Addictions: L'alcool, les drogues et le tabac coûtent cher à la société française

Publié le par ottolilienthal

La cirrhose du foie: «Cette maladie tue plus que les accidents de la route»

 

Savez-vous où se situe votre foie et à quoi il sert ? Si vous l’ignorez, vous n’êtes pas seuls, un Français sur quatre ne sait pas où il se trouve précisément, selon un sondage Ipsos que vient de publier la société française d’hépatologie,l’Afef. C’est pourtant lui qui élimine les toxines de notre sang et lui encore qui métabolise les nutriments dont le corps a besoin. Mais mis à rude épreuve, notamment en cas de consommation excessive d’alcool, le foie peut développer une cirrhose. Méconnue, cette maladie touche 200.000 personnes en France et multiplie les risques de cancer du foie.

 

Pas de symptômes mais de graves conséquences

Loin derrière le cancer, l’AVC ou encore la maladie d’Alzheimer, qui sont les trois pathologies les plus anxiogènes citées par les Français, selon un sondage Ipsos, les maladies du foie telles que la cirrhose et les hépatites B et C ne semblent pas effrayer le grand public. « La cirrhose ne fait pas peur, pourtant elle est responsable de 8.000 décès par an, soit bien plus que les accidents de la route », indique le professeur Victor de Lédinghen, hépatologue au CHU de Bordeaux et secrétaire général de l’Afef.

Un Français sur deux ignore que l’alcool est la principale cause des maladies du foie, or sur les 200.000 cas de cirrhose en France, la moitié est due à une consommation excessive d’alcool. Si la maladie est asymptomatique pendant des années, elle peut à terme entraîner de graves conséquences. « Quand on a une cirrhose, on a 3 % de risques par an de développer un cancer du foie, souligne le Pr de Lédinghen. Au bout de dix, ce risque grimpe à 30 % ».

Les maladies hépatiques : parent pauvre de la prévention

Pourtant, un simple bilan hépatique par prise de sang permet un dépistage efficace et une prise en charge précoce. « Cette analyse consiste en un dosage d’enzymes, les transaminases (ASAT et ALAT), explique le Pr Christophe Bureau, hépatologue au CHU de Toulouse. Leur augmentation signe une souffrance du foie », de quoi pousser à mener d’autres tests plus ciblés. Or, seulement un Français sur cinq pensent avoir déjà fait une prise de sang pour ce bilan. « De nombreuses personnes ignorent encore en France être atteintes d’une cirrhose et on évalue à 75.000 le nombre de Français infectés sans le savoir par le virus de l’hépatite C », rappelle Victor de Lédinghen.

« Il n’y a pas de prise de conscience de la gravité et de la prévalence des maladies hépatiques, elles sont le parent pauvre de la prévention, déplore le Pr de Lédinghen. Or sans campagne de dépistage efficace, ces maladies sont fréquemment dépistées à un stade avancé ». En cas de cancer du foie non diagnostiqué et traité, « les chances de survie à cinq ans ne sont que de 15 %, insiste l’hépatologue. Il faut mettre en place un dépistage chronique, comme pour les mammographies avec le cancer du sein ».

*Sondage Ispos réalisé pour l’Afef du 3 au 7 juin 2016 sur un échantillon représentatif de 1.010 personnes âgées de 16 ans et plus.

 

 

Décès liés à l'alcool : l'État jugé "complice" par la Cour des comptes

Un rapport de la Cour des comptes accuse l'État de faire preuve de "complaisance" face aux nombreux décès liés à l'alcool en France, révèle Europe 1.

 

 

 

Depuis le début de l'Euro de football, les incidents liés à la consommation d'alcool occupent malheureusement le devant de la scène médiatique à la place des performances sportives. Ce n'est définitivement pas le rapport « accablant » que va rendre public la Cour des comptes mercredi et dévoilé ce lundi par Europe 1 qui va changer la donne.

Les sages y accusent l'État français de « complicité » dans la mort des 49 000 personnes par an du fait de l'alcool. Le rapport pointe ainsi du doigt la « norme » établie sur la consommation d'alcool tolérée. Sur le site Alcool Info Service par exemple, une consommation dite « à risque » est définie de la manière suivante : « 3 verres standards par jour pour les hommes et 2 verres standards par jour pour les femmes ».

Or, d'après la Cour des comptes, de nombreux cancers sont favorisés dès le premier verre d'alcool. L'avertissement accompagnant les nombreuses publicités de spiritueux « à consommer avec modération » ne tiendrait pas la route.

L'alcool au volant dans le viseur

La route et la consommation, c'est l'autre élément d'inquiétude qui ressort du rapport. La Cour des comptes y dénonce des failles dans la prévention sur les routes, rôle qui incombe à l'État. Ainsi, les contrôles de consommation seraient bien plus rares que les contrôles de vitesse.

Coûteux, lourds juridiquement et difficiles à mettre en place, selon Europe 1, ces contrôles seraient pourtant indispensables pour faire baisser le nombre de morts sur les routes. Un nombre qui ne cesse d'augmenter. Car c'est l'alcool qui est aujourd'hui et depuis 2006 la première cause de mortalité sur les routes.

Dernière accusation de « complaisance » en direction de l'État, la Cour des comptes regrette le faible investissement financier dans la recherche médicale sur les effets de l'alcool. Selon Europe 1, le budget de recherche américain est dix fois supérieur à celui de la France.

Risque de procès

Europe 1 relève toutefois les difficultés que rencontre probablement l'État quand il s'agit de mener une politique plus agressive contre la consommation d'alcool. « Avec 755 000 hectares consacrés à la vigne (l'équivalent d'un million de stades de foot) en France, l'enjeu économique d'une politique plus ou moins dure contre la consommation d'alcool est de taille », explique la radio.

Les lobbys de la grande distribution et des spiritueux pourraient mener la vie dure au gouvernement de Manuel Valls. Malgré tout, le laxisme de l'État risque à terme d'amener des victimes de l'alcool à l'attaquer en justice, estime la Cour. Après être parti en croisade contre les cigarettiers en leur imposant le paquet neutre, l'État français est maintenant invité par la Cour des comptes à commencer un nouveau combat.

 

 

Les 20 psychotropes les plus dangereux

1) Héroïne

2) Cocaïne

3) Barbituriques

4) Méthadone

5) Alcool

6) Kétamine (anesthésique général)

7) Benzodiazépines

8) Amphétamines

9) Tabac

10) Buprémorphine (substitut des opiacées)

11) Cannabis

12) Solvants

13) 4-MTA

14) LSD

15) Ritaline (méthylphénidate)

16) Stéroïdes anabolisants

17) GHB ("drogue du viol")

18) Ectasy

19) Nitrites d'alkyles (poppers)

20) Quat

Source : "The Lancet"

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