Le business de la réparation explose

Publié le par ottolilienthal

Spareka, la plateforme qui vous apprend à réparer

 

 

 

C’est l’histoire d’un succès discret contre l’obsolescence programmée. Son nom? Spareka, «contraction de rechange et de eurêka», aime à préciser le fondateur de la plateforme, Geoffroy Malaterre. Pour convaincre le grand public que réparer son lave-vaisselle ou son grille-pain «n’est pas si compliqué», cet entrepreneur de 38 ans a imaginé un site où les utilisateurs pourraient trouver des pièces détachées mais également l’accompagnement nécessaire à la réparation. Créée en 2012, la plateforme Spareka sera présente du jeudi 30 juin au samedi 2 juillet au festival Zero Waste, à Paris.

Fini donc les heures passées à secouer votre cafetière ou à brancher et débrancher frénétiquement votre lave-linge dans l’espoir d’un miracle. Sur le site, un questionnaire élaboré par des spécialistes de la réparation permet un diagnostic en un clic. «C’est une sorte de moteur de recherche pour définir les symptômes. On clique sur des possibilités et à la fin, il nous indique la panne», raconte Benoît Bouchet, qui a récemment fait appel à Spareka. «La serrure de mon lave-vaisselle était défectueuse. S’il avait fallu que je démonte la machine pour trouver le problème j’en aurais eu pour des heures!»

 

 

Un tuto pour changer le joint de votre frigo

Une fois le diagnostic établi, les utilisateurs peuvent trouver les pièces à changer dans un catalogue de 8 millions d’articles. Des pièces détachées pour l’électroménager, les piscines, les volets roulants, les smartphones ou encore les portes de garage. «Nous nous fournissons chez certaines marques, d’autres ne veulent pas travailler avec nous. Dans ce cas-là, nous faisons appel à des distributeurs», précise Geoffroy Malaterre. Grâce aux commissions prises sur les ventes de pièces détachées (200.000 commandes depuis 2012), le site est aujourd’hui rentable et le nombre de salariés a doublé, pour atteindre une trentaine de personnes.

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Parmi elles, Didier Desart, 30 ans de carrière dans un service après-vente, s’occupe des questionnaires et des tutoriels, tous gratuits. «Nous produisons des vidéos explicatives sur beaucoup d’appareils. Des frigos, des congélateurs, des fours à micro-ondes ou encore des cafetières à dosettes», explique-t-il. Sur la chaîne Youtube de Spareka, ces vidéos, intitulées sobrement «remplacer le joint de votre réfrigérateur» ou «remplacer le ventilateur de votre four», comptabilisent au total 4 millions de vues.

«J’ai regardé la vidéo pour savoir comment démonter la serrure de mon lave vaisselle. Ça m’a pris 5 minutes et le diagnostic s’est confirmé, il y avait eu un court-circuit, elle était brûlée», raconte ainsi Benoît. Au final, changer sa serrure lui aura coûté 40€ et une heure de travail.

Faire naître une communauté de réparateurs

«Nous voulons que l’écosystème de l’autoréparation se développe. Nous avons lancé un forum pour créer une communauté de consommateurs qui pourront répondre à des questions et se conseiller les uns les autres », détaille Geoffroy Malaterre. Mis en ligne en mars, le forum attire déjà plus de 500 visiteurs par mois.

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Des «repair schools» (écoles de la réparation) sont également organisées une fois par mois, dans différents lieux de la capitale. Mais Didier Desart, «le repair gourou» de Spareka, prévient: «Ces ateliers ne sont pas des Repair Cafés!». «On est plus dans l’explication et le conseil», précise-t-il. «Nous sommes là pour montrer au client qu’il peut faire sa réparation lui-même. On ne le fait pas à sa place.» Lors de ces rendez-vous avec les consommateurs, les équipes prodiguent notamment des conseils pour prolonger la durée de vie des produits: «La majorité des pannes est liée à un mauvais entretien, notamment pour les cafetières. Nous conseillons par exemple des astuces pour les détartrer», explique Didier Desart.

A la clef pour les réparateurs du dimanche, une solution moins chère, respectueuse de l’environnement mais aussi une petite fierté. «Je trouve que c’est glorifiant. Ça fait du bien à l’égo même si je me dis que j’aurais du y penser avant de jeter ma cafetière il y a 3 ans!», conclut ainsi Benoît.

 

Juliette Bonneau

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