Roundup, cancérogène ou non ?

Publié le par ottolilienthal

En mars 2015, au nom de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), dont il dépend, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) classait le glyphosate dans la catégorie "cancérogène probable pour l'homme". La nouvelle avait fait l'effet d'une douche froide, tant les publicités pour le Roundup avaient banalisé son usage. Comme le soulignait alors "Que Choisir" (QC n° 536), ce classement était une bonne raison supplémentaire de renoncer au désherbage polluant, le dossier environnemental du glyphosate étant déjà très chargé. Depuis, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) s'est penchée dessus, et juge "improbable que le glyphosate présente un danger pour l'homme". Une conclusion diamétralement opposée qui pose question. Du côté du Circ, tout est clair et transparent. Les dangers sont estimés exclusivement sur des études validées et publiées dans des revues à comités de lecture, et les critères d'évaluation sont connus. Cette procédure permet de vérifier que les éléments de preuves et les conclusions sont scientifiquement valides. Du côté de l'Efsa, en revanche, l'essentiel de l'évaluation se fonde sur des études non publiées, à savoir fournies par les industriels producteurs de glyphosate et couvertes par le secret industriel. Par ailleurs, contrairement au Circ, l'Efsa n'a pas évalué les études humaines. Elle a écarté celles portant sur les formulations commerciales, Roundup en tête, du fait qu'elles relèvent de chaque Etat membre sur le plan réglementaire. On le voit, le classement du Circ s'avère bien plus fiable. Ce n'est pas la première fois que l'évaluation européenne nous laisse perplexe.

Que Choisir n° 543, janvier 2016

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