Surpopulation

Publié le par ottolilienthal

La bombe D (démographique) est incontestablement la plus destructrice …

 

Parmi les bombes que nous redoutons le plus, celle qui nous semble la plus destructrice, car elle peut mettre un terme à toute vie sur terre, c’est la Bombe Atomique. Les 6 et 9 août 1945, Hiroshima et Nagasaki furent la cible des deux premiers bombardements nucléaires de l’histoire. Bilan : Plus de 200.000 morts et un cortège de graves pathologies frappant les blessés, encore aujourd’hui de nombreuses personnes doivent vivre avec des séquelles. Mais il y a une bombe qui, telles les radiations nucléaires, dont les explosions récentes provoquent cependant encore plus de dégâts sur la vie et sur la planète, c’est la Bombe démographique.

Des données revues fortement à la hausse par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) indique que près de 7 millions de personnes sont décédées prématurément en 2012 dans le monde à cause des pollutions atmosphériques générées par la bombe démographique. En Europe c’est 600 000 et en France 48 000 par an (http://sante.lefigaro.fr/actualite/2016/06/21/25114-pollution-48000-morts-par-an-France).

 

Depuis les débuts de l’humanité, la démographie se caractérisait généralement par un taux de mortalité et un taux de natalité élevés qui s’équilibraient à peu près, avec toutefois un léger avantage pour le dernier. Avec l’arrivée de la Révolution industrielle, un nouveau régime se met en place, un régime dans lequel les pays qui se développent voient leur natalité et leur mortalité faiblir, mais la transition passe par une augmentation importante de la population. 

 

A partir des années 1950, nous assistons à une accélération extrêmement importante de la croissance démographique. Alors qu’il a fallu plusieurs millénaires pour atteindre le premier milliard d’humains (1830), ensuite un siècle pour atteindre 2 milliards (1930), 30 ans pour atteindre les 3 milliards (1960), 25 ans pour atteindre 4 milliards (1975), 13 ans pour atteindre 5 milliards (1988), 12 ans pour atteindre 6 milliards (2000) et 11 ans de plus en Octobre 2011 pour atteindre et dépasser les 7 milliards (7,467 milliards au 1er Novembre 2016). Actuellement, c’est 1.000.000 d’humains qui s'ajoutent à la population mondiale, tous les 4½ jours

 

Impact écologique, toutefois inégal, de la bombe démographique

On doit certes nuancer l’impact écologiste des populations nombreuses de certains pays pauvres, notamment Africaines, il est évident que le niveau de vie d’un Malien et celui d’un Français ou d’un Américain n’impacte pas de la même manière l’environnement. On peut imaginer et comprendre que ces populations des pays pauvres aspirent à vivre, consommer et gaspiller selon le modèle Occidental, ce qui est légitime, mais il faut qu’elles sachent que c’est impossible, de même que le modèle Occidental actuel a atteint ses limites. Le modèle occidental, mais aussi celui de puissances économiques émergeantes comme la Chine, avec une population de plus en plus nombreuse combinée à un mode de vie marqué par la surconsommation et le gaspillage a évidemment un coût environnemental très élevé, notamment en termes de consommation d’énergie, d’eau, de biens manufacturés de toutes sortes, d’exploitation du sol pour l’agriculture et d’utilisation du transport. Il en découle un épuisement des ressources, modification de la composition physico-chimique du sol, des rivières, de l’atmosphère, des océans, et des mécanismes qui détériorent leur fonctionnement. L’écologie science démontre qu’aucune espèce ne peut proliférer indéfiniment au détriment des autres espèces, comme le fait l’homme, sans se mettre elle-même en danger. À terme, car en plus de proliférer au détriment des autres espèces, c’est le fonctionnement global de la Terre qui est menacé et compromet ainsi l’avenir de l’humanité. L’impact humain existe en effet depuis l’aube de l’humanité, mais il augmente constamment et si rapidement depuis le XXe et XXIe siècle qu’il devient intolérable pour la planète.

 

La bombe démographique nous fait entrer dans une nouvelle ère géologique.

L’influence de l’homme a atteint une ampleur, telle qu’elle précipite l’avènement d’une nouvelle ère géologique. Cette nouvelle ère c’est l’Anthropocène, où l’humanité constitue une force planétaire géologique. Depuis deux siècles, nous sommes en train de nous extraire de l’Holocène, une période interglaciaire commencée il y a plus de 10 000 ans et qui a fourni des conditions environnementales extrêmement stables, permettant le développement mondial que nous connaissons.

 

C’est le géochimiste et prix Nobel Paul CRUTZEN qui, dans un article de la revue « Nature « en 2002, a avancé la thèse que, depuis deux siècles, la Terre est entrée dans un nouvel âge géologique marqué par la capacité de l’homme à transformer l’ensemble du système Terre. Encore tout récemment, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) annonçait sa certitude désormais quasi absolue à 95% sur l’influence humaine des changements climatiques et des pressions telluriques qu’il exerce.

 

Alors que cela semble échapper aux Médias, mais surtout aux responsables politiques, excepté les écologistes et quelques personnalités, la plupart des scientifiques ne cessent de l’affirmer : La terre est entrée dans une nouvelle ère environnementale : l’ANTHROPOCENE. Ce qui nous arrive n’est pas une simple crise environnementale, mais une révolution d’origine Humaine.

 

Si les 11 500 dernières années ont connu des conditions de vie relativement stables permettant à l’homme de sauter de la terre labourée du néolithique au sol lunaire, désormais nous filons vers l’inconnu. Depuis la révolution thermo-industrielle, avec les explosions récentes, de plus en plus forte de la bombe démographique, il a fallu plusieurs millénaires pour atteindre le premier milliard d’habitants et moins de deux siècles pour atteindre et dépasser les sept milliards. Notre planète a progressivement basculé vers une situation inédite. Les traces de notre âge urbain, consumériste, chimique et nucléaire resteront des milliers, voire des millions d’années dans les archives géologiques de la planète et soumettront les sociétés Humaines à des difficultés considérables, si tant est qu’elles puissent y survivre… Dévoreur insatiable des énergies carbonées pour les lesquelles on peut prévoir encore 50 ans de pétrole, un peu moins pour l’uranium, une centaine d’années de gaz naturel et 200 ans de charbon environ, sans compter que leur combustion produit beaucoup de CO2. Plus ils sont hydrogénés, moins ils en émettent par unité d’énergie produite. Produire 1 kWh avec du charbon émet environ 1000 g de CO2, 750g avec du pétrole et de l’ordre de 500 g avec du gaz naturel, faute d’avoir anticipé par des mesures adaptées de Décroissance Démographique et économique, choisie et équitablement répartie, la vie sur terre de l’homo sapiens risque fort de s’achever dans un chaos généralisé, où, entre ceux qui voudront s’accaparer des dernières énergies fossiles et ceux qui voudrons les conserver, la violence sera-t-elle que les survivants envieront les morts... 

 

Quelques exemples qui démontrent les effets particulièrement destructeurs des explosions récentes de la bombe démographique :

 

Aujourd’hui, le bétail et les humains représentent 97% de la biomasse des vertébrés de la terre, alors qu’il y a 10.000 ans les humains et leurs bétails représentaient seulement 0,01% de la biomasse des vertébrés terrestres. Les humains et le bétail mangent 40% de la production annuelle de la chlorophylle terrestre. 

Nous devrons produire plus de nourriture au cours des 50 prochaines années que depuis les 500 dernières années. Pour ce faire nous avons besoin de 6 millions d'hectares de nouvelles terres agricoles chaque année. Nous perdons 12 millions d'hectares de terres agricoles chaque année uniquement en raison de la dégradation des sols. Dans 10 ans, 4 milliards de personnes seront à court d'eau douce. Aujourd'hui plus d'un milliard de personnes font plus d'un kilomètre chaque jour pour trouver de l'eau douce, souvent plus ou moins contaminée par des rejets toxiques. On estime qu’il y a 80.000 produits chimiques non testés dans l'environnement.

 

Les terres cultivées et les pâturages ont causé la perte de 80% de toutes les extinctions d'espèces de vertébrés terrestres. Au rythme actuel de la croissance démographique et de l’impact des pays industrialisés, l'acidification des océans doublera d'ici 2050 et triplera d'ici 2100.

Destructions effrayantes par la bombe démographique 

En plus des millions d’humains morts chaque année dans le monde à cause de la pollution, 99% des Rhinocéros ont disparu depuis 1914, ainsi que 97% des Tigres. 90% des Lions ont disparu depuis 1993. 90% des tortues marines ont disparu depuis 1980.  90% des papillons monarques ont disparu depuis 1995. 90% des gros poissons marins ont disparu depuis 1950.  80% des gorilles ont disparu depuis 1955.  60% des éléphants de forêt ont disparu depuis 1970. 50% des barrières de corail mondiales ont disparu depuis 1985. 50% des poissons d'eau douce ont disparu depuis 1987. 40% des Girafes ont disparu depuis 2000. 40% du phytoplancton des océans a disparu depuis 1950. 30% des oiseaux marins ont disparu depuis 1995. 28% des animaux terrestres ont disparu depuis 1970. 28% de la totalité des animaux marins ont disparu depuis 1970.

 

Le cycle de l'azote est tellement corrompu par nos engrais chimiques qu'il tue la vie des fleuves et des rivières et la vie des océans.
Nous pulvérisons tellement d'herbicides et de pesticides que nos terres agricoles sont devenues de véritables « déserts verts ». Les cultures OGM ont détruit 90% des papillons monarques en 20 ans. 3 graines traitées aux néo-nicotinoïdes infusées dans un verre d'eau tuent un oiseau. Les Nicotinoïdes sont solubles dans l'eau. 
Les monocultures provoquent la perte des insectes par un manque de bio- diversité et des sources de pollen. La moitié de tout le soja cultivé en Amérique du Sud dans les anciennes forets tropicales sert a nourrir les porcs consommés en Chine. 
50% des espèces de vertébrés restantes sur terre va disparaitre dans les 40 prochaines années. 

 

La demande d'énergie devrait doubler en 50 ans.

Avec l’entrée à pas forcé dans la 4ème révolution industrielle, toujours plus de population est synonyme de toujours plus de besoins en terres rares.Les terres rares désignent 17 métaux : le scandium, l'yttrium, et les quinze lanthanides. (Lanthane, Cérium, Praséodyme, Néodyme, Prométhium, Samarium, Europium, Gadolinium, Terbium, Dysprosium, Holmium, Erbium, Thulium, Ytterbium, et Lutécium) Ces matières minérales aux propriétés exceptionnelles sont utilisées dans la fabrication de produits de haute technologie. Avec le boom du numérique et des nouvelles technologies « vertes » qui ne fonctionnent pas qu'avec le soleil et le vent, elles fonctionnent aussi sur l'exploitation de minéraux rares. Aujourd'hui, à l'échelle de l'économie mondiale, les terres rares sont considérées comme des métaux stratégiquesOn retrouve ainsi des terres rares dans les batteries de voitures électriques et hybrides, dans les LED, les puces de smartphone, les écrans d'ordinateurs portables, les panneaux photovoltaïques, les éoliennes... L'industrie de la défense a elle aussi recourt aux terres rares dans la fabrication de capteurs de radars et sonars ou de systèmes d'armes et de ciblage.

 

Il ne faut pas oublier, par exemple que 40% d'énergie dite » verte » exigera 200% de plus de cuivre, 100% d'énergie verte exigerait 500% de plus de cuivre. Le pic de cuivre se situera en 2030-2040 (Il n'existe pas de substitut réel pour le cuivre). Nous avons extrait 50% de tout le cuivre en seulement 30 ans. 
Au niveau actuel de consommation, sans progression de la population, en 2050 nous atteindrons les pics pour l'étain, l'argent, le nickel, le zinc, le cadmium... 

 

Sombres perspectives

Une situation écologique qui ne cessera de se dégrader, avec des effets irréversibles : destruction de la Biodiversité, dérive climatique, montée des océans, épuisement rapide et inexorable des ressources naturelles liée aux problèmes de surpopulation, ainsi que les énergies fossiles dues à la prolifération d’esclaves mécaniques aux appétits gargantuesques … Phénomène aggravé par une mondialisation économique dominée par le Monétarisme, où le pouvoir politique a volontairement capitulé face à l’oligarchie Bancaire et Financière qui a pris le gouvernail de la politique mondiale en imposant son diktat via la Bourse et les Agences privées de notation. Avec la raréfaction des ressources et la disparition programmée de certaines espèces, la loi de l'offre et de la demande s’applique maintenant aux richesses naturelles. Ainsi, des banques et des fonds d'investissements qui échappent désormais à tout contrôle du pouvoir politique achètent d'immenses zones naturelles riches en espèces animales et végétales menacées. Monétarisées et financiarisées, ces réserves sont ensuite transformées en produits boursiers spéculatifs.

 

Que peut-on faire pour inverser la situation ?

Pour conclure ce tableau aux couleurs particulièrement sombres, comme l’avait réclamé l’association « Démographie Responsable » http://www.demographie-responsable.org/ lors de la COP 22, il faut convaincre les dirigeants Gouvernementaux qu’ils ont l’obligation d’inscrire la problématique démographique lors de la prochaine COP 23 qui se déroulera fin 2017 à Bonn (Allemagne) sous la présidence des îles Fidji. 

 

Avec la fin de l’abondance énergétique qui a permis l’accroissement de la population au XXe siècle Il est urgent de stabiliser puis de diminuer notre nombre, de façon la plus équitable et non violente possible. Il faut également lutter et s’opposer à l’industrie de la reproduction par gestation pour autrui (GPA). Quand on sait, par exemple, Israël qui semble détenir le taux d’infertilité l’un des plus élevé du monde est le champion en la matière (http://plumenclume.org/blog/139-le-business-israelien-de-la-grossesse-pour-argent-gpa).

En Europe, la France doit montrer l’exemple en supprimant les incitations financières à la natalité.

 

L’émancipation de la femme, la scolarisation, la mise en place par les Etats d’une politique sociale à dominante anti nataliste ce qui suppose la suppression des allocations familiales sous sa forme actuelle, du quotient familial, des diverses réductions transport (SNCF) et des majorations retraites qui existent aujourd’hui pour ceux qui ont élevés trois enfants ou plus. L’information et la diffusion des moyens de contraception qui doit être gratuite pour tous, notamment pour les élèves et étudiants à partir du collège.

La stabilisation de la population dans notre pays suppose un croît naturel (naissance moins décès) nul et un solde migratoire (entrées moins sorties) équilibré.

Daniel Martin

 

 

S’enrichir pour faire moins d’enfants

 

J’ai reçu il y a 2 ans un mail qui me demandait de parler davantage de la surpopulation : « Ce débat m’a conforté dans la conviction que le fond de nos problèmes restera pour longtemps la surpopulation mondiale. Toujours plus de monde sur de moins en moins de terre, nous allons inéluctablement dans le mur. Stop ! Vous dont la voix porte dans le pays, oser cette idée iconoclaste. Nous sommes trop nombreux ». Ce fut pour moi l’occasion de refaire le point sur cette question. Récemment, nouveau commentaire dans ce sens sur mon article sur le discours du Pape à la FAO. J’étoffe donc mon texte et le remonte sur mon blog…

 

Nous n’avons mis que 12 ans pour passer de 6 à 7 milliard, à raison de 200 000 terriens de plus par an ; est-ce raisonnable ?

Ma réponse (à la normande !) : Oui et non !

La Chine se débrouille mieux que l’Inde, en partie parce qu’elle a jugulé l’augmentation de sa population, mais à quel prix ? Quand on va en Inde et qu’on pense qu’ils vont y rajouter 500 millions de personnes de plus, pour passer à 1,7 milliard, avec en plus à coté le Pakistan et le Bangladesh qui eux aussi croissent de façon rapide sans avoir de ressources, ça fait peur que leurs bombes atomiques n’en viennent à contribuer à la solution du problème.… Là, votre remarque est incontestable.

En revanche, au nom de quoi dire, nous occidentaux, que les africains ne doivent plus faire d’enfants, alors qu’il s’agit, jusqu’à maintenant, d’un continent « vide » ? En Europe, nous nous sommes développés en même temps que nous faisions des enfants. Et mon quatrième fils consomme bien à lui tout seul comme trois ou quatre burkinabés, alors je devrais me trouver plus irresponsable avec mes 4 fils qu’un burkinabé avec ses 8 à lui (j’ai d’ailleurs été fortement interpellé sur ce point en allant en Chine avec eux, en butte aux remarques constantes du moindre chauffeur de taxi). L’’Afrique a les ressources suffisantes pour accueillir 2 milliards de personnes au lieu du milliard actuel, le problème est bien celui de la mise en valeur de ces ressources au profit des africains et non plus au profit de conflits entre les autres terriens. Et au nom de quoi les européens, qui se sont largement reproduits au XIXe et au début du XXe siècle, ou les asiatiques, qui ont fait la même chose à la fin du XXe, interdiraient aux africains de faire pareil au XXIe ?

Si nous avons bétonné beaucoup d’espace en France depuis la guerre, ce n’est pas tant parce que nous sommes passés de 40 à 65 millions, c’est parce que nous nous sommes considérablement enrichis et dotés de golfs, de parkings de supermarchés, de résidences secondaires, de ronds-points, d’aéroports, de bases de loisirs, etc., et que de nombreux urbains ont voulu goûter à nouveau aux charmes de la maison individuelle avec jardin loin des villes.

Vu comme cela, les vrais pays surpeuplés, où il est urgent de réduire la population, ce sont ceux qui consomment beaucoup plus de ressources que celles de leur propre pays, à commencer par le Japon, le Qatar, le Koweït, la Suisse, l’Italie et le Royaume-Uni ! En Afrique, je ne connais que 3 pays surpeuplés : le Nigéria, l’Egypte et le Rwanda ; pourquoi vouloir interdire aux soudanaises ou aux congolaises de peupler leurs pays vides ; si on ne mange pas dans ces pays, c’est uniquement parce qu’ils ont des mines ou du pétrole, et qu’en conséquence ils sont en guerre depuis 40 ans, absolument pas parce qu’ils sont trop nombreux ! De la même manière, réduire la natalité en Haïti ou au Guatemala, soit, mais pourquoi vouloir le faire au Nicaragua ?

Et, de toute façon, c’est un débat presque sans objet, car chacun sait que ce n’est pas la contraception ou la stérilisation forcée qui régule la population, c’est l’augmentation du niveau de vie. Quelles que soient la couleur de peau ou la religion, dès qu’on est à peu près sûr d’avoir un minimum de protection sociale et de retraite, on arrête de faire des enfants. L’Iran, qui n’est pas exactement un paradis de la femme (suivant les critères occidentaux…), a le même taux de natalité que l’Europe.… C’est d’ailleurs pour ça que les démographes ne nous prédisent absolument pas une croissance continue, mais bel et bien une inversion de la tendance autour de 2050 et de 9,5 milliards de terriens. L’Europe va baisser de population et sera obligée d’importer de nombreux immigrés supplémentaires « pour faire tourner ses maisons de retraite ».

Donc la vraie proposition n’est pas :

« Interdisons aux africains (et aux autres) de faire des enfants pour qu’ils puissent enfin accéder à un minimum de niveau de vie et qu’une paix minimum soit possible »,

mais plutôt :

« Dépêchons-nous de trouver le moyen d’enrichir les africains pour qu’ils arrêtent de faire des enfants et qu’on puisse vivre en paix ».

Il faudra bien qu’ici on mange moins de viande et de lait, pour mieux partager les ressources, c’est un fait. Mais la vie ne sera pas pour autant plus triste : nous serons probablement en meilleure santé et plus gastronomes. Nous sommes passés en 40 ans en France de 140 litres de vin par personne et par an à 40, mais je n’ai pas l’impression d’être moins heureux devant mon petit verre de Bordeaux raffiné que nos grands-parents devant leurs litrons de « gros rouge ».

On peut vivre correctement sur cette planète à 9 milliards, si on s’en donne la peine.… La question est bien de s’en donner vraiment les moyens. Ce qui n’empêche pas de constater que chaque journée à 360 000 bébés et « seulement » 160 000 morts, présente un énorme défi pour accueillir dignement les 200 000 terriens de plus. Il faut donc travailler d’arrache-pied à l’éducation des femmes, à la réduction du machisme et à la diffusion de la contraception, en particulier en Afrique et dans la péninsule indo pakistanaise où vont s’accumuler les problèmes du XXIe siècle.

Rappelons cette « loi » démographique, dans tous les univers culturels : une fille qui va à l’école a un enfant de moins; si elle va au collège, 2 enfants de moins ; au lycée, 3 enfants de moins et à l’université 4 enfants de moins ! Eduquons donc les filles pour construire un monde meilleur, un investissement d’autant plus productif que ce sont elles qui éduquent ensuite les enfants.

 

 

Bruno Parmentier

Bruno Parmentier : Consultant et conférencier sur les questions d’agriculture, alimentation et faim dans le monde. Administrateur d’ONG et de fondations. J'ai 67 ans et j'ai dirigé de 2002 à 2011 le Groupe ESA (École supérieure d'agriculture d'Angers)

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