Le capitalisme n’est plus compatible avec le défi climatique

Publié le par ottolilienthal

Le dernier coup de notre civilisation capitaliste... ou comment les solutions proposées ne font qu'aggraver le problème.

Pour ceux de mes lecteurs qui suivent ce blog depuis un certain temps maintenant, il est probablement devenu assez clair que cette civilisation industrielle capitaliste mondiale de haute technologie se termine. Ce que nous vivons ces jours-ci n'est rien d'autre que l'ouverture d'une période de long et lent déclin - qui prendra des décennies, voire un siècle à se dérouler - à moins d'un Armageddon littéral déclenché par des fondamentalistes qui y voient un moyen de rédemption. La dynamique sous-jacente, cependant, est commune à toutes les sociétés précédemment disparues : toutes les civilisations s'élèvent et tombent selon des schémas familiers et la nôtre n'est en aucun cas une exception. Que peuvent faire nos dirigeants et la classe politique en général à ce sujet ? Quels sont les moyens proposés pour éviter notre destin ? Ce sera le sujet du billet d'aujourd'hui.


Plus grand, meilleur, plus vert... ?

Les énergies renouvelables semblent faire l'objet de toutes les attentions pour lutter contre le changement climatique et, par la même occasion, contre les méchants États pétroliers. Ces ressources sont censées faire baisser les prix de l'électricité (après tout, ce sont les sources d'électricité les moins chères de nos jours) et nous donnent le seul espoir de poursuivre nos modes de vie confortables en Occident.

Pourtant, après un demi-siècle d'arguties sur le nucleaire et les énergies renouvelables, le pétrole, le gaz et le charbon alimentent toujours 85 % de l'économie réelle. Tout comme il y a 50 ans. Comme en témoignent les contrats d'électricité de l'Allemagne pour l'année à venir, après avoir connu une hausse vertigineuse de 500 % au cours de l'année écoulée, nous n'en sommes pas encore là... Mais atteindrons-nous jamais cette utopie ?

Pas vraiment.

Après avoir passé l'année dernière à rechercher si un tel changement majeur dans les ressources énergétiques est possible, je dois dire que c'est peu probable. Contrairement aux croyances modernes, nous ne disposons tout simplement pas des ressources, des technologies et du temps nécessaires pour remplacer les combustibles fossiles par autre chose à grande échelle. Des combustibles qui, en plus de surchauffer la planète, se rapprochent de plus en plus du bord de leur propre déclin terminal.

Comme je ne cesse d'en avertir mes lecteurs depuis près d'un an, cette crise n'est pas née d'une guerre, ni d'un rebondissement tant vanté après une pandémie - ces événements n'ont fait qu'empirer la situation. À ma grande surprise, ces faits et mes déclarations antérieures, publiées il y a dix mois, ont finalement été confirmés par le Financial Times, qui n'a toutefois pas admis que le pic pétrolier était bien là. Je suppose que nous n'aurons pas à attendre longtemps pour que cela soit admis aussi - seulement pour être utilisé comme un Casus Belli contre des états peu coopératifs, ou pour faire d'autres un protectorat.

Il s'agit d'un problème majeur, qui ne peut être résolu en ajoutant des énergies renouvelables au réseau et en espérant que les industries qui ont été rendues possibles par les combustibles fossiles changeront de source d'énergie (et tous leurs équipements connexes) du jour au lendemain - si tant est que cela soit possible. (Cette série d'articles peut être un bon point de départ pour comprendre ce qui me fait dire cela. Pour une version courte, cliquez ici).

    En bref, la crise énergétique actuelle, qui a débuté il y a plus d'un an, n'est pas une anomalie. Elle n'est qu'un avant-goût de ce à quoi ressemblera la fin de l'ère des combustibles fossiles : sale, inégale et marquée par une stupidité extraordinaire.

Le vrai problème

Mis à part les aspects technologiques, un tel changement dans la consommation d'énergie ne répond toujours pas à la situation difficile de notre civilisation. En fait, il ne fait qu'aggraver la crise indicible de notre époque : l'épuisement insoutenable des ressources naturelles et minérales - la raison ultime de l'échec de toute civilisation.

Le changement climatique, la pollution, la sixième extinction de masse, les pandémies, les ruptures de la chaîne d'approvisionnement, les guerres, les crises successives sont autant de signes révélateurs du dépassement de nos possibilités. Aujourd'hui, nous devons nous battre bec et ongles pour rester à la pointe de tous ces problèmes - en même temps.

Si le monde était un endroit rationnel, dirigé par des personnes rationnelles et avant-gardistes, nous admettrions simplement, en tant que société, que l'ère de la croissance non durable est terminée et que l'inévitable début de la contraction est à nos portes. Nous devrions réduire nos activités jusqu'à ce que nous atteignions un état d'équilibre durable, ce qui serait considéré comme parfaitement normal et largement accepté.

En toute logique, nous nous efforcerions de réduire notre consommation d'énergie et de parvenir à une diminution pacifique de la population par le biais du contrôle des naissances et de l'éducation des femmes afin de prévenir les guerres et les conflits. Nous conclurions des accords internationaux sur la manière d'utiliser moins les ressources restantes de la Terre et de laisser une planète plus saine à nos descendants.

Menée avec soin et de manière coordonnée, cette décroissance planifiée ferait d'une pierre plusieurs coups : elle réduirait efficacement la charge polluante (de toutes sortes, et pas seulement le CO2), l'épuisement des ressources et des écosystèmes, retarderait l'apparition et réduirait la gravité du changement climatique, tout en prévenant la pauvreté et la faim.

Attention, il n'y a rien de révolutionnaire dans tout cela. Comme le dit le vieil adage :

    "Si vous vous trouvez dans un trou, la première chose à faire est d'arrêter de creuser".

Les Verts ont raison de dire que nous devrions arrêter de forer pour trouver du pétrole - mais nous devrions également arrêter de creuser pour trouver des minéraux rares, de puiser dans des réserves d'eau limitées et de polluer les rivières et les nappes phréatiques avec une boue toxique radioactive.

Nous devons cesser de creuser notre propre tombe.

Comme le fait remarquer à juste titre un récent éditorial du Guardian :

    L'exploitation minière des minéraux de terres rares génère de grands volumes de matériaux toxiques et radioactifs. La transition vers la neutralité climatique ne peut pas signifier le remplacement d'une dépendance aux combustibles fossiles sales par une dépendance aux matières premières dont l'extraction laisse de grandes étendues de la Terre inhabitables. [...] Guillaume Pitron a écrit dans son livre La guerre des métaux rares qu'au cours des trois prochaines décennies, "nous devrons extraire plus de minerais que les humains n'en ont extrait au cours des 70 000 dernières années".

Comparez cela avec le fait de "sauver la planète".

Une course folle

Revenons maintenant à la réalité. Faire en sorte que la classe politique prenne le train de la décroissance en marche est une course de dupes. Leur pouvoir n'est pas basé sur leur bonne volonté d'aider les gens qu'ils gouvernent, mais sur la richesse et la façon d'en faire plus. Ils ont été sélectionnés sur la base de leurs mérites à ignorer les besoins humains et de leurs talents à ne servir personne d'autre qu'un ensemble de puissants partisans ploutocratiques. Il semble de plus en plus que Chris Hedges, lauréat du prix Pulitzer, avait raison de dire :

    "Il n'y a aucun moyen dans le système politique américain de voter contre les intérêts de Goldman Sachs. C'est impossible."

Eh bien, si je peux corriger : Il n'y a aucun moyen dans aucun système politique de voter contre l'intérêt de l'élite dirigeante. C'est impossible. Contrairement à ce que les politiciens voudraient nous faire croire, ce ne sont pas eux, mais le groupe de personnes ultérieures - la classe ploutocratique milliardaire - qui mènent la barque. C'est ce groupe de personnes, qui change constamment (en fonction de l'industrie qui exerce le plus grand pouvoir de lobbying), qui fournit à ses politiciens préférés des budgets électoraux, tout en attendant en retour une législation laxiste, des allégements fiscaux, des subventions et de grosses commandes gouvernementales.

    Faut-il s'étonner que le pillage de la planète sous le déguisement de la loi et des accords commerciaux internationaux soit si rentable ?

Quelle différence y a-t-il alors entre la construction de cette utopie verte et l'obtention de davantage de combustibles fossiles ? À mon avis : pas grand-chose. Nous devrions utiliser les énergies renouvelables comme un parachute pour nous faire atterrir en toute sécurité dans un monde désindustrialisé, et non comme un moyen de poursuivre ce modèle complètement fou.

Si vous pensez que les riches et les puissants vont se limiter, ou laisser ce savoureux troupeau de mammouths en liberté, laissant les individus les chasser et récolter les bénéfices, alors il y a de fortes chances que vous vous fassiez des illusions. Le système est lourdement truqué pour profiter aux entreprises, aux régulateurs et à tous les intermédiaires (inutiles) - et non aux utilisateurs finaux qui installent les panneaux sur leurs toits.

C'est le nœud de notre problème - et le problème de nombreuses civilisations antérieures qui ont déjà terminé leur propre cycle de croissance, de prospérité et de chute. Leurs élites cessent simplement d'être une minorité créative et ne deviennent rien de plus qu'un fardeau pour leur société. Elles sont devenues séniles et ressemblent beaucoup au proverbial vieux chien : elles ne connaissent qu'un seul truc pour faire des affaires et pensent que nous vivons encore au bon vieux temps, lorsque les ressources étaient abondantes et que les conséquences de leur utilisation étaient très éloignées. Maintenant que les conséquences sont arrivées, nos élites se sont retrouvées crise après crise, ce qui équivaut à une longue urgence.

Je doute, cependant, qu'aucun d'entre eux ne se rende compte du véritable enjeu de notre époque. Au lieu de cela, elles continueront à maltraiter notre situation difficile qui exige moins de technologie et de pillage - pas plus de la même chose.

Tout en étant occupées à poursuivre l'écocide par différents moyens et émerveillées par leurs propres pouvoirs technocratiques, nos élites ont oublié les problèmes croissants de la moitié inférieure de la société : la désindustrialisation non planifiée, l'augmentation des prix de la nourriture et de l'énergie, l'accroissement des inégalités - une crise générale du coût de la vie. Tous ces éléments appellent une correction qui, si elle est trop longtemps retardée, pourrait ne pas être rationnelle ou technique, mais viscérale : fondée sur une croyance religieuse selon laquelle la fin des temps est arrivée et que les pécheurs du monde doivent brûler dans un feu purificateur... Un schéma bien trop familier vers la fin de l'ère de rationalité d'une civilisation et sa perte de contact avec la réalité - mais nous y reviendrons dans un autre billet.

Jusqu'à la prochaine fois,

B

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

 

Le capitalisme néolibéral n’est plus compatible avec le défi climatique


Chaque jour me rend plus inquiet, car nous sommes devant les silences qui précèdent les grands périls. Une planification étatique est indispensable.


Commentaire de Jean-Marc Jancovici sur Linkedin : "Il a occupé des fonctions de dirigeant dans le conseil en stratégie, la finance, la bourse, et préside le "Belgian Finance Center", qui a pour objet de promouvoir la place financière belge.

"Il", c'est Bruno Colmant, dont on peut donc dire, sans que cela ne comporte le moindre jugement de valeur, qu'il a baigné pendant l'essentiel de sa vie professionnelle dans la mondialisation et le "capitalisme néolibéral".

En effet, les clients des "grands cabinets de conseil en stratégie" sont essentiellement des multinationales, en général ravies de l'existence du capitalisme libéral mondialisé, puisque qu'elles tiennent le haut du pavé dans ce système.

De même, sans "capitalisme néolibéral", les institutions financières feraient de moins bonnes affaires, car il n'y aurait pas de marchés financiers aussi développés !

Il est donc pour le moins inattendu que ce soit ce genre de profil qui signe une tribune dans "La Libre Belgique", où elle condamne on ne peut plus clairement la logique de ce système, allant même jusqu'à comparer notre situation (face aux périls environnementaux) à celle de 1937, où les signaux d'alarme se multipliaient sans que personne n'agisse à la mesure de la menace qui devait mettre l'Europe à feu et à sang peu après.

Invoquant - positivement - Meadows (c'est rare pour un acteur des marchés financiers, je peux en témoigner !), René Dumont et Pie XI, et soulignant - très négativement cette fois - les risques "d'hystérie mondiale" et de perte de contrôle qui nous menacent à un horizon pas si lointain si nous ne savons pas relever le défi environnemental, l'auteur appelle à oublier d'urgence Adam Smith et la religion des marchés. Pour en rajouter une couche sur ce sujet, on peut lire ou relire le pamphlet croustillant de Stephane Foucart "Des Marchés et des Dieux" : https://bit.ly/3Cg3OHl

Bien évidemment, d'aucun(e)s pourront dire que c'est facile de dissuader les autres de s'attabler une fois que l'on a bien profité du repas. Il n'en reste pas moins que c'est souvent de l'intérieur que les charges les plus efficaces sont menées : si cette tribune parvient jusqu'aux yeux de quelques dirigeants européens, comme elle vient de "l'un des leurs", elle sera peut-être beaucoup plus utile pour les ébranler que si elle venait d'Attac ou de la CGT.

Car l'essentiel est bien de changer le logiciel européen d'urgence. Notre projet, historiquement fondé sur le libre échange et "les marchés", va droit dans le mur à l'heure de la contraction physique des ressources. Que cette conclusion soit portée par un nombre croissant de personnes "de l'intérieur" augmente la probabilité d'une nécessaire modification des règles. Espérons à temps."
https://www.lalibre.be/…/le-capitalisme-neoliberal-nest-pl…/


(posté par Joëlle Leconte)

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/pfbid0sxt7yqJu6mf6Jh3XHoZuLgr17HRFiGpHtvV3iQ7cHcNJneRvRVygJQitYpzVv4X1l

C’est le Bronx dans le pays de sa majesté et pour une fois, Meghan Markle, la princesse woke, n’est pas à la manœuvre. Pris de panique, les anglais se sont précipités aux stations d’essence pour faire le plein. Du coup, une grande partie des stations sont vides. L’Angleterre n’a pas un problème d’essence mais de logistique.

De plus, après avoir libéralisé son marché de l’électricité et du gaz, les anglais se retrouvent devant des factures énergétiques épouvantables. Si vous voulez connaître l’impact de la libéralisation du marché du gaz et de l’électricité, l’Angleterre est un bon point de départ. Au lieu de garantir des prix bas, c’est tout le contraire. Les entreprises s’entendent pour fixer des prix élevés et font tout pour réduire leurs coûts. Du coup, toute l’infrastructure énergétique anglaise se délabre. Certains pointent du doigt le Brexit, mais en réalité, la libéralisation à outrance plaide coupable.

Avec la hausse des prix du gaz, deux entreprises d’engrais ont cessé leur production. Du côté des fournisseurs de gaz, People's Energy, Utility Point, PfP Energy, MoneyPlus Energy, Green Energy et Avro, ont fait faillite laissant 1,5 million de foyers sans gaz.

La compagnie pétrolière Shell va installer 50'000 bornes de recharges électriques durant les 4 prochaines années sur le territoire. Dans l’ambiance actuelle, l’annonce est piquante.

Les pétroliers et gaziers ont demandé au gouvernement d’exploiter 18 nouveaux gisements dans la Mer du Nord. Cette demande va tester la volonté de Londres d’atteindre zéro émissions d’ici à 2050

 

https://2000watts.org/index.php/energies-fossiles/peak-oil/1226-energies-economie-petrole-et-peak-oil-revue-mondiale-septembre-2021.html

Patrick Artus: «Le capitalisme dans sa forme actuelle va forcément mourir»

 

« Il nous reste quelques années seulement pour imaginer un capitalisme rénové et plus équilibré, capable de survivre à la disparition de sa troisième béquille, la politique monétaire, elle-même devenue complice des dérives du système »

 

Le capitalisme dans sa version actuelle est à bout de souffle, les politiques économiques ont atteint leur limite. Patrick Artus, conseiller économique de Natixis, livre quelques solutions pour remédier aux dérives du système dans son dernier ouvrage « La dernière chance du capitalisme », co-écrit avec Marie-Paule Virard.

A vous lire, le capitalisme est dans un état quasi désespéré…

Il y a deux manières de voir les choses. La première, c’est la vision éthique ou politique : on peut ne pas aimer le capitalisme qui accroît les inégalités, qui a entraîné la délocalisation des industries et qui a massivement fait appel aux énergies fossiles, etc. Et puis il y a une version strictement économique, qui est de constater que ce capitalisme n’est pas efficace. Nous avions davantage de progrès techniques et de gains de productivité, plus de croissance et moins de chômage dans les années 1950 ou 1960. Le capitalisme dans lequel nous vivons fabrique une décroissance continuelle des gains de productivité.

De quelle manière ?

La première raison, qui prouve d’ailleurs que nous ne sommes plus dans un capitalisme libéral, c’est que ce capitalisme est associé à la constitution de monopoles. Or, c’est bien documenté, les monopoles sont synonymes de croissance plus faible. Les Gafa stérilisent l’innovation, notamment parce qu’ils rachètent des start-up pour les éliminer. Et comme ils ont beaucoup d’argent, ils se développent dans des industries où ils n’ont aucune compétence et où ils sont peu efficaces. La deuxième explication, c’est que les inégalités de patrimoine ne sont pas bonnes pour la croissance. La concentration du capital dans quelques mains empêche le foisonnement de petits entrepreneurs créatifs.

Ce manque d’efficacité peut-il réellement tuer le capitalisme ?

Les inégalités qu’il a générées pourraient être supportables dans un environnement de forte croissance entraînant des hausses de salaires. Ce n’est pas le cas, le système ne crée plus de revenus. C’est d’autant plus grave que ce capitalisme est sous perfusion depuis des décennies. Faute de générer des augmentations de salaires, il a d’abord reposé sur une très forte hausse de l’endettement privé à partir des années 1990. Puis, après la crise des subprimes, il s’est relancé sur une très forte hausse de l’endettement du secteur public. Et maintenant – c’est sa troisième béquille – le système repose sur une injection monétaire absolument gigantesque et potentiellement source de grande instabilité financière. Le bilan est donc encore pire que ce que montrent les seuls chiffres de productivité.

La solution doit s’inspirer de l’ordolibéralisme, une philosophie de la gouvernance économique, politique et sociale théorisée dans les années 1930. Dans cette doctrine, les entreprises et l’Etat se partagent les rôles, les premières sont chargées de maximiser les profits dans l’intérêt de l’ensemble des parties prenantes, et l’Etat veille aux externalités, la santé, la sécurité, les inégalités sociales, l’environnement

C’est l’étape d’après qui vous inquiète ?

Oui car le capitalisme dans sa forme actuelle va forcément mourir. Après la monnaie il n’y a plus rien, il n’y a pas de quatrième béquille. Or sans l’intervention des banques centrales, les taux d’intérêt remonteront, ce qui tuera toute la finance à levier et mettra fin aux politiques budgétaires accommodantes. Alors que fait-on ? On met tout par terre ? On se dirige vers le capitalisme d’Etat chinois ? Nous disons que la solution doit s’inspirer de l’ordolibéralisme, une philosophie de la gouvernance économique, politique et sociale théorisée dans les années 1930. Dans cette doctrine, les entreprises et l’Etat se partagent les rôles, les premières sont chargées de maximiser les profits dans l’intérêt de l’ensemble des parties prenantes, et l’Etat veille aux externalités, la santé, la sécurité, les inégalités sociales, l’environnement. Concrètement, cela rejoint la pensée de Milton Friedman des années 1960 avant qu’elle ne soit déformée. Dans son livre Capitalisme et liberté, il consacre un chapitre entier à la qualité de l’éducation, y compris pour les enfants des familles pauvres, un sujet de préoccupation qu’on n’attribue pas à Friedman en général.

Pour sauver le capitalisme, il faut donc renforcer le rôle de l’Etat ?

Dans la vision ordolibérale, il n’y a pas de dirigisme. L’Etat agit via des politiques incitatives de manière que les citoyens et les entreprises soient conduits à prendre de bonnes décisions, sans être coincés dans un carcan. C’est faisable même si l’Europe a tendance à mettre des règles partout. Fixer un prix du CO2 permet d’orienter les comportements, sans imposer telle ou telle décision ou telle ou telle norme dans les transports ou la construction, par exemple. Idem dans la vie des entreprises. La vision dirigiste, c’est l’inspection du travail qui détermine qui j’ai le droit de licencier. La version ordolibérale, c’est le bonus-malus. Si je licencie, je paye un malus sur les cotisations sociales de l’entreprise. Mais je peux licencier qui je veux. C’est ce que propose Jean Tirole depuis vingt ans et c’est ce qui se pratique d’ailleurs aux Etats-Unis. Cela marche très bien, même si beaucoup ignorent que la durée moyenne de présence d’un salarié dans une entreprise est plus longue aux Etats-Unis qu’en France.

L’ordolibéralisme est-il compatible avec l’existence des Gafa ?

Le capitalisme libéral repose sur la concurrence. Donc il faut évidemment casser les Gafa puisque nous estimons que la position dominante de ces entreprises est l’une des causes de l’affaiblissement de la croissance. Le capitalisme d’aujourd’hui n’a aucun rapport avec celui qui prévalait lors de la présidence de Ronald Reagan, par exemple. A l’époque, l’Etat n’intervenait pas dans la vie quotidienne, mais il cassait les monopoles pour mettre de la concurrence partout. Aujourd’hui, le capitalisme est libéral sur le marché du travail, puisqu’on a enlevé aux salariés leur pouvoir de négociation, ceci pour faire baisser leurs salaires. Il est illibéral sur le marché des biens, puisqu’il y a des monopoles. Tout cela maximise les profits. En réalité, c’est un capitalisme purement actionnarial, on fait tout ce qui est favorable à l’actionnaire.

Le capitalisme libéral repose sur la concurrence. Donc il faut évidemment casser les Gafa puisque nous estimons que la position dominante de ces entreprises est l’une des causes de l’affaiblissement de la croissance

Vous devenez anticapitaliste…

Pas du tout ! Tout dépend de la définition qu’on donne au capitalisme. Dans l’ordolibéralisme il y a toujours des capitalistes qui apportent du capital, des salariés qui apportent le travail, et le chef d’entreprise qui maximise le profit. Simplement, au lieu de le maximiser librement, il le maximise sous contrainte. Et ces contraintes au lieu d’être réglementaires sont des contraintes d’incitation. En fait, la dérive du capitalisme actuel peut se lire à travers deux chiffres : dans un monde où les Etats se financent entre 0 et 2 %, les actionnaires réclament toujours entre 12 et 15 % de rentabilité. Un tel écart entre le rendement du capital pour les actionnaires et les taux d’intérêt payés par les Etats n’est absolument pas justifié, et n’existait pas dans cette proportion il y a trente ans. Or cet écart est le vrai thermomètre du capitalisme actionnarial, et il s’explique par tout ce que nous avons évoqué, la baisse des salaires, les délocalisations, la constitution de monopoles. De facto, il mesure les externalités non assumées par les entreprises. Si on les incite à mieux traiter leurs salariés, avec le bonus-malus par exemple, ou à mieux protéger l’environnement avec un prix du CO2, de facto la rentabilité pour l’actionnaire reculera.

Concrètement, quelles mesures peuvent sauver le capitalisme ?

Il faut établir la liste de l’ensemble des externalités. Identifier les domaines dans lesquels l’action des individus et des entreprises est potentiellement nuisible, pour l’environnement par exemple. Et ensuite, mettre en place des politiques incitatives. Il en existe déjà un certain nombre, fixer un prix du CO2 en fait partie. Le crédit impôt recherche est aussi typiquement une mesure en phase avec l’ordolibéralisme puisqu’elle incite au développement de la R&D. Idem pour le bonus/malus en matière de licenciement, ou de la baisse des cotisations sociales sur les bas salaires qui permet de lutter contre le chômage des peu qualifiés. Autre mesure possible pour éviter les bulles spéculatives : la taxation des plus-values à court terme sur les actifs financiers et immobiliers par exemple. Joe Biden envisage d’ailleurs de quasiment doubler la fiscalité des gains en capital pour les ménages les plus riches.

Il nous reste quelques années seulement pour imaginer un capitalisme rénové et plus équilibré, capable de survivre à la disparition de sa troisième béquille, la politique monétaire, elle-même devenue complice des dérives du système puisque les taux d’intérêt ultra-bas sont source de grands déséquilibres et de grandes menaces financières.

 

Une publication de Natixis : La crise du coronavirus sonne-t-elle la fin du capitalisme néo-libéral ?
Commentaire de jean-Marc Jancovici :
"[La crise du coronavirus va très probablement provoquer] la fin du "capitalisme néo-libéral" qui avait choisi la globalisation, la réduction du rôle de l’Etat et de la pression fiscale, les privatisations, dans certains pays la faiblesse de la protection sociale"

De qui est cette citation ? De la France Insoumise ? De Extinction Rebellion ? D'un repenti de l'Organisation Mondiale du Commerce ou de la DG Concurrence européenne ?

Que nenni : cette phrase résume un papier de recherche de Natixis, la banque d'affaires du groupe BPCE

Ont-ils (ou auront-ils) raison ? L'avenir le dira, mais le simple fait de l'évoquer à ce stade est un signe des temps intéressants. Affaire à suivre !"
Publication complète ici : https://lnkd.in/g_diX47
(publié par Joëlle Leconte)

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159154400702281

La parenthèse néolibérale se referme
 
 
 
 
 
 
 

Dans notre monde gyroscopique, les votes du Brexit et de l’élection de Donald Trump à la présidence américaine sont des faits majeurs. Ils ne relèvent pas de tendances marginales mais de discontinuités sociopolitiques cruciales. Ces deux votes sont d’ailleurs autant les symptômes que les aboutissements de prédispositions qui trouvent peut-être leur origine il y a quatre décennies.

 

Il y a deux générations, un nouvel ordre économique s’est idéologiquement imposé: le néolibéralisme. Ce terme désigne une version dérivée du libéralisme, que certains assimilent au paroxysme de la logique libérale. Il a apporté des innovations spectaculaires entraînant une croissance économique extraordinaire. Sa naissance coïncida avec l’orientation politique menée par Margaret Thatcher (Première ministre de 1979 à 1990) au Royaume-Uni et par Ronald Reagan (Président de 1981 à 1989) aux États-Unis, à la suite du désastre économique qui confronta le monde occidental, dans les années 70, à une vague d’inflation et à un chômage structurel de masse.

Ce courant néolibéral abolit les règles macro-prudentielles édictées dans les années trente et conduisit à démanteler, en Europe, les grands monopoles d’État. Singulièrement, c’est au moment de la révolution néolibérale que la France choisit d’élire le premier président socialiste depuis le Front populaire de 1936, mais la parenthèse socialiste ne dura que deux ans.

Le néolibéralisme modifie le sens du temps économique en empruntant ses richesses au futur.
Bruno Colmant

 

Ce choc néolibéral entraîna une mutation sociologique titanesque en Europe, d’autant qu’il coïncida avec la chute du mur, en 1989. L’Europe traditionnelle s’était longtemps appuyée sur un capitalisme rhénan né de l’ordolibéralisme allemand des années 30 et fondé sur un dialogue social de qualité entre les différents acteurs de production et l’État. L’ordolibéralisme découle lui-même de l’École économique de Fribourg selon laquelle l’État doit créer un cadre institutionnel propice à l’économie et maintenir un niveau sain de concurrence. L’État a donc un rôle d’"ordonnateur". Ce modèle économique se base sur l’idée d’une responsabilisation solidaire.

Emprunter au futur

Le néolibéralisme, d’essence protestante, fut donc un choc puissant puisque le modèle social-démocrate européen d’après-guerre était fondé sur la contribution conjointe des facteurs de production à la prospérité collective, partageant les richesses obtenues. Au contraire, le néolibéralisme modifie le sens du temps économique en empruntant ses richesses au futur, raison pour laquelle la notion d’économie de marché, au sein duquel tout se négocie et s’emprunte, s’est développée.

Le consensus de Washington de 1990, qui officialisa cette révolution avec le soutien du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et du Trésor américain, consacra d’ailleurs ce modèle d’économie de marché. Dans les pays anglo-saxons, les attributs du capital furent ainsi restaurés au détriment du travail. Selon la "théorie du choc", élaborée en 2007 par la journaliste Naomi Klein, tout événement fractal, à l’instar de la vague néolibérale, devait être exploité pour dissoudre les structures collectives et solidaires.

Dans les pays anglo-saxons, les attributs du capital furent ainsi restaurés au détriment du travail.
Bruno Colmant

 

Pendant quarante ans, le modèle néolibéral s’est donc amplifié, tirant profit de la mondialisation et de la récente digitalisation. Il s’est d’autant plus renforcé que ses contre-modèles (le maoïsme et le marxisme-léninisme) se sont effondrés. Mais aujourd’hui, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, c’est-à-dire ceux qui ont promu le néolibéralisme et l’économie de marché universelle, se referment. Ces deux pays veulent la mobilité des capitaux, mais plus celle du travail. Ils s’extraient donc du modèle qu’ils ont promu à leur bénéfice.

Les autres pays, et certainement ceux d’Europe occidentale, sont indirectement vassalisés, tout en restant dépendants de capitaux américains. Le néolibéralisme anglo-saxon deviendrait alors, très singulièrement, un néocolonialisme. Et les pays européens, désormais dépendants d’une expansion digitale émanant essentiellement des Etats-Unis, deviennent des pays colonisés.

Et le capitalisme?

Avec le recul du temps, nous avons confondu le néolibéralisme avec un ordre économique intemporel. Nous avons, à juste titre, cru que le multilatéralisme était le garant de la prospérité mondiale mais deux puissances mondiales s’en extraient. Nous avons aussi confondu la mondialisation avec le temps des colonies. Ou, plus précisément, nous avions pensé coloniser d’autres pays en développement, au travers d’une délocalisation de notre production, sans comprendre que l’Europe devenait la colonie des pays, dont les Etats-Unis, qui s’extraient de cette même mondialisation.

Avec le recul du temps, nous avons confondu le néolibéralisme avec un ordre économique intemporel.
Bruno Colmant

 

L’Europe a mondialisé à l’est sans réaliser qu’elle devenait vassalisée par l’ouest. Il est donc possible que la parenthèse néolibérale dont la première césure fut marquée par les élections de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan se referme avec une autre césure: le référendum de David Cameron et l’élection de Donald Trump.

Mais attention: si le néolibéralisme est en phase de contraction, cela ne veut pas dire que le capitalisme s’apaise. Au contraire! Il va s’amplifier. L’autre question est de savoir si le populisme qui a accompagné ces évolutions britannique et américaine pourrait se diffuser en Europe? Après tout, nous vivons toujours, avec retard, les évolutions sociétales anglo-saxonnes. Et c’est bien le cas, mais de manière différente puisque l’Europe a fondé la notion d’État-providence.

Chez nous, il s’agit d’un rejet des États qui n’ont pas su protéger leurs populations contre certains méfaits du néolibéralisme. Depuis la crise de 2008, le travail devient précaire et le pouvoir de négociation salariale des travailleurs est limité dans une économie désormais digitale et robotisée. L’Europe est menacée d’un chômage endémique et structurel pour les personnes moins qualifiées alors que la mobilité des capitaux met en concurrence les systèmes sociaux.

Si le néolibéralisme est en phase de contraction, cela ne veut pas dire que le capitalisme s’apaise, au contraire!
Bruno Colmant

 

Nos démocraties, en partie épuisées par des forces politiques traditionnelles qui ne prennent pas la mesure des enjeux sociétaux et s’accommodant mal de la souveraineté du marché, s’inscrivent aujourd’hui dans des élans populistes qui rejettent un État traditionnel n’offrant pas de bouclier satisfaisant contre les dérives du marché mondialisé. Le populisme reflète bien sûr des craintes existentielles devant les débats contemporains comme l’immigration. Mais il est aussi l’expression d’un déclin démocratique qui va caractériser structurellement les prochaines décennies. Les États européens, s’ils ne s’ajustent pas, deviendront les premières victimes non seulement de la mondialisation néolibérale mais aussi de sa récente contraction, malgré le fait que le budget public de nombreux états dépasse 50% du PIB!

C’est là que se tient tout le paradoxe de ces élans du peuple: en menaçant les structures étatiques qui ont accompagné un capitalisme anglo-saxon néolibéral désormais en contraction, le populisme s’attaque en réalité au premier acteur susceptible de le contrer. Les piliers de nos démocraties, ainsi affaiblis, disparaîtraient dans les sables mouvants d’un ordre marchand entretenant l’individualisme et la peur collective. Au motif d’être la négation du néolibéralisme, le populisme en serait l’aboutissement. Ceci n’est pas sans rappeler le conte de Georges Sand, dans lequel le héros, Gribouille, se jette dans l’étang pour échapper à la pluie.

En menaçant les structures étatiques qui ont accompagné un capitalisme anglo-saxon néolibéral désormais en contraction, le populisme s’attaque en réalité au premier acteur susceptible de le contrer.
Bruno Colmant

 

À moins que l’exclusion et l’ostracisme soient des choix démocratiquement partagés et que la pensée choisisse d’être enlisée, la question se pose de savoir ce que nous souhaitons aujourd’hui. Une société d’ouverture dans l’intelligence de la justice et de la sécurité? Ou une société apeurée qui fragmente les classes sociales, les attachements territoriaux et les affinités linguistiques et culturelles? J’ai la conviction que les individualismes doivent être rassemblés dans un projet collectif dirigé par un État au service de la bienveillance sociale, résolument tourné vers la prévalence du bien-être harmonieux des générations futures.

Cela passera par un nouveau pacte social équilibré, par la restauration d’un dialogue social véritable et par une considération écologique absolue, même si ces trois objectifs sont, à certains égards et à court terme, contradictoires. Si une parenthèse anglo-saxonne de 40 ans se ferme, il faut que l’Europe trouve cette mystérieuse troisième voie sociale-libérale qui combine la spontanéité du capitalisme et la bienveillance sociale.

Bruno Colmant
Professeur à l'ULB, l'UCLouvain et la Vlerick Business School, membre de l'Académie royale de Belgique

 

Il y a 500 ans, presque  jour pour jour, le 31 octobre 1517, un moine allemand de l'ordre des Augustins, Martin Luther, envoyait une lettre à son archevêque exprimant son inquiétude au sujet de certaines pratiques des responsables de l'Église.

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À l'époque de Luther, les ecclésiastiques avaient pris l'habitude de vendre des «indulgences» à tous ceux qui voulaient être pardonnés pour leurs péchés.

Martin Luther a estimé que cette pratique était un affront terrible à la doctrine chrétienne.  Il  a envoyé une lettre dans la chaîne de commandement de son ordre religieux en présentant 95 points logiques.

La lettre de Luther n'était guère une œuvre révolutionnaire. Il était poli. Formel. Presque apologétique.

Il demande en fait pardon à l'Archevèque  d'avoir "osé penser à une lettre à la hauteur de Sa Sublimité".

Et pourtant, cette lettre est responsable du lancement de l'une des plus importantes transformations sociales de toute l'histoire de l'humanité, ce que nous appelons aujourd'hui la Réforme protestante.

La Réforme était en fait  le rejet de l'autorité centrale ...  et plus spécifiquement, l'Église.

 

Quand la chute de Rome au 5ème siècle AD a laissé un vide à travers l'Europe occidentale, c'est  l'Eglise Catholique qui est intervenue pour remplir ce vide.

Au XVIe siècle, l'Église avait solidement consolidé son influence sur presque tous les aspects de la vie - le commerce, la politique, l'économie, les affaires familiales, la guerre, les tendances sociales, etc.

Au cœur du pouvoir de l'Église se trouvait son monopole théologique.

 

Il faut se rappeler que la Bible était écrite en latin à l'époque ... une langue que peu de gens du peuple pouvaient parler, et encore moins lire. Les responsables de l'Église avaient donc un contrôle incontesté sur leur troupeau.

Imaginez que des extraterrestres arrivent sur Terre demain matin en brandissant un livre rempli de secrets cachés de l'univers.

Cela semble excitant. Sauf que le livre est seulement écrit dans leur langue étrangère. Donc, quiconque voulait comprendre les secrets n'aurait d'autre choix que d'écouter les extraterrestres.

L'Église avait cette même autorité il y a 500 ans ... bien qu'il y avait déjà une communauté croissante qui s'était lassée de l'obéissance aveugle.

Martin Luther est devenu le champion des catholiques las de l'autorité de l'Église.

Il a été immédiatement considéré comme une menace par le pape à Rome, et les responsables de l'Église ont ordonné à leurs meilleurs érudits de réfuter les arguments de Luther.

Luther a répondu en écrivant une explication courte et simple de son point de vue dans la langue allemande locale afin que les gens ordinaires puissent le lire et le comprendre.

Cette lettre fut  incroyablement populaire et très largement diffusée ... ce qui rendit le Pape encore plus furieux. 

A chaque effort de l'Église pour faire taire Martin Luther et le calomnier, il a répondu avec des essais plus simples, en allemand, pour les habitants.

Sa popularité a augmenté. Les jeunes ont afflué à son secours, au point qu'ils ont saisi et détruit une partie de la propagande anti-Luther de l'Église.

Au moment où l'Église excommunia Martin Luther en 1521, il était déjà un héros et un symbole de la révolution.

L'année suivante, la traduction en allemand du Nouveau Testament par Luther était publiée.

C'était révolutionnaire. Pour la première fois en 1000 ans, les gens avaient des moyens pour rejeter l'autorité de l'Église et explorer leurs propres croyances spirituelles.

Soudainement, il n'y avait plus d'intermédiaire entre un individu et sa relation avec un pouvoir supérieur - c'était le summum de la décentralisation.

Sous-tendait toute cette révolution était une technologie relativement nouvelle de changement de jeu - la presse d'imprimerie de type mobile.

L'imprimerie existe déjà en Europe depuis plusieurs décennies. Mais ce n'est que avec l’arrivée de Martin Luther que l’imprimerie commença à intervenir dans le changement social.

Grâce à cette puissante technologie, Luther et ses disciples ont pu publier rapidement leurs idées (y compris la Bible en langue allemande) et les diffuser à travers le continent plus rapidement que jamais auparavant…

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