L'Etat socialiste, un actionnaire glouton

Publié le par ottolilienthal

L'an dernier, le Trésor Public a encaissé plus de 4 milliards d'euros de dividendes en provenance des grandes entreprises que l'Etat contrôle totalement ou partiellement. Rien de plus normal, sauf que l'Agence des participations de l'Etat, l'APE, a exigé que des sociétés en déficit passent aussi à la caisse. Le cas le plus étonnant ? GDF Suez, qui, malgré 9,7 milliards de pertes en 2013, a dû faire un chèque de 1 milliard à l'Etat !

Comme le montrent les données rendues publiques dans le rapport de la Cour des Comptes sur l'exécution du budget de l'Etat (27/5), le gouvernement, confronté au dérapage du déficit budgétaire, s'est conduit, en 2014, comme le pire des rapaces. Bercy a exigé de ces entreprises qu'elles lui versent des dividendes plus élevés que ceux des sociétés privées : près de 98 % de taux de distribution des bénéfices, par exemple, pour Orange, alors que le taux médian se situe à 47 % pour les boîtes cotées au CAC 40.

Ce choix du rendement à court terme, comme le soulignent "Les Echos" (28/5), a une conséquence immédiate : priver ces entreprises des moyens de se développer car, plus elles distribuent de dividendes, moins elles disposent de capitaux pour préparer l'avenir.

En février, Karine Berger, députée PS, demandait, sur un ton moralisateur, aux grandes entreprises privées d'investir enfin, plutôt que de distribuer des dividendes. Un principe qu'elle ne souhaitait visiblement pas voir appliquer par le gouvernement.

JC

"le Canard Enchaîné", 3/06/2015

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