Eglise, les faces cachées

Publié le par ottolilienthal

Crimes pédophiles: le nonce faiblement condamné

Luigi Ventura, ancien nonce apostolique en France (ambassadeur) a été déclaré coupable d'agression sexuelle à de multiples reprises sur la personne de cinq jeunes hommes... il vient d'être condamné à 8 mois de prison avec sursis. Les victimes, elles seront faiblement indemnisées....

L'ancien nonce apostolique condamné à des peines dérisoires pour de multiples abus sexuels
Par Keith Porteous Wood, porte-parole de l’Association Internationale de la Libre Pensée, président de la National Secular Society (de Grande-Bretagne)Décembre 2020

Le mois dernier, l'ancien ambassadeur du Pape en France, l'ex-nonce papal Luigi Ventura, a été jugé pour avoir agressé sexuellement cinq jeunes hommes, dont un fonctionnaire de la mairie de Paris. L'avocat des plaignants a laissé entendre que les accusations ne représentaient que « la partie émergée de l'iceberg ».

Ventura a été déclaré coupable et vient d'être condamné à une peine de huit mois de prison avec sursis, soit moins que les dix mois de prison avec sursis recommandés par le procureur1. Quatre victimes doivent cependant recevoir 13 000 euros de dommages et intérêts, mais cela ne représente qu'une fraction du maximum possible.

Le fonctionnaire de la mairie a décrit la « main de Ventura qui me tenait les fesses »2  à deux mètres du maire de Paris à l'Hôtel de Ville : « Je me suis retourné et j'ai vu quelqu'un qui souriait », a-t-il dit. « Ce qui m'a étonné, c'est que ce n'était pas un accident, mais un acte délibéré ». Parmi les accusateurs de Ventura, un séminariste se plaint d'avoir été tripoté dans une sacristie, puis lors de la messe suivante.

 

Lorsque le séminariste, sous le pseudonyme « Marius », a dénoncé Ventura en interne, il a été averti que, dit-il : « j'attaquais quelque chose de plus fort que moi ». Après que « Marius » ait dénoncé Ventura à la police, il a été expulsé de son séminaire. Son expulsion n'a pas été annulée lorsque l'affaire Ventura a été rendue publique.

En tant que diplomate étranger, Ventura était protégé des poursuites par l'immunité diplomatique. Le Saint-Siège applique cette immunité avec acharnement3. Les gros titres faisant l'éloge du Saint-Siège sont apparus en juillet 2019 lorsqu'il a annoncé la levée sans précédent de l'immunité diplomatique, permettant à Ventura d'être poursuivi par les autorités françaises.

La machine publicitaire du Saint-Siège4 a déclaré : « C'est un geste extraordinaire qui confirme la volonté du Nonce [...] de collaborer pleinement et volontairement avec les autorités judiciaires françaises". L'hebdomadaire catholique anglais, The Tablet, a conclu que cela "indique une prise de conscience des dommages causés par la crise des abus, et comment il n'est plus viable pour le Saint-Siège d'utiliser la protection accordée aux diplomates lorsque des allégations d'inconduite sexuelle surviennent ».

Toutefois, Ventura n'a pas assisté à son procès, en invoquant les risques de la Covid-19, et n'a pas proposé de témoigner par liaison vidéo depuis Rome, où il est hors de portée de la justice française. Le Vatican n'est signataire d'aucun traité d'extradition. Le Saint-Siège est ensuite revenu sur sa décision de lever complètement l'immunité diplomatique de Ventura en la déclarant « partielle », ce à quoi les victimes ont dû résister avec acharnement

L'avocat de la défense de Ventura a cherché à attribuer les agressions à des problèmes de vision de Ventura. Quels que soient les problèmes de vision, s'il y en a, ils ne semblent pas l'empêcher d'identifier les hommes, et d’agresser à nouveau ces mêmes hommes. Plusieurs des accusateurs se sont plaints de multiples agressions sexuelles.

L'avocat de la défense de Ventura a rejeté toutes les accusations comme « une information mineure » qui ne justifie pas « de devenir la base d'un procès historique » avant de prétendre que le jugement de Ventura a été altéré par une opération du cerveau. Une telle altération n'a pas empêché Ventura de continuer à exercer avec l'autorité du Saint-Siège la fonction de nonce et de servir également en tant que doyen de l'ensemble du corps diplomatique français.

L'expulsion du très jeune Marius de son séminaire envoie un signal clair : signaler un abus sexuel, même si le fait de ne pas le faire contrevient à la loi, entraîne des représailles.

Pour rétablir la confiance du public dans l'Église catholique française, Mgr de Moulins-Beaufort devrait rétablir « Marius », en sanctionnant ceux qui l'ont expulsé, et inviter tout ecclésiastique menacé pour avoir dénoncé ou aidé des plaignants, comme le père Pierre Vignon, à le contacter personnellement5.

L'agression sexuelle est passible d'une peine maximale de cinq ans de prison et d'une amende de 75 000 euros. Le procureur a décrit les accusations des victimes, y compris les agressions multiples, comme étant « crédibles, détaillées, répétées et mesurées ». Il a reconnu la « gravité des faits » et la nécessité de juger « sans faiblesse » avant de demander une peine de dix mois avec sursis sans aucune amende.

La faiblesse de la peine proposée par l'accusation envoie également un signal clair au public français et au monde entier que l'establishment français protège l’Église.

Compte tenu de la sentence et des petites amendes, il est difficile d'échapper à la conclusion que, bien qu'elle se targue d'être l'archétype de l'État laïque, la justice française semble être beaucoup plus indulgente envers les princes de l'Église qu'envers les autres. Ventura a apparemment peu payé pour l'effet sur les victimes de son plaidoyer de non-culpabilité, pour avoir monté une défense dérisoire, pour avoir tenté de revenir sur la levée de son immunité et pour avoir contribué à la ruine de la vocation d'un séminariste.

Pire encore, la sentence envoie un signal épouvantable aux auteurs d'abus cléricaux : le tribunal ne se soucie guère de les punir, et il ne sert pas à grand-chose que les victimes signalent courageusement avoir été abusées, surtout lorsque pour certaines, cela pourrait mettre fin à leur carrière.

1 https://www.lefigaro.fr/flash-actu/l-ancien-ambassadeur-du-vatican-en-france-condamne-pour-agressions-sexuelles-1-20201216#:~:text=L%27ancien%20ambassadeur%20du%20Vatican%20en%20France%2C%20Luigi%20Ventura%2C,exercice%20de%20ses%20fonctions%20diplomatiques.

2 "Une main m'agrippe la fesse" : à Paris, l'ex-ambassadeur du Vatican jugé pour agressions sexuelles (franceinter.fr)

3 Vatican cites immunity in refusal to send French court summons to CDF prefect (catholicnewsagency.com)

4 https://www.thetablet.co.uk/news/11853/analysis-does-the-lifting-of-immunity-in-france-mark-a-shift-in-the-vatican-s-handling-of-abuse-

5 https://www.ouest-france.fr/societe/religions/un-pretre-ecarte-de-sa-fonction-de-juge-canonique-apres-sa-petition-contre-barbarin-6047438

 

Les victimes du père Ribes dénoncent les « manquements » de l’Église

Quarante-neuf victimes présumées se sont manifestées jusqu’à présent. Elles accusent l’institution religieuse de vouloir protéger ses finances.

Un collectif de victimes du père Ribes, prêtre peintre décédé en 1994 et accusé d'agressions sexuelles sur des enfants durant les années 1970-1980, a dénoncé vendredi 6 mai les « manquements » de l'Église concernant les réparations financières ou psychologiques. Ces mêmes victimes expliquent vouloir obtenir une certaine « compassion ». Louis Ribes, parfois surnommé « le Picasso des églises », a exercé dans trois diocèses : Lyon, Saint-Étienne et Vienne. Ses agressions sexuelles, révélées en janvier dernier par le magazine Marianne, ont depuis été confirmées par ces trois institutions.

Le collectif estime que « l'Église investit beaucoup dans sa communication pour garder une belle image ». « Qu'attend-elle pour nous réparer ? On risque d'attendre longtemps, peut-être même y aura-t-il des suicides… », a déclaré Luc Gemet, 58 ans, l'un des responsables du groupe, en conférence de presse à Lyon.

Ce dernier met en cause la complexité des démarches afin d'obtenir des indemnisations. Il accuse également l'Église de mauvaise volonté concernant la prise en charge rapide des victimes nécessitant certains soins, et plus généralement un manque de « compassion » pour ces dernières.

Le « bricolage » des indemnisations

Me Jean Sannier, avocat sollicité par les victimes, a dénoncé quant à lui le « bricolage » des deux institutions en charge des réparations financières pour la fixation des montants. Cette mission est aujourd'hui remplie par la Commission reconnaissance et réparation (CRR) et l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (INIIR). Selon lui, elles chercheraient « exclusivement à protéger les finances de l'Église ». Elle « a les moyens, elle peut et doit payer », a réclamé Luc Gemet.

Le collectif en question affirme représenter 25 victimes, « mais il y en a beaucoup plus, peut-être 300 ». Pour le moment, 49 personnes se sont officiellement manifestées auprès de la Commission sur les abus sexuels dans l'Église catholique (Ciase). « Il faut dénoncer les manquements de l'institution église à combattre les abus et crimes sexuels commis », a renchéri Annick Moulin, autre membre du collectif.

À l'appui de leur démarche, une série de dix « revendications » ont été formulées. Parmi lesquelles « la réparation à hauteur des crimes commis », la reconnaissance par l'Église de leur « caractère systémique », « l'imprescriptibilité des crimes contre les mineurs », mais encore la « désinscription des œuvres du père Ribes au titre des monuments historiques ».

Une collection de photos d'enfants nus

Et pour cause, plusieurs de ses fresques et vitraux ornaient des églises de la région. Ceux-ci ont été retirés discrètement par le diocèse. Ce même diocèse possédait aussi une vaste collection de photos et de croquis d'enfants nus, dont certains ont été dévoilés vendredi par le collectif, « reçus de la famille du père Ribes » après l'article dans Marianne.

 
 

Toujours à la suite de la parution de l'enquête dans Marianne, le responsable du collectif assure avoir reçu une lettre d'un ancien séminariste ayant côtoyé le père Ribes en 1976. Celui-ci s'y dit « sidéré » d'avoir trouvé des photos d'enfants nus et assure avoir averti sa hiérarchie, en vain.

ource AFP

Pédocriminalité dans l'Eglise: jusqu'à 60 000 euros pour chaque victime

Un barème des réparations financières a été établi pas les commissions chargées de la reconnaissance et de la réparation des victimes de pédocriminalité dans l'Eglise.

Le travail des commissions chargées de la reconnaissance et de la réparation des victimes de pédocriminalité dans l'Eglise catholique prend forme, petit à petit, même s'il ne va pas assez vite aux yeux des victimes. Un pas a été franchi avec l'établissement d'un barème. Comment cela va-t-il fonctionner ?

Qu'est-ce qui a été décidé ?

La Commission reconnaissance et réparation (CRR), qui propose depuis janvier une médiation entre victimes de pédocriminalité au sein des instituts religieux catholiques et ces derniers, a établi un barème de réparations financières s'échelonnant sur sept niveaux, allant de 5 000 euros minimum à 60 000 euros, seuil plafond.

Cette grille, envoyée aux instituts fin mars, est la référence de travail lors des échanges entre victimes, congrégations et la CRR, dans le but d'aboutir à un accord entre les deux premières.

 

Sur quelles bases se décident les niveaux ?

La méthode de calcul croise deux évaluations : une des violences, faite par un membre de la commission ; et une autre, réalisée par la victime, qui mesure le degré d'impact des agressions subies sur sa vie personnelle, affective, familiale, sociale, professionnelle et spirituelle.

Ce plafond est « le plus élevé des régimes de réparation déjà mis en oeuvre en Europe continentale » par les autorités ecclésiales, selon la CRR. Il est de 50 000 euros en Allemagne ou de 18 000 euros en Suisse, dit-elle.

Combien de victimes ont fait une demande de réparation ?

Selon la CRR, depuis sa mise en place en janvier, plus de 300 demandes lui sont parvenues, dont certaines ne comportent pas de volet financier. Deux dossiers ont abouti, réglés par la conciliation entre les parties.

Cette commission se fixe d'avoir réglé le maximum de demandes « d'ici à juin 2023 », selon son président Antoine Garapon qui, en ce moment, « s'organise, en recrutant », pour étoffer son équipe.

Comment cela va-t-il fonctionner pour les autres victimes ?

Les victimes de prêtres ou de laïcs dans les lieux d'Eglise autres que les congrégations - paroisse, catéchisme, camps scouts, établissements scolaires - sont dirigées vers l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr).

Elle n'a, à ce stade, pas donné d'indication sur un éventuel barème, mais la semaine dernière, sa présidente a déclaré y travailler, en lien avec la CRR. Elle doit communiquer ultérieurement.

« Ce serait difficile pour des personnes victimes de ne pas avoir accès aux même types de reconnaissance et de réparation, au moins dans les grands principes », a cependant souligné Marie Derain de Vaucresson.

Après toute une procédure lors de laquelle la demande est instruite et une décision est prise, le versement de la réparation financière à proprement parler sera réalisé par un fonds ad hoc, le Fonds de secours et de lutte contre les abus sur mineurs (Selam).

La semaine dernière, l'Inirr avait indiqué que 526 personnes avaient pris contact avec elle depuis janvier. Selon elle, sur ces 526 dossiers, « 57% des personnes parlent d'une réparation, notamment financière », 19% n'en « souhaitent pas » et 24% n'ont pas d'attente sur ce thème.

Comment réagissent les victimes ?

« Si l'Inirr adopte la même grille, je serai satisfaite, a déclaré Mireille Babassud, membre du collectif De la paroles aux actes. Ce serait une réponse équitable pour les victimes. » Selon elle, « on voit mal comment des réparations pourraient être différentes d'une commission à l'autre ».

En revanche, une autre victime, qui a requis l'anonymat, a estimé que « 60 000 euros pour une vie gâchée, c'est pas très cher payé ».

 

« On est au-delà des sommes prévues par la Belgique et la Suisse. C'est raisonnable », a affirmé Olivier Savignac, du collectif Parler et revivre. Toutefois, « il faut que la réparation financière soit systématique, même si la personne ne le demande pas, martèle-t-il. Le rapport Sauvé l'a bien indiqué : l'Eglise a une dette et elle doit la régler, financièrement. »

Avec AFP

Aupetit coquin !

 

Un pape qui s'assoit sur la présomption d'innocence, un archevêque viré qui distribue les coups de crosse, une "vierge consacrée" qui proteste de sa pureté et revendique une simple camaraderie avec le prélat, des paparazzis qui traquent le couple présumé dans les bois...Bienvenue dans le dernier feuilleton à l'eau de rosse qui agite l'Eglise depuis plusieurs semaines...

Démis par le Saint-Père du poste d'archevêque de Paris, Michel Aupetit ne reconnait qu'un simple et innocent "massage" pratiqué sur une paroissienne qui avait "mal au dos",et une amitié "personnelle, spirituelle" avec la vierge consacrée, la théologienne Laetitia Calmeyn ("Le Parisien", 14/12). Surtout, l'ex-mitré se dit victime d'une "cabale" venue "de gens, de réseaux qui lui en voulaient et qui ont agi"

Peu désireux de boire le calice jusqu'à la lie, Aupetit s'en est donné à coeur joie lors de sa messe d'adieu, célébrée le 10 décembre à Saint-Sulpice. "Une journaliste a écrit : l'archevêque de Paris s'est perdu par amour" "C'est vrai ! C'est vrai !" s'est-il exclamé sous les applaudissements des fidèles ébahis. Avant d'apporter cette précision toute théologale et moins croustillante : "Mais elle a oublié la fin de la phrase ! L'archevêque de Paris s'est perdu par amour du Christ !"

"Amour du Christ" ou pas, le dossier Aupetit tombe à point nommé pour faire oublier les affaires de pédophilie ecclésiatique. Un dossier autrement plus compromettant, que l'aile la plus conservatrice de l'Eglise française et les pontes du Vatican tentent d'enterrer presto. l'offensive est venue de quelques membres  de l'Académie catholique de France (un club aussi sélect que réac), qui a envoyé à Rome un contre-rapport pour descendre en flammes celui de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise.

Ils ont fait mouche, obtenant le report sine die de l'entrevue qui devait avoir lieu entre le pape et les membres de ladite commission. Dans la foulée, le Saint-Siège  paraît avoir décidé de stopper les opérations vérités. A en croire "le Figaro" (13/12), il n'y aura ainsi ni commission d'enquête, ni rapport public sur les crimes pédophiles dans les Eglises espagnoles et italienne, deux pays où la plupart des curés abuseurs ont réussi, jusqu'à présent, à s'en tirer sans dommages.

Sûrement pour la "plus grande gloire de Dieu", comme on dit chez les tradis..

 

Le Canard enchaïné  15/12/2021

Pédocriminalité dans l'Eglise : trois personnalités appellent à la "démission collective des évêques" catholiques

Christine Pedotti, de "Témoignage chrétien", la théologienne Anne Soupa et le cofondateur de l'association de victimes La Parole libérée, François Devaux,  estiment que "le rapport de la Ciase met en lumière une véritable faillite".

Après le choc et les révélations, ils veulent poser les premières pierres de "l'Eglise d'après". Trois personnalités, dont le cofondateur de l'association de victimes La Parole libérée François Devaux, lancent un appel, lundi 11 octobre, à la "démission collective" des évêques, après les conclusions de la commission Sauvé sur la pédocriminalité dans l'Eglise catholique. 

Cet appel intitulé "Face à la faillite, la démission des évêques est la seule issue honorable", est également lancé par la théologienne Anne Soupa et la directrice de la rédaction de Témoignage chrétien, Christine Pedotti.

Il intervient six jours après la publication des travaux de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise (Ciase), qui a estimé à 216 000 le nombre de personnes victimes d'un prêtre ou d'un religieux en France depuis les années 1950, voire 330 000 si l'on ajoute les agresseurs laïcs en lien avec les institutions de l'Eglise.

"Comme un signe d'espoir et de renouveau"

"Nous demandons, comme un signe d'espoir et de renouveau, la démission collective de l'ensemble des évêques en exercice", lancent les signataires. "Bien plus que des défaillances, le rapport de la Ciase met en lumière une véritable faillite", estiment Christine Pedotti, Anne Soupa et François Devaux. Selon eux, "n'importe quelle organisation, association, entreprise en tirerait les conséquences qui s'imposent : se défaire de ses dirigeants". Ainsi, selon eux, la démission des un peu moins de 120 évêques que compte la France "est le seul geste à la mesure de la catastrophe et de la perte de confiance dans laquelle nous sommes".

Tous trois font valoir que "dans l'Eglise catholique, des précédents existent : les évêques du Chili ont remis leur démission collective au pape François après qu'une gigantesque affaire de pédocriminalité a été dévoilée. En Allemagne, le cardinal Marx, archevêque de Munich, a lui aussi présenté sa démission au pape au nom de la responsabilité qu'il considérait porter au regard des abus sexuels, bien que lui-même n'ait pas failli."

Estimant que si tous les évêques français "ne sont pas coupables, tous sont responsables", ils suggèrent au pape François de nommer comme "légat" (représentant officiel du pape) Véronique Margron, présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref), en attendant de travailler à "l'Eglise d'après".

France Télévisions
 
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https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/pedophilie-de-l-eglise/pedocriminalite-dans-l-eglise-trois-personnalites-appellent-a-la-demission-collective-des-eveques-catholiques_4803103.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20211011-[lestitres-colgauche/titre1]
Canada : plus de 750 tombes découvertes près d'un pensionnat autochtone

Quelque 150 000 enfants natifs, métis et inuits ont été enrôlés de force jusque dans les années 1990 dans 139 de ces pensionnats à travers le pays, où ils ont été coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture.

Le Canada de nouveau sous le choc. Quelque 751 tombes anonymes ont été localisées sur le site d'un ancien pensionnat autochtone géré par l'Eglise catholique dans l'ouest du pays, moins d'un mois après la découverte des restes de 215 enfants près d'un autre établissement autochtone. La nation Cowessess de la province de Saskatchewan a annoncé, mercredi 23 juin, avoir fait "la découverte horrible et choquante de centaines de tombes non marquées" lors de fouilles sur le site de l'ancien pensionnat de Marieval, à environ 150 km à l'est de la capitale Regina. "Ce n'est pas une fosse commune, ce sont des tombes non identifiées", a précisé le chef de la nation.

Quelque 150 000 enfants natifs, métis et inuits ont été enrôlés de force jusque dans les années 1990 dans 139 de ces pensionnats à travers le pays, où ils ont été coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture. Nombre d'entre eux ont été soumis à des mauvais traitements ou à des violences sexuelles, et plus de 4 000 y ont trouvé la mort, selon une commission d'enquête qui avait conclu à un véritable "génocide culturel" de la part du Canada.

Le chef de la Fédération des nations insouveraines de la province de la Saskatchewan, Bobby Cameron, a dénoncé jeudi 24 juin un "crime contre l'humanité". "Le seul crime qu'on ait jamais commis était d'être nés autochtones", a-t-il affirmé. "Nous trouverons d'autres corps et nous ne nous arrêterons que lorsque nous aurons trouvé tous les enfants", a promis le responsable. Le Canada va devoir "tirer les leçons de [son] passé" envers les Premières nations, victimes de "discrimination et d'injustice systémiques", a également réagi le Premier ministre canadien, Justin Trudeau. "Nous avancer sur le chemin commun de la réconciliation. Nous pourrons ainsi bâtir un avenir meilleur."

 

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/canada/canada-nouvelle-decouverte-de-tombes-pres-d-un-pensionnat-autochtone_4676865.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20210625-[lespluspartages/titre5]

Canada : les restes de 215 enfants retrouvés sur le site d'un ancien pensionnat

Cet ancien pensionnat a été créé il y a plus d'un siècle pour assimiler les peuples autochtones à la société dominante.

Les restes de 215 enfants ont été retrouvés enfouis sur le site d'un ancien pensionnat au Canada, selon une communauté amérindienne locale. Un expert a repéré ces restes humains à l'aide d'un géo-radar sur le site de cet ancien pensionnat, situé près de Kamloops et créé il y a plus d'un siècle pour assimiler les peuples autochtones à la société dominante, a annoncé jeudi 27 mai la communauté autochtone Tk'emlups te Secwepemc dans un communiqué (document PDF en anglais). "Certains n'avaient que trois ans", a affirmé la cheffe Rosanne Casimir. Selon elle, la mort de ces enfants, dont on ignore la cause et à quand elle remonte, n'a jamais été documentée par la direction du pensionnat. Une enquête est en cours pour tenter de faire la lumière sur cette horrible découverte.

Un "sombre chapitre de notre histoire"

"J'ai le coeur brisé", a réagi le Premier ministre canadien Justin Trudeau sur Twitter. "C'est un triste rappel de ce sombre chapitre de notre histoire. Je pense à tous ceux qui sont touchés par cette nouvelle bouleversante", a écrit le dirigeant, qui a fait de la réconciliation avec les premiers peuples du Canada l'une de ses priorités depuis son arrivée au pouvoir en 2015.

L'ancien pensionnat géré par l'Eglise catholique, au nom du gouvernement canadien, était l'un des 139 établissements du genre mis en place dans le pays à la fin du 19e siècle et qui ont existé jusque dans les années 1990. Quelque 150 000 enfants amérindiens, métis et inuits y ont été enrôlés de force, où ils ont été coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture. Plusieurs ont été soumis à des mauvais traitements ou à des abus sexuels, et au moins 3 200 y sont morts, la majeure partie de tuberculose, selon les conclusions en 2015 d'une commission nationale d'enquête.

France Télévisions
 
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https://www.francetvinfo.fr/monde/canada/canada-les-restes-de-215-enfants-retrouves-sur-le-site-d-un-ancien-pensionnat_4641685.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20210530-[lespluspartages/titre1]

Irlande : 9 000 enfants sont morts dans d'anciennes maisons pour mères célibataires, selon une commission d'enquête

 

 

 

https://www.francetvinfo.fr/societe/enfance-et-adolescence/irlande-9-000-enfants-sont-morts-dans-des-anciennes-maisons-pour-meres-celibataires-selon-une-commission-d-enquete_4254919.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20210113-[lespluspartages/titre4]

Conrad de Meester, La fraude mystique de Marthe Robin

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/extraits-d-ouvrages/article/conrad-de-meester-la-fraude-227686

Foyers de Charité: abus du Père Finet sur des filles de 10 à 14 ans
 
 
 

https://www.cath.ch/newsf/foyers-de-charite-abus-du-pere-finet-sur-des-filles-de-10-a-14-ans/

Une enquête interne révèle des abus sexuels commis par Jean Vanier, fondateur de l'Arche
 

https://www.20minutes.fr/justice/2724383-20200222-enquete-interne-revele-abus-sexuels-commis-jean-vanier-fondateur-arche

Soeurs de sang

 

Cette fois, il n'y a plus aucun doute. La découverte d'ossements d'enfants à Tuam, dans le comté irlandais de Galloway, oblige l'Irlande catholique à se retourner vers son passé.

De 1925 à 1961, le foyer Saint Mary des soeurs du Bon-Secours a accueilli des dizaines de mères célibataires pour qu'elles expient l'enfant du péché. Rejetées par leur famille ou leur communauté, elles échouaient là, laissées en pénitence dans un dénuement complet. Pendant toutes ces années, 797 enfants sont morts à Tuam. Avant terme, à la naissance, à l'âge de 2 ou 3 ans, décimés par la malnutrition, les privations ou la maladie.

Pendant des années, une historienne locale s'était étonnée que seuls deux de ces enfants aient une sépulture, soupçonnant les soeurs d'avoir enterré les autres en cachette. Une crainte qui a débouché sur une commission d'enquête, des fouilles, en novembre 2016, et la découverte de nombreux ossements.

Au temps où ces filles mères étaient réduites en esclavage par des bourreaux déguisés en nonnettes, leurs enfants étaient abandonnés à la mort en guise de châtiment.

"Nous allons honorer leur mémoire", ont déclaré les autorités irlandaises. Dans un pays qui a pour tradition de célébrer ses martyrs, c'est bien le moins...

 

Le "Canard enchaîné" , 8/3/2017

Eglise d'Irlande, la face cachée

 

Il y a vingt ans, en Irlande, certaines pharmacies refusaient de vendre la pilule, le divorce était interdit et l'homosexualité considérée comme un crime. Et puis, coup sur coup, l'homosexualité a été décriminalisée, le divorce légalisé et la loi sur l'avortement -toujours interdit, même en cas de viol ou d'inceste- légèrement amendée pour permettre à une mère d'interrompre sa grossesse en cas de danger mortel.

Chaque fois, l'Eglise catholique d'Irlande est partie au combat, goupillon brandi. Et, chaque fois, elle a perdu la bataille. Le temps où monsieur le curé entrait au pub pour sermonner les hommes manquant sa messe est (presque) révolu. Et aucun évêque n'a pu non plus empêcher l'impensable : le mariage pour tous, plébiscité par 62 % des Irlandais (les jeunes ont voté en masse), soutenus par 166 députés du Dail sur 169.

D'où vient donc le vent de liberté qui souffle sur les 26 comtés de la République Irlandaise ? Du temps qui bouscule les peurs anciennes ? Bien sûr. De l'émergence d'une classe moyenne moins engoncée ? Evidemment. De l'exemple européen ? Aussi, certainement. Mais pas seulement.

L'un des artisans, bien involontaire, de la perte de vitesse de l'Eglise d'Irlande est un prêtre du nom de Brendan Smyth, mort en 1997, à 70 ans, d'une crise cardiaque dans la cour de promenade d'une prison irlandaise. En 1975, un gamin de 14 ans révélait à un autre prêtre, Sean Brady, que Smyth l'obligeait à lui faire des choses qui le dégoûtaient. Brady lui a ordonné de se taire, n'a prévenu ni sa famille ni sa hiérarchie. Et a ainsi permis à son collègue d'abuser en toute quiétude de 143 enfants, de Belfast à Dublin en passant par les Etats-Unis. Smyth ira en prison. Brady, plus chanceux, deviendra cardinal et primat de toute l'Irlande. Celui qui a fauté et celui qui l'a couvert, une histoire qui se répètera dans tout le pays et dont on ne connaîtra l'ampleur qu'au début des années 2000.

D'enquêtes judiciaires en rapports indépendants, l'Irlande se réveille un jour stupéfaite, avec 14 000 gamins violés, des centaines de curés criminels et des dizaines d'évêques accusés de fermer les yeux depuis les années 40. Pire, toutes les victimes étaient confiées à la grâce de Dieu. Les plus pauvres. Orphelinats, pensionnats, gamins et gamines sans défense abusés par les robes de Rome.

Alors le pape a tapé du poing sur l'autel. Le chef de l'Eglise romaine de Limerick a démissionné, puis celui de Cloyne et son copain de Dublin. L'Etat irlandais, coupable de négligence, s'est excusé en dédommageant les victimes. Mais le mal était fait. La hiérarchie catholique n'était plus en mesure de faire la morale.

Réagissant au résultat du référendum, l'archevêque de Dublin, Diarmuid Martin, qui a voté non, a affirmé que l'Eglise devait "ouvrir les yeux", se "réjouissant" de ce que "les gays et les lesbiennes devaient ressentir en ce jour" ("Irish Examiner", 25/5). En ajoutant sobrement : "L'Eglise n'a pas toujours été respectueuse des aspirations de chacun". Amen.

S. Ch.

Le Canard Enchainé, 27/05/2015

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