Ukraine : dérives..

Publié le par ottolilienthal

Crimée : l'Ukraine prépare ses troupes, Washington et l'ONU s'inquiètent

L'Ukraine a déployé ses troupes le long de la frontière avec la Crimée. L'ONU et Washington appellent au calme entre Moscou et Kiev.

 

 

Les tensions sont fortes entre l'Ukraine et la Russie depuis quelques jours au sujet de la Crimée. Moscou a accusé Kiev de vouloir commettre des attentats et les deux pays sont au bord d'une nouvelle crise dans cette région. L'Ukraine a placé ce jeudi ses troupes en état alerte le long de la ligne de démarcation avec la Crimée, à la suite d'un brusque regain de tension avec la Russie, qui a affirmé avoir déjoué des « attentats » fomentés, selon elle, par Kiev sur la péninsule annexée en 2014.

Plus de deux ans après le rattachement de ce territoire ukrainien à l'issue d'un référendum jugé illégal par les Occidentaux, les accusations russes ont poussé les deux pays à muscler leurs dispositifs militaires dans la zone, au risque de faire dérailler les efforts de résolution pacifique de la crise ukrainienne. « J'ai ordonné à toutes les unités dans les régions situées au niveau de la frontière administrative avec la Crimée et le long de la ligne de front dans le Donbass (est de l'Ukraine) de se mettre en état d'alerte », a annoncé le président ukrainien Petro Porochenko sur Twitter.

Quelques heures auparavant, c'est Vladimir Poutine qui, après avoir accusé les autorités ukrainiennes d'être « passées à la terreur », réunissait le Conseil de sécurité russe. « Des mesures supplémentaires ont été discutées pour assurer la sécurité des citoyens et les infrastructures vitales de la Crimée », a précisé le Kremlin dans un communiqué. Un responsable de l'Otan a déclaré que l'Alliance suivait « de près et avec inquiétude » la situation. « La Russie n'a fourni aucune preuve tangible de ses accusations contre l'Ukraine », a-t-il ajouté.

La paix menacée

Un responsable de haut niveau au sein des services de sécurité ukrainiens a indiqué que l'Ukraine se préparait « à tout », jugeant « possible » une invasion russe. « C'est une escalade, bien sûr », a-t-il estimé. Ces échanges constituent l'une des plus fortes montées de fièvre entre Moscou et Kiev, à couteaux tirés depuis l'arrivée au pouvoir de pro-occidentaux en Ukraine début 2014. Outre l'annexion de la Crimée, un conflit a alors éclaté avec des séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine, appuyés, selon Kiev et les Occidentaux, par l'armée russe. Ce conflit a déjà fait plus de 9 500 morts.

Mercredi, Vladimir Poutine a estimé que, dans ce contexte, une nouvelle rencontre prévue début septembre au « format Normandie », c'est-à-dire avec Petro Porochenko, le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel, n'avait « aucun sens ». C'est par cette médiation qu'avaient été conclus en février 2015 les accords de Minsk pour un règlement politique du conflit, qui n'ont abouti jusqu'à présent qu'à une baisse d'intensité des combats dans l'est de l'Ukraine.

Inquiétudes internationales

Les États-Unis se sont déclarés jeudi « extrêmement inquiets » du regain de tensions entre la Russie et l'Ukraine le long de la ligne de démarcation de la Crimée et ont appelé les deux camps à éviter toute « escalade ». « Il est maintenant temps de réduire les tensions (...) et de retourner aux discussions », a mis en garde la porte-parole du département d'État Elizabeth Trudeau, après que Kiev a placé ses troupes en état alerte le long de la ligne de démarcation de la Crimée annexée par la Russie en 2014.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a discuté jeudi des tensions croissantes en Crimée après les accusations de la Russie selon lesquelles l'Ukraine préparait des attentats dans la péninsule disputée par les deux pays. L'Ukraine, membre non permanent du Conseil, a réclamé la tenue en urgence de consultations et a demandé à l'ONU, l'Union européenne et la Croix-Rouge de se rendre en Crimée pour interroger deux personnes arrêtées et accusées d'être liées à la tentative d'attentat. Les résultats de la rencontre seraient ensuite présentés au Conseil de sécurité et à l'OSCE, a expliqué le diplomate ukrainien.

Son homologue russe, Vitali Tchourkine, a dit de son côté que l'Ukraine « avait perpétré un acte de sabotage et de terrorisme » en Crimée, que la Russie a annexée en 2014. Selon lui, « cela montre le chaos qui règne à Kiev ». « Ils essayent de détourner l'attention », a-t-il ajouté. Les deux ambassadeurs ont dit qu'ils espéraient que les tensions ne s'aggraveraient pas. Les services secrets russes ont affirmé jeudi avoir déjoué des « attentats » préparés par l'Ukraine en Crimée. Ce que Kiev a démenti.

 

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