Californie niouzes

Publié le par ottolilienthal

Bilan provisoire: Cette année, en #Californie, les #feux de forêt ont ravagé près de 17 000 km², soit plus du double du précédent record de surface incendiée dans l’histoire récente de cet état.
Cinq des six plus grands #incendies contemporains de Californie ont eu lieu cette année, dont le premier feu de plus d’un million d'hectares.
L’ampleur des feux de cette saison est directement liée aux longs mois de sécheresse inhabituelle et de chaleur record. Et bien que la mauvaise gestion des forêts et l’urbanisation y aient également contribué, le #ChangementClimatique en a été le moteur principal.
DataViz Robert Rohde/Berkeley Earth, sources: fire.ca.gov
Pour rappel, nous ne sommes qu'à ~+1.2°C #JustThinkAbout
#WildFires #MegaFires #ClimateChange

via Yann Webb

(posté par J-Pierre Dieterlen)

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159803758522281

Les lumières faiblissent et les inquiétudes montent alors qu'une vague de chaleur rôtit la Californie


 

Accablé par la demande, le réseau électrique californien a imposé des coupures de courant tournantes, tandis que la crise des coronavirus créait un dilemme pour ceux qui étaient incapables de rester au frais chez eux.

Une vague de chaleur qui traverse le sud-ouest a forcé des coupures de courant intermittentes en Californie, un État déjà aux prises avec des incendies de forêt et une récente flambée de cas de coronavirus, faisant craindre que la hausse des températures ne devienne mortelle.

Les Californiens ont utilisé tellement d'électricité pour essayer de rester au frais vendredi soir que l'agence qui supervise une grande partie du réseau électrique de l'État a déclaré une urgence et, pour la première fois en 19 ans, a coupé le courant à des centaines de milliers de clients pendant plusieurs heures pour éviter une surcharge dommageable.

Il y a peu de soulagement en vue. Des températures élevées supérieures à 100 degrés Fahrenheit sont attendues à Los Angeles tous les jours jusqu'au vendredi. Dans certaines parties de la Californie et de l'Arizona, les thermomètres se fissurent à 110. Le National Weather Service a émis un avertissement de chaleur excessive pour une grande partie de la côte ouest, y compris certaines parties de l'Oregon et de l'État de Washington et s'étendant vers l'intérieur des terres jusqu'au Nevada, l'Utah et l'Arizona.

La chaleur étouffante survient alors que les cas de coronavirus sont à la hausse en Californie , qui a signalé plus de 65000 nouveaux cas et environ 950 décès liés au cours de la semaine dernière. La crise sanitaire peut dissuader les résidents de se rassembler dans des centres de refroidissement ou dans des lieux publics comme les centres commerciaux et les bibliothèques, ce qui rend les gens plus vulnérables aux malaises causées par la chaleur et augmente la demande d'électricité, car ceux qui ont des climatiseurs les font fonctionner à plein régime.

La pandémie «emporte l'une des ressources les plus critiques pour les plus vulnérables», a déclaré David Hondula, professeur qui étudie la chaleur à l'Arizona State University. «Même dans les cas où les installations ne sont pas fermées, les gens doivent décider: est-ce que je reste à la maison où j'ai peut-être trop chaud, ou est-ce que je vais dans un bâtiment public ou semi-public où je peux contracter le virus? C'est un dilemme difficile à résoudre pour les gens. »

 


Les températures ont atteint 117 degrés à Phoenix vendredi et 113 samedi, et le service météorologique a mis en garde contre une «vague de chaleur mortelle», exhortant les résidents à annuler les activités de plein air et à «faire fonctionner la climatisation, malgré les coûts financiers».

Les conditions sèches et chaudes alimentent également les incendies de forêt dans le sud de la Californie, où le Lake Fire a brûlé 14 700 acres de terres au nord de Los Angeles et détruit 21 bâtiments, dont des hangars et des garages. Plus de 1 563 pompiers luttent contre l'incendie, qui a forcé des évacuations et n'a été maîtrisé qu'à 12% samedi matin.

Robert Foxworthy, un porte-parole du Département des forêts et de la protection contre les incendies de Californie, ou Cal Fire, a déclaré que si la chaleur pouvait aider le feu à se propager plus rapidement, elle avait un effet plus important sur les équipages qui tentaient de le supprimer.

«Les éléments qui affectent un incendie sont le vent, l'humidité relative et la chaleur», a déclaré M. Foxworthy. «La chaleur est le plus petit facteur affectant le comportement du feu, mais je dirais que la chaleur est le principal facteur affectant les performances des pompiers.»

Il a déclaré que les pompiers de Californie s'étaient entraînés pour les journées anormalement chaudes et restaient hydratés.

L'opérateur de système indépendant californien, qui gère une grande partie du réseau électrique de l'État, a ordonné des coupures de courant tournantes pendant un peu plus de deux heures vendredi soir pour réduire la demande globale d'environ 1000 mégawatts. Bloomberg a rapporté que jusqu'à deux millions de personnes auraient pu être sans électricité à un moment ou à un autre.

Anne Gonzales, porte-parole de l'exploitant du réseau électrique, a déclaré que la panne d'urgence était le résultat de la chaleur et de la mise hors service de deux centrales électriques. Elle a déclaré que l'agence ne s'attendait à aucune coupure samedi, mais qu'elle ne pouvait pas exclure de futures pannes car les températures restent élevées.

«Nous espérions un léger soulagement de la demande au cours du week-end, mais ces températures se maintiennent et, naturellement, les gens veulent un soulagement», a déclaré Mme Gonzales.

Margaret Barreca restait au frais dans la maison de ses parents à Sébastopol, en Californie, dans le comté de Sonoma, lorsque la maison est soudainement devenue noire. Quand elle a regardé à l'extérieur, elle a vu que les maisons de ses voisins l'étaient aussi.

Mme Barreca n'avait pas été avertie de la panne de courant, mais elle a vite appris que la panne faisait partie des arrêts rotatifs. Elle a passé une grande partie de la panne d'électricité dans sa voiture, à recharger son téléphone, jusqu'à ce que le service de téléphonie mobile s'éteigne également. Beaucoup de ses voisins se promenaient dans des rues sombres.

«C'est vraiment ennuyeux que le pouvoir puisse simplement s'éteindre, mais ce n'est pas seulement une question de pouvoir», a déclaré Mme Barreca, 29 ans, ajoutant qu'elle était frustrée par ce qu'elle considérait comme un manque d'action des politiciens pour ralentir le changement climatique.

M. Hondula, l'expert en chaleur, a déclaré que le nombre croissant de jours très chauds - même si les températures ne battent pas des records - correspondait à ce que les modèles prédisent à mesure que la planète se réchauffe. Il est particulièrement troublé par la façon dont l'urbanisation semble maintenir les températures chaudes jusque tard dans la nuit.

L'augmentation des décès liés à la chaleur dans le comté de Maricopa ne peut pas être attribuée uniquement au changement climatique, a déclaré M. Hondula, mais cela peut être un signe de la gravité de la situation.

«Même en l'absence de réchauffement, nous avons du mal à faire face au problème», a-t-il déclaré. «Notre fondation s'effrite à certains égards - des façons que nous essayons encore de comprendre - alors que nous sommes confrontés à un avenir plus chaud.

Nicholas Bogel-Burroughs

(publié par J-Pierre Dieterlen)

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159597807397281

La quantité de neige tombée en Californie ne représente que la moitié d’un hiver normal, notamment dans la région du Lac Tahoe. Dans la région de la Sierra Nevada, les montagnes n’ont reçu aucune précipitation durant le mois de février, une première en 100 ans

 

(extrait du site : https://2000watts.org/index.php/energies-fossiles/peak-oil/1151-energies-economie-petrole-et-peak-oil-revue-mondiale-mars-2020.html#disqus_thread)

Pour lutter contre les feux, la Californie mobilise ses détenus

Des centaines de détenus sont actuellement mobilisées sur le front des incendies qui ravagent l’État, du nord au sud. À la clef, des réductions de peine et la possibilité pour certains de devenir pompiers, à leur sortie de prison.

Creuser une tranchée coupe-feu, en pleine nuit, pour empêcher un incendie de progresser, transporter une tronçonneuse et un sac de plus de 20 kg pendant huit heures d’affilée… Ces gestes, Michelle Garcia ne les a pas appris dans une caserne de pompiers mais dans un camp de détenues, à Malibu, en Californie.

Condamnée à 10 ans de prison pour détournement de fonds, cette mère de famille a fait le choix de rejoindre l’un des 43 centres du système carcéral californien (le California Department of Corrections and Rehabilitation ou CDCR) qui forment et emploient 3 400 pompiers volontaires pour lutter contre les feux de forêts, en échange de remises de peines. « Deux jours travaillés permettent de racheter un jour de détention », explique-t-elle. « C’est comme ça que j’ai pu sortir au bout de six ans et revoir plus rapidement mes enfants. »

Des routes aux incendies

Le CDCR emploie des détenus depuis 1915 ; ils étaient alors affectés à des travaux de génie civil pour construire des routes. Depuis les années 1980, des détenus sont formés pour pouvoir renforcer les unités de sapeurs-pompiers qui luttent contre les incendies.

Plus de 700 détenus, en tenue orange alors que les pompiers sont en jaune, sont en ce moment mobilisés à travers toute la Californie pour lutter contre les feux qui ravagent l’État depuis la mi-octobre. Pour deux dollars de l’heure, ils épaulent les milliers de pompiers professionnels et volontaires qui luttent au nord de San Francisco et près de Los Angeles.

« Nous racheter »

Certains espèrent pouvoir devenir pompier à leur sortie de prison, même si très souvent la réinsertion professionnelle des détenus s’avère difficile. Un projet de loi visant à faciliter l’accès des anciens prisonniers au métier est d’ailleurs actuellement à l’étude en Californie.

« Le fait de nous permettre de nous racheter auprès de la société est la meilleure façon possible d’éviter la récidive », estime Michelle Garcia, qui se souvient avec émotion du jour où elle est parvenue, avec une équipe, à sauver des flammes le quartier de sa "victime".

Depuis sa sortie de prison, cette quinquagénaire joue elle-même un rôle actif dans l’aide à la réinsertion des détenus. Elle coordonne depuis un an le premier centre de formation de pompiers californien ouvert à d’anciens prisonniers en liberté conditionnelle.

 

 

 

 

 

 

https://www.ouest-france.fr/monde/etats-unis/pour-lutter-contre-les-feux-la-californie-mobilise-ses-detenus-6590126

Météo extrême : il se passe quelque chose de démesuré

 

 La météo se déchaîne cette semaine en Amérique du Nord : inondations, tempête de neige, incendies... Des alertes météorologiques de toutes sortes ont été émises pour prévenir des millions de personnes. Les raisons ? Un fort contraste de masses d'air et des dépressions majeures.

L'état d'urgence a été déclaré en Californie dans le comté de Santa Clara à cause de la menace d'incendies pouvant devenir extrême. Des milliers de personnes sont privées d'électricité, principalement dans le nord de l'État. De nombreuses écoles et universités sont fermées. Des couvre-feux ont même été instaurés dans le comté de Santa Clara afin d'éviter une multiplication des crimes et d'autres comtés devraient suivre la marche.

Le Centre météorologique national des États-Unis a émis une alerte rouge (la plus haute) pour plusieurs secteurs en Californie à cause de forts vents en provenance du nord-est et de l'humidité de l'air très basse : deux facteurs pouvant aggraver les incendies. Cet avertissement a d'ailleurs été émis pour aviser les services anti-incendies de la possibilité continue de débuts de feux. Avec la sécheresse en cours, une augmentation spectaculaire des incendies pourrait avoir lieu dans les 72 prochaines heures.

Des facteurs aggravants

La Californie est marquée par deux saisons : la saison sèche et la saison des pluies. Plus de 90 % de la pluie annuelle pour plusieurs secteurs tombent entre novembre et avril alors que la saison sèche est de mai à octobre et ne représente que 10 % de la pluie annuelle, par exemple, à Los Angeles ou encore à San Francisco. Cette dernière ne connaît que 350 mm de pluie par an. En comparaison, à Montréal par exemple, les précipitations annuelles s'élèvent à plus de 1000 mm.

 

De plus, la saison sèche coïncide avec les températures les plus chaudes de l'année, ce qui engendre un dessèchement considérable de la végétation. Après un hiver plus pluvieux que la moyenne l'année dernière, les précipitations ont pu entraîner une augmentation du nombre des graminées et autres combustibles, qui s'ajoutent à la végétation desséchée de la fin de l'été et qui pourront grandement nourrir les feux à l'automne. Un patron météo typique en automne permet également l'apparition des vents de Santa Ana : un écoulement de vents chauds et secs forcés par les montagnes et qui peuvent dépasser les 100 km/h. Ces vents sont un dangereux carburant pour les feux.

La population se prépare

La compagnie électrique Pacifique Gas and Electric a voulu cette fois-ci prévenir la population, afin d'éviter que l'incendie « Camp fire » qui avait tué plus de 85 personnes et avait détruit la localité de Paradise, ne se répète.

Évidemment, face à ce risque important, de nombreux résidents ont fait des provisions d'épicerie, d'essence, et de batteries, en prévision de pannes d'électricité de longue durée. Les autorités parlent encore de cinq jours sans courant, selon la situation et le comté.

Depuis le début de l'année plus de 63 000 hectares ont brûlé à cause de 5 657 incidents. 42 structures ont été endommagées. Le plus important depuis le début de l'année était « Walker fire » en septembre, lorsque 22 100 hectares ont été calcinés. Le feu le plus actif en ce moment est « Briceburg fire » dans le comté de Mariposa, où 1 780 hectares ont déjà brûlé.

D'un extrême à un autre...

Alors que la Californie est sous l'emprise de ces feux dévastateurs, une masse d'air arctique a plongé et laisse des avertissements de gel jusqu'au nord du Texas. Une tempête hivernale historique par ses quantités de neige est également attendue du Dakota du Nord jusqu'au Manitoba. Ces conditions hivernales touchent quatorze États américains et deux provinces canadiennes.

Ailleurs, ce sont des inondations et des risques de tornades qui menacent les prochains jours. Les Grands Lacs n'y échappent pas avec des avertissements à cause des eaux déchainées : de forts vents du sud-est pourront créer des vagues de plus de quatre mètres.

À l'est du continent, une dépression tropicale est surveillée par le centre des ouragans et pourrait laisser de possibles inondations côtières. Si la tendance se maintient, elle pourrait devenir une tempête tropicale et prendre le nom de Melissa.

Dans tous les cas, avec des vents qui soufflent de façon persistante vers les côtes, des coupures d'électricité sont attendus.

Des images incroyables de feux de forêts, cyclones et tempêtes de sable prises depuis l'espace

Photo de l'atmosphère de la Terre prise par la Nasa le 23 août 2018./ Photo NASA
Photo de l'atmosphère de la Terre prise par la Nasa le 23 août 2018./ Photo NASA
 

Nous inhalons tous des millions de particules solides et liquides présentes dans l’atmosphère. Ces aérosols, issus des activités humaines (transports, usines, feux,…) ou de phénomènes naturels (tempêtes, volcan, incendies,…) se retrouvent dans l’air au-dessus des terres, des océans, des déserts, des montagnes, des forêts ou des glaces.

Ces particules sont également vues par les satellites dont les images, capturées le 23 août dernier, ont été traitées par un modèle informatique de la Nasa. Le résultat est surprenant : sur les images animées on y voit des tourbillons de particules colorées danser autour de la Terre.

 

Chaque particule a sa couleur. En rouge ce sont les particules de carbone noir émises par les incendies (feux en Californie et au Canada ainsi que les terres défrichées pour l’agriculture en Afrique) ainsi que les émissions de véhicules et d’usines ; en bleu ce sont les particules de sel de mer émises par les tempêtes (notamment le cyclone Lane qui a touché Hawaï et les typhons Cimaron et Soulik qui ont frappé le Japon et la Corée) ; en violet ce sont les particules de poussières émises par les tempêtes de sable des différents déserts du globe.

Photo de l'atmosphère de la Terre prise au-dessus de l'Asie par la Nasa le 23 août 2018./ Photo NASA

Après des incendies apocalyptiques, la Californie s’interroge sur son modèle de développement

Quelque 11 millions de Californiens vivent dans des régions exposées, dont 500 000 foyers dans des zones de risque élevé.

 

Mille cinq cents pompiers ont passé Noël sur le front des incendies en Californie du Sud. Trois semaines après avoir éclaté, l’incendie Thomas n’était pas encore totalement contenu mercredi 27 décembre et les sauveteurs ne pensaient pas pouvoir le déclarer éteint avant le 7 janvier. Avec 1 100 km2 détruits dans les comtés de Ventura et de Santa Barbara, c’est l’incendie le plus vaste qu’ait jamais connu la Californie. Embrasant le ciel de Los Angeles, il a entraîné l’évacuation de 105 000 habitants, dont quelques célébrités comme Oprah Winfrey, et détruit 1 063 constructions.

L’incendie a fait deux morts — un pompier et une habitante de 70 ans, tuée dans sa voiture alors qu’elle essayait de fuir. Mais s’il est le plus étendu de l’histoire de l’Etat — et l’un des plus spectaculaires —, il n’est pas le plus meurtrier. La tornade de feu qui s’est propagée au début d’octobre en Californie du Nord a causé la mort de quarante-quatre personnes, pour la plupart des personnes âgées qui n’ont pas eu le temps de se sauver alors que les flammes dévalaient brusquement les collines, en pleine nuit.

Entretien :   Climat : « On ne mesure pas l’ampleur du danger »

Ces feux apocalyptiques, aux portes des deux grandes métropoles de la Californie, ont fait de la saison 2017 la plus destructrice jamais enregistrée dans cette partie des Etats-Unis. Comme le craint le gouverneur Jerry Brown, les incendies semblent constituer « la nouvelle norme » de l’Ouest américain. Et l’Etat y est maintenant confronté « encore à Noël », a-t-il souligné, bien au-delà de la saison traditionnellement à risque, qui va de la fin d’août au début de novembre.

« Pire des mondes possibles »

Pour les scientifiques, cette annus horribilis s’explique par une combinaison de phénomènes qui ont créé « la recette pour une tempête parfaite », selon l’expression de Glen MacDonald, géographe et spécialiste du climat à l’université de Californie à Los Angeles (UCLA). « Nous avons eu des précipitations significatives l’hiver dernier, ce qui a produit beaucoup de combustible : feuilles, branches, brindilles, explique-t-il. Puis, en 2017, non seulement il n’a pas plu mais nous avons connu des températures record : dans le nord de l’Etat, pendant l’été ; dans le sud, au mois d’octobre — qui a été le plus chaud jamais enregistré. » Phénomène aggravant, les départs de flamme se sont produits à des moments où les vents d’automne — dits « diablo » dans le Nord et « vents de Santa Ana » dans le Sud — soufflaient violemment.

Pour Glen MacDonald, coauteur d’un article sur le rôle du changement climatique, publié le 16 octobre par la revue scientifique en ligne PLoS One, l’alternance de périodes pluvieuses et de sécheresse extrême conduit au « pire des mondes possibles » sur le front des incendies. La population doit se préparer, dit-il, ainsi que les pouvoirs publics. « Il y a peut-être des solutions techniques, en matière de résistance des matériaux ou d’espace de défense entre les habitations. Peut-être faudra-t-il restreindre les zones habitables », envisage-t-il.

Le coût du seul incendie du Wine Country, dans le terroir viticole au nord de San Francisco, en octobre, est estimé à 9,4 milliards de dollars pour les compagnies d’assurance. De fait, ces catastrophes ont relancé le débat sur la viabilité du modèle de développement de la Californie, alors que la population y a triplé dans la deuxième moitié du XXe siècle. Avec son climat méditerranéen, la région est « en danger perpétuel », selon l’expression du San Francisco Chronicle. Mais le risque s’est accru du fait de la crise du logement, car celle-ci pousse les habitants à s’installer dans les territoires intermédiaires entre zones sauvages et urbanisées, qui constituaient traditionnellement un rempart contre les incendies.

Nouvelles réglementations

Désormais certaines associations proposent de ne plus autoriser la reconstruction dans les secteurs exposés ou de décourager les propriétaires en élevant le prix des assurances. Autre suggestion : les autorités locales pourraient préempter les terrains les plus à risque. Ces solutions supposent que ces dernières prennent le problème à bras-le-corps. Or, jusqu’à présent, les commissions d’urbanisme ont plutôt tendance à approuver des lotissements – de préférence de luxe –, malgré les menaces d’incendie. Quelque 11 millions de Californiens vivent dans des régions exposées, dont 500 000 foyers dans des zones de risque élevé.

 

 

 

 

 

Effets directs et indirects des incendies de forêt aux États-Unis

 

Le 11 décembre, les feux de forêt ont consommé environ 94 000 hectares dans les comtés de Ventura et Santa Barbara (sud-ouest de la Californie), poussés par les vents forts de Santa Ana. La Californie connaît sa pire et la plus coûteuse saison de feux de forêt (9,1 millions d'acres brûlés de janvier à novembre + 71% par rapport à 2016), notamment en raison d'une saison pluvieuse très forte qui a fourni tout le carburant nécessaire. En plus de la végétation, environ 800 structures et 680 maisons ont été détruites jusqu'à présent (Reuters). Une telle vigueur est inattendue en décembre, car la saison des feux de forêt en Californie se termine normalement en octobre.


La figure ci-dessous donne un aperçu de l'histoire des incendies de forêt aux États-Unis, en termes de nombre de feux, de superficie et de coûts de suppression (source: National Interagency Fire Centre). Si les zones brûlées semblent se stabiliser au cours des 10 dernières années, les coûts de lutte contre les incendies montrent une nette tendance à la hausse, ce qui suggère que cette stabilisation est assurée au détriment de l'augmentation des moyens de lutte. Par rapport aux décennies précédentes, il semble également que l'activité du feu ait considérablement augmenté (bien que leur nombre ait diminué).

Dans un article publié en 2016 dans PNAS *, deux chercheurs des universités d'Idaho et de Columbia examinent les feux de forêt dans l'Ouest des États-Unis et postulent que les changements climatiques sont la cause de plus de la moitié des augmentations documentées de l'aridité des combustibles (de la végétation) depuis les années 1970. il a doublé la superficie cumulative des incendies de forêt depuis 1984. Comme ce n'est que le début, cela suggère un risque d'incendie croissant dans les années à venir, avec un environnement de plus en plus favorable aux incendies de forêt. Cela devrait se matérialiser, par exemple, par une période d'incendie prolongée.

Outre les coûts de prévention, qui ont presque atteint 2 milliards de dollars en 2016 et probablement plus de 2,4 milliards de dollars cette année, les coûts des dommages représentent le principal fardeau des incendies de forêt. Depuis les incendies d'octobre, plus de 9 milliards de dollars de sinistres ont été engagés par les assureurs pour la seule Californie
(Insurance Information Institute).


Selon AccuWeather, le total des dommages pourrait atteindre 85 milliards de dollars. Les consultants de Verisk estiment que 4,5 millions de maisons sont exposées à un risque élevé ou extrême de feux de forêt aux États-Unis, avec plus de 2 millions en Californie (le Texas est le deuxième, avec plus de 700 000 maisons).

Quels sont les effets des feux de friches sur la biodiversité?


Il est important de savoir que les feux sont un phénomène naturel et vital dans de nombreux écosystèmes. Les feux permettent de maintenir la diversité biologique en limitant le développement d'espèces plus dominantes. Ils ouvrent la canopée et permettent au sol d'être directement touché par la lumière du soleil, ce qui est nécessaire à la prolifération de nombreuses espèces. Certaines graines (plantes pyrophiles) nécessitent même d'être légèrement brûlées pour germer.


La plupart des zones végétales du bassin méditerranéen, par exemple, sont sujettes aux incendies, et certains écosystèmes, tels que les arbustes méditerranéens, dépendent du feu.
Cependant, les changements dans les fréquences ainsi que les pratiques de gestion inadaptées peuvent devenir une menace pour leur survie. Par exemple, certaines forêts tempérées aux États-Unis où le feu a été délibérément supprimé pour des raisons de gestion et de politique ont subi des feux de forêt dévastateurs en raison d'une accumulation non naturelle de combustible. Au contraire, des incendies trop fréquents peuvent profondément modifier la distribution des écosystèmes et dégrader les biotopes. Dans les forêts où le feu n'est pas une perturbation naturelle, les impacts sur la biodiversité peuvent être désastreux.

Il convient de rappeler que les feux de forêt sont une source importante d'émissions de GES. De plus, environ 90% des incendies de forêt seraient causés par des humains.

 

* Actes de l'Académie nationale des sciences des États-Unis d'Amérique (http://www.pnas.org/content/113/42/11770.abstract).

Hadrien Lantremange, spécialiste du capital naturel

(publié par J-Pierre Dieterlen)

 

 

Beyond Ratings Weekly Digest (n°125)

la Californie frappée par la pire tempête de la décennie

 

De fortes pluies et chutes de neige ont déferlé sur le centre et le nord de la Californie ce week-end. Pour les météorologues, il s'agit de la "tempête de la décennie".

En Californie, la pire épidémie de mortalité des arbres de l’histoire moderne

 

 

Le Gouverneur Jerry Brown a déclaré l’état d’urgence pour aider la Californie à traiter une infestation par le dendroctone de l’écorce qui tue des dizaines de millions d’arbres. Le gouverneur a envoyé une lettre au secrétaire à l’Agriculture des États-Unis Tom Vilsack, demandant une action fédérale contre « la pire épidémie de mortalité des arbres dans l’histoire moderne ». La mort massive de arbres est exacerbée par quatre ans de sécheresse extrême, qui ont laissé les arbres très vulnérables aux coléoptères indigènes.

Le Service des forêts des États-Unis estime que plus de 66 millions d’arbres sont déjà morts en Californie. Cela accroit encore les risques d’incendie.

Source : The big wobble

 

15 juillet 2016

En Californie, des millions de grands arbres pourraient disparaître à cause de la sécheresse

 

Des dizaines de millions de grands arbres dans les forêts californiennes sont menacés par la sécheresse historique qui frappe l’Etat depuis 2011, affirme une étude publiée lundi 28 décembre dans Les Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences. Les massifs forestiers de la région pourraient subir des changements irréversibles, même si le courant équatorial chaud du Pacifique, El Niño, réapparu cette année, devrait accroître les précipitations en 2016.

 

Lire aussi : El Niño de retour après cinq ans d’absence

Outre le manque d’eau, les températures élevées et les infestations de scolytes − petits scarabées qui rongent les arbres − augmentent par ailleurs le risque de mortalité forestière, ont précisé les chercheurs. « Cette situation risque de provoquer des changements durables dans les écosystèmes ce qui pourrait avoir un impact sur les habitats des animaux et la biodiversité », a jugé Greg Asner, spécialiste de l’écologie mondiale à la Carnegie Institution. Les sylves californiennes ont été observées en détail à l’aide d’instruments d’imagerie guidés par laser.

« Importantes écologiquement et économiquement »

Selon les scientifiques, environ 10,6 millions d’hectares de forêt comptant jusqu’à 888 millions de grands arbres, dont les célèbres séquoias géants, ont subi des déficits importants d’eau entre 2011 et 2015. Dans ce groupe, jusqu’à 58 millions d’arbres ont souffert d’un manque d’eau qualifié d’extrêmement préjudiciable pour la santé des forêts à long terme.

 

Voir aussi : Californie : la vallée de la soif

Etant donné la gravité de la situation, même un accroissement attendu des précipitations grâce au courant El Niño ne ferait pas grande différence si la sécheresse repartait de plus belle dans la foulée, ont estimé ces scientifiques, soulignant que les massifs forestiers étaient déjà très affaiblis. « La Californie dépend de ses forêts pour s’approvisionner en eau et stocker le CO2, mais aussi pour produire le bois de sciage, ainsi que pour le tourisme et les activités de plein air, les rendant très importantes écologiquement et économiquement », souligne M. Asner.

 

Le Monde.fr avec AFP

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