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la parade des nouveaux invasifs..

Publié le par ottolilienthal

"C'est horrible, parce qu'on ne peut pas dormir" : les punaises de lit prolifèrent dans les logements français

Avec le confinement et le télétravail imposé, les Français ont passé beaucoup plus de temps chez eux. Résultat : ces petits insectes ont élu domicile dans de nombreux logements. Les interventions pour les éradiquer ont augmenté de 76% cette année.

Ce sont des colocataires très envahissantes : les punaises de lit. Elles ont décidé de s'inviter chez Safia, maman de deux enfants qui vit à Courtry, en Seine-et-Marne. Son logement en est infesté depuis près de trois semaines, après un week-end passé chez ses parents en région parisienne. "Quand je suis revenue à mon domicile, je me suis aperçue que ça me grattait, se souvient-elle. En fait, il y avait des punaises dans mon lit. C'est horrible parce qu'on ne peut pas dormir."

Pour se sortir de cette situation, Safia a fait appel à deux agents d'une entreprise spécialisée dans la désinfection. Ces derniers interviennent surtout dans la chambre à coucher. Dans celle de Safia, le verdict est immédiat : "On en voit deux qui sont mortes déjà, il va falloir traiter le sommier aussi."

"Ça gratte, ça démange, ça devient invivable, j'ai l'impression d'être complètement en déprime. Je n'en peux plus."

Depuis la fin du premier confinement, ce type d'intervention s'enchaine pour Hédi, président de l'entreprise Paris-Gienne. "On a été submergé, reconnaît-il. On a dû embaucher deux agents en plus, on était à une quinzaine d'interventions par jour" au lieu des sept ou huit habituelles. Et cette augmentation, Hédi n'aurait pas parié là-dessus : "On se disait qu'on aurait moins de travail avec le confinement, que c'était les insectes du voyage et qu'avec l'arrêt du tourisme on aurait peut-être moins de travail. Mais en fait non, pas du tout."

Une reproduction "assez imparable"

La prolifération des punaises de lits a été facilitée par le confinement et par le télétravail, comme l'explique Romain Lasseur, spécialiste des espèces nuisibles. "À partir du moment où l'insecte est en France, plus besoin de voyager, explique-t-il. Cet insecte a besoin d'un repas de sang, et si la disponibilité alimentaire est là, c'est-à-dire que les gens sont là, il n'y a plus de freins."

De l'apparition d'une punaise de lit à la propagation de toute une colonie dans un appartement, cela peut aller très vite : "C'est un insecte dont la reproduction est assez imparable. Si c'est une femelle qui est mature, elle a la possibilité de pondre, et là on emballe le système."

"On peut parler de 30 ou 40 jours pour que cette population explose dans le logement."

Romain Lasseur, spécialiste des espèces nuisibles

à franceinfo

Quarante jours, c'est moins que la durée du premier confinement. Résultat : le nombre d'interventions pour éradiquer les punaises de lit a augmenté de 76% cette année. Et les punaises de lit ne sont pas les seules, les interventions pour des cas de guêpes ou de frelons ont augmenté, elles, de 93% cette année, 18% pour les cafards.

Alia Doukali - franceinfo
Radio France
 
Publié

 

 

 

https://www.francetvinfo.fr/sante/c-est-horrible-parce-qu-on-ne-peut-pas-dormir-les-punaises-de-lit-proliferent-dans-les-logements-francais_4236603.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20201229-[lestitres-coldroite/titre5]

Et maintenant, un virus menace les tomates

 
 
 

Il peut se transmettre par les semences, les plants et fruits infectés et aucun traitement n'est pour l'instant efficace contre cette nouvelle menace.

 

Les tomates françaises sont en danger ! C'est le cri d'alerte poussé par l'Agence de sécurité sanitaire (Anses), qui met en garde contre un nouveau virus s'attaquant aux cultures des tomates, piments et poivrons, et demande à toute personne le détectant sur des cultures en France de signaler rapidement sa présence pour éviter sa dissémination. "Le tomato brown rugose fruit virus (ToBRFV) est particulièrement dangereux pour les plantes qui y sont sensibles. Il peut se transmettre par les semences, les plants et les fruits infectés, et survit longtemps à l'air libre", a indiqué mardi dans un communiqué l'Anses, qui estime que les cultures de plein champ comme sous serre peuvent être contaminées.

"Sa spécificité, c'est qu'il n'existe aucun traitement efficace ni de variété résistante contre ce virus", a expliqué à l'AFP Philippe Reignault, directeur du laboratoire de santé des végétaux à l'Anses. Les plants touchés présentent des décolorations, des marbrures et des déformations au niveau des feuilles comme des fruits. De plus, les tomates, poivrons et piments touchés présentent un aspect rugueux et sont donc non commercialisables. "En tant que pays producteur de tomates, la France risque de subir des conséquences économiques importantes dans les filières de production, mais aussi dans les productions familiales dont la surface cultivée est estimée comme étant du même ordre de grandeur que la production industrielle en plein champ", souligne l'Anses.

>> Lire aussi - Poivrons et tomates à la maison... la folie des potagers d'intérieur

L'Allemagne a réussi à l'éradiquer

Le ToBRFV est un virus émergent dont les premiers signalements datent de 2014 en Israël et de 2015 en Jordanie, dans les deux cas sur des tomates produites sous serre. Il a ensuite gagné l'Europe, le Mexique et les Etats-Unis. Il a été signalé dans les pays limitrophes de la France dont l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne. Cependant l'Allemagne a réussi à éradiquer le foyer de virus détecté en arrachant les plants, en les détruisant et en désinfectant le sol. "C'est une stratégie qui doit être réactive, efficace, pour éviter qu'on passe d'un foyer ponctuel, localisé, à une situation de dissémination du virus", a souligné Philippe Reignault. L'Anses appelle donc toute personne, maraîcher ou jardinier amateur, à prévenir en cas de suspicion les services régionaux du ministère de l'Agriculture, les Fredon (associations spécialisées dans la santé du végétal), ou les chambres d'agriculture.

Le ragondin : toujours plus de dégâts

 
 

Il est très séduisant, le ragondin, avec ses faux airs de castor et son allure débonnaire. Mais il faut malheureusement se rendre à l’évidence : cet animal invasif est nuisible à plus d’un titre…

 

Il y a 10 ans, mon épouse et moi nous promenions à Rennes au bord de l’Ille. Parvenus près de la charmante écluse du Comte, nous avons assisté à la capture d’un énorme ragondin, piégé dans une solide nasse métallique par deux employés de la ville. « Il va finir en pâté », nous a confié l’un des deux hommes en souriant. Des milliers de ragondins sont ainsi détruits chaque année. Malgré leurs incontestables qualités gustatives* – si l’on en croit les piégeurs –, on peut le regretter si l’on est un tant soit peu sensible à la cause animale. Il n’y a, hélas, pas d’autre solution tant les dégâts occasionnés par ces rongeurs prennent chaque année plus d’ampleur. Sans compter les risques sanitaires qu’ils peuvent présenter dans les espaces humides fréquentés par les promeneurs et leurs chiens.

Pour mémoire, rappelons que le ragondin est un mammifère rodentien* – autrement dit un rongeur – semi-aquatique végétarien appartenant au genre myocastor. Son poids, en moyenne de 6 kilos, peut atteindre 9 à 10 kilos hors des élevages. Sa longévité est d’environ 4 ans. Parfois dénommé à tort « castor des marais », « castor d’Argentine » ou « castor du Chili », il est, comme l’indiquent ces dernières appellations, originaire d’Amérique du Sud.

Le ragondin a été introduit en France dans le dernier quart du 19e siècle par les pelletiers pour constituer des élevages destinés au commerce des fourrures, son pelage étant alors très prisé pour la confection de manteaux et de toques. Nul ne sait de façon certaine si cet animal est retourné à l’état sauvage dans nos contrées de façon accidentelle ou volontaire. Il est toutefois probable que la mode de la fourrure de ragondin ayant fluctué au cours du temps, des animaux devenus surnuméraires dans les élevages du fait de la grande capacité reproductrice de cette espèce ont été purement et simplement relâchés dans la nature, notamment par des éleveurs en situation de faillite durant la grande crise des années 30.

De nos jours, les spécialistes estiment que les ragondins ont colonisé la totalité du territoire national métropolitain, à l’exception de la Corse. Une colonisation heureusement freinée par les hivers les plus rigoureux qui augmentent de manière significative la mortalité naturelle de ces animaux et limite de ce fait leur prolifération. A contrario, l’accroissement de la population des ragondins est facilité par l’absence quasi-totale de prédateurs, la France n’étant pas caractérisée par ses populations de caïmans, de jaguars, de pumas ou d’anacondas  ! Le seul véritable risque concerne les jeunes ragondins, exposés au bec acéré des pygargues, des grands-ducs, mais aussi aux crocs carnassiers des fouines, des loutres et des martres. Sachant qu’un couple de ragondins peut, en deux ans, engendrer une descendance théorique de plusieurs dizaines d’individus (la maturité sexuelle d’un ragondin est atteinte en quelques mois), on prend très vite la mesure des problèmes que pose la surpopulation de ces animaux invasifs. 

Un double danger écologique et sanitaire

Les dégâts causés par les ragondins sont en effet incontestables dans les rivières et les marais où ils consomment en masse les plantes aquatiques dont ils sont friands en détruisant du même coup les zones de frayère des différentes espèces de poissons endémiques. De même, ces animaux affectent gravement les roselières où nichent de nombreuses espèces d’oiseaux. Mais c’est sur les digues, le long des voies d’eau et sur les chaussées d’étang que les ragondins provoquent les plus gros dommages par le creusement de galeries qui peuvent atteindre plusieurs mètres de longueur et minent les rives en provoquant ici et là leur effondrement.

Les ragondins mettent ainsi en péril non seulement les équilibres écologiques dans leur zone d’habitat mais aussi l’exploitation de fermes piscicoles et la sauvegarde d’espaces préservés. Sans oublier les dégradations occasionnées aux routes établies sur des digues ou aux canalisations qui les bordent. À cela viennent s’ajouter les dégâts que ces animaux occasionnent aux cultures voisines, notamment maraîchères et céréalières, tout particulièrement en automne lorsque les ressources végétales naturelles s’amenuisent et que la population des ragondins atteint son maximum. À cet égard, on ne compte plus les parcelles de blé, d’orge ou de maïs partiellement dévastées par ces rongeurs. Sachant qu’un ragondin consomme chaque jour 30 à 40 % de son poids en végétaux, on imagine sans mal les dommages qu’une colonie peut infliger aux exploitations proches de ses terriers. Cela dit sans compter l’activité fouisseuse des ragondins qui aboutit parfois à boucher les systèmes d’irrigation et de drainage des cultures.

Autre volet du danger provoqué par la prolifération des ragondins : le risque de leptospirose dont ils peuvent être les vecteurs, à la fois pour l’homme et pour le chien. Les animaux d’élevage proches de l’habitat des rongeurs peuvent eux-mêmes en souffrir sous la forme d’avortements. La menace ne doit par conséquent pas être prise à la légère : la leptospirose est en effet une maladie infectieuse grave transmise par les bacilles présents dans les urines du ragondin. Elle se communique à l’homme, au chien ou au bétail par un contact de ces urines ou de végétaux souillés avec les muqueuses ou des plaies mal protégées. On recense environ 300 cas de leptospirose chaque année en France dont plusieurs se révèlent mortels ! C’est pourquoi il est formellement déconseillé – et localement interdit par des arrêtés municipaux – de se baigner dans des rivières ou des plans d’eau où la présence de ragondins est avérée.

Condamnés à vivre avec eux

Durant longtemps, les ragondins, mais également leurs petits cousins les rats musqués, eux aussi devenus invasifs depuis des lâchers d’élevages dans les années 30, ont été éliminés par empoisonnement, le plus souvent en recourant à des produits chimiques anticoagulants. Une méthode qui, fort heureusement, a été définitivement interdite en septembre 2006 au terme d’une période de transition de 3 ans actée par un arrêté ministériel du 8 juillet 2003 portant sur la destruction de ces animaux nuisibles de catégorie I (espèces non indigènes invasives). Une mesure de précaution qui, en l’occurrence, s’est révélée nécessaire car s’il était efficace, l’empoisonnement n’était pas sélectif et détruisait de nombreux animaux sauvages utiles ainsi que des animaux domestiques ayant eu accès aux appâts empoisonnés. Désormais ne sont plus utilisés que les tirs de régulation – dans le cadre d’une réglementation stricte** – et surtout le piégeage qui, au moyen de cages en métal appâtées par un fruit ou du maïs, donne d’excellents résultats sans risque pour les autres animaux ; les ragondins et les rats musqués piégés sont ensuite immédiatement abattus et leur dépouille envoyée à l’équarrissage.

Malgré le nombre des piégeurs agréés, qu’il s’agisse de professionnels ou de bénévoles regroupés pour la plupart au sein de l’UNAPAF***, les actions de régulation, le plus souvent supervisées par les FREDON*** et les FDGDON***, se révèlent impuissantes à éradiquer une menace qui a trop longtemps été prise à la légère pour que l’on puisse enrayer la propagation de l’animal sur le territoire. Chaque année, ce sont des millions de ragondins et de rats musqués qui sont abattus en France, et malgré cette hécatombe les populations ne cessent d’augmenter. Qu’on le veuille ou non, nous sommes donc condamnés à vivre avec les ragondins et les rats musqués dans les campagnes aux abords des lieux humides. À charge pour les collectivités locales de lutter sans cesse, année après année, pour tenter de limiter le nombre de ces animaux malgré les coûts financiers significatifs que cela fait peser sur leur budget.

Une chose est sûre : ce ne sont pas les enfants qui se plaindront de la présence des ragondins sur notre territoire tant ils sont fascinés par la vue de ces énormes rats débonnaires, aperçus au détour d’un sentier de marais, dans les hautes herbes d’une prairie humide ou sur la rive d’un chemin de halage. Personnellement, j’ai vu des ragondins à plusieurs reprises dans différentes régions de France, les plus nombreux dans les marais de Brière et, en Gironde, dans le delta de l’Eyre et les installations piscicoles du bassin d’Arcachon. Savoir qu’un grand nombre de ces élégants nageurs fera l’objet de campagnes de destruction est un crèvecœur. Certains piégeurs eux-mêmes le vivent mal, mais tous ont le sentiment d’agir pour le bien public en protégeant les écosystèmes et les cultures.

Dommage que les ragondins soient des animaux nuisibles ! 

Il ne s’agit pas d’une plaisanterie : la viande de ragondin est très prisée dans l’Ouest du pays, notamment de la Vendée à la Gironde, sous la forme de pâtés, de terrines et de rillettes. Il existe même du pâté de ragondin au cognac en Charente.

** Le tir des ragondins et des rats musqués est autorisé, uniquement de jour, au propriétaire muni du « permis de chasser » en cours de validité, ou par délégation écrite à une personne titulaire du permis.

*** UNAPAF : Union nationale des associations de piégeurs agréés de France. Les FREDON et FDGDON sont les Fédérations régionales et départementale de défense contre les organismes nuisibles.

Ce texte est une reprise complétée et actualisée d’un article de mars 2009.

 

par Fergus
lundi 6 janvier 2020

 

À lire également à propos d’espèce invasive :

Perruches : faut-il craindre un « grand remplacement » ? (3 décembre 2019)

Le virus Zika va-t-il s'installer en Europe ?

Un troisième habitant du Var a été touché. Le virus serait donc bien capable de circuler dans nos contrées, même s'il ne s'agit pas d'une épidémie.

 
 

un pistolet utilisé par les pompiers pour détruire les nids de frelons asiatiques sans danger

 

Depuis un an, les pompiers de l'Indre utilisent un pistolet insecticide longue portée pour détruire les nids de frelon jusqu'à 30 mètres en hauteur. Une intervention sans avoir besoin de la grande échelle et sans danger. Le test est concluant.

Un pistolet insecticide longue portée utilisé pour détruire les nids de frelons asiatiques sans danger
Un pistolet insecticide longue portée utilisé pour détruire les nids de frelons asiatiques sans danger © Maxppp - PHOTOPQR/PRESSE OCEAN

Châteauroux, France

C'est l'arme qui devrait  révolutionner la lutte contre le frelon asiatique : le PILP, le pistolet insecticide longue portée ! Il permet d'attaquer les frelons à distance depuis le sol et donc sans déployer de grande échelle. Après un an d'expérimentation d'un premier prototype, les tests sont concluants : le département de l'Indre veut généraliser son usage.

 

Jusqu'à 2 000 euros l'unité

"Avec un pistolet, c'est traité en 30 minutes avec seulement deux hommes. Alors que sans, ça mobilise 4 sapeurs pompiers pendant plus d'une heure avec le déploiement de la grande échelle", témoigne le colonel David Sarrazin, directeur adjoint des pompiers de l'Indre. Le coût de ce pistolet n'est pas neutre : entre 1 700 et 2 000 euros. En équiper tous les centres de secours du département, c'est-à-dire une soixantaine de pistolets, représentera un budget conséquent. 

Mais sur le long terme, cela permettra de faire des économies. "Lorsque les pompiers vont faire des interventions difficiles, ça peut coûter plus de 400 euros. Et _quand on sort la grande échelle, ça peut grimper jusqu'à 700 euros_", explique Serge Descout, le président du conseil départemental de l'Indre. "On voulait quelque chose de pratique. On envoie une petite rafale de billes et le problème devrait être réglé. Des économies, une efficacité redoublée et ça soulagera nos pompiers qui n'auront pas à se déplacer dans tout le département", conclut Serge Descout.

Jura : le seul fabricant de cochonnets en France menacé par la pyrale du buis

La chenille dévore les buis qui servent à fabriquer les cochonnets.

 

Intoxication alimentaire : faut-il avoir peur du datura  ?

Cette plante invasive toxique peut se retrouver dans la farine de sarrasin ou les haricots verts. Retour sur les causes et les limites d'une contamination.

Une fleur de Datura stramonium. La plante est toxique, mais les consequences sont en general sans gravite.

Une fleur de Datura stramonium. La plante est toxique, mais les conséquences sont en général sans gravité.

 

Changement climatique: gare aux insectes ravageurs

Les insectes nuisibles se reproduisent plus et mangent plus quand il fait chaud. Une mauvaise nouvelle pour les cultures.

Une conséquence peu étudiée du changement climatique est que la hausse des températures devrait stimuler la croissance des insectes... et donc des nuisibles qui dévorent les cultures comme le maïs, le riz et le blé.

Des chercheurs de l’Université de l’Etat de Washington en concluent, dans une étude parue jeudi dans la revue Science, que la production agricole mondiale verrait son rendement réduit, car une caractéristique physiologique universelle des insectes est qu’ils mangent plus quand il fait plus chaud.

En outre, dans les régions tempérées, la hausse des températures va également faire se reproduire plus vite les insectes, les deux effets se cumulant.
"Il y aura plus d’insectes, et ils mangeront plus", dit en résumé Curtis Deutsch, l’un des auteurs de l’étude, professeur d’océanographie à l’Université de Washington.

La France en première ligne

La France, l’Europe et les Etats-Unis, grands producteurs de céréales, seront plus touchés que les pays des régions tropicales, comme le Brésil ou le Vietnam, où les insectes profitent déjà au maximum des conditions météorologiques, poursuit-il.

Evaluer la perte agricole supplémentaire est un exercice difficile auquel les chercheurs se sont néanmoins livrés, en simulant l’impact d’une hausse de température de 2 degrés Celsius sur le métabolisme des insectes et en calculant l’appétit supplémentaire ainsi engendré.
Cela ne prend pas en compte une utilisation supplémentaire de pesticides ou d’autres changements pour prévenir ces ravages.
Pour la France, ils estiment que la perte actuelle due aux insectes représente 6,6% de la production pour le maïs, et que cette perte passerait à l’avenir à l’équivalent de 9,4%.

L'âge d'or du puceron russe du blé

Une espèce invasive devrait particulièrement en profiter: le puceron russe du blé.
Ce puceron vert d’un ou deux millimètres a colonisé les Etats-Unis dans les années 1980 et s’attaque au blé et à l’orge.
L’insecte est particulier: on ne trouve que des femelles. "Ces insectes naissent déjà enceintes de leurs filles, chacune étant déjà enceinte de petites-filles", explique Scott Merrill, expert des insectes à l’Université du Vermont.

Chaque femelle peut donner naissance à huit filles par jour... à multiplier par huit pour le nombre de petites-filles... "Je vous laisse imaginer à quel rythme la population de ces pucerons peut exploser".
"Un ou deux pucerons peuvent donner naissance à des milliards si les conditions sont idéales", poursuit-il. "C’est dingue".

Jusqu’à présent, c’est principalement l’effet du réchauffement climatique sur le développement des plantes qui avait été étudié. Curtis Deutsch espère que ces travaux inciteront plus de scientifiques à s’intéresser à l’effet sur les insectes dans des régions particulières.

Le virus Usutu frappe en France pour la première fois

Transmis par la piqûre d'un moustique banal, le Culex, un premier cas d'infection humaine au virus Usutu a été diagnostiqué à Montpellier.

 

Le mois dernier, une équipe de chercheurs français a publié une inquiétante découverte dans la revue scientifique américaine Emerging Infectious Disease : les scientifiques ont constaté un cas d'infection humaine par le virus Usutu (Usuv), à Montpellier, dans l'Hérault. L'homme diagnostiqué, âgé de 39 ans, avait été piqué en 2016 par un moustique Culex, c'est-à-dire le moustique commune que nous connaissons tous. Il était venu consulter pour une paralysie faciale, des fourmis dans les membres et des problèmes moteurs.

"Il est arrivé avec une paralysie faciale. Son côté droit du visage ne pouvait plus bouger. Il avait des fourmis dans tous le corps et du côté droit principalement et des petits déficits moteurs. Un tableau assez atypique pour une paralysie faciale classique" a témoigné sur France 3 Olivier Sillam, le neurologue du CHU Montpellier qui s'est occupé de ce patient. Il a aujourd'hui récupéré toutes ses facultés.

 

Quels sont les symptômes de l'Usutu?

Ce virus tropical, qui attaque le système nerveux, n'avait jamais été observé en France. D'origine africaine (Sénégal, Nigeria, Ouganda, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Maroc...), l'Usutu touche surtout les oiseaux migrateurs et les rapaces, selon le site spécialisé Pourquoi docteur.

Formellement identifié pour la première fois en Afrique du Sud en 1959, dans le Swaziland près de la rivière Usutu (d'où son nom), le virus circulerait en France, en Occitanie (ex-Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées), depuis 2015. Le virus se transmet des oiseaux aux hommes via le moustique Culex, mais a priori pas d'homme à homme.

"Si vous m'aviez posé la question il y a un an et demi, je vous aurais répondu que non, assurément. Mais depuis, on s'est aperçus que le virus Zika se transmet aussi bien par les piqûres de moustique, que par voie sexuelle, il est donc difficile de vous répondre. En fait, on l'ignore encore, car on ne connaît pas assez le virus Usutu" estime ainsi le Dr Yannick Simonin, enseignant-chercheur de l'université de Montpellier, dans les colonnes de l'Express.

Il provient de la famille des flavivirus, comme Zika ou la dengue.

Comment reconnaître un Culex ?

Les moustiques Culex sont les moustiques prédominants en France métropolitaine. Le moustique commun, que nous connaissons tous, est une sous-espèce de Culex, le Culex pipiens. D'autres sous-espèces de Culex sont vecteurs de maladies importantes, telles que la fièvre du Nil occidental, l'encéphalite japonaise ou le paludisme aviaire.

Quel est le rôle du réchauffement climatique ?

L'arrivée en France de Usutu témoigne de l'importance du réchauffement climatique au niveau de la propagation des virus d'origine tropicale et de leur installation dans des pays comme la France. D'autres cas (encéphalites ou méningo-encéphalites) ont déjà été constatés ces dernières années en Europe, trois en Croatie et une dizaine en Italie. 

D'après l'Inserm, seuls 26 cas d’infection humaine par Usutu ont été rapportés en Europe. Un chiffre très certainement sous-estimé selon le Dr Simonin, du fait de l’inexistence de tests de détection commerciaux mais aussi de la méconnaissance générale des symptômes qui y sont associés.

Espèces invasives en France: Le goujon asiatique décime les espèces locales

ENVIRONNEMENT Introduites accidentellement par l'homme, ou volontairement mais sans réfléchir aux conséquences, les espèces invasives sont l'un des premiers facteurs de perte de biodiversité dans le monde. Y compris en France...  Exemple dans l'Hérault avec le goujon asiatique...

La trace en Europe du goujon asiatique remonte aux années 1960, après son introduction de façon artificielle dans les aquacultures des pays de l’ancien bloc soviétique.

« Il s’agissait d’un programme de culture de carpes chinoises, détaille Rodolphe Gozlan, directeur de recherche à l’IRD (Institut de recherche pour le développement), qui travaille depuis 20 ans sur cette espèce invasive. Avec elles sont arrivés les goujons asiatiques, de petits poissons présents au milieu des stocks de carpes. Et ces goujons ont été à leur tour commercialisés comme poisson fourrage pour d’autres espèces carnassières comme les brochets ».

Espèce invasive préoccupante pour l’UE

Désormais présent dans de très nombreux cours d’eau en France métropolitaine et notamment dans l’Hérault, le goujon asiatique est listé par l’Union européenne comme une espèce invasive préoccupante.

Il est porteur sain d’un agent pathogène qui cause des ravages parmi les autres poissons. « Toutes les études ont démontré que la présence du goujon asiatique a un impact extrêmement fort sur les populations locales qui ont connu un déclin sévère », reprend le spécialiste de l’IRD. Au point que certaines espèces autochtones sont désormais menacées de disparition.

Le saumon lourdement impacté

Au contact du pseudorasbora parva (son nom latin), le taux de mortalité des autres espèces est éloquent : 75 % de mortalité pour la brème commune et le saumon atlantique, 20 % pour la carpe commune ou encore 44 % pour la truite commune.
En plus d’une catastrophe écologique, cette maladie infectieuse pourrait avoir des conséquences économiques, sur les élevages d’esturgeons, par exemple. En revanche, il n’y aurait à ce jour, selon les scientifiques, aucune raison de penser que l’homme puisse être infecté.

Le Royaume Uni a exterminé l’espèce, généralement concentré dans les zones calmes des lacs et des rivières, les eaux stagnantes ou les bras secondaires. La France en est au stade de l’étude. « Elle est en train de mettre en évidence l’ampleur du problème, souligne Rodolphe Gozlan. Elle va permettre une vraie prise de conscience ». Il s’agira ensuite de déterminer les solutions pour le traiter…

 

Jerome Diesnis, 2/05/2018

 

Échinococcose alvéolaire : un renard sur deux est contaminé

Cette maladie parasitaire, transmissible à l’homme, est très présente sur le secteur de Levier mais aussi sur le premier plateau jurassien et alentours, où l’on s’inquiète de son expansion.

 

 

Le cycle du parasite fait intervenir 2 types d’hôtes : des micromammifères (campagnol…), dont le foie est envahi de larves, et le renard, qui se retrouve infecté en les mangeant.

 

 

On l’appelle la maladie du renard car c’est par l’intermédiaire de ses excréments, qui contiennent les œufs du parasite, que l’homme se retrouve accidentellement contaminé. Si chez le rouquin, cela n’entraîne pas de complications, chez l’homme, une prise en charge trop tardive peut conduire au décès.

 

Les larves qui envahissent le foie provoquent une affection qui a toutes les caractéristiques d’un cancer, à laquelle on ne peut répondre aujourd’hui que par une chirurgie et un traitement médicamenteux (albendazole), « qui bloque l’évolution mais ne tue pas le parasite », rappelle Jenny Knapp, du service de parasitologie du CHRU de Besançon, référent en la matière (lire Le CHU Jean-Minjoz de Besançon est le centre national de référence).

Entre trente et quarante nouveaux cas par an

Les chasseurs font partie des plus exposés. Mais plusieurs autres voies de contamination sont possibles : via les végétaux sauvages, le potager ou ses animaux domestiques (chien, chat…).

« Entre 30 et 40 nouveaux cas humains sont détectés par an en France, dont plus de la moitié sur le territoire comtois » qui fait partie de la zone d’endémie. Si on parle plutôt d’épiphénomène (seule une personne sur dix développe la maladie grâce aux défenses immunitaires), l’échinococcose alvéolaire reste placée sous haute surveillance.

D’autant que les renards sont nombreux à être contaminés. Un sur deux serait positif dans le Jura d’après le dernier suivi épidémiologique de l’Entente de lutte interdépartementale contre les zoonoses (ELIZ). La proportion atteindrait 80 % dans le haut Doubs. Une étude a démarré en 2016 pour établir une nouvelle cartographie avec le soutien du Département.

La progression de la maladie sur des territoires qui n’étaient jusqu’ici pas concernés inquiète. L’activité anthropique, qui grignote les terres du renard, serait en cause.

La greffe du foie donne une chance au patient de pouvoir en guérir

Des tirs de nuit

Un arrêté préfectoral a autorisé un prélèvement de renards par tir de nuit dans le Jura de fin 2016 à la mi-avril 2017. « Le fruit de ces analyses montre bien qu’il y a une vraie question sanitaire, surtout dans le questionnement actuel du statut du renard », estime Stéphane Lamberger, directeur de la fédération départemental de chasse, qui n’est pas pour autant « dans un esprit d’éradication, mais plus de régulation de toutes les espèces ».

Pour les chasseurs comme les autorités sanitaires, la solution n’est pas de les tuer. « La forte pression exercée sur leur population au moment de la rage a bien prouvé que cela ne donnait pas les résultats escomptés, contrairement à la vaccination », note Jenny Knapp. C’est d’ailleurs une des pistes évoquées, avec des essais en cours dans des zoos suisses.

Le vermifugeage des renards sur le pourtour des villages est, lui, jugé coûteux et peu concluant s’il n’est pas continu. Ne restent donc que les mesures de précaution, encore les plus efficaces à ce jour.

Selon les données épidémiologiques disponibles pour l'échinococcose alvéolaire3, les facteurs de risque pour l'homme sont (en ordre décroissant) :

  • être propriétaire de chiens qui consomment des petits mammifères : OR=18.0
  • vivre dans une exploitation agricole : OR=6.4
  • être propriétaire de chiens qui rodent sans surveillance : OR=6.1
  • collecter du bois : OR=4.7
  • être agriculteur : OR=4.7
  • mâcher de l’herbe : OR=4.4
  • vivre dans une habitation proche des champs : OR=3.0
  • aller en forêt pour des raisons professionnelles : OR=2.8
  • faire pousser des légumes (racines et feuilles) : OR=2.5
  • être propriétaire de chats qui rôdent sans surveillance : OR=2.3
  • consommer des baies non lavées : OR=2.2

Les modes de transmission d’Echinococcus multilocularis restent mal connus dans leur détail : les œufs du ténia sont dispersés dans l'environnement via les crottes de carnivores contaminés (et pas l'urine) : renards, chiens et chats (bien que ces derniers ne soient pas des hôtes optimaux pour le parasite). Manger des fruits des bois crus, des pissenlits, ou tout autre végétal poussant à ras du sol doit donc être évité car ces aliments sont susceptibles d'avoir été souillés par les excréments. Tel n'est pas le cas des produits végétaux poussant à plus de 30 cm de hauteur

Une nouvelle solution pour éradiquer la pyrale du buis

 

Le Cuiselien Gilles de Courtivron teste une nouvelle solution pour éradiquer la pyrale du buis, ce papillon invasif qui s’attaque à la plante et la fait mourir. Depuis le début de la semaine, il a installé des bassines d’eau mélangée à du liquide vaisselle qu’il éclaire pendant la nuit. « Ça les attire et ils se noient dedans », explique-t-il. La première nuit, il en a ainsi pris entre 200 et 300, « contre 4 dans le piège à phéromone », assure celui qui est aussi administrateur des parcs et jardins de Bourgogne.

 

Aurélie Bidaut

 

 

La culture de la noix de coco est en danger

 

Difficile d’imaginer les Caraïbes sans noix de coco. Là-bas, les cocotiers sont emblématiques. Pourtant, à l’heure où se développent de nouveaux produits autour de ce fruit plein de bienfaits, sa culture est durement touchée par la maladie de la jaunisse létale des palmiers. Les centaines d’espèces différentes ne pourront peut-être pas toutes être sauvées de la disparition.

 

Alors que l'appétit pour les noix de coco ne cesse de croître dans le monde -- le prix de son huile a augmenté de 50 % en un an, Rihanna et Matthew McConaughey ont investi dans son eau, dont ils vantent les vertus, d'autres s'intéressent à celles de son lait, etc. --, les producteurs, tout particulièrement dans les Caraïbes, rencontrent de plus en plus de difficultés à répondre à la demande qui explose.

En effet, les nombreuses petites fermes doivent faire face, d'une part aux tempêtes et sécheresses qui sévissent régulièrement et, d'autre part, à un mal conquérant et dévastateur : le jaunissement mortel du palmier (ou jaunisse létale des palmiers), propagé par des insectes. Ainsi, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), les plantations ont globalement diminué de 17 % dans cette région depuis 1994. Pour certains fermiers, la production s'est même réduite de 60 % durant ce laps de temps et il est souvent bien difficile pour eux de réinvestir, en contrepartie, dans de nouvelles plantations. De plus, cela n'affecte pas que les quantités des noix mais aussi leur qualité.

Conserver les graines des espèces menacées

 

Sur le long terme, plusieurs acteurs de la filière sont inquiets, et pas seulement aux Caraïbes. Le problème majeur est la diversité des espèces (voir quelques exemples dans l'illustration ci-dessus) en danger de disparition. La menace est bien réelle car il est très difficile de conserver les graines pour la postérité dans les grandes banques prévues à cet effet.

Concrètement, les noix de coco sont elles-mêmes les semences et sont gorgées d'eau. Pour conserver les gènes des différentes espèces de palmiers, le seul moyen est de garder des spécimens en vie, comme cela est fait au sein de cinq banques dans le monde. Malheureusement, elles aussi sont exposées à cette maladie du jaunissement ; d'ailleurs, deux d'entre elles sont déjà touchées. Il faudrait en ajouter d'autres mais cela demande beaucoup d'espace et donc d'argent... Sans oublier qu'il faut cinq ans pour qu'un palmier soit mature et que sa pollinisation par l'Homme pour garantir la diversité est laborieuse.

Finalement, la solution pourrait venir de la cryogénisation des embryons. Pas plus gros que des grains de riz, ceux-ci pourraient permettre de perpétuer les espèces. Dans cet objectif, des chercheurs ont récemment réussi à les décongeler et à en tirer des plants. Toutefois, « si vous prenez 200 embryons, vous obtenez à la fin seulement 10 ou 20 noix de coco, explique Roland Bourdeix, spécialiste des noix de coco et généticien au Cirad. Nous avons encore du travail à faire sur cette méthode ».

La punaise diabolique déferle sur la France

Cet insecte originaire d'Asie prolifère dans l'Hexagone. Après avoir conquis Paris, il se tourne vers nos régions. Chronique d'une invasion silencieuse.

 

 

En 2012, durant la rédaction d'un ouvrage sur les hémiptères de France (des insectes qui sont pourvus d'un rostre piqueur : punaises et autres pucerons), je découvrais une nouvelle espèce invasive en plein Paris, au cœur du Jardin des plantes. Halyomorpha halys est une grosse punaise hémiptère pentatomidae grise (jusqu'à 1,7 cm) originaire d'Asie (Chine, Corée, Japon) qui est partie envahir le monde depuis une vingtaine d'années, via les transports et activités humaines.

En septembre 2016, je trouvais à nouveau cette espèce dans un square parisien du 5e arrondissement : à l'état de larve, ce qui signifie qu'il y a reproduction. Il s'agit, à Paris, d'une invasion peu spectaculaire malgré la grosse taille de l'insecte et son manque de discrétion à l'automne, où elle cherche à entrer dans les maisons. C'est ce comportement qui lui a donné son nom de « diabolique », également à cause de ses redoutables capacités de ravageur de cultures diverses. Il ne faut pas la confondre avec sa cousine, la punaise des lits Cimex lectularius, elle aussi bien « diabolique » par d'autres aspects (hématophage, allergène et tenace…) ; mais c'est une autre histoire.

À l'assaut des États-Unis et de l'Europe

Après la découverte surprenante de cet insecte, je découvrais qu'elle avait également été détectée à Strasbourg où elle semble également se plaire. C'est d'abord en Suisse que cette espèce a été trouvée en Europe vers 2010. Depuis 2012, elle a été repérée dans plusieurs pays européens, notamment au sud (Italie, Grèce), puis en Hongrie. Elle commence à apparaître dans le sud de la France où je l'ai repérée pendant l'été 2015 (Var, Monaco, Menton). Cela, notamment, grâce à des initiatives de sciences participatives où le public s'investit. En automne 2015, des dizaines d'individus ont été observés au Jardin des plantes, larves et adultes, puis dans les bâtiments.

Mais c'est aux États-Unis (depuis 2001, aujourd'hui dans 41 États) et maintenant au Canada que cette espèce a défrayé la chronique. Ce sont les Américains de la côte est qui ont qualifié de diabolique cette espèce (« wicked bug ») : elle y détruit des récoltes (pommes, poires et cultures maraîchères comme tomates, poivrons, etc.). Elle horrifie les habitants quand elle cherche, à l'automne, à se réfugier dans les maisons. Parfois, il y a des milliers d'individus dans un bâtiment. Elle est heureusement inoffensive, mais des images et vidéos inquiétantes circulent sur Internet, et une économie se développe pour lutter contre elle, dans les habitations ou dans les cultures.

« City lover »

Halyomorpha halys est une grosse punaise très polyphage (plus de 120 plantes hôtes, dont un très grand nombre d'espèces cultivées et ornementales) : c'est donc un ravageur sérieux de nombreuses cultures, notamment fruitières. Elle s'attaque à tous les organes végétatifs et provoque des dégâts importants sur les fruits. L'une de ses caractéristiques est d'apprécier les zones urbaines, les jardins, et, en hiver, de se réfugier dans les habitations, quelquefois en masse. Aux États-Unis, c'est une véritable nuisance : en plus des dégâts aux cultures, des cas d'allergies ont été signalés. Des programmes de lutte biologique à l'aide de parasitoïdes sont à l'étude ou encore l'utilisation de phéromones pour les attirer.

Nous n'en sommes pas encore là, mais la question se pose sur les moyens d'action contre cet insecte. D'ores et déjà, l'Anses a émis quelques préconisations, relatives notamment à l'information. Quant à l'Inra, elle a lancé un programme d'inventaire participatif, de même que l'Inventaire national du patrimoine naturel avec le Muséum national d'histoire naturelle (INPN/MNHN). Mais bien peu de publicité a été faite à cette invasion silencieuse.

Une invasion silencieuse

 

Il n'est probablement pas possible d'agir véritablement, mais au moins la vigilance et l'information doivent être de mise, comme le souligne le rapport de l'Anses. En Italie, pas moins de deux colloques réunissant scientifiques et agronomes ont été consacrés à cette espèce en 2015, avec une enquête participative en 2013, dès la détection de l'espèce.

Pourquoi est-ce si important ? Une espèce invasive est une espèce qui étend relativement brusquement son aire de répartition et qui s'ajoute à la faune locale, voire la remplace. À défaut d'un plan d'action (éradication ou contrôle), souvent difficile à mettre en œuvre, informer sur la progression est la meilleure solution. Elle implique une vigilance et une anticipation éventuelle des nuisances potentielles. Surtout, elle permet d'éviter de mauvaises décisions : mauvaises identifications, traitements pesticides intempestifs inutiles, etc.

Sans information, pas de détection, ou alors fortuite (mais qui chasse et étudie les insectes dans les villes ?). Il est alors difficile de connaître la répartition véritable de ces « aliens ». Il ne faut pas oublier non plus que les déplacements d'espèces sont aussi naturels, par exemple à la faveur de changements climatiques : la notion d'espèce invasive n'est pas toujours simple.

Importance de la taxonomie

L'histoire de la punaise diabolique permet de mettre l'accent sur l'histoire naturelle et la taxonomie. La connaissance des organismes qui nous entourent ne doit pas être abandonnée. Que ce soit dans le milieu naturel, cultivé, ou dans le cadre de la nouvelle écologie urbaine, elle est nécessaire pour rester vigilant, pour reconnaître des espèces d'intérêt médical ou agronomique (on parle de biosécurité). N'abandonnons pas la taxonomie et la systématique au profit des approches strictement moléculaires où le biologiste passe plus de temps devant son ordinateur que sur le terrain…

 

*Romain Garrouste est chercheur à l'Institut de systématique, évolution, biodiversité (UMR 7205 MNHN-CNRS-UPMC-EPHE), Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) – Sorbonne Universités.

Pourquoi vous risquez bientôt de devoir payer votre jus d’orange plus cher

 

CONSOMMATION La production est au plus bas depuis un quart de siècle...

 

C’est une mauvaise nouvelle qui se profile pour le portefeuille des amateurs de jus d’orange. Ils risquent bientôt de le payer plus cher. Cité par Le Figaro ce mercredi, président d’ Unijus, l’interprofession des jus de fruits frais, explique que « les cours du concentré du jus d’orange ont augmenté de 30 % en un an sur les marchés internationaux ». Résultat, « si la filière répercute la hausse du concentré de jus d’orange, cela risque de se traduire par une hausse de 10 à 15 centimes du litre dans les rayons », estime Emmanuel Vasseneix.

L’offre ne suffit plus à répondre à la demande

Et Les Echos rappellent que si la consommation de jus d’orange est « déclinante », les pertes de production au niveau mondial sont telles aujourd’hui que depuis deux ans l’offre ne suffit plus à répondre à cette demande. En effet, la production d’orange est en chute libre, au plus bas depuis un quart de siècle.

>> A lire aussi: Les Français consomment toujours moins de jus de fruit

La « maladie du dragon jaune » pointée du doigt

La faute à la « maladie du dragon jaune », une bactérie transmise par un insecte qui fait tomber les fruits prématurément et les rend impropres à la consommation. Elle frappe notamment le Brésil, premier producteur et exportateur de jus d’orange au monde. Selon Les Echos, la production devrait fondre de 11 %. Et cette situation touche aussi la Floride, la deuxième région productrice du monde. D’après les chiffres de l’Université de Floride repris par l’agence Bloomberg, la « maladie du dragon jaune » a entraîné pour l’industrie des pertes de revenus de 7 milliards de d’euros entre 2006 et 2014.

La Commission européenne publie la liste des espèces invasives à combattre

 

La grenouille taureau et le ragondin, l’ibis sacré et le raton laveur, les deux « jussies », la jacinthe d’eau ou encore le myriophylle du Brésil… Après des mois d’attente, la Commission européenne a publié, mercredi 13 juillet, la liste des 37 « espèces exotiques envahissantes » contre lesquelles les Etats membres vont devoir agir.

 

D’ici à vingt jours, les Vingt-Sept vont devoir commencer à appliquer le règlement européen, officiellement entré en vigueur le 1er janvier 2015, mais qui restait lettre morte faute de cibles établies, qui prévoit d’interdire l’importation, la vente, la reproduction, la culture ou l’élevage de ces animaux et végétaux qui menacent la biodiversité.

Lire notre enquête : Espèces invasives : la guerre est déclarée

La Commission l’a en effet souligné. Il ne s’agit pas de déclarer la guerre aux quelque 12 000 plantes, animaux, champignons ou micro-organismes installés sur le territoire européen sans en être originaires. La plupart d’entre elles ne menacent aucunement la biodiversité – tomates, pommes de terre, vaches ou moutons ne manifestent aucun caractère expansif.

Coût de 12 milliards d’euros par an

Mais environ 15 % entrent en compétition avec les espèces allogènes et privent celles-ci de leurs ressources naturelles (nourriture, oxygène, lumière…), quand elles ne leur transmettent pas des maladies mortelles. Pour peu qu’elles disposent d’une forte capacité d’adaptation et d’une reproduction performante, elles peuvent constituer un réel danger. La première menace à la biodiversité demeure la destruction que l’homme fait subir aux espèces sauvages, rappelle l’Union internationale pour la conservation de la nature, suivie par leur surexploitation (chasse, pêche). Mais les invasions biologiques occupent la troisième place dans ce triste palmarès.

 

En outre, « certaines espèces de plantes et d’animaux peuvent endommager les propriétés, les récoltes et les moyens de subsistance, donc elles doivent être tenues à l’écart lorsque c’est possible, ou à défaut contrôlées, a déclaré le commissaire à l’environnement, Karmenu Vella. Cela doit être réalisé à l’échelon européen, car ces espèces invasives ne s’arrêtent pas aux frontières. Et nous ne pouvons ignorer un phénomène qui nous coûte 12 milliards d’euros par an. »

Une facture particulièrement élevée, qui inclut à la fois les manques à gagner et les mesures d’ores et déjà entreprises par les Etats membres. La Commission, qui considère que huit nouvelles espèces menaçantes s’installent chaque année sur le continent, estime que d’ici à quatre ans les économies réalisées grâce au nouveau règlement dépasseront le coût des mesures à entreprendre.

Longues tractations sur le choix des espèces

Quatorze espèces végétales, quatre d’écureuils et cinq d’écrevisses… La liste des 37 – dont 22 installées en France – est longue. Elle couvre tous les milieux : l’eau, le ciel et la terre. Elle n’a pourtant pas fait l’unanimité. En décembre, le Parlement européen avait ainsi officiellement dénoncé la timidité de la Commission et lui avait demandé de revoir sa copie. Bruxelles a refusé. Il faut dire que son choix avait fait l’objet de longues tractations, chaque Etat souhaitant défendre ses intérêts propres.

Le Danemark est parvenu à écarter le vison américain du catalogue : certes, il menace le vison européen, mais il constitue un élément central de la prospère filière de la fourrure dans ce pays. De même, la Hongrie ne voulait pas voir inscrit le robinier faux-acacia, aussi important pour sa sylviculture que pour ses producteurs de miel. Elle a obtenu gain de cause.

La renouée du Japon a elle aussi été épargnée : plusieurs Etats membres ont fait observer que la plante était déjà si largement implantée qu’il était inutile de se fixer des objectifs ruineux, voire impossibles.

Les Etats membres ont également choisi de se limiter aux espèces menaçantes pour la biodiversité. Le moustique tigre – vecteur de la dengue, du chikungunya et de Zika – ou l’ambroisie à feuilles d’armoise, responsable de terribles allergies, ne figurent pas sur la liste.

Lire aussi : Les « Aedes », moustiques à haut risque

Aussi envahissants soient-ils, ils ne semblent pour l’heure pas mettre en péril d’autres espèces animales ou végétales. « Cette première liste sera amendée, a précisé le commissaire européen à l’environnement, et des travaux ont déjà commencé afin de prendre en compte certains cas épineux. » Le règlement prévoit en effet une mise à jour dans six ans.

Des programmes de détection précoce dans les ports et les aéroports vont donc devoir être rapidement mis en place. Les animaleries et les magasins de plantes seront surveillés, mais aussi les zoos et autres cirques qui présentent au public certains des animaux visés. Des opérations d’éradication seront lancées, lorsque c’est possible ; à défaut, de gestion et de contrôle. Ce qui pourrait se révéler parfois délicat. Si personne n’ira manifester pour défendre le frelon asiatique, l’élimination de l’adorable raton laveur ou de certains écureuils qui gambadent dans les parcs européens risque, elle, de ne pas passer inaperçue.

Lire aussi : Le raton laveur, sympathique mais destructeur

Les 37 espèces indésirables

Voici la liste des 37 espèces exotiques envahissantes contre lesquelles les pays de l’Union européenne vont devoir prendre des mesures de protection et de lutte. En italique, les espèces présentes en France.

Végétaux

Baccharis à feuilles d’arroche, berce de Perse, berce Sosnowski, cabomba de Caroline, faux arum, grand lagarosiphon, grande camomille, hydrocotyle fausse-renoncule, jacinthe d’eau, jussie à grandes fleurs, jussie rampante, kudzu, myriophylle du Brésil, renouée perfoliée.

Animaux terrestres et amphibiens

Coati roux, écureuil à ventre rouge, écureuil fauve, écureuil gris, grenouille taureau, ibis sacré, mangouste de Java, muntjac de Reeves, ragondin, raton laveur, tamia de Sibérie, tortue de Floride.

Oiseaux et insectes

Corbeau commun (ou corneille de l’Inde), érismature rousse, frelon asiatique, ibis sacré.

Poissons et crustacés

Ecrevisse américaine, écrevisse de Californie, écrevisse de Louisiane, écrevisse des marais, écrevisse virile, perche soleil, pseudorasbora.

 

 

Le très venimeux poisson-lion prêt à envahir la Méditerranée

L'espèce d'origine tropicale, fléau des mers, est dangereuse pour les écosystèmes et les économies locales. Pire que tout : sa piqûre peut tuer.

 

 

 

Ne vous fiez pas à ses jolies couleurs de poisson tropical, avec ses rayures marron/rouge et blanc/jaune, ni à ses élégantes nageoires en éventail. Le Pterois miles ou poisson-lion, une espèce de rascasse originaire de l'océan Indien et du Pacifique, est doté d'un véritable arsenal d'épines empoisonnées (13 sur le dos, 4 sur le ventre). Extrêmement venimeux, sa présence décourage à juste titre celle des touristes : la piqûre du poisson-lion cause des réactions allergiques dangereuses, voire fatales ! Problème : il arrive en Méditerranée et pourrait bien devenir l'espèce dominante en quelques années, comme il l'a déjà fait dans d'autres eaux.

L'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) a confirmé que Pterois miles, ou poisson-lion, avait été observé au large de la Turquie et de Chypre. Les craintes de voir l'espèce envahissante et agressive menacer les écosystèmes locaux sont réelles, puisqu'elle s'est développée en cinq ans dans les Antilles, détruisant l'équilibre de l'écosystème marin local après avoir été introduite accidentellement vers 2007. "Cette espèce peut entraîner un impact négatif considérable aussi bien sur les écosystèmes que sur les économies locales", explique le docteur Carlos Jiménez du Cyprus Institute, l'expert en la matière cité par l'IUCN.

Un prédateur ultime

Exclusivement carnivore, le poisson-lion est très agressif et attaque directement les autres espèces. Prédateur ultime, sa technique de chasse est terrifiante : pour attraper ses proies, le poisson-lion déploie ses nageoires pectorales en grand, nage après les poissons, crée ainsi une dépression et les aspire avec son immense gueule. Pouvant atteindre les 50 centimètres, il n'a pas de prédateurs, les requins hésitant à l'attaquer. Capable de se positionner au sommet de la chaîne alimentaire, ses femelles peuvent pondre jusqu'à 30 000 œufs tous les 4 jours, et ce toute l'année.

Baigneurs et plongeurs des eaux méditerranéennes pourraient vivre un calvaire, comme leurs collègues antillais et américains. Les poissons-lions ne s'attaquent pas directement à l'homme en principe, mais leurs épines empoisonnées peuvent faire des dégâts. Les piqûres déclenchent des douleurs qui peuvent durer plus de 24 heures, ainsi que des malaises, fort dangereux lorsque l'on est dans l'eau. Aux dommages écologiques s'ajoutent les pertes économiques puisque la présence du poisson-lion diminue les populations de mérous et d'autres espèces pêchées et commercialisées.

Leur goût exquis pourrait aider à leur régulation

Les premiers poissons-lions ont été aperçus dès 1991, au large d'Israël. Et plus récemment le long des côtes libanaises et tunisiennes, d'après UICN. Selon une étude suédoise datant de 2011, plus de 900 espèces exotiques ont déjà commencé à coloniser la Méditerranée, dont des espèces toxiques comme le Fugu, qui secrète de la tétrodotoxine, une substance potentiellement mortelle pour l'homme. Passant par le canal de Suez, les espèces les plus agressives trouvent en Méditerranée un nouveau terrain de chasse où s'épanouir et où elles peuvent devenir dominantes.

Seule bonne nouvelle dans ce tableau bien sombre, les poissons-lions ont un point faible : leur goût. Si vous vous donnez la peine de les pêcher et d'ôter non sans peine leurs terribles dards, leur chair délicate ne vous décevra pas. Aux Antilles, plusieurs chefs en proposent dans leur menu, en carpaccio, en accras, en brochettes ou en papillote. Une belle manière de joindre l'utile à l'agréable dans cette lutte contre ce poisson plus sympathique dans l'assiette que vivant.

 

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