sixième extinction..

Publié le par ottolilienthal

Le manque d'oxygène a-t-il causé la première extinction de masse ?

Il y a 444 millions d'années, le manque d'oxygène dans les océans aurait éliminé la majorité des espèces marines, explique « The Independent ».

Elle est connue pour être la première extinction de masse établie par les scientifiques. Il y a 444 millions d'années, 85 % des espèces de la Terre disparaissaient à la fin de l'ère de l'Ordovicien. À l'époque, la majorité des espèces vivantes étaient marines. Il n'y avait alors qu'un seul continent, contre les six que nous connaissons aujourd'hui, appelé Pangée. Les plantes commençaient à peine à pousser sur la terre ferme.

Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'université Stanford, détaillée par The Independent, permettrait d'affirmer que le manque d'oxygène dans les océans aurait provoqué la première extinction de masse de l'histoire. « Pour la majorité de la vie marine, ce fut une mauvaise période pour vivre », a souligné Erik Sperling, coauteur de l'étude et assistant-professeur de sciences géologiques à Stanford.

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Pour évaluer le niveau d'oxygène à cette époque, un nouveau modèle a été créé à partir de données collectées dans des études antérieures sur les niveaux d'oxygène anciens. De nouvelles données provenant d'échantillons de schiste noir du bassin de Murzuq en Libye ont également permis d'affiner les projections.

 
Des niveaux d'oxygène extrêmement bas

Le refroidissement de la Terre a entraîné une première série d'extinctions moins importantes avant celle de l'Ordovicien supérieur. Quand cet âge de glace a pris fin, le niveau des eaux est monté et les niveaux d'oxygène dans les océans ont drastiquement baissé, entraînant une carence. Durant trois millions d'années, les niveaux d'oxygène sont restés extrêmement bas et auraient provoqué, selon les auteurs de l'étude, la première extinction de masse.

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D'après la communauté scientifique, il existe pour l'instant cinq extinctions de masse recensées, dont la plus célèbre survenue il y a 66 millions d'années avec la disparition des dinosaures après l'impact d'une météorite géante. La communauté scientifique s'accorde aujourd'hui sur l'existence d'une sixième extinction de masse causée par l'être humain.

Les amphibiens menacés par une « épidémie mondiale » dévastatrice

Près de 90 espèces sont concernées par cette pandémie, « premier cas d'une épidémie mondiale pour une maladie de la faune », alertent des scientifiques.

 

 

il ne reste que "deux ou trois décennies pour agir"

 Des chercheurs ont publié lundi une revue alarmante de la "défaunation" massive en cours. Plus de 50 % des espèces animales terrestres ont disparu en 40 ans.

 
Le hérisson va-t-il disparaître ?

Il aura survécu à plus de 60 millions d’années jusqu’à ce que l’homme soit en phase d’en finir avec lui. En deux décennies, 70 % de ces paisibles animaux, protégés par la convention de Berne depuis 1981, ont disparu des campagnes.

 
 
 

C’est un animal inoffensif pour l’homme mais impitoyable avec les limaces et les escargots. Il fait également office de nettoyeur en mangeant les animaux morts comme les campagnols, par exemple. Il est la proie des rapaces, tel le grand-duc, et du renard. Sa disparition prochaine déséquilibrera ainsi l’écosystème tout entier. 

 

Si vous regardez bien les routes, vous aurez du mal à voir ces cadavres de hérissons qui jonchaient le bitume par centaines il y a une vingtaine d’année. Pourquoi ? « Parce qu’il est clairement en train de disparaître », se désole Étienne Valladier, un naturaliste de Polignac en Haute-Loire. Outre les véhicules qui percutent cet animal placide, d’autres dangers ont contribué à sa chute vertigineuse. Leurs points communs : l’homme.

« Il élimine les parasites des plantations »

« La destruction de son milieu naturel anéantit en même temps la population, déjà très restreinte, continue le spécialiste. Le faucardage des épareuses (coupe de l’herbe aux bords des routes NDLR) tue de nombreux spécimens. La construction des routes, des maisons, des structures destinées à l’homme, c’est autant de terrain substitué au hérisson et aux espèces animales en général. » Insecticide, pesticide, poison, il n’a jamais été autant menacé.

D’ici 2050

Bien qu’il est impossible d’estimer le nombre de hérisson encore en vie en Haute-Loire, les associations de défense du mammifère estiment que l’espèce pourrait être rayée de la carte nationale en 2050. Leur espérance de vie serait passée de 10 à 2 ans en moins d’un demi-siècle. Pourtant, son rôle est primordial pour l’écosystème mais également pour son pire ennemi. « Le hérisson est un carnivore, explique Étienne Valladier. Il se nourrit d’insecte comme des hannetons, mille-pattes ou scarabées. Mais il peut manger aussi des souris et des serpents. » Si depuis quelques années les jardins sont envahis de limaces, l’explication est claire. « Il élimine les parasites des plantations. Les escargots et les limaces font parties de sa nourriture habituelle ».

« De l’eau et des croquettes pour chat, simplement »

Étienne Valladier rappelle que pour alimenter un hérisson perdu, il faut lui donner de l’eau et des croquettes pour chat, mais surtout pas du lait de vache et du pain. « Ce serait un poison mortel pour lui ! Et attention : un bébé hérisson qui semble tout seul est rarement abandonné. Avant de le récupérer, il faut s’assurer que sa mère n’est pas en train de chasser à proximité pour nourrir sa portée. »

 

Nicolas DEFAY

Sixième extinction : le monde s'achèvera-t-il sans l'homme ?

La liste des espèces menacées de disparition s'allonge et Homo sapiens y est pour beaucoup, rappelle le biologiste et essayiste Jean-François Bouvet (1).

La moitié des vertébrés a disparu en quarante ans

La pression exercée par l’humanité sur les écosystèmes est telle qu’il nous faut chaque année l’équivalent de 1,6 planète Terre pour satisfaire nos besoins, selon le WWF.

 

Partout, les écosystèmes sont menacés, et rien ne semble pouvoir enrayer la tendance. Alors que les pressions humaines sur l’environnement ne cessent de s’aggraver, plus de la moitié du vivant, parmi les vertébrés, a disparu ces quarante dernières années. C’est sur ce nouveau constat alarmant que s’ouvre la onzième édition du rapport Planète vivante, un vaste bilan de santé de la Terre et de sa biodiversité, publié jeudi 27 octobre par le Fonds pour la nature (WWF).

L’étude, réalisée tous les deux ans en partenariat avec la société savante Zoological Society of London et l’ONG Global Footprint Network, se fonde sur deux indicateurs principaux, tous deux au rouge. Le premier, l’indice Planète vivante, mesure l’abondance de la biodiversité à partir du suivi de 14 152 populations (groupes d’animaux sur un territoire) appartenant à 3 706 espèces vertébrées de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et de poissons répartis aux quatre coins du globe. S’il ne consiste pas en un recensement exhaustif de la vie sauvage, il indique en revanche l’évolution de ses effectifs au fil du temps.

 

Milieux d’eau douce les plus affectés

Clairement, la tendance est à la régression. Les populations de vertébrés ont ainsi chuté de 58 % entre 1970 et 2012 (dernières données de terrain disponibles), contre − 52 % dans le précédent rapport. Dans le détail, les milieux d’eau douce sont les plus affectés, avec un effondrement de 81 % sur la période, devant les espèces terrestres (− 38 %) et celles marines (− 36 %). Si rien ne change, ces populations pourraient avoir diminué en moyenne des deux tiers (67 %) d’ici à 2020, en l’espace d’un demi-siècle seulement. « Ces chiffres matérialisent la sixième extinction des espèces : une disparition de la vie sur la planète dont nous sommes en partie responsables », dénonce Pascal Canfin, directeur général du WWF France.

 

Les causes de ces reculs sont connues : ils sont imputables, en premier lieu, à la perte et la dégradation de l’habitat, sous l’effet de l’agriculture, de l’exploitation forestière, de l’urbanisation ou de l’extraction minière. Viennent ensuite la surexploitation des espèces (chasse, pêche, braconnage), la pollution, les espèces invasives et les maladies et enfin, de manière plus marginale pour l’instant, le changement climatique.

L’impact de notre système alimentaire est majeur. « A elle seule, l’agriculture occupe environ un tiers de la surface terrestre totale, est la cause de 80 % de la déforestation mondiale et pèse pour près de 70 % de la consommation d’eau, rappelle Arnaud Gauffier, responsable du programme agriculture du WWF France. Enfin, 30 % de l’empreinte carbone en France est liée à l’alimentation. »

« Dépassement écologique » de plus en plus précoce

Le second indicateur sur lequel se base le rapport Planète vivante est l’empreinte écologique, qui mesure la pression qu’exerce l’homme sur la nature. Elle calcule ainsi les surfaces terrestres et maritimes nécessaires pour produire chaque année les biens et services que nous consommons (nourriture, combustible, espaces bâtis, etc.) et absorber les déchets que nous générons (en particulier nos émissions de CO2), puis les compare à la biocapacité de la Terre, c’est-à-dire la surface disponible. Ces superficies se mesurent en hectares globaux (hag).

En 2012, l’empreinte écologique de l’humanité atteignait 20,1 milliards d’hectares globaux, soit 2,8 hag par personne. Elle excédait ainsi largement (de 61 %) la biocapacité totale de la Terre, qui s’élevait à 12,2 milliards de hag (1,7 hag par personne). Au final, cette année-là, l’humanité a utilisé l’équivalent de 1,6 planète pour vivre et a donc entamé son « capital naturel ». La majeure partie (60 %) de cette surconsommation est imputable aux émissions de CO2, essentiellement dues à la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel).

 
 

Ce « dépassement écologique », qui intervient depuis le début des années 1970, est possible car nous coupons des arbres à un rythme supérieur à celui de leur croissance, nous prélevons plus de poissons dans les océans qu’il n’en naît chaque année, et nous rejetons davantage de carbone dans l’atmosphère que les forêts et les océans ne peuvent en absorber. Or, le « jour du dépassement », la date à laquelle l’humanité a consommé toutes les ressources que la Terre peut produire en un an, est chaque année plus précoce : il a eu lieu le 8 août cette année contre le 14 octobre en 1992 et le 1er novembre en 1986. A ce rythme, en 2050, nous aurons besoin de 2 planètes.

« Le franchissement du seuil de biocapacité de la Terre n’a qu’une durée limitée, prévient Pascal Canfin. C’est comme un compte en banque : si tous les ans, on puise dans son épargne de plus en plus tôt, sans la reconstituer, un jour elle aura disparu. » Les retombées de cette vie à crédit sont d’ores et déjà palpables, comme en témoignent l’effondrement des pêches, les pertes d’habitats et d’espèces ou encore l’accumulation du carbone dans l’atmosphère à des niveaux inédits.

Le Luxembourg et l’Australie possèdent la plus forte empreinte

De manière globale, les pays qui exercent la plus grande pression sur les écosystèmes sont ceux qui émettent le plus de CO2 : la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, la Russie et le Japon. A eux cinq, ils pèsent la moitié de l’empreinte écologique mondiale.

Mais ramené par habitant, cet indice donne un classement différent. Cette fois, ce sont les pays aux revenus les plus élevés qui sont les plus fautifs. Ainsi, l’empreinte record par tête est détenue par le Luxembourg (15,8 hag par habitant, soit 9 fois ce que la Terre peut produire), suivi de l’Australie (9,3 hag), des Etats-Unis et du Canada (8,2 hag) et de Singapour (8 hag) – sans compter les pays du Golfe, classés parmi les plus polluants en 2014, mais pour lesquels aucune donnée n’est disponible dans le rapport 2016. La France se classe à la 28e position, avec 5,1 hag. Le Pakistan, le Bangladesh, Haïti, le Timor oriental et l’Erythrée possèdent quant à eux l’empreinte la plus faible, avec environ 0,6 hag par habitant

A noter toutefois que l’empreinte écologique par habitant des pays à haut revenu (ceux de l’Organisation de coopération et de développement économiques) a légèrement diminué entre 1985 et 2012. Un déclin qui peut être attribué à des gains de productivité et aux nouvelles technologies, mais aussi aux effets de la crise économique.

« Il ne s’agit pas de vivre comme il y a cinquante ans, mais d’inventer un nouveau modèle », assure Pascal Canfin. Pour cela, le rapport appelle à préserver le capital naturel, réorienter les flux financiers pour notamment valoriser la nature, instaurer une gouvernance équitable des ressources et produire mieux et consommer plus raisonnablement. « Si tout le monde réduisait d’une demi-portion par jour sa consommation de protéines animales, tout en augmentant sa consommation de légumineuses et de céréales, nous pourrions baisser de 25 % les émissions de gaz à effet de serre liées à l’alimentation, assure Arnaud Gauffier. C’est à la portée de tous. »

 
Audrey Garric
La nature subviendra de plus en plus difficilement aux besoins humains

 

L’alarme n’est pas tirée par des zadistes opposés à la destruction d’une zone humide. Ni par des militants de la Ligue de protection des oiseaux, inquiets de la disparition des volatiles. C’est une étude publiée dans la revue Science, qui conclut que 58 % de la surface terrestre, habitée par 71 % de la population mondiale, connaît une chute de la biodiversité terrestre remettant en cause la capacité des écosystèmes à subvenir aux besoins humains.

 

Selon les 23 scientifiques internationaux ayant traité statistiquement 2,38 millions de rapports sur l’état de la faune et la flore terrestres, la diversité des espèces a en effet baissé de 15,4 % sur plus de la moitié des terres émergées. Pour être soutenable, la perte de biodiversité doit rester inférieure à 10 %, selon une autre étude publiée dans Science en 2015. « Cette perte de biodiversité, si elle reste incontrôlée, sapera les efforts vers un développement durable de long terme », concluent-ils.

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Tim Newbold, chercheur spécialisé dans l’impact humain sur la biodiversité au sein du University College of London, a dirigé ces recherches. Il est inquiet : « Les fonctions écosystémiques sont gravement menacées par cette disparition des espèces. Dans de nombreuses zones, l’intervention humaine devra bientôt remplacer les services rendus par la nature. »

Pollinisation, épuration des eaux, production d’oxygène…

 

Ces services écosystémiques sont aussi nombreux que vitaux. La pollinisation, la production de nutriments nécessaires à la croissance des plantes, l’épuration naturelle des eaux ou encore la production d’oxygène sont pourtant menacées par la baisse de la biodiversité des écosystèmes. Le directeur de recherches doute de la capacité de l’être humain à imiter la nature grâce aux innovations technologiques : « Je ne pense pas que quiconque puisse aujourd’hui affirmer que l’être humain en est capable. »

Pour Pierre-Henri Gouyon, chercheur à l’institut de systématique, évolution et biodiversité au Muséum national d’histoire naturelle, la question n’est pas tant de savoir si une telle option est réalisable, mais souhaitable : « On pourrait sans doute remplacer les abeilles par de petits robots. Ce serait avant tout moins efficace et plus coûteux. Tout cela alors qu’on pourrait préserver la biodiversité et les services écologiques qui en découlent. Ce n’est tout simplement pas le monde dans lequel je nous souhaite de vivre. »

Cette érosion de la biodiversité est documentée de longue date par la communauté scientifique. En 2009, une équipe internationale de chercheurs, menée par Johan Rockström, définissait neuf limites planétaires à ne pas dépasser. L’étude portait notamment sur les seuils à respecter en matière d’utilisation de l’eau douce, de pollution chimique et de changement climatique. Ils concluaient déjà à une érosion de la biodiversité qui mettait en danger les écosystèmes dans lesquels l’être humain vit.

Echelle globale

« La force de cette nouvelle étude réside surtout dans la méthodologie employée et l’échelle globale qu’elle utilise », commente Pierre-Henri Gouyon. L’analyse porte en effet sur près de 39 123 espèces réparties sur 18 659 sites terrestres. L’équipe de Tim Newbold peut donc se targuer d’avoir réalisé le premier calcul des effets de l’activité humaine sur la biodiversité au niveau planétaire.

Autre originalité de l’étude : avoir tenu compte de l’abondance des espèces. Un paramètre qui permet d’observer avec une plus grande finesse le nombre d’individus présents dans les milieux naturels. « Alors que la défaunation [réduction du nombre d’individus au sein des espèces animales] est de plus en plus importante, une telle précision est une nécessité absolue », juge la philosophe de l’environnement Virginie Maris. Les rapports précédents se fondaient sur le statut des espèces pour en déduire l’état de la biodiversité. La densité déclinante des populations animales était alors souvent ignorée.

Exploitation des sols

Malgré des études scientifiques toujours plus nombreuses et précises, la dégradation de l’environnement se poursuit au même rythme, notamment l’exploitation des sols, qui détruit habitats et biodiversité. D’après un rapport sur l’utilisation des terres du programme pour l’environnement des Nations unies, publié en 2014, la demande croissante de denrées alimentaires entraînera une conversion de 190 millions d’hectares de terres en surface agricole d’ici à 2020 dans le monde.

Pour Tim Newbold, il est alors impératif de mettre dès à présent en place une protection efficace de la biodiversité. « Nous profitons gratuitement de services écosystémiques dont la valeur est astronomique », rappelle-t-il. En 2014, une étude menée par l’économiste américain Roberto Costanza concluait que la valeur de ces services écologiques globaux s’élevait à 125 000 milliards de dollars par an.

« Le rapport de l’être humain au monde naturel ne se limite pas à cette logique économique, regrette toutefois Virginie Maris. La biodiversité englobe aussi un ensemble de valeurs culturelles, esthétiques et morales qu’il serait plus intéressant d’approfondir pour aboutir à une réelle protection des écosystèmes. »

 

 

  • Guillaume Krempp
    Journaliste au Monde
Les moules sont condamnées à disparaître selon des biologistes

 

Les coquilles des moules s’amincissent de manière rapide et inexorable, ce qui les mène tout droit à la disparition selon des biologistes. Une disparition qui pourrait avoir des effets écologiques lourds, puisque les moules sont à la base de la chaîne alimentaire.

C’est une conclusion alarmante sur la situation des moules dans le monde qu’ont tiré des biologistes de l’Université de Chicago, aux États-Unis, dans une étude parue dans la revue Proceedings of the Royal Society B. Ces mollusques bivalves voient en effet leur coquille s’amincir au fil des années, un processus que l’on doit à l’acidification des océans.

 

Pour parvenir à ces résultats inquiétants, ces biologistes ont comparé la densité des coquilles des plus grandes moules contemporaines récoltées près de la côte Pacifique des États-Unis à celle des spécimens recueillis dans les années 1960-1970, ainsi qu’à celles découvertes dans les fosses à déchets des anciens Indiens d’Amérique (qui vivaient il y a 1000-2400 ans). Résultat, la taille des coquilles des moules a diminué de 27% en moyenne, une part encore plus importante pour les plus grosses d’entre elles dont la taille des coquilles a diminué de 32% depuis les années 1970.

[Les coquilles des moules sont composées de carbonate de calcium et de substances organiques que les mollusques obtiennent dans le processus de bio-minéralisation : ils extraient de l’eau de mer des ions du bicarbonate de sodium et les transforment (grâce à des protéines spéciales) en cristaux de carbonate de calcium. La couche extérieure de la coquille est composée de calcite, et la couche intérieure, d’aragonite.]

D’après les biologistes qui ont mené cette étude, la principale cause de cet amincissement de la coquille est l’acidification de l’océan. En effet, lorsque le dioxyde de carbone se dissout dans le Pacifique, le pH de l’eau augmente et son acidité grimpe en flèche. Selon Gizmodo, depuis le début de la dernière révolution industrielle, le pH de l’eau à la surface des océans a augmenté de 0,1 unité, ce qui a entraîné une hausse de l’acidité de 30%. Le phénomène touche, entre autres, les récifs de corail et donc les moules, confrontées à une sorte de processus de dissolution lente.

Si les moules venaient à disparaître, ce que redoutent les scientifiques qui n’ont que très peu, voire pas, d’optimisme sur le sujet, il s’agirait d’une véritable bombe écologique, les moules étant, au même titre que le plancton, à la base de la chaîne alimentaire.

 

 

Source : proceedings of the royal society B, gizmodo

 

 

 

 

 

Une étude publiée par une université britannique prédit un effondrement de nos sociétés aux alentours de 2040. Les annonces alarmistes en tout genre sont désormais monnaie courante mais prouvent une chose: si rien n'est fait, l'avenir est sombre.

Dans la littérature comme au cinéma, le futur de l'Homme est rarement optimiste. Des guerres pour se nourrir et s'hydrater, les inégalités qui explosent, et finalement l'effondrement des sociétés... Une étude dirigée par l'université Anglia Ruskin dépeint ce tableau pour l'humanité. Et la fin du monde surviendrait même à l'horizon 2040, comme l'explique la revue Insurge Intelligence. Une perspective alarmante mais évitable. A condition de changer nos habitudes.

Changement climatique et réaction en chaîne

Ces nouveaux modèles scientifiques, développés par l'université et soutenus par des composantes du gouvernement britannique, dont le ministère de l'Agriculture, tablent sur un phénomène de réaction en chaîne causée par l'Homme et son environnement en mutation.

L'entreprise anglaise Lloyd's, spécialisée en conseil pour les assureurs et partenaire du fond de soutien au travail de l'établissement, est même allée plus loin en proposant un rapport à ses clients sur les risques de l'effondrement des sociétés -et donc de leurs revenus- après un choc accusé par le système alimentaire mondial.

Selon ces projections, il suffirait de trois catastrophes climatiques pour conduire à la réduction de la production et l'augmentation des prix, ce qui cristalliseraient des tensions à travers le monde et déstabiliseraient les gouvernements. "Des émeutes de la faim éclatent dans des zones urbaines au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Amérique Latine. L'euro faiblit et les bourses européennes et américaine chutent respectivement de 10% et 5%", écrit la société.

Les gouvernements étudient les possibilités

Les rapports pessimistes fleurissent, à l'image de ces recherches de l'université de Melbourne sur les limites à la croissance, sujet déjà évoqué il y a près de quarante ans dans un célèbre livre publié par un groupe d'étudiants du MIT. Ou encore cette étude des universités américaines Stanford, Princetons et Berkeley qui annonce que la sixième extinction animale de masse est en cours. Les gouvernements se préparent au pire au niveau économique et géopolitique, en commandant des projections en tout genre sur d'éventuelles crises pouvant survenir autour du globe.

Une attitude préventive presque logique, dans un monde où l'on verrait une population à nourrir de 10 milliards d'individus d'ici à 2050, ou encore plus récemment et pour cette même décennie un climat totalement revisité rien qu'en Europe, où le vin de Bordeaux serait produit en Bretagne.

Tous ces rapports n'ont pourtant pas valeur de prophétie. Comme le précise Insurge Intelligence, ces modèles se basent sur les comportements actuels de nos sociétés, sans tenir compte d'éventuelles réactions des gouvernements et des populations pour éviter cette fin.

Par Quentin Dary

 

Selon des chercheurs qui publient une étude dans le journal Science Advances, la planète pourrait connaître une extinction de masse prochainement, et les humains feront probablement partie des espèces qui disparaîtront.

 

 

Les espèces animales disparaissent environ 100 fois plus rapidement que par le passé, les estimations les plus optimistes montrant que la faune de la Terre est en train de subir sa sixième extinction de masse, selon une étude publiée vendredi.

Jamais depuis la dernière extinction de masse il y a 66 millions d’années - celle des dinosaures - la planète n’a perdu ses espèces animales à un rythme aussi effréné, ont rapporté des experts des universités américaines Stanford, Princeton et Berkeley, notamment.

Leur étude, publiée vendredi dans le journal Science Advances, «montre sans aucun doute notable que nous entrons dans la sixième grande extinction de masse», a affirmé Paul Ehrlich, professeur de biologie à Stanford. Et les humains feront probablement partie des espèces qui disparaîtront, ont-ils prévenu.

Des observations de vertébrés

«Si on permet que cela continue, la vie pourrait mettre plusieurs millions d’années à s’en remettre, et nos espèces elles-mêmes disparaîtraient probablement assez tôt», a précisé Gerardo Ceballos, de l’université autonome de Mexico.

Cette analyse s’appuie sur les observations documentées d’extinctions de vertébrés - à savoir des animaux avec squelettes internes comme des grenouilles, des reptiles et des tigres - à partir de fossiles et d’autres bases de données.

Le rythme actuel de disparition des espèces a été comparé aux «rythmes naturels de disparition des espèces avant que l’activité humaine ne domine».

Ces derniers sont difficiles à estimer car les experts ne savent pas exactement ce qu’il s’est produit tout au long des 4,5 milliards d’années d’existence de la Terre.

Changement climatique, pollution et déforestation

Si le taux du passé fait ressortir une disparition de deux espèces de mammifères pour 10.000 espèces en 100 ans, alors «le taux moyen de perte d’espèces de vertébrés au siècle dernier est 114 fois supérieur à ce qu’il aurait été sans activité humaine, même en tenant compte des estimations les plus optimistes en matière d’extinction», selon l’étude. «Nous insistons sur le fait que nos calculs sous-estiment très probablement la sévérité de cette crise d’extinction, parce que notre objectif était de fixer un bas de la fourchette réaliste en ce qui concerne l’impact de l’humanité sur la biodiversité», a-t-elle relevé.

Les causes de la disparition des espèces comprennent notamment le changement climatique, la pollution et la déforestation. D’après l’Union internationale pour la conservation de la nature, environ 41% des espèces d’amphibiens et 26% des espèces de mammifères sont menacées d’extinction.

«Il y a des exemples d’espèces sur toute la planète qui sont littéralement des morts-vivants», a souligné Paul Ehrlich.

 

AFP

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