Chère Fleur Pellerin, vous avez été la meilleure ministre de la Culture possible

Publié le par ottolilienthal

L'ex-ministre Fleur Pellerin crée son entreprise et quitte la fonction publique

 

L’ex-ministre de la Culture Fleur Pellerin, évincée du gouvernement en février, va créer une société privée pour accompagner les investissements coréens en France, après avoir démissionné de la fonction publique, a révélé le Journal du Dimanche, ce que son entourage a confirmé à l’AFP.

Ne pas faire supporter à la collectivité « le prix de sa tranquillité »

Pour des soucis « d’éthique », elle a démissionné de la Cour des Comptes et de la fonction publique, renonçant au filet de sécurité d’une possible réintégration en cas d’échec. Elle a expliqué ce choix à François Hollande dans une lettre où elle affirme ne pas vouloir faire supporter à la collectivité « le prix de sa tranquillité », précise le JDD.

Mi-février, lors du remaniement gouvernemental, Fleur Pellerin a été remplacée par la conseillère de François Hollande Audrey Azoulay, une éviction à laquelle elle ne s’attendait pas. Les jours suivants, elle avait déclaré à L’Obs « ne pas pouvoir imaginer une seconde ne pas jouer un rôle dans le destin de ce pays ».

Une structure baptisée Korelya

Native de Séoul où elle avait été abandonnée dans les rues après sa naissance, adoptée à 6 mois par une famille française, elle va créer une structure baptisée Korelya, afin d’accompagner les investissements coréens en nouvelles technologies dans l’Hexagone.

La Haute Autorité de la transparence de la vie politique, chargée de vérifier l’absence de conflit d’intérêt pour les fonctionnaires qui partent dans le privé, a été consultée et émis un avis favorable.

Cette quadragénaire, diplômée de l’Essec, de Sciences-Po et de l’Ena, puis magistrate à la Cour des Comptes, avait été responsable du pôle « Société et Économie numériques » lors de la campagne de François Hollande pour l’élection présidentielle de 2012, avant de devenir ministre déléguée aux PME et à l’Economie numérique de mai 2012 à avril 2014, puis ministre de la Culture et de la Communication jusqu’en février 2016.

 

Publié le 21.08.2016

Pellerin: "Va au spectacle et flatte", c'était ma feuille de route

 

Dans une longue interview à L'Obs - la première depuis son éviction surprise du gouvernement jeudi 11 février -, l'ex-ministre de la Culture revient sur son parcours et son départ de la rue de Valois. Morceaux choisis.

Fleur Pellerin ne cache pas son amertume et sa déception quant à son brutal débarquement - par téléphone, au dernier moment: "Ces quatre années au gouvernement, à l’Economie numérique, puis au Commerce Extérieur et enfin à la Culture, ont été soldées en quatre minutes. Dire que je n’ai pas accusé le coup, que je n’ai pas été choquée par la nouvelle serait mentir. Mais je n’ai pas pleuré", assure-t-elle.

Pour l'ex-ministre, la culture "permet à chacun de se construire comme citoyen, [...] Elle doit aussi permettre de rebattre les cartes entre les générations et les gens issus de conditions sociales différentes". Une conception "diamétralement opposée" à celle du président qui, selon elle, consiste à ne surtout rien faire bouger. "Va au spectacle et flatte!", lui avait lancé Hollande. "J’avais pris ces mots du président pour une boutade, en fait ils étaient ma feuille de route", regrette-t-elle.

Arguant qu'elle n'a jamais évoqué sa mission avec le président, Fleur Pellerin revendique de l'avoir menée selon les axes du programme du candidat. Et d'avoir tenté de dépoussieré le ministère: "Je ne voulais pas que ce ministère soit celui du 1% qui va à l’Opéra et à la Comédie-Française. J’ai vu très souvent le président, et il ne m’a jamais signifié que je faisais fausse route". Mais, ajoute-t-elle... "toute transformation implique de bouleverser des rentes, et donc suscite des résistances et des rancœurs." Et "je n’ai pas voulu être la ministre de l’entresoi."

"Le président a fait campagne sur [...] son éthique dans l’exercice du pouvoir. Je n’imagine pas qu’il ait pu être influencé par des manigances de courtisans", assure Fleur Pellerin. Pourtant, selon l'ex-ministre Frédéric Cuvillier, elle n'était pas "assez proche des proches du président" - à savoir Julie Gayet, sa compagne, elle-même proche d'Audrey Azoulay, sa remplaçante au ministère.

L'ex-ministre de la Culture revendique, via "les crédits d'impôt pour le cinéma, l'audiovisuel et la musique", un certain apaisement du monde culturel. Selon elle, "le président et les ministres peuvent fréquenter les salles de spectacle sans se faire huer" - ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps.

Militante depuis 20 ans, Pellerin ne compte pas de sitôt abandonner la politique: "Je ne solde pas vingt ans de militantisme en quatre minutes. [...] Pour l’avenir, je n’exclus rien. Je ne peux pas imaginer une seconde ne pas jouer un rôle dans le destin de ce pays. [...] Je suis et je resterai une militante du changement."

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