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pistes de solutions pour demain

Publié le par ottolilienthal

Maintenant qu’ils mangent avec les mains, 17 résidents ont retrouvé l’appétit

Faute de bien se servir de couverts, des résidents de l’Ehpad Creusot souffraient de carences alimentaires. Grâce au projet “Manger mains”, ils retrouvent plaisir à manger.

Le projet “Manger mains”, mis en place au sein de l’Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) Creusot depuis septembre, s’adresse à 17 résidents. Ils souffrent de la maladie d’Alzheimer ou de troubles de la préhension ne leur permettant plus d’utiliser des couverts.

Des repas adaptés

Ces personnes mangeant avec leurs doigts souffraient d’un manque d’apports caloriques faute d’une nourriture adaptée à leurs problèmes. Sous l’impulsion de la diététicienne de l’Ehpad, Célia Cossin, et avec la participation de l’équipe de restauration dirigée par Sylvain Guillaume, l’idée de proposer des repas adaptés au “manger mains”, avec des plats froids ou chauds pouvant facilement se déguster sans couvert s’est concrétisée dans le cadre du projet d’établissement et au sein du Comité de liaison alimentation nutrition.

Un projet unique

Après information des familles et du personnel, des fiches d’évaluation, codifiées par Célia Cossin, ont permis de lister les résidents pouvant bénéficier de ces nouveaux menus. Le 21 mars, un repas à thème proposait à tous les résidents et au personnel des quatre résidences un menu “manger mains” afin de sensibiliser chacun à cette expérience innovante. Le 23 septembre, en lien avec la 23e Journée mondiale Alzheimer, le projet démarrait vraiment pour les 17 personnes concernées, une initiative pour l’instant unique dans la Communauté urbaine.

Les premiers retours sont très positifs et les 17 résidents bénéficiant de ces menus ont un meilleur appétit et sont bien plus autonomes.

 

Jean-Pierre Coulez (CLP)

Le petit pois d’Angole, poids lourd face à la crise alimentaire

 

De récentes découvertes sur l'ADN du pois d'Angole pourrait faire de cette plante un véritable remède face à la crise alimentaire qui frappe les pays du Sud.

L'Institut de Recherche International sur les Cultures des Tropiques Semi-Arides (ICRISAT) et ses partenaires viennent de compléter la cartographie du génome du pois d'Angole, une légumineuse multi usage résistante à la sécheresse, et dont la valeur nutritive pourrait résoudre une partie de l'insécurité alimentaire dans les régions arides d'Afrique et d'Asie. Cette "première" scientifique -le pois d’Angole est la première culture vivrière à voir son ADN décodé- révèle l’intérêt de la biologie moléculaire dans la recherche agronomique, et pourrait changer la vie de millions de paysans au Sud.

Jérôme Bossuet, spécialiste en développement rural et chargé de communication pour l’ICRISAT, revient sur l’intérêt d’une telle avancée scientifique.

La "viande du pauvre"

Le pois d’Angole, encore nommé pois cajan, est une légumineuse (comme le soja ou le haricot) importante pour plusieurs millions de petits cultivateurs en Asie, Afrique et Amérique Latine. Il contient plus de 20% de protéines -d’où son surnom de "viande du pauvre"- et peut ainsi jouer un rôle crucial dans les pays frappés par la faim et la malnutrition. Ce pois a l’avantage de pousser même quand l’eau est rare, n’a besoin que d’un minimum d’intrants, et peut survivre dans des sols pauvres tout en produisant du grain riche en protéines. Il reste principalement cultivé pour l’autoconsommation, sur un peu plus de cinq millions d’hectares, soit le quart des surfaces utilisées pour le maïs. Les paysans Indiens sont à l’origine de 75% de la production mondiale, dans des fermes de moins de deux hectares.

 

Ce qui rend le pois cajan vraiment unique est sa capacité à bien pousser dans des environnements très hostiles. Sa haute tolérance à la sécheresse en fait une plante précieuse. Dans les régions affectées par des précipitations très variables, c’est souvent la seule culture qui arrive à produire pendant les épisodes de sécheresse, quand d’autres cultures, comme le maïs, ne résistent pas. Nous en voyons la démonstration en ce moment dans la Corne de l’Afrique.

Une plante pleine de ressources

C’est aussi une plante légumineuse multi usage. En plus de sa valeur nutritive pour la population, ses feuilles et ses branches en gousses riches en protéines et vitamines A et B constituent un excellent fourrage pour les animaux. Les tiges ligneuses de cette plante sont utilisées comme bois de chauffe pour les foyers de cuisson traditionnels, pour tisser des paniers, construire des barrières ou comme matériel de construction.

Des paysans en Chine cultivent le pois cajan sur des terres occultes en pente pour soutenir des efforts de reforestation et lutter contre l’érosion du sol, produisant jusqu’à six tonnes de bois de chauffe par hectare. Le pois cajan est aussi utilisé comme support de culture des insectes produisant la laque naturelle, qui est vendue comme teinture naturelle, en cosmétique ou comme médicament. Les feuilles de pois cajan sont par exemple utilisées en médecine traditionnelle.

Le pois sous-exploité

En dépit de la valeur immense que peut représenter le pois d’Angole pour la sécurité alimentaire de vastes régions du monde, cette plante a été jusqu’ici négligée par la recherche agronomique, et bien moins développée que le maïs ou le soja. Les rendements sont actuellement très faibles, avec une moyenne de 866 kg par hectare en Inde et de 736 kg par hectare en Afrique, alors qu’on pourrait produire jusqu’à 2.500 kg par hectare dans des conditions optimales. Pour s’assurer de meilleures récoltes, les paysans n’ont pas à disposition beaucoup de variétés améliorées, c’est-à-dire à haut rendement et résistantes aux principales maladies. La perte de plus de la moitié de la récolte de pois d’Angole à cause du flétrissement fusarien, par exemple, est chose commune en Afrique de l’Est.

Le génome décrypté

L'Institut de Recherche International sur les Cultures des Tropiques Semi-Arides et ses partenaires viennent cependant de compléter la cartographie du génome du pois d'Angole (article paru dans Nature). Cette découverte scientifique va permettre d’augmenter de manière importante les rendements de cette plante vivrière dans les prochaines années

Chaque être vivant a un génome, un "manuel d’instruction" chimique qui décrit comment tous ses gènes sont assemblés, de manière à former un long code d’ADN. Chaque gène contrôle différentes caractéristiques de la façon dont l’organisme grandit et se développe. Des différences infimes dans ces instructions font émerger des individus avec de nouvelles qualités (ou défauts).

Grâce au génome du pois d’Angole, on pourra par exemple rechercher les variétés qui produisent beaucoup tout en étant résistantes au flétrissement fusarien ou aux autres maladies dévastatrices.

La perspective d’améliorer la sécurité alimentaire mondiale
C’est la première fois qu’une plante non industrielle, et importante pour l’agriculture vivrière d’Asie et d’Afrique sub-saharienne bénéficie des progrès de la biologie moléculaire. Cette découverte scientifique va permettre de produire des variétés plus résistantes et aux meilleurs rendements dans les années à venir, ce qui permettra d’améliorer la sécurité alimentaire de nombreux petits cultivateurs des pays du Sud, notamment dans les zones arides et semi-arides.

Mais pour que cette carte du génome du pois d’Angole bénéficie pleinement aux paysans du Sud, il faudra que les variétés améliorées produites soient abordables et accessibles. Un enjeu de développement qui nécessite un partenariat public – privé pour disséminer les innovations auprès de ces petits paysans.

 

En France, le labour des vignes au cheval en pleine renaissance

 

C'est une tradition française très ancienne que Dominique Léandre-Chevalier a remise au goût du jour: ce viticulteur rebelle laboure au cheval ses vignes du Bordelais, dans le sud-ouest de la France, une pratique qui a désormais plusieurs centaines d'adeptes dans le pays.

 

 

A 53 ans, il porte haut le flambeau de ses aïeux qui ont créé le Domaine Léandre-Chevalier (DLC) en 1895 et lui ont transmis le savoir-faire de leur activité de pépiniériste et de charretier.

 

Le labour au cheval remonte au XVIe siècle, mais avec les progrès techniques de l'exploitation viticole, la pratique avait pratiquement disparu.

Quand en 1985 Dominique Léandre-Chevalier reprend le domaine de son père mort dans un accident du travail au chai, le vigneron décide de changer la donne: rebuté par "la mécanisation introduite dans la vigne", il veut "revenir à un travail de vigneron artisanal" et se "réapproprier le savoir-faire de ses ancêtres", explique-t-il à l'AFP.

Sa première décision est de diviser par quatre la superficie du domaine familial, qui passe ainsi de douze à trois hectares.

A Anglade, près de l'estuaire de la Gironde, non loin des prestigieux châteaux du Médoc, le vigneron réintroduit le labour au cheval de trait, à l'ancienne, sur sept parcelles avec huit terroirs différents.

Aujourd'hui, il cultive certes moins de surface que ne le faisait son père, mais ses vignes comptent jusqu'à plus de 33.000 pieds à l'hectare, une densité triple de celle de beaucoup de grands crus.

"Le cheval est le meilleur allié pour le travail des sols", aime-t-il dire.

Face au poids des tracteurs, le labour au cheval présente l'avantage de beaucoup moins comprimer la terre - qu'il s'agit de désherber et d'aérer - et de permettre une meilleure irrigation par l'eau de pluie. La terre devient plus meuble, et les ceps, plus vigoureux.

- Des grands crus s'y sont mis -

Dominique Léandre-Chevalier affirme chercher "à accompagner avec grand respect les cycles de la nature".

Car "le vin c'est comme la cuisine, ce qui compte avant tout c'est le produit brut: la terre, la vigne et le raisin". "Le caractère d'un vin se fait à la vigne, et non au chai", dit-il.

Ses chevaux de trait labourent jusque sur une parcelle de l'île de Patiras, au milieu de l'estuaire de la Gironde, entre Blaye et Pauillac. Ils sont amenés chaque fois sur une barge.

Dominique Léandre-Chevalier est un pionnier qui se tient loin des tendances et des modes. Mais depuis une dizaine d'années, quelques centaines de vignerons français ont redécouvert eux aussi le labour au cheval et le pratiquent sur tout ou partie de leur domaine, dans le Bordelais et jusqu'en Bourgogne notamment.

Plusieurs grands crus s'y sont mis, dont le chateau Latour à Pauillac qui réalise ainsi une partie non négligeable de sa production.

"C'est une tendance forte" depuis dix ans, confirme l'oenologue Gilles De Revel, de l'Institut des Sciences de la Vigne et du Vin, à Bordeaux.

Et "Dominique Léandre-Chevalier a vraiment été un pionnier", souligne-t-il.

Le vigneron, lui, souligne que ce retour au travail ancestral du labour au cheval n'empêche pas d'avoir recours à la technologie moderne car, dit-il, "le cheval et la technologie sont la symbiose entre une viticulture innovatrice et le respect de la nature".

Ainsi, pour passer dans les vignes, il utilise un engin léger, avec peu de puissance, donc peu d'émission de CO2, qui enjambe deux rangs de ceps. L'objectif est de "limiter les passages répétitifs et de diminuer la compression du sol par le poids afin de mieux respecter la vie du sous-sol".

- Vigne en cercle -

En revanche, le travail de la taille de la vigne, de l'attache au jonc, du sarclage à la houe, des vendanges et du tri manuels des raisins "restent l'apanage des femmes et des hommes qui travaillent toute l'année dans les vignes", souligne Dominique Léandre-Chevalier.

Le jardinier-vigneron a replanté des vignes allant d'une densité de 3.500 pieds à l'hectare jusqu'à 33.333 pieds. "C'est ce qui se faisait dans les siècles passés, avec peu de grappes sur chaque souche - de deux à trois - afin d'économiser l'énergie du cep".

Autre innovation, la plantation d'une vigne en cercle, avec un cépage petit verdot préphylloxérique, donc du XIXe siècle, en francs de pieds (ceps originaux), vignifié avec la méthode ancienne du provignage (ndlr: pour multiplier la vigne, on couche en terre un cep entier ou un sarment afin de remplacer une souche manquante), les pieds de cep étant déplacés chaque année.

A rebours de la tendance à l'uniformisation du goût des vins de Bordeaux, notamment sous l'influence du dégustateur américain Robert Parker, Dominique Léandre-Chevalier aspire "à faire des vins de caractère" et sa "philosophie du vin s'inspire plutôt du Bourgogne que du Bordeaux".

A raison de 66.000 bouteilles par an, ses vins - rouge, blanc, rosé - se trouvent à la carte de grands restaurants parisiens et de cavistes réputés, y compris en Asie, aux Etats-Unis, en Allemagne ou en Suisse.

 

Source: Afp

L’or liquide du jardinage

Nous sommes tous des réservoirs d’or liquide. Telle est la théorie de Renaud de Looze, ingénieur belge devenu désormais pépiniériste en Isère qui tient à réhabiliter l’urine comme engrais naturel dans nos jardins. Etonnant mais férocement naturel.

L’agriculteur lambda n’a pas le droit d’utiliser l’urine humaine comme fertilisateur. Le particulier, le jardinier du dimanche, si. Et on l’aura compris, c’est une méthode que Renaud de Looze recommande particulièrement et expérimente à son profit depuis des années. Avec succès.

Dans ce petit guide très précis et pratique, bien illustré, aussi bien par des photos que par des croquis délicats du dessinateur Avoine, l’ingénieur belge signe mine de rien le premier plaidoyer en faveur de l’usage de l’urine –le pipi donc – au jardin. Une méthode qui a priori peut rebuter mais qui une fois l’ouvrage parcouru puis refermé paraît logique. Le bineur du dimanche a toujours su que pisser sur ses salades était bénéfique à sa production, mais il saura enfin pourquoi. Question d’azote, de dosage, de nutriments. L’apport de l’urine n’est pas un remède miracle face à un sol pauvre mais l’utiliser avec méthode et avec du compost peut générer de belles surprises. Peu de monde s’intéresse aujourd’hui aux bienfaits de ce liquide humain : seules les villes d’Amsterdam et Durban testent des urinoirs publics expérimentaux en vue d’engrais

« Ressource gratuite, riche en sels minéraux propices à la culture des végétaux », l’urine contient aussi « du phosphore, du calcium, du potassium, du magnésium, du soufre ». Bref, sur une année, « 6 à 7 kg de minéraux qui ont transité dans notre corps sont équivalents à 30 kg d’un bon engrais bio complet ». Foin des idées reçues, il est temps pour l’ingénieur belge de réhabiliter cet engrais critiqué et oublié « Certains disent que l’urine pollue. Si l’urine est correctement dosée, tout ira aux plantes sans perturber les organismes du sol , aucun nitrate, ni phosphate n’ira dans les cours d’eau ».

Voilà des années que l’auteur du guide rêve de potagers en circuit fermé et autosuffisants, où le maximum de déchets recyclables viennent enrichir cultures et sols par leurs apports divers. Au fil de ses pérégrinations et essais, l’homme a testé les excréments de poissons en Californie, la lombriculture en Nouvelle-Zélande. Rien ne s’improvise. Tout se recycle, se transforme, se mesure. Sa pépinière iséroise satisfait à 90% ses besoins en eau grâce à un système de récupération et d’irrigation par les eaux de pluie typiquement belge. Les solutions préconisées dans le guide ont été testées et vérifiées à petite échelle par l’auteur au fil des années.

Toutefois, l’auteur reste réaliste : « l’idée de l’utilisation de l’or liquide (urine) et l’or noir (compost) est une initiative citoyenne applicable au niveau individuel uniquement. L reste encore du chemin à faire pour que cette pratique soit adoptée par la communauté des usagers, que la recherche confirme ses avantages et que les obstacles règlementaires soient levés ». En attendant, si le cœur vous en dit, rien ne vous empêche de tester la méthode de Renaud de Looze sur votre lopin de terre. Elle a fait ses preuves.

 

Florence Genestier

 

« L’urine, de l’or liquide au jardin » par Renaud de Looze, la collection Jardiner nature, éditions de Terran, guide pratique pour produire ses fruits et légumes en utilisant les urines et composts locaux. 12 €.

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