nous vivons une époque formidable

Publié le par ottolilienthal

Majorque en a ras le bol des touristes

Les vacanciers boudent le Maghreb et la Turquie et prennent d'assaut l'Espagne et le Portugal. Au grand dam des locaux, qui ont du mal à gérer un tel afflux de touristes.

 

« Touristes dehors, bienvenue aux réfugiés. » C'est le genre de graffitis qui fleurissent aujourd'hui dans les rues de Majorque. Symbole du malaise qui existe aujourd'hui dans l'île, qui a de plus en plus de mal à gérer l'afflux massif des touristes. Comme le souligne le site Le Matin, Majorque devrait accueillir cette année près de 10 millions de visiteurs en son sein, un record pour cette île d'un million d'habitants. Le tourisme est donc devenu un véritable casse-tête pour les autorités et la mairie, qui peinent à gérer le flux humain mais dont l'économie dépend à 80 % de cette activité. Les écologistes, inquiets des conséquences de l'accueil d'un tel nombre de personnes, préconisent, quant à eux, la limitation de l'offre touristique en diminuant le nombre de logements mis à leur disposition, par exemple.

 

La sécurité au cœur des préoccupations

Il faut dire que les touristes européens, inquiets à cause des vagues d'attaques que subissent la Turquie et le Maghreb ces derniers mois, ont décidé de se rabattre sur les pays de l'UE. Résultat, la péninsule ibérique est prise d'assaut, tout comme l'Italie et le Portugal. Le coût de la vie en Espagne et au Portugal, par rapport à la France notamment, est aussi un argument de taille pour les vacanciers, tout comme le développement des réseaux de transports à bas coûts (easyJet, Vueling...).

Le boom de l'immobilier

Un boom du tourisme qui pose avant tout problème aux locaux. Depuis plusieurs années, les prix de l'immobilier explosent les étrangers, représentant à présent 40 % des acheteurs, selon les chiffres de l'agence de luxe Engel & Völkers, dans le centre médiéval de Palma. Les locaux font donc face à des prix inaccessibles à leur portefeuille et à une transformation profonde de la ville : les boutiques et commerces locaux sont remplacés par des bars branchés et des boutiques bobo pour vacanciers à fort pouvoir d'achat. Seuls les hôteliers et restaurateurs semblent y trouver leur compte avec un taux de remplissage qui avoisine les 90 % en haute saison.

Une crise qui gagne le pays

Et Majorque n'est pas la seule en difficulté face au flux massif de vacanciers. Depuis plusieurs jours, la compagnie Vueling a annulé des dizaines de vols entre l'Espagne et la France, provoquant la colère de nombreux voyageurs. Responsable du transport de près de 25 millions de passagers par an, la compagnie semble avoir sous-évalué le nombre d'avions à affréter cet été. Selon les syndicats, la direction n'a pas fait les bons calculs, ses plans de vol étant « complètement surdimensionnés par rapport à la capacité et la réalité de la compagnie ». Et la saison ne fait que commencer. À partir de la mi-juillet, les difficultés devraient encore enfler : c'est à ce moment-là que la plupart des Espagnols prennent eux aussi leurs vacances.

 

Les économistes, bien moins visionnaires que les éboueurs

 

La place des experts dans la sphère médiatique n'a jamais semblé aujourd'hui aussi importante. Difficile de trouver à la télévision ou à la radio un sujet d'actualité où l'on ne fasse appelle aux "lumières" d'un spécialiste. Universitaires, chercheurs, économistes, ils sont censés éclairer le débat par leur savoir "infaillible" mais l'est-il vraiment ?

 

 

"Un économiste est un expert qui saura demain pourquoi ce qu'il avait prédit hier ne s'est pas produit aujourd'hui" commentait ironiquement Laurence Peter qui était lui-même expert dans l'organisation hiérarchique.

 

 

Le problème que pose l'intervention de ces experts dans les médias, c'est qu'ils sont encore plus nombreux que ceux qu'ils prétendent résoudre. Pourquoi les experts les plus médiatiques sont-ils souvent les moins compétents? C'est un article du Harvard Business Review qui pose la question. Il rappelle que dans les années 80, année ponctuée d'une crise de la dette internationale (1982), le magazine britannique, The Economist avait sollicité seize personnes de catégories socioprofessionnelles (presque) différentes : quatre ministres des Finances, quatre dirigeants de grandes entreprises, quatre étudiants de la prestigieuse université d'Oxford et...quatre éboueurs londoniens afin de prédire l'avenir économique.

 

Dix ans plus tard, les prévisions étaient toutes fausses. Celles émises par les ministres des Finances sont arrivés en dernière position, suivies des prédictions des étudiants. Les plus près de la réalité étaient, à égalité avec les chefs d'entreprises, et à la grande surprise de tous, les éboueurs, les plus visionnaires.

 

De l'autre côté de l'atlantique, en Pennsylvanie, dans le nord-est des Etats-Unis, une autre étude plus rigoureuse menée par le professeur Philip Tetlock, a demandé une série de prédictions économiques et géopolitiques à plus de 200 experts. Vingt ans après, même constat que l'hebdomadaire The Economist, les expertises sont fausses, et pire, "elles ne sont pas meilleures lorsqu'elles portent sur leur domaine d'expertise plutôt que sur un sujet qu'ils connaissent moins." Des experts qui ne sont donc pas à l'abri des erreurs, et cela même, dans leur propre domaine de compétence.

 

 

 

 

Johanna BUKASA-MFUNI

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Paul 01/07/2016 11:49

Coucou,
L’info qui m’a le plus marqué, c’est le nombre d’accidents mortels causés par les selfies. Ce sont là des chiffres très inquiétants.
Au revoir