la vie ordinaire des administrations

Publié le par ottolilienthal

Mort de Jérôme Laronze : les vétérinaires de Zone verte réagissent

 

Le GIE Zone verte, groupement de vétérinaires formateurs basé à Arbois (Jura), réagit à la disparition de Jérôme Laronze, l'agriculteur victime des balles de gendarmes, lors d'une traque dont l'origine remonte à un contrôle sanitaire très mal vécu par l'éleveur.

Pour Zone verte, "Jérôme Laronze est mort victime de l'acharnement imbécile et méprisant d'un système administratif de "gestion sanitaires répressive" complètement déshumanisé et du zèle de ses agents".

Zone verte secoue le cocotier "Jérôme Laronze est mort, traqué pour quel crime ? Au départ un défaut d'immatriculation de ses ovins : crime inexpiable pour ceux qui ont mission de faire croire à la prétendue traçabilité de l'identification des animaux. Tous les professionnels savent à quelle porte la traçabilité s'évapore pour le bien du commerce et du profit";

L'intégralité du communiqué du GIE Zone verte est à lire en téléchargeant le document ci-dessous.

La multiplication des lapins

 

Pour Bercy, Pâques est un moment goûteux. En effet, les deux tiers des oeufs et lapinous dégustés dans l'Hexagone le sont sous forme de chocolat au lait, blanc ou fourré, avec un taux de TVA à 20 %, contre 5,5 % pour le chocolat noir. Sur le papier, cela part d'une bonne intention : nous inciter à préférer le chocolat noir, réputé meilleur pour la santé. Dans le jargon fiscal, on parle de "taxe comportementale". Ce qui donne un joli micmac quand la poulette de Pâques a été fabriquée avec un corps en chocolat au lait, une tête et des pattes en chocolat noir, une crête en chocolat blanc, et qu'il faut ventiler les TVA en tenant compte des différentes proportions. Un peu compliqué mais toujours rentable. On se souvient qu'il y a 17 ans, au terme d'une grosse campagne de lobbying, les industriels ont obtenu de Bruxelles le droit de fourrer, à la place du cacao, 5 % de matières grasses végétales bon marché, comme du beurre de karité (7 fois moins cher) ou, mieux, de l'huile de palme (10 fois moins coûteuse).

Et comme il n'y a pas de petits profits, les lapins et autre fritures des grandes surfaces qui ne trouvent plus preneur une fois passées les fêtes de Pâques sont souvent achetés par des grossistes spécialisés qui les refourguent à prix cassé en Asie ou en Europe de l'Est des mois plus tard..

 

(extrait un article du "Canard enchaîné"  du 19/04/2017)

 

Institut Pasteur : 100 000 euros de travaux pour le bureau du directeur

Surprise des magistrats de la Cour des comptes lorsqu'ils ont épluché les factures de l'Institut Pasteur : le patron, Christian Bréchot, a fait refaire son bureau pour plus de 100 000 euros, selon le Canard enchaîné de ce mercredi.

Christian Bréchot a en effet souhaité déménager dans le bâtiment historique - et prestigieux - Duclaux.

Du coup, il a fallu "retaper" les lieux. "Le Canard" énumère : "Plomberie, peinture, chauffage, menuiseries, stores, mobilier : la première estimation des coûts, signée par Bréchot lui-même, atteignait 59 763 euros". En comptant la climatisation, la facture a monté à 98 000 euros. En ajoutant, enfin, le réaménagement de l'ancien bureau (36 500 euros), on atteint 134 500 euros.

Sollicité par l'hebdomadaire, l'Institut pasteur a fait savoir que "la réhabilitation avait été décidée par l'ancienne directrice".

 

Pour rappel, l'Institut pasteur est financé par les dons (personnes et entreprises) et les subventions de l'État.

Administration : la théorie du placard

Agnès Saal et l'ex-directrice de France Musique se voient recasées dans des postes dont l'intitulé fleure bon l'enfer bureaucratique.

 

 

 

« En France, quand on veut enterrer un problème, on crée une commission », disait Georges Clemenceau. Et quand on veut écarter un fonctionnaire, on crée un placard. Vendredi 10 juillet, la direction de Radio France annonce un changement à la tête de France Musique. Un an seulement après sa nomination, Marie-Pierre de Surville est remerciée. Enfin, pas tout à fait puisqu'elle reste dans la Maison ronde. Elle se voit confier « une mission de préfiguration visant à créer une direction en charge de la création musicale et culturelle et de la programmation de la Maison de la radio ». Toute définition de poste qui s'étend sur près de deux lignes est a priori suspecte. S'agit-il d'un emploi à plein temps ? À durée indéterminée ? On croit comprendre qu'avant de créer une nouvelle direction il faut bien réfléchir, dépenser du temps, de l'énergie et de l'argent public pour peser le pour et le contre, et pour dessiner les contours de ce futur service.

En fait, il s'agit ni plus ni moins d'un placard, l'une des spécialités de Radio France et de nombreuses entreprises publiques. Quand le vent tourne, quand des désaccords éclatent, quand l'alternance sévit, ou quand le patron fait un caprice, il faut avant tout préserver les apparences. En devanture : un titre ronflant. Derrière la vitrine : un emploi en trompe-l'oeil.

Noblesse d ' État

Quelques semaines auparavant, c'était l'énarque Agnès Saal qui était contrainte de démissionner de son poste de présidente de l'INA à la suite de ses scandaleuses et faramineuses notes de taxi. Elle a donc été mise à pied ? Pas du tout. Elle a réintégré son administration d'origine, au ministère de la Culture, où elle s'est retrouvée « chargée de mission sur les questions de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences ». Elle n'est venue prendre le travail de personne, puisque ce poste n'existait pas auparavant. Cet atterrissage en douceur concernait un poste qui n'offrait, précisait-on alors au ministère de la Culture, aucun avantage particulier. Aucun, si ce n'est, justement, d'être toujours titulaire d'un poste, d'un bureau et d'un téléphone.

Au sein de la noblesse d'État, une telle réintégration passe pour une dégradation : une fonction sans privilège, sans visibilité et sans perspective, cela s'apparente pour l'énarchie à une sanction en soi bien cruelle, presque comparable aux mines de sel. Mais pour l'opinion publique, cela ressemble à une désinvolture insupportable de la part de l'intéressée bien entendu, mais aussi de l'ensemble de sa chaîne de commandement, y compris politique. C'est la raison pour laquelle Fleur Pellerin s'est vue contrainte d'engager, comme elle l'a révélé la semaine dernière, une procédure disciplinaire à l'encontre de l'ancienne présidente de l'INA.

Cela dit, il arrive que l'administration crée spontanément des placards pour lesquels elle procède à de véritables recrutements. Ainsi, elle recherche depuis le 1er juillet, comme l'atteste le portail internet de la fonction publique, un « responsable du suivi des enquêtes aux services et des mesures de modernisation de l'action publique », rattaché aux services généraux du Premier ministre. Le poste n'a pas encore trouvé preneur. Parce que son intitulé est incompréhensible ?

 

Sophie Coignard

Recasage d'Agnès Saal: quand Wauquiez se paie Fleur Pellerin

 

Par Bruno Roger-Petit

 

Le recasage de l'ancienne présidente de l'INA à la Culture, démissionnaire pour cause de notes de taxis démesurées, suscite l'indignation. Cette révélation met Fleur Pellerin et la gauche en état de faiblesse.

 

 

 

Annule et remplace, c’est le choix de Fleur Pellerin en faveur d’Agnès Saal. En acceptant, comme si de rien n’était en apparence, le retour de l’ex-présidente de l’INA au sein du ministère de la Culture suite à sa démission pour cause de notes de taxis injustifiées, Fleur Pellerin annule la sanction et la remplace par une promotion. Et c’est insupportable.

En avril dernier, une fois découvert et révélé le tonneau des Danaïdes des frais de taxis de la présidente de l’INA nommée à ce poste quand Aurélie Filippetti était ministre de la Culture (40.000 euros en un an dont 6.000 rien que pour l’enfant d’Agnès Saal), Fleur Pellerin avait sanctionné sans attendre. La coupable de légèreté (au minimum) avait été priée de démissionner sans attendre. Justice était faite. Il était temps, tant le dossier Agnès Saal (après les cas Cahuzac ou Thevenoud) menaçait de se transformer en objet médiatique et politique de nature à percuter, une fois encore, la statue d’intégrité de la gauche au pouvoir que le candidat Hollande avait promis de dresser durant la campagne 2012. Souvenez-vous : "Moi président, présidence normale, comportement exemplaire, etc."

Quelques jours après cette démission, on apprenait également que, peu de temps avant son départ de l’INA, Agnès Saal avait embauché Agnès Chauveau qui venait elle-même de quitter dans la honte son poste de directrice de l’école de journalisme de Sciences-po pour cause de plagiats journalistiques. Et l’on se disait que décidément, face à ces pratiques de réseautage et copinage, que l’on croyait réservées à une certaine partie de la droite, Fleur Pellerin avait eu bien raison de couper la branche pourrie avant qu’elle ne contamine un arbre que l’on voulait croire encore sain.

Hélas ! Tout n’était qu’illusion. Quelques semaines plus tard, voilà que l’on apprend qu’Agnès Saal, comme si de rien n’était, regagne son corps d’origine, au sein du cocon protecteur de l’administration du ministère de la Culture. Et mieux encore, qu’elle va y occuper, si l’on en croit le Monde, un poste taillé sur mesure pour elle, "chargée de mission sur les questions de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences". A l’école des Fans de l’administration, tout le monde gagne, même les démissionnaires pour faute grave. "Mesdames, messieurs, sous vos applaudissements…".

Le ministère de la Culture se défend de tout favoritisme "Il s’agit d’une réintégration automatique, conformément aux statuts de la fonction publique", et promet que l’affaire des taxis de l’INA fera l’objet d’une enquête : "Cette réintégration n’exonère pas Agnès Saal d’une éventuelle procédure disciplinaire, qui sera ouverte en temps voulu." Parce que ce n’était pas encore le cas? Alors que l’affaire a scandalisé la France entière?

Décidément, les socialistes de gouvernement ne sont pas doués pour la communication de crise. Annoncer que non, Agnès Saal n’est pas choyée parce que "en temps voulu" enquête sera ouverte sur son rapport familial aux taxis payés sur fonds publics, c’est avouer qu’hormis la démission, rien n’a été engagé pour sanctionner réellement la présumée fautive. Plus grave encore, c’est aussi révéler que l’on ne confère aucun caractère d’urgence au dossier.

Au final, tout cela aggrave le sentiment d’indignation généralisée engendré par le comportement d’Agnès Saal. Et la droite a beau jeu de se défouler sur Fleur Pellerin qui, de glaive vengeur d’une certaine idée de la morale au pouvoir, devient le bouclier des turpitudes de cette énarchie socialiste, toujours suspecte de protéger les brebis galeuses issues de ses rangs parce qu’elles appartiennent à la même caste.

Sur RTL, ce jeudi, Laurent Wauquiez, secrétaire général de l’UMP, s’est emparé du sujet se déclarant "choqué" et administrant au passage un sermon de morale républicaine : "Dans une période où on demande des efforts il faut de l'exemplarité, pour les politiques, au premier plan", avec idée à l’appui : "Par exemple, je suis pour la suppression des régimes spéciaux de retraite des parlementaires. Et de l'exemplarité pour les fonctionnaires. Ça vaut pour tout le monde".

Quand une ministre socialiste telle que Fleur Pellerin se retrouve dans la position d’endurer des leçons de vertu de la part de Laurent Wauquiez, c’est que la gauche connait un sérieux bug dans le fonctionnement de son logiciel "Morale et vie publique".

Quand Laurent Wauquiez est autorisé à se déclarer "choqué" et s’offre au surplus le luxe d’assortir l’expression de son intolérable douleur d’une proclamation de vertu romaine à faire pâlir la mémoire de Cincinnatus, c’est que la gauche a un sérieux problème politique à résoudre.

On serait Fleur Pellerin, on se sentirait humiliée. En être réduit à devoir subir une leçon de morale de la part de Laurent Wauquiez, que peut-il arriver de pire à un ministre de la gauche de gouvernement?

Fleur Pellerin, et ceux qui l’ont aidé à régler ainsi le cas Agnès Saal, en toute commisération et connivence administrative et politique, ont commis deux erreurs.

La première, celle de croire qu’une fois la première tempête médiatique passée, une fois la démission obtenue, une fois saluée la promptitude de la ministre de la Culture à se comporter en adéquation avec ses valeurs, l’affaire des taxis serait oubliée aussi vite qu’elle avait émergée. C’est bien mal connaître le fonctionnement des médias contemporains, et sous-estimer la sensibilité de l’opinion à ce genre d’affaires en période de crise. A l’ère Twitter, le droit à l’amnistie médiatique n’existe plus.

La seconde, celle de penser que la démission suffisait à sanctionner Agnès Saal, de ne pas avoir engagé la procédure attendue et réclamée par l’opinion et de sous-estimer le rejet des élites qui affecte aujourd’hui de larges pans de l’opinion publique. En France comme ailleurs, la perception qu’il existe au sommet du pouvoir "une caste", qui ne mérite ni privilèges ni avantages, gagne du terrain.

Les populistes français, à l’extrême droite comme à gauche, de Philippot à Mélenchon en passant par Wauquiez, sont les premiers à avoir compris l’intérêt politique qu’il y avait à dénoncer "la caste" comme s’y emploie, par exemple, Podemos en Espagne. C’est pour cette raison que l’affaire des taxis d’Agnès Saal continue de susciter passion et indignation, parce qu’elle est perçue comme emblématique des défauts (de plus en plus réels que supposés) de "la caste", cible des populistes.

Fleur Pellerin, ministre mais jamais élue, paraît ne pas avoir saisi l’ampleur symbolique que porte l’affaire Agnès Saal. Il suffit pourtant de peu pour le comprendre. Un petit surf sur internet, caisse de résonances des mouvements de l’opinion. Ainsi, sur Twitter, ce tweet, mettant en rapport le recasage d’Agnès Saal avec un fait divers, et qui a connu en quelques heures un incroyable succès, se répandant sur internet en toute viralité.

 

Que dit ce petit tweet ? Une chose toute simple : que dans la France d’aujourd’hui, une énarque de gauche peut dilapider en toute impunité 40.000 euros en frais de taxis infondés tandis qu’un SDF affamé, qui en est réduit à commettre de menus larcins pour se nourrir, est condamné à quatre mois de prison ferme pour avoir dérobé dans un tronc d’Eglise la somme de… 17.2 euros. Tout est dit.

 

Bruno Roger-Petit

Coucou, revoilà Mathieu Gallet !

 

Le PDG de Radio France est épinglé par "Le Canard enchaîné" qui révèle qu'à l'Ina il a passé de coûteux contrats de communication sans mise en concurrence.

 

Le Point.fr (avec AFP)

On le pensait tiré d'affaire, blanchi par un rapport de l'Inspection générale des finances (IGF) qui, fin avril, avait passé au peigne fin ses dépenses à la présidence de Radio France, concernant notamment la rénovation de son bureau. Et pourtant le scandale évacué par la porte resurgit par la fenêtre. Un service de contrôle de Bercy pointe du doigt des "irrégularités" dans des contrats de plusieurs centaines de milliers d'euros. En effet, Mathieu Gallet, actuel PDG de Radio France, aurait passé ces conventions sans mise en concurrence, avec des consultants, quand il présidait l'Ina, affirme Le Canard enchaîné à paraître mercredi. L'hebdomadaire cite les conclusions d'une note du 10 avril du Contrôle général économique et financier (CGEFI), un service du ministère de l'Économie qui contrôle la gestion de l'argent public, dont le journal a obtenu copie et dont il reproduit un extrait.

Selon Le Canard enchaîné, le CGEFI relève des "dysfonctionnements et irrégularités" dans plusieurs marchés passés avec des cabinets de conseil lors de la présidence de Mathieu Gallet à l'Institut national de l'audiovisuel (Ina), entre 2010 et 2014. Parmi ces marchés figurent des contrats avec les sociétés OpinionWay puis Balises, pour un montant total de près de 250 000 euros, passés sans mise en concurrence, une procédure pourtant obligatoire, selon Le Canard enchaîné. Or, souligne l'hebdomadaire, Denis Pingaud, actuel conseiller en communication de Mathieu Gallet à Radio France, préside la société Balises. Et il était vice-président d'OpinionWay lors de la signature des contrats avec l'Ina.

 

 

Pas de "trace d'une mise en concurrence"

Pour un autre contrat de 119 000 euros passé en 2011 avec le cabinet Bernard Spitz Conseil, "il n'a (...) pas été trouvé trace d'une mise en concurrence par courrier ou mail", indique aussi la note du contrôleur d'État, citée par l'hebdomadaire. Fin mars, Le Canard enchaîné avait déjà affirmé que Mathieu Gallet avait engagé six cabinets de consultants lorsqu'il présidait l'Ina. En tout, près de 800 000 euros sans mise en concurrence, écrivait l'hebdomadaire. L'actuel PDG de Radio France avait alors annoncé qu'il porterait plainte contre Le Canard enchaîné, dénonçant des "allégations diffamatoires" et niant que ces contrats aient été passés sans mise en concurrence.

Sollicité mardi par l'AFP, Mathieu Gallet n'a pas souhaité réagir.

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