Suisse niouzes

Publié le par ottolilienthal

Quand la Suisse réimporte ses propres montres de luxe

 

Ils ont travaillé et cotisé en Suisse, mais habitent en France. Conséquence ? Une fois au chômage, ces frontaliers sont indemnisés par l'État français.

 

 

Quand le malheur des uns... fait le malheur des autres ! Alors que le taux de chômage en Suisse a atteint son plus haut niveau depuis mars 2010 (3,8 %), la France se retrouve à payer les pots cassés. C'est ce que révèle Le Figaroce mercredi. La raison ? La hausse du nombre de demandeurs d'emploi concerne principalement les travailleurs français. Comme le note le quotidien, le taux de chômage dans le canton de Genève (5,8 %) dépasse largement la moyenne nationale. Jean-François Besson, secrétaire général du Groupement transfrontalier européen, chiffre d'ailleurs le nombre de frontaliers chômeurs à 14 000.

Or, ces demandeurs d'emploi - qui habitent en France, mais qui ont cotisé en Suisse - se retrouvent indemnisés par l'assurance chômage française. En cause ? Une convention entrée en vigueur en 2009 et signée entre les deux pays voisins. Selon l'accord, la Suisse doit prendre en charge les six premiers mois d'indemnisation à condition que Pôle emploi en fasse la demande. Passé ce délai, la totalité de la dépense revient à la France.

Une indemnisation basée sur les salaires suisses

Et l'addition est d'autant plus salée, que le montant de l'indemnisation repose sur le salaire suisse, « supérieur de 75 % en nominal », précise Le Figaro, citant une étude de l'Insee. Si l'accord négocié en 2009 est particulièrement favorable pour l'État helvète, c'est aussi parce que la France prend en charge les allocations chômage des Suisses résidant en France. Pourtant, les choses n'ont pas toujours été aussi déséquilibrées. La précédente convention, signée en 1978, semblait bien plus avantageuse pour la France puisque la Suisse devait reverser les cotisations chômage qu'elle collectait sur les salaires des frontaliers.

Face à ce constat plutôt surprenant, une question se pose : comment la France a-t-elle pu se résoudre à signer un tel accord ? « Il y a eu des négociations en 2009 sur des accords bilatéraux de libre circulation des personnes entre la Suisse et l'Union européenne. Les Suisses en ont profité pour faire passer en arrière-plan cette nouvelle convention. Malgré nos alertes, il n'y a pas eu d'opposition », explique Jean-François Besson, qui ajoute que « les Suisses sont de meilleurs négociateurs que les Français ». Seul espoir pour la France : la convention pourrait être remise en cause puisque les Suisses entendent revenir sur la libre circulation.

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