l'affectif règne, les superstitions rôdent..

Publié le par ottolilienthal

Petite compilation (en cours) de réflexions de commentateurs de l'excellent blog de Mathieu Auzanneau..édifiant !

à une époque où l’affectif règne, les superstitions rodent, vous n’avez aucune chance de convaincre même si vous arriviez à être entendu.

Faites une étude sémantique des media dits « sérieux » et vous verrez sans peine l’usage surabondant de qualificatifs, voir épithètes, pour étayer des condamnations morales

Faites une expérience simple dans votre entourage basée sur le nombre des victimes des terrorismes en Union Européenne + Norvège: à la louche pas plus de 500 dans les 10 dernières années.
Comparez ça aux morts dues au charbon, aux accidents de la route, et vous allez vous faire lyncher.

@ Philippe, vous avez raison, si vous parlez de façon générale de rayonnements nucléaires et non de centrales nucléaires. Le recensement est difficile à faire: dans les cinquante dernières années, j’ai trouvé pour le monde à 250 à 300 morts, soit 5 à 6 en moyenne par an, par effets déterministes, c’est-à-dire des morts rapides dues sans aucun doute à une forte irradiation, dont approximativement 50 ou 60 au nucléaire civil ( A Tchernobyl, il y en a eu 31). Le reste est dû à des accidents industriels, par exemple des gens passant par inadvertance dans le faisceau de stérilisateurs, et à des erreurs ou des négligences médicales: irradiés d’Epinal, ou source médicale volée par des brocanteurs et mise sur une décharge après en avoir récupéré l’enveloppe métallique extérieure à Goiana au Brésil. Des enfants l’ont trouvée, ont joué avec et l’ont rapportée chez eux!
A titre de comparaison, l’énergie charbon est responsable, non pas de 5 à 6 morts déterministes par an en moyenne, mais plutôt 10 000. Et d’environ 2 millions de morts prématurées par an par effet à long terme (pollution atmosphérique et silicose des mineurs), contre peut-être une centaine en moyenne par an ( en y incluant Tchernobyl) pour l’énergie nucléaire.
Pourtant, si vous faites le ratio des citations internet consacrées aux dangers du nucléaire à celle des citations consacrées aux dangers du charbon, vous verrez qu’il est à l’inverse du ratio des dangerosités réelles.
Il y a là un puissant déni d’objectivité, qui est le choix des médias. Quant à savoir pourquoi, il faudrait leur demander.

En fait les journalistes, qui devraient faire partie des personnes remettant le plus en cause ce qu’ils voient et entendent, semble faire partie au contraire des plus conformistes, à tel point que dans un documentaire d’il y a quelques années, des journalistes de France 2 et d’autres médias disaient explicitement que tout le monde regardait la une du Parisien car c’était ce qu’il fallait suivre.

Entre la course à l’Audimat (où un accident « nucléaire » fait bien plus vendre que la litanie des morts par pollution) et l’air du temps (le nucléaire c’est mal, les éoliennes c’est bien et vive la transition énergétique à la sauce Rifkin), il y a peu de place pour l’analyse raisonnée.

J’ai l’impression que dans les esprits la comparaison se fait instinctivement entre une éolienne et un réacteur nucléaire sans se rendre compte que l’ordre grandeur est de plus de mille éoliennes géantes pour un réacteur nucléaire. Il en est de même pour les accidents provoqués par les éoliennes, dont on sous-estime considérablement l’importance, un peu comme on sous-estime l’importance des accidents de la route sur la mortalité. Un accident futile, dans une centrale nucléaire, çà fait le tour de la terre. Mais qui se préoccupe du nombre de morts dont sont responsables les éoliennes. ll y en a pourtant des dizaines par an, souvent par chute d’un technicien de maintenance, mais aussi par incendies, comme il y a deux ans deux techniciens de maintenance hollandais brûlés vifs dans l’incendie de la nacelle qu’ils réparaient. Un accident similaire a eu lieu l’année dernière en France, mais n’a fait que deux brûlés graves. Imaginez le déchaînement des médias, si çà avait eu lieu à Fessenheim !

« J’ai l’impression que dans les esprits la comparaison se fait instinctivement entre une éolienne et un réacteur nucléaire »

Ce n’est pas qu’une impression, c’est réellement le cas.

D’ailleurs, on constate exactement la même chose (et selon toute vraisemblance, pour les mêmes raisons psychologiques) pour, par exemple, la mortalité dans les transports. Un train (ou un avion) = une voiture (ou une moto).
Par exemple, l’accident de train à Brétigny date d’il y a presque 3 ans (juillet 2013), et il continue à faire l’actualité. Pourtant, cet accident n’a fait « que » 7 morts et 9 blessés graves. Parle-t-on autant des nuits qui font autant de morts (et plus de blessés graves) sur les routes ? (Même l’accident survenu cette semaine, qui a fait 12 morts d’un seul coup, je vous fiche mon billet que dans moins d’un mois, tout le monde l’aura oublié… et même pas par racisme anti-portugais.)

Ceci dit, dans le cas du nucléaire, il y a pire. Parfois, on peut légitimement se poser la question d’une volonté de manipulation de la part des journalistes eux-mêmes pour accentuer gratuitement l’anxiété de leur audience vis-à-vis du nucléaire.

Voyez par exemple cet article de Paris-Match (http://www.parismatch.com/Actu/International/L-employe-d-une-centrale-nucleaire-tue-a-Charleroi-936509 ), qui évoque le cas du meurtre d’un agent de sécurité de l’IRE belge, avec vol de son badge.

Notez que l’IRE, c’est « l’Institut national des radioéléments », donc pas une centrale électronucléaire (cet institut est largement utilisé pour le nucléaire médical). Soit dit en passant, le seul accident nucléaire qui a eu lieu en Europe de l’ouest depuis 30 ans, c’est précisément à l’IRE belge qu’il a eu lieu, en 2006 (donc pour quelque chose qui n’avait rien à voir avec la production d’électricité).
Notez aussi que dans cette affaire de meurtre, le parquet a formellement exclu la piste terroriste (élément que l’article mentionne).

Et pourtant, cela n’empêche pas le journaliste de faire lui-même, dans la foulée, le lien entre ce meurtre et le terrorisme si présent dans l’actualité, et aussi de faire le lien avec une opération de surveillance (menée, soupçonne-t-on, par une cellule terroriste) sur le directeur du programme de recherche et de développement nucléaire en Belgique (opération qui, semble-t-il, n’est pas allée plus loin que cette surveillance vidéo). Pourquoi établir un lien qui, pour le parquet, n’existe pas ?

Normalement, j’ai horreur des théories du complot. Alors je vais éviter de conclure, car autrement je serais vraiment très désagréable envers le journaliste (anonyme…) qui a pondu cet article, qui pourrait passer comme très habile en termes de manipulation du lecteur.

Au sujet du meurtre de l’agent de sécurité de l’IRE; le journal invité par le blog de Matthieu a fait son article cultivant la peur du nucléaire. Publié à 12 H 13, l’article dit que le badge a été dérobé.

Le Dauphiiné Libéré a publié un article à 11 H 38 (http://www.ledauphine.com/france-monde/2016/03/26/un-agent-de-securite-de-site-nucleaire-tue-son-badge-vole) qui indique que « le parquet de Charleroi a toutefois écarté la piste terroriste dans cette affaire, précisant que le badge permettant l’accès à l’Institut des Radios-Elements de Fleurus n’avait pas été dérobé ».
Le Monde (avec un correspondant à Bruxelles) est-il moins bien informé que le Dauphiné Libéré ? Ou bien plus enclin à diffuser une rumeur si elle peut cultiver la peur du nucléaire ?

[Soit dit en passant, le seul accident nucléaire qui a eu lieu en Europe de l’ouest depuis 30 ans, c’est précisément à l’IRE belge qu’il a eu lieu, en 2006 (donc pour quelque chose qui n’avait rien à voir avec la production d’électricité).]

Hors production d’électricité, il y eu plus d’un seul accident nucléaire ces trente dernières années en Europe de l’ouest, on peut déjà en rajouter au moins deux:

– Forbach (1991)
Accélérateur industriel
3 personnes irradiées
(expo globale : environ 1 sievert pour le plus exposé)
Décès de la personne la plus exposée (mars 2007)

– Epinal (2005 – 2007)
Accident de radiothérapie
5 décès

@ Charles Michael, à propos du coût de démantèlement du nucléaire, vous êtes vous un jour posé la question du coût de démantèlement des éoliennes ? Il y a peu d’informations là-dessus. La FED a quand même déniché le devis de démantèlement d’une éolienne de 3 MW: 900 000 euros, sans même extraire du sol le socle, qui je vous le rappelle est plus gros que les casemates du mur de l’Atlantique ! Pour comparer ce coût à celui du démantèlement d’un réacteur nucléaire de 1 GW, il faut comparer à environ 4 GW d’éoliennes ( facteur de charge de 20 % contre 80 % pour le nucléaire, soit en chiffres ronds 1300 éoliennes de 3 MW. Nous arrivons donc pour les éoliennes à 1,2 milliards d’euros !
Or les chiffres cités actuellement pour le nucléaire sont du même ordre, sur la base de réalisations concrètes, car il y a déjà de nombreuses installations nucléaires en cours de démantèlement !
Voilà donc un autre exemple de myopie résultant du parti pris systématique de ne jamais faire d’analyse comparative, ou de la faire sur des bases délibérément fausses.
Quant à la dangerosité de ces déchets pour les populations, il n’est pas du tout évident que les déchets de l’éolien soient moins dangereux que ceux du nucléaire, étant donné que les parties irrécupérables sont mises dans des décharges, ou enfouies superficiellement (un ami Espagnol m’affirme qu’en Espagne c’est ainsi que l’on « stocke » les pales d’éoliennes cassées ou usées, et qu’il y en aurait 70 000 ). Là aussi, un inventaire des pollutions qui en résultent est à faire.

« Pour comparer ce coût à celui du démantèlement d’un réacteur nucléaire de 1 GW, il faut comparer à environ 4 GW d’éoliennes ( facteur de charge de 20 % contre 80 % pour le nucléaire, soit en chiffres ronds 1300 éoliennes de 3 MW. Nous arrivons donc pour les éoliennes à 1,2 milliards d’euros ! »

Si je puis me permettre, vous oubliez un élément important… La durée de vie d’une éolienne et celle d’une centrale nucléaire ne sont pas les mêmes.

Pour les centrales nucléaires, en France, on en est déjà à au moins 40 ans (tandis que les différents EPR à travers le monde sont prévus pour durer au moins 60 ans). Les éoliennes, quant à elles, ont une durée de vie constatée d’en moyenne 20 à 30 ans, soit en gros la moitié (C’est encore moins que cela encore pour les éoliennes en mer, du fait de l’environnement particulièrement corrosif dans lequel elles fonctionnent. Il faudrait vérifier dans quelle mesure la baisse de durée de vie compense le meilleur facteur de charge, mais je n’ai pas ça sous la main. Je vais donc laisser le cas des éoliennes en mer de côté et ne considérer que les éoliennes terrestres.)

Donc, avec votre calcul, à durée de vie comparable, on serait plutôt autour de 2 à 3 milliards d’euros de démantèlement pour les éoliennes. Bagatelle…

@Charles Michael
Ci-dessous une citation d’un des plus grands géologues français du début du 20 ème siècle, Georges de Launay, qui parlait là de la dure condition des mineurs de charbon, à laquelle personne ne s’intéressait hors de leur famille tant qu’ils n’étaient pas victimes d’une catastrophe faisant de nombreux morts, et qui pourtant étaient à la source même de la richesse des autres.
«Nous ne voulons pas faire entendre par-là qu’on exagère l’importance des grands sinistres. Non, au contraire, mais aux nombreux petits accidents, qui, chaque année, font des centaines de victimes parmi les mineurs, on ne fait presque pas attention ou, en tout cas, on attache beaucoup trop peu d’importance. L’esprit public est ainsi fait, qu’il s’apitoie aisément sur cent hommes frappés ensemble par un cataclysme sensationnel et pas du tout sur le même nombre atteint en détail ».

Ceci se vérifie tous les jours. Il y a chaque année 3 000 morts sur les routes en France, et il y en a eu jusqu’à 17 000 avant que l’on ne s’en émeuve ! Mais lorsqu’il y eu un accident provoquant la mort de 7 enfants à un passage à niveau il y a quelques années, le Président de la République s’est déplacé. Il en a été de même lorsque l’année dernière 40 personnes ont été brûlées vives dans la collision d’un car avec un camion. Des messes ont été célébrées et des marches organisées.
On ne peut évidemment pas dénoncer ce comportement, qui est ancré dans notre nature profonde, mais on peut quand même dénoncer, même si cela ne sert à rien, l’injustice profonde qui consiste à ignorer les victimes dès lors qu’elles ne sont pas celles d’une catastrophe.
Ce n’est pas faire preuve de nucléophilie, mais simplement remettre les choses en perspective, au-delà du réflexe émotionnel, que de dénoncer le catastrophisme constant et très organisé qui entoure les discussions sur le nucléaire , et la remarquable indifférence au sujet des morts du charbon, infiniment plus nombreux.Je vais faire un test avec vous : dites-moi quand et où a eu lieu la dernière grande catastrophe dans une mine de charbon, et quel a été le nombre des morts. Surprenez-moi !
Je vous ferais remarquer que je n’ai nulle part prétendu à l’innocuité des bombes nucléaires. Ne me faites pas dire ce que je n’ai jamais dit. J’ai simplement dit que les Kalachnikov avaient fait infiniment plus de dégâts, mais que visiblement çà ne gênait pas grand monde. En quelque sorte, la Kalachnikov est à la bombe atomique ce que les centrales à charbon sont aux centrales nucléaires.

@ carl

« à Hiroshima et Nagasaki. […] Les radiations ont aussi tué, mais peu »

En fait, l’immense majorité des décès liés aux radiations dans les quelques semaines qui ont suivi ces 2 explosions est due à l’ingestion « d’eau de pluie noire » (les fameuses « retombées ») et non aux radiations directes produites par l’explosion nucléaire. (Pour mémoire, on estime à entre 1000 et 2000 le nombre de décès liés aux radiations et aux retombées à Hiroshima et Nagasaki, contre entre 100 000 et 200 000 (selon les sources) « décès immédiats » du fait des 2 explosions nucléaires.)

Il faut savoir que l’explosion d’une bombe atomique crée une boule d’air excessivement chaud. Or, phénomène météo classique, l’air chaud, ça monte. Ici, l’air est si chaud là où l’explosion a lieu que cela crée un ascendant thermique extrêmement puissant, qui engendre une dépression à l’aplomb, sous l’explosion. Et cette dépression est si forte qu’elle aspire en grandes quantités la poussière du sol alentour. Le fameux champignon atomique, c’est exactement cela : de très grandes quantités de poussière qui sont aspirées du sol vers le ciel par un ascendant thermique extrêmement puissant, jusqu’à ce que cet air chaud se refroidisse suffisamment pour cesser de monter. Toute cette poussière qui monte est évidemment mélangée aux produits de fission générés par l’explosion.

Dans ce champignon atomique (au sommet et dans la colonne d’air chargée en poussières), il se produit aussi un second phénomène météo : une fois l’air suffisamment refroidi, les poussières présentes servent de germe à la condensation de la vapeur d’eau présente à cet endroit. Et comme ces poussières sont excessivement nombreuses, de nombreuses gouttes d’eau liquide se forment et grossissent, au point de devenir trop lourdes. Il se met à pleuvoir. Évidemment, cette pluie est fortement chargée, à la fois en poussières et en produits de fission nucléaire (pour l’essentiel, des particules alpha). Cette « pluie noire » (appelée ainsi parce qu’elle est noire de poussières) finit par atteindre le sol, généralement moins d’une heure après l’explosion. Et comme au niveau du sol, il fait encore vraiment chaud, les survivants ont très soif.

A Hiroshima et Nagasaki, des centaines de survivants ont bu l’eau de cette pluie noire pour étancher leur soif. Et sans qu’ils le sachent, ils se sont condamnés à brève échéance, victimes au bout de quelques jours d’un syndrome d’irradiation aiguë au niveau de leur système digestif (et accessoirement, victimes aussi de brûlures superficielles, parce que l’eau de la pluie noire a aussi coulé sur leur peau nue). Les autres survivants ont réussi à résister à leur soif intense et ont choisi, non seulement de ne pas boire cette eau noire, mais même de s’abriter de la pluie noire pour ne pas être mouillés (ou en l’espèce, je crois qu’on peut même dire, souillés). Et grâce à ce geste de survie, non seulement ces personnes-là ont survécu (ce sont les fameux hibakushas), mais en plus, elles n’ont, dans les décennies qui ont suivi, pas été victimes de plus de cancers que la population générale.

Dans l’imaginaire populaire, et tout a été fait pour cela, on a créé l’idée que c’étaient les radiations qui avaient tué à Hiroshima et Nagasaki. En fait c’est essentiellement l’énorme énergie dissipée, via les énormes pressions et températures créées sur un petit espace. Les radiations ont aussi tué, mais peu, et comme vous le savez, c’est en suivant des cohortes de survivants exposés à ces radiations à des degrés divers que l’on a pu établir la relation dose-effet linéaire que l’on utilise encore actuellement, car elle n’a pas été sensiblement remise en cause, sauf pour les doses inférieures à 100 mSv.
A noter que l’espérance de vie des survivants n’a pas été considérablement modifiée, puis que la durée de vie moyenne des plus atteints n’a été diminuée semble-t-il que d’environ 1 an par rapport à celle de la cohorte non atteinte!
Je voudrais revenir sur la différence de traitement entre nucléaire et charbon: vous avez vu comme moi le procès intenté à la France par Genève au sujet de la centrale de Bugey, qui met paraît-il en danger la vie d’autrui parce qu’elle est trop vieille et soi disant polluante. Soit dit en passant, c’est gonflé de la part des Suisses, puisque leur centrale de Beznau a dix ans de plus que celle du Bugey ! Or la pollution des centrales à charbon met en danger tous les jours la vie d’autrui,et cela bien plus que celle des centrales nucléaires, grands accidents compris. Intenter un procès dans ce sens à chaque centrale à charbon allemande serait donc bien plus justifié que pour une centrale nucléaire. Mais cela semblerait une idée baroque , n’est-ce pas?

comme vous je pense que la peur de l’énergie nucléaire trouve sa source dans une confusion mentale profonde avec le risque d’holocauste guerrier véhiculé par le japon 1945 suivi de la guerre froide (et terminé cerise sur le gâteau, par… Tchernobyl !) . C’est ce qui m’avait fait être fortement anti nucléaire quand j’étais ados puis étudiant (1985 / 95). Il y a un autre paramètre véhiculé par l’esprit « »écologiste autonomiste anarchiste alternatif » » venu d’allemagne, qui est l’idée que tout ce qui est centralisé (Etat fédéral notamment) est mauvais, et que tout ce qui est décentralisé est bon, d’où l’irrationalité d’analyse sur les perspectives et le déploiement des ENR. (refus du centralisme = refus des grosses centrales + refus des infrastructures de transfert comme les lignes THT). Cette vision reprise par la « bourgeoisie bobo » et en premier chef des journalistes, est évidemment en totale contradiction avec l’impératif de la demande sociale en énergie fortement concentrée dans des centres urbains en croissance perpétuelle et de plus en plus connectés (internet, téléphonie, data center…).

« »En effet les accidents dans les centrale nucléaires se multiplient » »
Heu… non, désolé, le seul vrai accident est Tchernobyl, Fukushima c’est d’abord un tsunami… ! Et si une météorite tombait sur la France en y ravageant 2 ou 3 départements et quelques centrales, faudrait il interdire le nucléaire pour autant partout ailleurs ?

Comparativement aux masses colossales d’électricité délivrées aux citoyens ; le nucléaire est beaucoup moins couteux en vies humaines au final que le charbon, comme explique Bernard Durand

Grâce à l’impressionnant travail de lobbying des écolos, la population est convaincue que la pollution aux particules fines provient exclusivement (ou quasi exclusivement) des voitures Diesel… oubliant ce faisant que les voitures ne sont pas les seules à brûler du gazole (à eux deux, les moteurs de camion et les chaudières au fioul consomment autant de gazole que les voitures chaque année). Et surtout, cela passe sous silence que la majorité des particules fines mesurées au moment des pics de particules, dans les agglomérations (mais pas au cul des voitures), proviennent, selon les saisons et de l’orientation du vent, qui de la combustion du bois, qui de celle du charbon, voire (typiquement en mars-avril) sont issues d’émanations issues d’engrais de synthèse épandus dans des champs. Mais pas de la combustion de gazole !

« les accidents dans les centrale nucléaires se multiplient mais (sauf Tchernobyl et Fukushima) il s’agit de petits accident, de toutes petites fuites.. »

Il ne faut pas se leurrer : une centrale nucléaire est toujours une installation industrielle très complexe (et le fait de rendre toujours plus strictes les normes de sécurité applicables aux centrales nucléaires ne fait qu’accroître leur complexité).

Donc comme toute installation industrielle complexe, les centrales nucléaires fait régulièrement face à des incidents mineurs. Ces incidents mineurs réguliers ne sont pas propres au nucléaire, c’est simplement la conséquence directe de la complexité inhérente à ce type d’installation. Qu’est-ce qui est grave, ou qui est gênant ? Qu’on en parle, ou que ces incidents aient lieu ?

Car la grande différence entre l’industrie du nucléaire et les autres secteurs industriels qui ont aussi des installations complexes, c’est que dans le cas du nucléaire, ces incidents font l’objet d’une large publicité, et d’une couverture journalistique étendue. Dans aucun autre secteur industriel, les incidents mineurs ne font l’objet d’une publicité par la presse. Y compris sur les sites tellement dangereux qu’ils sont classés Seveso. (Question bête : savez-vous combien il y a de sites Seveso en France, ou dans votre région, et à quelle distance se trouve le site Seveso le plus proche de chez vous ? Ça peut être instructif…)

La publicité des incidents est-elle un bien, ou bien un mal ? Je dirais, les deux : la publicité des incidents est plutôt une bonne chose ; la focalisation des journalistes sur le nucléaire, et leur ignorance des sites non nucléaires qui sont largement aussi dangereux en est une mauvaise.

Rappelez-vous l’explosion de l’usine AZF à Toulouse : quelle publicité avait été faite avant l’accident sur la dangerosité du site ? Résultat : l’accident a fait 31 morts et environ 2 500 blessés ; 18 mois après l’accident, de l’ordre de 14 000 personnes étaient toujours traitées pour dépression, insomnie ou anxiété chronique ; 5 ans après, entre un quart et un tiers des personnes affectées par l’accident souffraient toujours d’hyperacousie, et presque autant, d’acouphènes ; et le coût des dégâts matériels a été estimé à 2 milliards d’euros.

Le fait que cette usine n’était pas nucléaire rend-il le risque de ce type d’accident plus acceptable ? Moins grave ? Moins élevé ? Pas sûr que dans la tête de la majorité de nos concitoyens, la réponse instinctive à ces questions soit la réponse évidente…

Commenter cet article