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glyphosate chronique

Publié le par ottolilienthal

Julien Denormandie, troisième Ministre de l’Agriculture en 3 ans, a annoncé le 5 novembre dernier « un budget de 7 millions d’euros supplémentaires à la recherche dans les alternatives au glyphosate ».


Pour qui ? Pour l’INRAE doté d’un budget d’un milliard d’euros dans le but de lancer de nouvelles études ?


Pour quoi? Pour trouver un meilleur herbicide alors que France n’a plus d’industrie phytosanitaire et qu’il faut 200 millions d’euros, 10 ans de recherche pour lancer un nouveau produit phytosanitaire et plus encore pour découvrir de nouveaux modes de lutte contre les « mauvaises herbes »?

A l’évidence, une nouvelle annonce qui traduit l’embarras de nos gouvernants confrontés à la décision du Président Macron du 27 novembre 2017 d’interdire le glyphosate « dès que des alternatives auront été trouvées et au plus tard dans 3 ans ».


Une décision strictement politique précipitée, sans étude d’impact, sans analyse risques/bénéfices dont les conséquences sont vites apparues :  impact économique pour les agriculteurs à nouveau pénalisés, impact négatif sur l’environnement et le climat alors que cette décision cherchait à satisfaire les revendications des écologistes !

Pourquoi le cacher ? L’alternative au glyphosate sera le retour du labour et du travail du sol avec ses inconvénients bien connus : dégradation de la fertilité et de la vie biologique des sols, perte de matière organique, davantage d’érosion, de carburant et d’émission de CO2.

Mais surtout, pourquoi interdire un herbicide qui, depuis près d’un demi-siècle de large utilisation dans le monde a fait la preuve de son intérêt agronomique, de sa contribution à la protection des sols, alors que les risques qu’il présente sont infimes aux yeux de toutes les agences sanitaires française, européennes et internationales, à l’exception du CIRC*classant le glyphosate « cancérogène probable »? Tout comme la viande rouge!

Quel responsable politique aura le courage d’affronter une opinion publique conditionnée depuis plusieurs années par les militants écolos et les médias, pour enfin éclairer les citoyens sur la réalité et revenir à la raison?

* https://www.lopinion.fr/edition/autres/glyphosate-etranges-zones-d-ombre-centre-international-recherche-137417
 

Le Collectif STA composé de chercheurs, ingénieurs, médecins, enseignants et autres citoyens consternés par la marginalisation de la Science et les attaques incessantes contre les technologies innovantes, a pour but de faire entendre la voix de la raison, de l'approche scientifique et du progrès, notamment auprès des décideurs et des médias.

Blog : https://sciencetechaction.tumblr.com/  
Contact & adhésion: sciencetechaction@gmail.com

 

 

https://sciencetechaction.tumblr.com/post/635112889688129536/communiqu%C3%A9-du-13-novembre-2020-alternatives-au

Le tombeur de Monsanto devant la justice américaine

L'avocat Timothy Litzenburg, qui avait obtenu une condamnation historique du géant des pesticides, aurait tenté d'extorquer 200 millions de dollars.

 
Preuve à l'appui : les glyphotests sont bidon !

Une analyse sous contrôle d'huissier s'est intéressée aux « pisseurs de glyphosate ». Sa conclusion : c'est une vaste opération de manipulation de l'opinion.

 
 
 

"... Ce nouvel épisode navrant sur le glyphosate illustre le peu d’intérêt gouvernemental pour l’agriculture, l’expertise scientifique et la gestion rationnelle du pays."...

 

Communiqué du 26 août 2019 Glyphosate : gaspillage de fonds publics pour justifier une décision politique !

« A  la demande du gouvernement, l’ANSES lance un appel à candidature pour améliorer les connaissances relatives à la cancérogénicité du glyphosate »
Tel est le titre du communiqué du 19 juillet 2019(1) des quatre ministres de l’Agriculture, la Santé, la Recherche et l’Ecologie qui avaient saisi l’ANSES le 28 mars 2018, « compte-tenu des avis divergents rendus par les agences qui font référence en matière d’évaluation ».
Les résultats de cette étude d’un coût de 1,2 M€ seront disponibles sous 18 mois et viendront compléter le dossier de réexamen de l’autorisation du glyphosate par l’Union européenne en 2022.


Le Collectif STA s’interroge sur une telle initiative qui soulève plusieurs questions :

Pourquoi une nouvelle étude sur le glyphosate alors que cet herbicide a fait l’objet depuis près de 50 ans de multiples études et que toutes les agences sanitaires française, européennes et internationales ont conclu à l’absence de risque sanitaire ?
R.Genet, directeur général de l’ANSES ne déclarait-il pas le 18 mai 2019 sur Europe 1: « Aujourd’hui en France, il n’y a pas de risque sanitaire avec les produits à base de glyphosate dont l’utilisation est strictement encadrée « ?
Affirmation confirmée le 8 août 2019 par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) estimant à propos de l’étiquetage, que qualifier le glyphosate de cancérigène est faux et trompeur.

Si controverse il y a, elle émane du classement du glyphosate « cancérogène probable » par le seul  CIRC -au même titre que la viande rouge- , un classement  contesté par toutes les agences sanitaires et par l’OMS, maison-mère du CIRC et qui a fait l’objet d’un dossier accablant(2) réalisé par le Collectif Science-Technologies-Actions. Un dossier largement diffusé, justifiant une enquête officielle, mais jamais repris par les médias !

Pourquoi une nouvelle étude, alors que la mission OPECST sur l'expertise sanitaire a déjà étudié les raisons de la divergence entre le CIRC et les autres agences sanitaires, pour conclure que cette divergence tenait au fait que le CIRC est la seule agence qui a pris en compte des expérimentations non conformes au lignes directrices de l'OCDE ?

Pourquoi une étude franco-française alors que c’est l’Union européenne qui est le cadre normal de ce type d’évaluation. Serait-ce une opération politique pour tenter de justifier une décision aberrante d’interdiction du glyphosate ? Le choix des équipes de recherche retenues pour réaliser cette étude sera significatif, car les candidatures d’experts scientifiques militants ne manqueront pas.

Pourquoi lancer une telle étude alors que le communiqué des quatre ministres demande à l’ANSES, avec l’appui de l’INRA, au retrait du glyphosate « dès lors que des alternatives existent ». Oui, des alternatives existent mais moins performantes, plus chères et souvent moins satisfaisantes pour l’environnement.

Pourquoi lancer une étude alors que le communiqué précise que le sort du glyphosate est déjà scellé par le choix présidentiel : « Cette démarche permet, sur le fondement des travaux de la communauté scientifique, de mettre en œuvre l’engagement présidentiel de sortie du glyphosate et d’accélérer la transition vers une agriculture moins dépendante aux produits phytosanitaires et plus respectueuse de l’environnement et de la santé.
Qui imagine que la décision politique sera revue, si l’étude, si elle est conduite avec rigueur, conclut comme les précédentes à l’absence de risque sanitaire ?
Curieuse démarche de prendre une décision politique puis de demander à la science de la justifier …

Pourquoi un tel gaspillage d’argent se rajoutant au fort impact économique de la sortie du glyphosate pour l’agriculture, les collectivités ou les entreprises comme la SNCF qui aurait mérité d’être évalué par les économistes de l’INRA ? En juillet 2017 la Fondation Concorde avait estimé à près d’un milliard  le coût pour l’agriculture pour les seuls coûts directs et 500 millions pour la SNCF (3)!

Ce nouvel épisode navrant sur le glyphosate illustre le peu d’intérêt gouvernemental pour l’agriculture, l’expertise scientifique et la gestion rationnelle du pays.
L’indifférence générale qui l’accompagne est une incitation à persévérer dans une politique collant à une opinion désinformée et manipulée pour en tirer des bénéfices électoraux !

(1)https://agriculture.gouv.fr/glyphosate-lancement-dun-appel-candidature-pour-ameliorer-les-connaissances-relatives-sa

(2) voir PJ

(3)(https://fondationconcorde.com/wp-content/uploads/2017/07/Rapport-Glyphosate-version-finale-juillet-2017.pdf)

Le Collectif STA composé de chercheurs, ingénieurs, médecins, enseignants et autres citoyens consternés par la marginalisation de la Science et les attaques incessantes contre les technologies innovantes, a pour but de faire entendre la voix de la raison, de l'approche scientifique et du progrès, notamment auprès des décideurs et des médias.

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Glyphosate sur Wikipédia: dangereux en France, inoffensif partout ailleurs

L'exception française

 
 
 

Conformément aux conclusions de l’OMS, l’encyclopédie en ligne Wikipedia affirme l’innocuité du glyphosate. Sauf dans sa version francophone. Cette singularité est due au zèle militant d’un seul internaute.

« Le consensus parmi les agences nationales de régulation des pesticides et les organisations scientifiques est qu’il n’y a pas de preuve d’un effet cancérigène pour l’homme du glyphosate utilisé selon les règles. » Cette phrase est extraite de Wikipédia, mais en version anglaise. Vous ne la trouverez pas sur la version française, enjeu de ce qu’on appelle dans le jargon maison une « guerre d’édition ».

 
 

Encyclopédie collaborative lancée en 2001, Wikipédia fédère des dizaines de milliers de contributeurs bénévoles, qui peuvent créer et modifier des articles à leur guise, sous l’encadrement a minima pour la partie française de quelque 150 administrateurs. Mi-février 2019, celle-ci comptait deux millions d’articles, dont 0,8 % seulement étaient considérés par les administrateurs du site comme « de qualité ».1 L’article « Glyphosate » n’en fait pas partie. Et pour cause. Dans notre pays, et dans notre pays seulement, le glyphosate est un sujet hautement polémique. Les pages en anglais, en italien ou en allemand de Wikipédia ne présentent pas du tout cet herbi

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85 % de l’article reste à lire…

 

Erwan Seznec

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Envoyé spécial désinformation sur France 2

Science-Technologies-Actions est un Collectif dont le but est de défendre et promouvoir la Science dans le débat public

Communiqué STA du 18 janvier 2019 : Envoyé spécial désinformation sur France 2 

Hier soir, sur la chaîne de télévision France 2, était diffusée l’émission « Envoyé spécial » intitulée « Glyphosate : comment s’en sortir ? »* présentée par Elise Lucet.
Le titre, non ambigu, annonçait d’emblée la tonalité du reportage.
L’émission commençait bien avec la confrontation amicale et plutôt équilibrée d’un agriculteur utilisateur de glyphosate pratiquant les techniques de conservation des sols et un agriculteur adepte de l’agriculture bio et n’utilisant pas de pesticides (mais il n’a pas été précisé que l’AB en utilise aussi).
Mais très vite et sans surprise, le reportage est devenu le réquisitoire attendu contre le glyphosate et Monsanto.
Un « glyphotest », simulacre d’étude « scientifique people », réalisé sur des personnalités, et déjà pratiqué par des ONG militantes, ne peut que susciter susciter l’inquiétude des téléspectateurs en révélant des traces de glyphosate dans les urines. L‘absence de seuil de dangerosité est déploré, ce qui est faux, et le fait que le glyphosate ne se bio-accumule pas et soit rapidement excrété n’est pas évoqué. Une parodie de science portée par la même journaliste qui critique Monsanto sur sa prétendue déformation des réalités scientifiques !

Pour susciter l’émotion et la peur, le reportage n’hésite pas  à instrumentaliser des malades : un jardinier américain** atteint de cancer et montrant longuement ses graves lésions sur son corps, un agriculteur srilankais amaigri et sous dialyse atteint d’insuffisance rénale et un enfant français atteint d’une malformation de l’oesophage.
Autant de maladies attribuées bien évidemment et sans preuves au glyphosate. Affligeante exhibition de personnes atteintes dans leur chair, uniquement pour apporter une prétendue caution à un discours prédéfini !

Défilent ensuite les habituels opposants au glyphosate, du journaliste Stéphane Foucart du Monde à l’incontournable Professeur GE Séralini  et ses rats malades malgré les sévères réfutations récentes de ses travaux*** à l’origine d’une tempête médiatique en septembre 2012.
Monsanto n’échappe évidemment pas aux journalistes « investigateurs » qui apportent leur contribution à la diabolisation de la société (rachetée récemment par Bayer), notamment  sur les « Monsanto papers ».** **

Bref, un nouveau réquisitoire à charge contre le glyphosate et son inventeur qui ne laisse pas de place aux centaines d’experts toxicologues et épidémiologistes des onze agences sanitaires qui évaluent régulièrement l’herbicide dans le monde depuis plus de 40 ans et contestent le classement « cancérogène probable » du glyphosate (comme la viande rouge) par le seul CIRC. Y compris l’OMS, maison-mère du CIRC, contrairement aux propos d’Elise Lucet.
Aucune allusion non plus à l’importante étude américaine (Agricultural Health Study) publiée en novembre 2017 portant sur une cohorte de 54 000 agriculteurs suivis pendant plus de 20 ans qui conclut à l’absence de lien entre exposition au glyphosate et cancer. Ni à l’étude française Agrican sur 180 000 agriculteurs et publiée en 2011 et 2014 faisant état d’une incidence des cancers globalement moindre chez les agriculteurs que dans la population générale.

Cette opération médiatique de désinformation renforcera la cabale contre le glyphosate, la notoriété d’Elise Lucet, les peurs irrationnelles, mais elle ne servira en rien la recherche de la vérité ou la diffusion d’informations crédibles, objectives et étayées,  but de tout véritable journaliste.
Qu’une chaîne de télévision publique comme France 2 devienne un outil médiatique militant devrait être dénoncé, notamment  par les syndicats de journalistes, les organisations agricoles et les institutions scientifiques concernées.
Déjà, sur Twiter, des journalistes et blogueurs ont relevé les nombreux mensonges et autres incohérences, tweets largement repris marquant un refus salutaire de la propagande du service public.
Le Collectif Science-Technologies-Actions, pour sa part, va s’adresser aux directions de France Télévision et au CSA . Leurs réponses ou non réponses seront communiquées.

Le Collectif STA composé de chercheurs, ingénieurs, médecins, enseignants et autres citoyens consternés par la marginalisation de la Science et les attaques incessantes contre les technologies innovantes, a pour but de faire entendre la voix de la raison, de l'approche scientifique et du progrès, notamment auprès des décideurs et des médias.

Mail STA :  sciencetechaction@gmail.com

Blog STA :  https://sciencetechaction.tumblr.com/

Pour en savoir plus :

*http://projetutopia.info/test-nous-predisons-les-biais-denvoye-special-sur-le-glyphosate-janvier-2019/?fbclid=IwAR31Qabz9Y5ZHk-JsBw-d_YGvJiS1bOkYzx9amH9Xug_fp8J-Y3Et35j2lQ

*http://seppi.over-blog.com/2019/01/glyphosate-interdit-concours-de-bidonnage-au-journal-de-20-heures-de-france-2.html

**http://seppi.over-blog.com/2018/11/dewayne-lee-johnson-c.monsanto-premier-pas-de-retour-vers-la-raison.html

*** http://huet.blog.lemonde.fr/2018/12/11/ogm-poisons-la-vraie-fin-de-laffaire-seralini/


****http://seppi.over-blog.com/2019/01/monsanto-papers-du-pipo-selon-sante-canada.html


et encore :

https://twitter.com/emma_ducros/status/1076578959544979456

https://twitter.com/GeWoessner/status/1086005179722485760

 

 

 

https://sciencetechaction.tumblr.com/post/182110189705/communiqu%C3%A9-sta-envoy%C3%A9-sp%C3%A9cial-d%C3%A9sinformation-sur

Glyphosate et loi alimentation : ce déficit de culture scientifique qui pollue les débats politiques

Prenant le relais de Ségolène Royal et partageant les convictions de son ex-ministre Nicolas Hulot, le Président Macron a décidé d’interdire le glyphosate d’ici 3 ans.

 

 

Un désherbant qui, depuis 43 ans rend de grands services  aux agriculteurs (et à bien d’autres utilisateurs), sans que cela ait généré de problèmes sanitaires ou environnementaux identifiés.

43 ans : un retour d’expérience exceptionnel qui aurait dû rassurer !
C’est pourtant le risque sanitaire qui a été mis en avant pour justifier la décision d’interdire le glyphosate. Ce fut le cas lors du Salon de l’Agriculture, en février, ou devant les parlementaires réunis à Versailles le 9 juillet dernier.
Le glyphosate serait-il une priorité sanitaire, plus urgente à traiter que le tabac, l’alcool ou la drogue ? 
 
Le classement «cancérogène probable» par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) en mars 2015 a sans doute pesé dans cette décision.

 

 

 

Plus encore, la virulente campagne de stigmatisation du glyphosate par la mouvance écologiste accompagnée de l’habituel  emballement médiatique.
Le souci de préserver la santé est louable, mais cette décision d’interdiction est-elle pertinente ?
Qu’en pense la Ministre de la Santé, bien discrète sur un sujet qui la concerne ?
 
Peut-elle ignorer que le classement du CIRC :
- exprime un danger potentiel et non un risque lié à l’exposition au glyphosate, ce qu’à bien mis en évidence la vaste étude américaine (Agricultural Health Study) publiée en novembre 2017 portant sur une cohorte de 54.000 agriculteurs suivis pendant plus de 20 ans qui conclut à l'absence de lien entre exposition au glyphosate et cancer ;
- classe la viande rouge «cancérogène probable» comme le glyphosate sans que cela  conduise à  l’interdire, alors que la viande est directement consommée, contrairement au glyphosate ;
 
Peut-on sérieusement occulter les avis favorables au glyphosate émanant des agences sanitaires créées pour éclairer les choix politiques, qu’il s’agisse de l’ANSES en France, de l’EFSA et l’ECHA dans l’Union européenne ou des autres agences nationales ou internationales dans le monde qui ont évalué le glyphosate ?
Quel crédit accorder au CIRC dont l’avis a été contesté par toutes les agences sanitaires, y compris par l’OMS (Organisation mondiale de la santé), maison-mère du CIRC ?
 
Pourquoi la toxicité aigüe du glyphosate (exprimée par la DL50) évaluant les effets à court terme d’une forte exposition est si rarement évoquée alors qu’elle est inférieure à celle du sel de cuisine et 25 fois plus faible que celle de la caféine ?
 
La décision d’interdire le glyphosate aurait-elle d’autres raisons ?
L’ex-Ministre de l’Ecologie aurait-t-il convaincu le Président que le glyphosate est un obstacle à la transition écologique en agriculture ? 
Pourtant les hypothétiques alternatives au glyphosate, reposant essentiellement sur le travail mécanique, consommateur de carburant et émetteur de CO2, marquent un net recul sur le plan environnemental.
Pire, les techniques de conservation des sols - combinant abandon du labour (semis direct) et couvert végétal en interculture qui nécessitent, certes, l’emploi d’une faible dose de glyphosate - seront condamnées, alors qu’elles concilient bénéfices économiques (réduction des coûts de mécanisation), agronomiques (activité biologique et fertilité des sols améliorées, érosion réduite) et écologiques (séquestration du CO2 atmosphérique dans le sol, abri et nourriture pour la faune sauvage).

 

 

 

 
Par cette décision, les méthodes agronomiques qui satisfont le mieux la transition écologique en agriculture sont condamnées alors qu’elles devraient être promues !
 
Quelle est donc la vraie raison de cette interdiction programmée du glyphosate, alors que beaucoup d’autres «pesticides» offrent des profils toxicologiques moins favorables et que la plupart des grands pays agricoles autorisent ce désherbant ? 
Pourquoi une telle précipitation sans la moindre analyse risques/bénéfices, sans étude d’impact, sans estimation du coût de cette interdiction pour la France, sans proposer une alternative aussi performante et bon marché que le glyphosate ?
Un préjudice important pour l’agriculture estimé à 2 milliards d’euros par la FNSEA, à plus d’un milliard par la Fondation Concorde et près de 500 millions pour la SNCF !
 
Cette décision serait-elle strictement politique et symbolique pour satisfaire les exigences du populaire Ministre d’Etat Nicolas Hulot démissionnaire et du puissant lobby que constitue l’écologie politique ?
En obtenant l’interdiction programmée du glyphosate, les militants verts n’ignorent pas qu’ils condamnent les OGM, tout au moins les plantes tolérantes au Roundup® (à base de glyphosate), les plus utilisées et cultivées annuellement sur plus de 150 millions d’hectares dans le monde (sauf en Europe !). Opération gagnante pour les écolos mais certainement pas pour l’écologie ! 
 
Nicolas Hulot, ignorant les avis des agences sanitaires, préférait s’appuyer sur la décision d’un jury populaire de San Francisco de 12 membres n’ayant aucune expertise en toxicologie, condamnant Monsanto à payer 290 millions de dollars à un jardinier atteint d’un cancer attribué au glyphosate.
Un faux-procès qui devrait en susciter d’autres, intentés par des malades manipulés par des avocats prédateurs avides d’honoraires exorbitants que seuls peuvent payer des sociétés comme Bayer/Monsanto.
 
En se laissant entraîner sur le terrain du glyphosate, en négligeant l’esprit d’écoute revendiqué, en adoptant l’idéologie écologiste radicale, en donnant du crédit à la pensée magique et en tordant le cou à l’expertise scientifique, le Président et son gouvernement ont fait un mauvais choix.
Déjà, face à la réalité, ils ont dû faire des concessions.
Seraient-ils victimes à leur insu du torrent de fake news qui s’abattent sur le glyphosate ? Dernière en date : le glyphosate serait un «tueur d’abeilles» !
 
Cette politique infondée et régressive sur le glyphosate rencontre-t-elle des résistances dans le pays ? Bien peu chez les scientifiques, les médias et même les organisations agricoles pourtant les  plus concernées.
La bien-pensance étouffe le débat, le principe de précaution dévoyé inhibe la prise de risques et la croyance naïve dans le naturel paré de toutes les vertus progresse en douceur dans la société, anesthésiant toute démarche rationnelle.
 
Les agriculteurs,  les jardiniers amateurs, les collectivités, les sylviculteurs, la SNCF, pourront se passer du glyphosate demain. 
Mais à quel prix ? 
Une régression technologique lourde de conséquences pour la compétitivité de l’agriculture française, pour les finances de l’Etat,  pour l’environnement et pour le consommateur.
Faudra-t-il alors brandir de nouvelles normes européennes et françaises sans fondements scientifiques  pour tenter de protéger une agriculture privée d’innovation face à une concurrence étrangère compétitive ?
 
Peur de la génétique avec les OGM et les nouvelles techniques de sélection variétale, peur de la chimie avec le glyphosate et les produits phytopharmaceutiques, la France s'affiche en pays craintif, dogmatique, où les multiples forces de l'irrationnel l'emportent sur l'acceptation de la réalité et de la science.
Face aux peurs sans fondement, la politique de l’interdiction est délétère et doit céder la place à la pédagogie, à l’explication, exercices il est vrai plus difficiles.
 
Puissiez-vous, Monsieur le Président ainsi que votre nouveau Ministre de l’Ecologie, François de Rugy, vous inspirer dans votre action des propos de Barack Obama exprimés en 2008 :
« Il faut faire en sorte que les faits et les preuves ne soient pas déformés ou occultés par la politique ou l’idéologie. Il faut écouter ce que les scientifiques ont à nous dire, même si cela dérange, surtout si cela dérange ».
 
Alors, peut-être, reviendrez-vous sagement sur une décision inopportune ?
Gérard Kafadaroff

 

  1. Gérard Kafadaroff est ingénieur agronome, auteur de plusieurs livres sur les OGM dont OGM : la peur française de l'innovation (préface du professeur M.Tubiana ; éditions Baudelaire). Il est également le fondateur de l’Association française des biotechnologies végétales et a longtemps travaillé dans le secteur de l’agrofourniture.  


 
 
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