Sécurité routière : un rapport accablant pour l'État

Publié le par ottolilienthal

 

Le "JDD" s'est procuré un rapport d'audit de la politique de sécurité routière en France. Ce dernier fustige un réel "manque de volonté politique".

 

 

 

En matière de sécurité routière, quelle mention obtient la France ? Peut mieux faire ? Pire, "la gouvernance de cette politique s'est affaiblie ces dernières années : éclatement des responsabilités relevant du véhicule, des infrastructures et du comportement auparavant réunies dans une même direction (...), suivi insuffisant des politiques locales déconcentrées ou désolidarisées", dénonce un rapport de l'IGA (l'Inspection générale de l'administration), que le Journal du dimanche a pu consulter. Commandé en 2014 par Manuel Valls, ce dernier n'a pas été rendu public.

Rappelons que la mortalité routière a crû de 3,5 % en 2014, selon le bilan définitif de l'Observatoire national interministériel de sécurité routière, tout comme le nombre de blessés (+ 3,5 %) et d'accidents corporels (+ 2,4 %). Une hausse inquiétante intervenant après une baisse de 11 % en 2013, qui succédait elle-même à une décennie de décrue.

"Au risque de l'impopularité", on peut "sauver des vies"

De mauvais chiffres qui pourraient être expliqués par un "pilotage au plan central de la politique de sécurité routière [qui] n'est pas suffisamment perçu", pointe le rapport. "Le dispositif est dispersé entre de très nombreux acteurs y compris au sein de l'État", est-il encore écrit, rapporte le JDD. Et, "lorsque le pilotage ne se situe pas au plus haut niveau de l'État, la responsabilité est diluée. Rien ne remplace (...) l'impulsion politique au plus haut de niveau de l'État."

Même son de cloche du côté du Dr Claude Got, professeur spécialiste de l'analyse des accidents, interrogé par le quotidien dominical. "Les courbes de mortalité sont très claires : quand il y a une vraie volonté politique et une méthode pour la mener à bien, quand une mesure décisive est prise, même au risque de l'impopularité, alors on sauve des vies." Ce dernier distribue des bons points à Jacques Chirac, Gilles de Robien, Simone Veil et Jacques Chaban-Delmas et affirme, à l'inverse, que "les conditions ne sont pas réunies en ce moment pour inverser la mauvaise tendance, c'est-à-dire l'actuelle hausse de la mortalité routière".

"Une politique plus responsable aurait permis d'éviter" le drame de Rohan

Le rapport de l'IGA tire aussi la sonnette d'alarme à propos de "la lutte contre les addictions au volant [qui] piétine, de même que la poursuite d'une minorité de délinquants routiers multirécidivistes", tandis que Christiane Taubira suggérait fin juillet de supprimer le caractère délictuel de la conduite sans permis et de la sanctionner par une simple contravention.

Maître Jehanne Collard, avocate spécialisée en droit des victimes, estime que "ce gouvernement se désintéresse totalement de la tragédie qui fait chaque jour en France plus de 9 morts et 100 blessés graves", arguant que "ce n'est plus [elle] et les associations de victimes qui l'affirm[ent], c'est un rapport officiel de l'administration. Et ce rapport, commandé par le gouvernement a été enterré au vu de ses conclusions !"

Selon l'avocate, "on bricole avec des mesures marginales ou des expériences isolées pour tenter de donner le change et, dans le même temps, on annonce qu'on dépénalise la conduite sans permis. Trois jours plus tard, quatre mineurs meurent sur une route du Morbihan et dix autres sont gravement blessés. Je soutiens qu'une politique plus responsable aurait permis d'éviter ce drame."

 

 

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Blog d'olivier jobit 23/09/2015 10:55

Toutes les causes de ces accidents sont dans l'amour de la vitesse, de la puissance du moteur, et de l'alcool. Cependant, il reste encore difficile de vraiment sensibiliser ces conducteurs ciblés.