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Océans...

Publié le par ottolilienthal


"Dans un océan qui se réchauffe et s'acidifie, la production biologique va malheureusement diminuer, et la biomasse animale (donc les poissons) baisser, sans même parler de surpêche.


C'est une des conclusions peu sympathiques que l'on trouve dans le dernier rapport du GIEC sur l'océan et la cryosphère (disponible sur http://www.ipcc.ch).


Pas sûr que le Quantitative Easing, l'allongement de la durée du travail avant la retraite ou la 5G soient une réponse adaptée à ce problème !"

 

Jean-Marc Jancovici

Les océans en manque d'oxygène

Les «zones mortes» se multiplient dans les eaux océaniques et côtières en raison du réchauffement climatique et de produits chimiques qui font proliférer les algues.

«Les océans suffoquent», titre le Guardian. Dans les profondeurs comme sur les côtes, de plus en plus de zones maritimes manquent, voire sont dépourvues d’oxygène. Une situation qui menace directement de nombreuses espèces de la faune et de la flore marines. C’est le constat qu’établit une étude du groupe de travail international Global Ocean Oxygen Network mis en place par l’Unesco, publiée vendredi par la revue Science et relayée par le CNRS. Et le problème de la «désoxygénation» – un parmi d’autres, comme la prolifération de plastique ou la pêche intensive – ne devrait qu’empirer dans un avenir proche. Décryptage.

Que constate-t-on ?

• Au cours des cinquante dernières années, la proportion de zones de haute mer complètement dépourvues d’oxygène a plus que quadruplé, selon des mesures directes effectuées sur divers sites du monde.

• Les sites à faible teneur en oxygène situés près des côtes, y compris les estuaires et les mers, ont été multipliés par 10 depuis 1950, atteignant désormais 4,5 millions de km2.

• Le phénomène n’a rien de nouveau puisque les concentrations en oxygène dans les eaux océaniques et côtières diminuent depuis au moins le milieu du XXsiècle, mais la teneur en oxygène devrait continuer à baisser, les océans perdant environ un milliard de tonnes d’oxygène chaque année.

Quels problèmes cela pose-t-il ?

Impossible de cerner l’ampleur du désastre à long terme, mais il est certain que les conséquences forment une longue chaîne. Car l’oxygène «affecte les cycles du carbone, de l’azote et d’autres éléments clés», précise le rapport. «Le changement des teneurs en oxygène peut aussi déclencher le rejet de substances chimiques dangereuses telles que le protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre jusqu’à 300 fois plus puissant que le dioxyde de carbone, et le sulfure d’hydrogène toxique», précise le CNRS. Et pour finir, ajoute l’étude internationale, «l’acidification et l’augmentation de la température sont mécaniquement liées au processus de désoxygénation».

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Les parties non-oxygénées de l’océan sont dites «zones mortes», car la survie de la majeure partie de la vie marine y devient impossible. L’étude cite même des cas connus en mer Baltique où des animaux sont morts asphyxiés. Par ailleurs, les poissons évitent de plus en plus ces zones, concentrant leur habitat, ce qui les rend de fait plus vulnérables.

Lorsque l’oxygène est présent mais trop faible, ce sont la croissance des espèces et leur reproduction qui pâtissent. Les récifs coralliens, habitat de nombreuses espèces, peinent par exemple à se développer. Par effet de chaîne, les poissons se déplacent, ce qui affecte le régime alimentaire des oiseaux ou des tortues… ainsi que la localisation des zones de pêche.

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A quoi cela est-il dû ?

Sans surprise, ce sont les activités humaines qui sont en cause. Sur les côtes, le déversement de produits chimiques issus de l’industrie et surtout d’engrais agricoles, provenant de la terre, provoque une prolifération des algues. Ces dernières consomment beaucoup d’oxygène, notamment lorsqu’elles se décomposent.

En haute mer, c’est le réchauffement des eaux de surface, causé par l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, qui est pointé par l’étude. Concrètement, «la hausse des températures diminue la solubilité de l’oxygène dans l’eau, augmente la consommation d’oxygène par la respiration» et réduit la capacité d’absorption de l’océan.

Quelles solutions ?

Pour les chercheurs, il faudra limiter le dérèglement climatique, l’utilisation d’engrais et la pollution pour que la situation s’améliore. Dans l’immédiat, la surveillance mondiale des teneurs en oxygène doit être améliorée, particulièrement dans l’hémisphère sud, conseillent les chercheurs qui préconisent aussi la création d’aires marines protégées ou de zones d’interdiction de pêche là où la faune se réfugie pour échapper à la baisse de l’oxygène.

Aurélie Delmas
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