maladie de Lyme

Publié le par ottolilienthal

Maladie de Lyme : il faut rétablir la vérité scientifique !

Un syndrome, dont on ignore encore la cause, suscite beaucoup de passions et de contre-vérités. Pour en sortir, il faut financer la recherche.

 

 

Les maladies sans causes établies sont souvent l'objet de tensions, de colères, voire de mouvements de protestation. C'est le cas de l'autisme ou encore de la sclérose en plaques pour laquelle la recherche effrénée d'une cause a amené à incriminer sans raison les vaccins.

Une autre maladie sans cause connue fait beaucoup parler d'elle. Parfois étiquetée « fatigue chronique » ou « fibromyalgie », elle regroupe des symptômes divers : fatigue, sueurs, insomnie, douleurs articulaires... Actuellement, certains voudraient y voir les séquelles de la maladie de Lyme. Il faut être clair : aucun scientifique travaillant sur ce domaine ne valide cette théorie.
J'ai été le premier au monde à définir, par une méthode de biologie moléculaire de pointe appelée western blot, les critères sérologiques de cette maladie, qui font aujourd'hui l'objet d'un consensus scientifique, et mon laboratoire est celui qui travaille le plus sur les maladies transmises par les tiques. Ni moi ni les meilleurs spécialistes européens et américains ne croyons à l'hypothèse de la maladie de Lyme.

 

 

La compassion ne fait pas diagnostic

La médecine nécessite de faire preuve de précaution et non d'émotion. Ce syndrome mérite mieux que de la théâtralisation, il demande de la recherche. Nous avons récemment publié des travaux sur des bactéries (Bartonella) trouvées dans le sang de patients atteints de tels symptômes, ce qui constitue une piste. Nous avons aussi déposé un projet de recherche pour identifier les causes de ce syndrome, et nous ouvrirons bientôt un centre spécialisé dans les affections dues ou présumées dues aux piqûres de tiques.

La compassion pour les malades désespérés par l'ignorance actuelle sur les causes du mal dont ils souffrent est indispensable, mais elle ne fait pas diagnostic. Le diagnostic se fera grâce au travail des chercheurs spécialisés dans les maladies infectieuses.

De même, si l'on ignore encore la cause de ces troubles, on sait par contre qu'aucun antibiotique ou autre produit existant n'améliore objectivement l'état des patients.

Il ne faut donc pas entretenir de fausses illusions : il ne s'agit pas de la maladie de Lyme, et les antibiotiques ne guérissent pas les malades. Mais la solution existe et on la trouvera à force de recherches.

 

 

Le professeur Didier Raoult est spécialiste des maladies infectieuses tropicales émergentes à la faculté de médecine de Marseille.

le Pr Montagnier s'attaque aux tests inefficaces

 

 

 

 

La maladie de Lyme, transmise par les morsures de tiques, est très mal diagnostiquée et soignée en France, en raison d'une «grande ignorance sur son caractère chronique», a affirmé ce dimanche, lors d'un colloque à Strasbourg (Bas-Rhin), le Prix Nobel de médecine Luc Montagnier.

 

 

 

Le professeur affirme avoir fait de prometteuses découvertes pour mieux diagnostiquer cette affection.

 

«Il est lamentable que les pouvoirs publics et les autorités de santé n'aient pas une politique cohérente sur la maladie de Lyme», a dénoncé le codécouvreur du virus du sida. «Il y a actuellement une ignorance totale sur le sujet, d'une grande partie de la communauté médicale et scientifique», a ajouté le Pr Montagnier. Il intervenait lors d'une journée d'étude consacrée à cette pathologie, organisée par «Lyme sans frontières», une association regroupant des malades en colère contre l'approche officielle de la maladie.

 

Des tests déficients

 

Pour le Pr Montagnier, 83 ans, les tests utilisés aujourd'hui pour détecter la bactérie de Lyme donnent de trop nombreux «faux négatifs», car ils sont basés sur la détection d'anticorps, alors que certains patients infectés n'en développent pas.

 

Le scientifique, qui travaille à Paris au sein d'un institut de recherche qui porte son nom, cherche à mettre au point une méthode de diagnostic consistant à détecter dans le plasma sanguin des traces de l'ADN de la bactérie, en captant des ondes électromagnétiques émises par l'échantillon étudié. «A mon avis, ce test est plus fiable» que ceux actuellement en vigueur, a affirmé le Prix Nobel, tout en convenant que cette approche électromagnétique n'était «pas reconnue par un certain nombre de scientifiques, si bien qu'on a du mal à la faire valider».

 

27 000 nouveaux cas de maladie de Lyme sont officiellement déclarés chaque année en France, mais selon l'association «Lyme sans frontières», ce chiffre serait en réalité beaucoup plus important, de l'ordre de «dix fois plus». Détectée trop tardivement, cette affection – pour laquelle il n'existe aucun vaccin – peut avoir des conséquences neurologiques, articulaires et musculaires graves et invalidantes pour les malades.

 

Une procédure contre les labos

 

Selon les membres de l'association, de nombreux patients, parfois cloués dans un fauteuil roulant, sont «baladés» de médecin en médecin et parfois traités d'hypocondriaques, faute de diagnostic adéquat. Plus de 200 d'entre eux, ulcérés qu'on leur ait annoncé qu'ils n'étaient pas porteurs de la maladie – alors qu'ils disent l'être et sont désormais soignés par antibiotiques pour cela, après des mois ou des années d'errance médicale –, s'apprêtent à déposer plainte contre les laboratoires pharmaceutiques qui commercialisent les tests.

 

La Grande Imitatrice

La maladie de Lyme, maladie infectieuse difficile à diagnostiquer tant ses symptômes peuvent évoquer d'autres maladies, est surnommée la Grande Imitatrice. Elle peut toucher plusieurs organes et évoluer en plusieurs phases de gravité croissante. Elle peut ainsi se manifester par une lésion cutanée (érythème migrant), susceptible d'apparaître entre 2 et 32 jours après la morsure. Elle se traduit aussi par des courbatures et une fatigue de type grippal. Lorsque l'infection se dissémine dans le sang, elle peut se manifester par des douleurs articulaires évoluant par poussées, mais aussi des atteintes nerveuses (jusqu'aux troubles neurologiques), ophtalmologiques, voire cardiaques.

 

 

«Nous allons engager la responsabilité civile des laboratoires pour obtenir une indemnisation des malades qui n'ont pas été diagnostiqués correctement ou à temps», a expliqué dimanche l'un des avocats en charge de cette action, Me Julien Fouray. «Dans un second temps, il y aura des responsabilités à chercher contre l'Etat, qui a validé et imposé un protocole de test dont on sait qu'il n'est pas fiable», a-t-il ajouté. La procédure civile va être engagée «d'ici fin juin, début juillet», devant les tribunaux de grande instance de Paris et de Lyon, a précisé l'avocat.

 

Des méthodes alternatives attaquées

 

Basés sur un prélèvement sanguin, les tests incriminés de type «Elisa» sont produits par une demi-douzaine de laboratoires, notamment BioMérieux et Diasorin.

 

La fronde des malades de Lyme contre l'approche officielle de la maladie fait par ailleurs l'objet d'une autre procédure judiciaire : l'ancienne gérante d'un laboratoire d'analyse biologique, ainsi qu'un pharmacien, comparaîtront le 7 octobre devant la cour d'appel de Colmar pour avoir mis en œuvre des méthodes alternatives de diagnostic et de traitement de la maladie. Condamnés en première instance à de la prison avec sursis, ils sont considérés comme des «lanceurs d'alerte» par les membres de «Lyme sans frontières».

 

«J'ai mis le doigt sur une anomalie, ça dérange», avait commenté au sortir de son procès Viviane Schaller, 66 ans, reconnue coupable d'avoir, dans son laboratoire d'analyses biologiques, appliqué pendant des années un protocole de dépistage de la maladie non homologué par les autorités sanitaires. «Dans cette histoire, le sort des malades, on s'en fiche, et ça c'est scandaleux !», avait ajouté cette diplômée en pharmacie, qui a annoncé à des milliers de patients, dans toute la France, qu'ils étaient porteurs de la maladie, alors que les tests «officiels» affirmaient le contraire.

 

 

 

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