic-energetique-d-ici-a-2030-et-2-5-degres-d-ici-a-2100.html

« Très cher, polluant, le GNL est pourtant la star du nouveau monde énergétique »

Au-delà de son statut d’alternative aux livraisons russes, le gaz naturel liquéfié bénéficie, malgré un processus de fabrication complexe, de sa grande souplesse par rapport au système de transport par gazoduc, analyse Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».

Pour fabriquer du gaz naturel liquéfié, c’est simple. Prenez du gaz naturel, purifiez-le soigneusement, puis refroidissez doucement, généralement en trois étapes, jusqu’à la température de − 163 °C. Il conviendra alors de le transvaser précautionneusement dans un stockage terrestre ou maritime pourvu d’une coque doublée en inox et parfaitement isolée de l’extérieur. Vous obtenez alors un liquide neutre et inodore, qui prendra 600 fois moins de place que le même sous forme de gaz.

Enfin, après son transport, il est regazéifié graduellement dans une unité spécialisée plus simple, pourvue d’échangeurs de chaleur. En fait, ce n’est pas simple du tout. Une unité de liquéfaction peut coûter plusieurs dizaines de milliards de dollars (autant d’euros). Le processus reste complexe, consomme presque 10 % du gaz injecté pour fonctionner et est deux à trois fois plus émetteur de CO2 qu’un gazoduc classique. Très cher, polluant, le GNL est pourtant la star du nouveau monde énergétique dans lequel nous sommes entrés en 2022.

Comme le camion face au train

Car il a un avantage décisif par rapport au système classique de transport par gazoduc : sa souplesse. En plein milieu de l’océan Indien, un navire méthanier peut d’un coup abandonner sa route vers Tokyo pour mettre le cap sur Rotterdam, aux Pays-Bas. C’est ce qui se passe aujourd’hui. Le gaz, à l’instar du pétrole, devient une commodité mondiale dont le trafic peut s’adapter sans problème au besoin des acheteurs, avec un prix qui varie en fonction de la demande. Les pétroliers ne s’y sont pas trompés et ont investi le secteur en masse.

C’est, au fond, le même raisonnement qui prévaut en matière de fret entre le transport par chemin de fer, économique et sobre, mais très rigide et massif, et le camion, plus cher, mais qui livre de porte à porte à la demande. Même chose pour l’avion, qui ne nécessite aucune route à construire, où même le satellite de communication par rapport à un réseau câblé. Dans un monde incertain et risqué, la flexibilité n’a soudain plus de prix. Jusqu’à ce que l’horizon se dégage et que l’on retourne sur la terre ferme.

Philippe Escande

(posté par J-Pierre Dieterlen)

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/pfbid02AfozC5GKLQzAX7VSnAmPGrehpG4DZuNh3BdTFhaS8Emj3MUqMxHrHZxLeEdG32y1l

L'Europe est dans une "merde noire", impossible d'utiliser un autre terme, au niveau des énergies et de tout mettre sur le dos de l'Ukraine ne suffit plus. Va falloir que Bruxelles commence à réaliser qu'à force de faire des bêtises, ça se voit. Inutile de vous dire qu'il est nécessaire de faire un stock de chaussettes chaudes et de pulls en laine pour passer l'hiver, surtout si vous dépendez du gaz ou du fioul de chauffage (mazout).

"Les récentes perturbations de l'approvisionnement en gaz naturel, notamment la forte réduction des flux de la Russie vers les pays de l'UE, devraient retirer environ 35 milliards m3 de gaz du marché cette année, posant ainsi de gros défis aux efforts de remplissage des stocks. C'est une alerte rouge pour l'UE pour l'hiver prochain", selon le directeur de l'Agence Mondiale de l'Energie Fatih Birol.

"Je crois vraiment que nous allons être confrontés à une assez grande incertitude sur les marchés pendant un certain temps encore. Les capacités de réserve pétrolières et gazières sont très, très faibles. Pour le gaz, il est impossible que le GNL remplace tout le gaz russe acheminé par gazoduc." Ben van Beurden, PDG de Shell.

 

 

https://2000watts.org/index.php/energies-fossiles/peak-oil/1281-energies-economie-petrole-et-peak-oil-revue-mondiale-juin-2022.html

Post de Jean-Marc Jancovici sur Linkedin :

"Dans une interview aux Echos, la directrice générale d'Engie explique que, dès l'hiver prochain, sans gaz russe il faudrait :


- rationner le gaz
- réglementer les prix (donc transitoirement "supprimer le marché").

On ne saurait mieux le dire : la "libéralisation" appliquée à l'énergie en Europe n'a pas fonctionné pour s'organiser en fonction du gros temps à venir, qui était absolument certain.

La guerre en Ukraine n'était pas prévisible dira-t-on. La guerre, certes non. Mais "un événement" qui allait rendre l'approvisionnement en gaz et/ou en pétrole compliqué, ça oui. Dès lors que les gisements de pétrole et de gaz sont épuisables, vient nécessairement un moment où... il y en a moins. La baisse subie des combustibles fossiles était déjà un fait en Europe avant cette guerre, alors que nous n'avons toujours pas pris le taureau par les cornes.

En 1973, ce n'est pas la guerre du Kippour qui a fait chuter la production de pétrole (voir cette analyse de Michel Lepetit parue dans Le Monde : https://lnkd.in/eZa7SfKu ), ou plus exactement qui a fait passer le monde d'une production de pétrole augmentant de 8% par an à une production augmentant d'un petit % par an. C'est la physique : la production ne pouvait juste pas continuer à augmenter au même rythme.

De même, la guerre en Ukraine ne fait qu'amplifier une fragilité sous-jacente de l'Europe : celle de l'absence de plan cohérent pour réellement sortir des combustibles fossiles.

La directrice générale d'Engie affirme que "Mon espoir est que, dans ce nouveau monde, la société regardera les énergies renouvelables différemment. Elles représentent une source, certes intermittente, mais quasi infinie, implantée chez nous, compétitive, et qui nous permet de ne dépendre de personne".

Bien sur que nous allons devoir développer certaines ENR. Pour autant :
- éolien et solaire sont "infinis" mais les métaux pour la collecter, non (et il en faut beaucoup plus qu'avec les fossiles)
- "dépendre de personne" est inexact : l'Europe n'a pas de mine significative sur son sol,
- "une source certes intermittente" signifie que, sans stockage massif (pas du tout évident qu'on y arrive), l'électricité n'est plus disponible à la demande (ce matin, sans fossiles, il y en aurait peu : https://lnkd.in/eKmfFCM6 )
- "compétitive" si on se limite au cout de production, mais... RTE a rappelé récemment que ce n'est pas légitime et qu'il faut regarder le cout de l'ensemble du système.

Engie pousse aussi le "gaz vert". C'est une bonne idée... mais pour en faire du carburant pour la mécanisation agricole (et progressivement supprimer le gaz dans le chauffage).

Engie écarte enfin la prolongation des centrales nucléaires belges. A court terme, avec la baisse de la demande partout où c'est possible (transports, chauffage) c'est pourtant la chose la plus utile à faire."
https://www.lesechos.fr/…/engie-sans-gaz-russe-nous-entreri…
(posté par Joëlle Leconte)

Le gaz va grimper de 12,6% dès octobre pour tous ceux qui n’ont pas pris la prudente option d’acheter le gaz à coût fixe sur plusieurs années. On serait tenté de dire tant pis pour eux! Cela fait 20 ans que l’on dit qu’il faut sortir du gaz et que d’acheter au prix du jour est dangereux. Même l’excuse du "on ne savait pas" est périmée.

De manière étrange, le gouvernement a proposé un chèque de € 100 pour alléger le fardeau du gaz pour les familles les plus pauvres. Personne n’a relevé le caractère stupide de cette proposition qui permet de prolonger l’addiction au gaz. Autant donner ces subsides directement à Engie et aux gaziers. Alors que les distributeurs de gaz font de solides marges, ne serait-il pas plus efficace de leur demander de réduire leurs profits ? Là, ils génèrent encore plus de profits grâce à des subventions. Est-ce volontaire, la question mérite d’être posée tant le lobby du gaz est surpuissant.

Le président Macron a été aperçu dans le congrès mondial sur la biodiversité tenu à Marseille. Connaissant son intérêt pour l’environnement, sa présence interroge, s’est-il trompé de porte ?

 

https://2000watts.org/index.php/energies-fossiles/peak-oil/1226-energies-economie-petrole-et-peak-oil-revue-mondiale-septembre-2021.html

Gaz : « les prix atteignent des niveaux jamais vus depuis vingt ans »

En faiblissant, le vent du Nord a mis à l’arrêt les éoliennes britanniques. A la météo, s’est ajoutée la reprise de la demande, plus forte que prévu, avec une conséquence immédiate sur le prix de l’électricité pour les particuliers et les entreprises et, de ce fait, sur la reprise et le niveau de l’inflation en Europe, observe Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».

Pertes et profits. L’été s’achève en pente douce en cette mi-septembre. Les températures restent clémentes et les terrasses bien remplies. Alors pourquoi se soucier de l’hiver ? Peut-être parce qu’il faut écouter les marins qui se méfient du calme plat. Face aux côtes écossaises et anglaises, le vent faible n’est pas de bon augure. Surtout depuis que ces mers agitées se sont hérissées de milliers d’éoliennes équivalant à la production électrique de plus de huit tranches nucléaires. La plus grosse capacité au monde. A elles seules, elles fournissent le quart de l’électricité consommée par le Royaume-Uni…, quand le vent souffle.

Et en ce début septembre, les machines se sont mises à l’arrêt. Cet évènement climatique anodin a plongé le monde de l’énergie dans l’inquiétude. Quand les éoliennes s’arrêtent, il faut compter sur les autres sources de production d’électricité pour alimenter le pays. Dans les îles Britanniques, c’est le gaz, le nucléaire et le charbon. On peut enfin puiser dans les réserves. Mais celles-ci sont au plus bas, tandis que les centrales nucléaires sont en maintenance ou à l’arrêt. Reste le gaz et le charbon. Le gestionnaire du réseau britannique a demandé en urgence à EDF de rouvrir une des dernières centrales à charbon.

L’Europe s’inquiète

Résultat, en faiblissant, le vent du Nord à fait s’envoler les cours du charbon et surtout du gaz. Pour ce dernier, les prix atteignent des niveaux jamais vus depuis vingt ans. Car, à la météo, s’est ajoutée la reprise de la demande, plus forte que prévu. Le phénomène ne se limite pas au Royaume-Uni, et c’est toute l’Europe qui s’inquiète de la situation. De passage sur le Vieux Continent, un envoyé officiel du département américain de l’énergie a fait part de sa vive inquiétude au regard des très faibles réserves européennes et de l’insuffisance des fournitures de gaz. Les Américains sont au maximum de leur capacité et les Russes peinent à fournir la demande. On comprend mieux l’empressement des Allemands à achever la construction du gazoduc Nord Stream 2 dans la mer Baltique.

La transition climatique, qui demanderait logiquement l’arrêt des productions de charbon et de gaz, attendra encore un peu. Le charbon disparaîtra du Royaume-Uni et de France dès 2024, mais pour le gaz, ce sera bien plus long. C’est ce que nous rappelle le vent dont la faiblesse soudaine a une conséquence immédiate sur le prix de l’électricité pour les particuliers et les entreprises et, de ce fait, sur la reprise et le niveau de l’inflation en Europe. Petite cause, grands effets.


Philippe Escande

Les prix du gaz vont augmenter de 9.96% chez Engie. Pour justifier cette hausse, Engie, plaide des bas niveaux de stockage, l’augmentation de la consommation notamment pour la production d’électricité. Il est à noter que quand Engie achète pour 1€ aux fournisseurs, le client final paie 10$. Mais chut! il ne faut pas que cela se sache! En juin, la hausse fut de 4,4%.


extrait de https://2000watts.org/index.php/energies-fossiles/peak-oil/1214-energies-economie-petrole-et-peak-oil-revue-mondiale-juin-2021.html

« Les marchés mondiaux du gaz s’emballent, et les consommateurs vont le payer au prix fort »
 

Entre la reprise, la réduction des flux de la part de la Russie, un incendie et le report de la construction de nombreux terminaux de GNL, les cours s’envolent.

Matières premières. Les marchés mondiaux du gaz s’emballent, et les consommateurs vont le payer au prix fort. Le tarif réglementé, qui concerne encore un tiers des 10,7 millions d’abonnés au gaz, augmentera de 9,96 % au 1er juillet, a annoncé, vendredi 25 juin, la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Cette poussée est due pour une bonne part (7,8 %) « à la hausse des prix du gaz sur le marché mondial », explique-t-elle.

Le gouvernement a sa part de responsabilité : en relevant les obligations des fournisseurs de gaz en matière de sobriété énergétique de leurs clients, ce qui renchérit le coût des certificats d’économies d’énergie, il a contribué à cette inflation. Et il n’est pas sûr que les abonnés se consolent en regardant en arrière, comme les y invite la CRE : depuis le 1er janvier 2019, en raison d’une chute de la consommation, la hausse n’a été que de 1,1 %, bien inférieure à l’inflation.

Il faut remonter à 2008 pour trouver des cours aussi élevés sur le marché européen. Plusieurs facteurs expliquent le phénomène. La reprise économique post-Covid-19 d’abord, notamment en Chine et sur le Vieux Continent. Elle nourrit une demande soutenue des industries très énergivores (papeterie, chimie, automobile, aluminium, agroalimentaire, sidérurgie…), qui absorbe les trois quarts de la production mondiale de méthane.

Hiver froid et long

De plus, l’hiver froid et long a obligé les producteurs d’énergie à tirer sur les stocks pour alimenter les chaudières des particuliers et les turbines des centrales électriques. Leur reconstitution en prévision de l’hiver tire la demande et les prix. A cela se sont ajoutés des opérations de maintenance sur des gisements en mer du Nord et l’arrêt du site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) de Snovhit, dans le nord de la Norvège, après un incendie. Et le report de la construction de nombreux terminaux de GNL.

Enfin, la Russie, qui assure 40 % des importations de l’Union européenne, a pesé. « L’évolution de l’approvisionnement européen et les tendances des prix dépendront fortement de la stratégie commerciale de Gazprom », analyse l’Institut français du pétrole. Or, le groupe proche du Kremlin a réduit les flux transitant par l’Ukraine en direction de l’Europe et gonflé ainsi ses recettes, les contrats qu’il signe avec ses clients étant indexés à la fois sur les cours pétroliers et les prix au jour le jour (spot). Il attend désormais la mise en service de Nord Stream 2, son gazoduc qui acheminera du gaz jusqu’en Allemagne, en passant sous la Baltique, auquel les Etats-Unis ne s’opposent plus.

Jean-Michel Bezat

(posté par J-Pierre Dieterlen)

Nord Stream 2, nouvelle guerre froide énergétique
 

Après l’empoisonnement de l’opposant russe Alexeï Navalny, la chancelière Merkel n’exclut plus de retirer son soutien à Nord Stream 2, le projet de deuxième gazoduc reliant directement la Russie et l’Allemagne. Quasiment achevé, le pipeline pourrait sombrer sous les nouvelles sanctions financières des Etats-Unis, qui comptent eux aussi exporter leur gaz sur le marché européen.

Longtemps, Angela Merkel a cru pouvoir séparer la politique de l’économie dans le dossier brûlant de Nord Stream 2, ce projet de gazoduc reliant directement la Russie à l’Allemagne. Mais de l’aveu même de la chancelière, la politique vient de rattraper l’économie. Après l’empoisonnement de l’opposant russe Alexeï Navalny, la perspective de sanctions européennes contre Moscou pourrait pousser la dirigeante allemande à retirer son soutien au pipeline, qu’elle a longtemps défendu. Une telle volte-face de Berlin pourrait constituer un tournant géopolitique majeur dans la lutte entre Russie et Etats-Unis pour le marché du gaz européen.

 

Au centre de cette querelle gazière se trouve un long tuyau de 1,20 mètre de large et de 1 200 kilomètres de long, qui traverse la mer Baltique, des côtes russes aux côtes allemandes. Construit à plus de 90 %, Nord Stream 2 suit le même trajet que Nord Stream 1, un gazoduc mis en service en 2012. Tous deux ont une capacité de transport de 55 milliards de mètres cubes de gaz par an, soit 110 milliards de mètres cubes. Plus que la consommation annuelle de gaz allemande (95 milliards de mètres cubes).

Destiné à être exploité par le russe Gazprom, Nord Stream 2 représente un investissement de 10 milliards d’euros, financé pour moitié par ce dernier, et le reste par cinq entreprises européennes, dont la française Engie et les deux allemandes Uniper et Wintershall.

« Nous devons répondre avec le seul langage que Poutine comprend, celui des ventes de gaz »

Pour la plupart des dirigeants européens, Nord Stream 2 ne fera que renforcer la dépendance du continent à l’égard du gaz russe. Mais en Allemagne, le sujet divise beaucoup plus. Jusqu’à début septembre, Angela Merkel tenait à présenter Nord Stream comme un sujet purement économique, et insistait sur sa nécessité.

« Je crois que nous devons admettre que si nous éliminons le charbon et l’énergie nucléaire, nous aurons besoin de plus de gaz naturel », affirmait-elle en janvier 2019 au forum économique de Davos. « La polémique sur la provenance de notre gaz naturel est sans objet. Nous n’avons d’autre choix que de continuer à nous approvisionner en gaz naturel russe », ajoutait la chancelière, tout en disant vouloir diversifier ses fournisseurs.

L’affaire Navalny a changé la donne. Selon les autorités allemandes, l’opposant russe a été empoisonné le 20 août en Russie par un agent « de type Novichok », développé par l’Union soviétique et déjà utilisé contre l’ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille en 2018.

Comme les autres pays européens, Berlin somme le gouvernement russe d’apporter une explication dans l’affaire Navalny et a pris en charge les soins de ce dernier, qui est sorti du coma le 7 septembre. Ce même jour, interrogé sur d’éventuelles sanctions, le porte-parole du gouvernement allemand a indiqué qu’Angela Merkel « considère qu’il serait erroné d’exclure dès le départ » des conséquences pour le projet Nord Stream 2.

Depuis l’empoisonnement d’Alexeï Navalny, la dirigeante allemande est mise sous pression par des responsables politiques de tous les camps, même le sien. Deux des prétendants à sa succession à la tête des conservateurs ont réclamé l’abandon du projet, dont le président de la commission des Affaires étrangères de la chambre des députés allemands, Norbert Röttgen. « Nous devons répondre avec le seul langage que Poutine comprend, celui des ventes de gaz », a-t-il lancé.

Un argument repris par les Verts allemands, qui critiquent aussi l’aspect climaticide du projet. « L’Allemagne, plus grand marché gazier d’Europe, est le premier client du gaz russe, et Moscou satisfait la moitié de la demande allemande, acheminée pour l’essentiel via Nord Stream 1 », note Marc-Antoine Eyl-Mazzega, directeur du Centre énergie et climat de l’Institut français des relations internationales (Ifri).

Devenus exportateurs de gaz, les Etats-Unis utilisent l’arme financière

Ces nouvelles menaces allemandes ne sont pas le seul obstacle à Nord Stream 2. Considérant le projet comme une « agression russe », les autorités américaines ont adopté un premier volet de sanctions financières en décembre 2019, visant les entreprises participant à l’installation du pipeline et entraînant un premier retard dans le chantier.

Même si des navires russes ont pris le relais en mer Baltique, Washington a menacé durant l’été 2020 d’adopter un deuxième volet de sanctions extraterritoriales, visant cette fois toute entreprise liée au projet. Trois sénateurs américains ont même envoyé début août une lettre au port allemand de Sassnitz, où aboutit le gazoduc, dans laquelle ils menacent ce dernier de « destruction » financière, entraînant les protestations de l’Allemagne et d’autres pays européens.

Depuis 2016, les Etats-Unis ont massivement développé leur production de gaz naturel liquéfié (GNL), exportable via des navires méthaniers. Désormais accessibles au gaz américain, plusieurs pays européens ont investi dans des terminaux méthaniers destinés à importer du GNL. L’Allemagne a même prévu d’en construire deux, tout en soutenant en parallèle la construction de Nord Stream 2. « Berlin souhaite sécuriser son approvisionnement en gaz sans passer par l’Ukraine ou la Biélorussie, qui peuvent connaître des conflits avec la Russie à l’avenir », précise Marc-Antoine Eyl-Mazzega.

Ukraine et Pologne vent debout contre Nord Stream 2

Cette volonté allemande de traiter directement avec la Russie tout en diversifiant ses fournisseurs de gaz a froissé les pays d’Europe de l’Est. En particulier la Pologne, qui souhaite se libérer du gaz russe. Le pays a ouvert un terminal GNL, lancé la construction d’un gazoduc relié à la Norvège, et annoncé qu’il mettrait fin en 2022 à un grand contrat gazier avec la Russie lié au gazoduc Yamal, qui relie la Russie à l’Allemagne via la Biélorussie et la Pologne.

Quant à l’Ukraine, encore plus dépendante du gaz russe, elle s’oppose à Nord Stream 2 notamment parce qu’elle tire des revenus du transit du gaz russe sur un autre gazoduc, Fraternité, reliant lui aussi la Russie à l’Allemagne.

« En Europe, personne à part Berlin n’était favorable à Nord Stream 2 », observe Marc-Antoine Eyl-Mazzega. Reste à savoir si Angela Merkel osera s’opposer frontalement au pipeline. « Pour l’Allemagne, s’opposer à Nord Stream 2 consisterait à accepter les nouvelles sanctions américaines, mais on ignore à ce jour si ce deuxième volet de sanctions sera adopté avant la présidentielle américaine, même si l’hostilité à Nord Stream 2 fait l’objet d’un consensus bipartisan », poursuit le chercheur.

Si ces sanctions sont confirmées, anticipe-t-il, le projet serait décalé de plusieurs années, sans perspective concrète d’être relancé, au vu de l’incertitude à long terme sur la demande de gaz allemande, qui s’est engagée à la neutralité carbone d’ici 2050.

Matthieu Jublin

Le gazier anglais, Centrica va licencier 5’000 employés afin d’économiser 2 milliards £ d’ici à 2022. Alors que les revendeurs de gaz se font des marges indécentes, (7 à 15 fois sur le prix de vente aux consommateurs), c'est une prouesse d'être en difficulté financière.

Le distributeur d’énergie et prédateur BKW (Forces Motrices Bernoises) se lance dans la vente de gaz qui génère des profits que l’on peut qualifier de "mirobolants". Sur l’achat de 1 m³ de gaz, les distributeurs prennent une marge qui dépasse souvent 10 fois le prix d’achat.

(extrait de https://2000watts.org/index.php/energies-fossiles/peak-oil/1165-energies-economie-petrole-et-peak-oil-revue-mondiale-juin-2020.html)

Extractions et consommation de gaz en Europe

Maxence Cordiez : «Les extractions gazières européennes déclinent depuis 2005. Ce déclin devrait accélérer dans les prochaines années avec le pic attendu cette décennie des extractions norvégiennes, dernier grand producteur gazier européen.

Or, tout ce qu'on n'extrait pas et qu'on consomme, on doit l'importer !»

Graphique tracé d'après les données BP Statistical Review 2019

(publié par J-Pierre Dieterlen)

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https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159057709917281

"Décidément, le monde a du mal à être parfait : le biogaz fournit de l'électricité renouvelable, sauf que... les ordres de grandeur sur les surfaces à mobiliser en fonction de la production souhaitée, très faciles à calculer avant que l'on ne mette le plan en action (parce que les rendements des cultures à l'hectare sont connus, de même que les rendements des méthaniseurs et des installations de cogénération qui utilisent ce biogaz), semblent être découverts après seulement

1 million d'hectares de mais fourrage pour faire 8% de l'électricité allemande, cela multiplie la surface mobilisée par 500.000 par rapport au nucléaire tant décrié par nos voisins du nord.

Ça doit se discuter que cela n'a que des avantages...

En fait les usages les plus intéressants du biogaz sont pour faire du carburant pour remplacer du pétrole : dans le machinisme agricole, et pour alimenter des transports "essentiels" (flottes locales de transports de marchandises, transports en commun en bus). Mais pour l'électricité on a bien mieux en décarboné "

Jean Marc Jancovici
(publié par Joëlle Leconte)

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159049764677281

Spéculation et accaparement de terres : les dérives de la production du « gaz vert 

https://www.bastamag.net/derives-methanisation-Allemagne-monocultures-mais-speculation-biogaz

Il y a une décennie, le gaz était promu au rang "d'énergie de transition" avec les énergies renouvelables. Le travail de communication de l’industrie avait payé.
Depuis, de nombreuses études démontrent ce que l’industrie du gaz savait, mais qu'elle cachait: les émanations de méthane rendent le gaz plus dangereux pour le climat que le charbon.

Corolaire à cette cachoterie, de plus en plus de villes sont en train d’interdire l’utilisation du gaz pour le chauffage, la cuisine et la mobilité.

Après Berkeley et plusieurs autres villes de Californie, c’est au tour du Massachusetts d’étudier la possibilité d’interdire l’utilisation du gaz naturel pour le chauffage et la cuisine. Les effets du gaz naturel sur le climat sont dévastateurs notamment avec les émanations de méthane. Pour toutes les nouvelles constructions, Berkeley interdit l’utilisation du gaz naturel.

(extrait du lien ci dessous)

Les prix du gaz naturel dans le Permien sont à nouveau négatifs

Les prix du gaz naturel au hub de Waha, dans l'ouest du Texas, sont à nouveau négatifs cette semaine, pour la première fois depuis le creux historique de moins 4,28 $ par million de BTU atteint début avril, selon les données compilées par Reuters.

Mercredi, les prix du gaz naturel le lendemain au hub de Waha, dans le Permien, ont chuté sous zéro à -0,40 $ le MBTU, pour la première lecture négative depuis le début avril.

Selon les estimations de Reuters, les prix du gaz naturel à Waha n'ont été en moyenne que de 0,92 $ par MMBtu jusqu'à maintenant en 2019, comparativement à 2,10 $ en 2018 et à une moyenne sur cinq ans de 2,80 $ entre 2014 et 2018.

Au début d'avril, les prix au hub de Waha ont chuté jusqu'à atteindre des valeurs négatives faibles, les contraintes et les problèmes liés au pipeline et aux stations de compression bloquent la production du gaz dans le Permien.

La production de gaz dans le Permien a augmenté au même rythme que la production de pétrole brut, et même si la capacité d'extraction de gaz a moins attiré l'attention des médias, les contraintes liées au gaz naturel dans les gazoducs sont semblables à celles liées à la capacité de transport du pétrole brut.

Les contraintes de capacité d'extraction de gaz naturel ont entraîné une augmentation du torchage dans le Permien, d'une part, et un écart record entre le prix du gaz au hub de Waha et le prix de référence américain Henry Hub* en Louisiane, d'autre part.

Les prix très bas du gaz naturel dans le Permien entraînent une baisse du rendement des investissements d'exploration et de production (E&P) dans le bassin pétrolier de schiste le plus prolifique des États-Unis, a déclaré Moody's dans un rapport du mois dernier.

Les contraintes du secteur intermédiaire pour le transport du pétrole et du gaz dans l'Ouest du Texas et au Nouveau-Mexique ont limité les volumes d'exploration et de production et affaibli les prix du pétrole et du gaz naturel pour les producteurs, a dit Moody's au début d'avril.

Par exemple : Apache Corporation a déclaré en avril qu'elle avait temporairement retardé la production de gaz naturel dans sa zone Alpine High à Permian à la fin mars pour atténuer l'impact des prix extrêmement bas au hub de Waha.

Par Tsvetana Paraskova pour Oilprice.com
*https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Hub

(publié par J-Pierre Dieterlen)

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10158258670332281

 

Besoins supplémentaires d'approvisionnement dans l'UE après la contraction de la production domestique

« L'Union européenne devra trouver de nouveaux fournisseurs de gaz au cours des prochaines années en raison du déclin de son extraction de gaz domestique (UE + Norvège).

Autrefois, l'UE était reliée à ses fournisseurs traditionnels par des gazoducs. Il s'agit d'infrastructures coûteuses conçues pour transférer le gaz d'un pays à l'autre. Par conséquent, le producteur et le fournisseur ont tous deux intérêt à utiliser le gazoduc pour le rentabiliser et en assurer l'approvisionnement.

L'approvisionnement supplémentaire que l'UE à trouver proviendra de pays plus éloignés. Il s'agira donc principalement de gaz naturel liquéfié transporté par bateau (méthanier). Cette fois, les pays européens ne seront plus liés aux pays producteurs... et il y a beaucoup d'autres acheteurs potentiels pour ce gaz (notamment la Chine).

Le fait que l'UE sera en mesure de compenser le déclin de son extraction nationale de gaz par une augmentation de ses importations est tout sauf certain, surtout sans augmentation des prix.... »


Maxence Cordiez

Jean-Marc Jancovici : « Sur ce graphique déniché par Maxence, on peut faire un commentaire important : les importations de gaz en valeur absolue n'augmentent pas en compensation du déclin de la production territoriale. C'est lié au fait que pour importer il faut certes de la production "ailleurs", mais surtout la capacité de transport jusqu'à chez nous. Or le gaz est gazeux : hors de question de le transporter en camion ou même en train. Il n'y a que deux solutions : le gazoduc (10 à 30 ans pour en construire un) et le gaz liquéfié (10 ans pour construire un train de liquéfaction chez l'exportateur, ca vaut le prix de plusieurs réacteurs nucléaires).

Le déclin de la mer du Nord a commencé en 2005, mais il va s'accélérer fortement après le pic norvégien, que le graphique ci-dessous met implicitement en 2020. Les importations ne compenseront pas : dans ce contexte, compter sur le gaz comme une "énergie de transition" pour aller avec les ENR intermittentes (sans même parler de CO2) ou remplacer le charbon dans la production électrique risque d'être un sujet moins simple qu'il n'y parait... »

graphique : AIE

(publié par J-Pierre Dieterlen)

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https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10158099762142281
 
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