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Energies niouzes

Publié le par ottolilienthal

On pourrait prendre des gants, être poétique voire politiquement correct. Mais trois mots caractérisent à la perfection la situation énergétique mondiale actuelle : c’est le Bordel ! 

La situation a toutes les cartes en main pour déraper dans le mois à venir avec le potentiel de faire reléguer le covid aux oubliettes, comme quoi il y toujours du positif dans le négatif.

Le baril de pétrole grimpe à 80$ avec un objectif à 90$. Les prix du gaz sautent de 20 ct à 80 centimes le m3.

Le prix du charbon: multiplié par 4 avec de grosses pénuries en Chine où des industries doivent fermer pour cause de manque d’électricité.

L’uranium est poussé par les spéculateurs et passe de 20 à 50$ la livre.

En Europe, les prix spots de la bourse de l'électricité sont passés de 3,7 à 10 ct le kWh avec un spot de 15 centimes pour février 2022!  Il va en falloir des cierges et des prières pour qu'il n'y ait pas un blackout cet hiver.

Même le silicium, des panneaux solaires, se détraque de $2'000 la tonne à 4'000 !

Les prix de la nourriture ont augmenté de +33% depuis août 2020 et le papier toilette a grimpé de 20% au niveau mondial.

Sur le marché européen, le prix du carbone a atteint un record de €65 la tonne.

Ben, si le printemps et l'été ont été marqués par le climat, l'automne et l'hiver auront le stempel "energie en folie".

Corolaire à ces hausses, l’inflation pointe le bout de son nez. Le PIB mondial devrait grimper de plus de 5% en 2021 et 2022 afin de battre les records de 2019.

(extrait de https://2000watts.org/index.php/energies-fossiles/peak-oil/1226-energies-economie-petrole-et-peak-oil-revue-mondiale-septembre-2021.html

Flambée des prix de l’énergie : les Occidentaux demandent aux Russes d’ouvrir les vannes
 

L’Agence internationale de l’énergie « pense que la Russie pourrait faire plus pour augmenter la disponibilité du gaz en Europe ». Et donc pour réduire, par là même, la pression sur les cours.

L’heure est aux appels à l’aide. Face à la flambée des prix du gaz, et par glissement, de ceux de l’électricité, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) se tourne vers la Russie. Porte-voix des pays importateurs, l’organisation intergouvernementale « pense que la Russie pourrait faire plus pour augmenter la disponibilité du gaz en Europe », selon un communiqué diffusé le 21 septembre. Et donc pour réduire, par là même, la pression sur les cours. Autre enjeu, aujourd’hui incertain : il s’agit d’« assurer que les stocks soient remplis à des niveaux adéquats en préparation de la saison hivernale ». La situation est d’autant plus critique que les pays de l’Union européenne importent majoritairement leur gaz de Russie (près de 40 %), puis de Norvège, d’Algérie et du Qatar.

En France, par exemple, l’un des 30 membres de l’AIE, qui est rattachée à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les tarifs réglementés ont bondi de 8,7 % en septembre, après presque 10 % en juillet et plus de 5 % en août. En cause, des éléments structurels : la reprise de l’économie à travers le monde – notamment en Asie – ainsi que la hausse du prix des quotas de CO2, ces permis de polluer payés par les industriels.

S’agissant du gaz, certes, « sur la base des informations disponibles, la Russie remplit ses contrats de long terme vis-à-vis des pays européens ». Mais il y a un « mais » : « Ses exportations vers l’Europe sont en baisse par rapport à leurs niveaux de 2019 », précise le communiqué de l’AIE.

Encore plus tributaire

La ministre américaine de l’énergie, Jennifer Granholm, s’est également invitée dans le débat. Jusqu’à considérer que la Russie, sans toutefois la nommer, pourrait tirer quelque avantage à la situation. « Nous et nos partenaires devons être prêts à continuer à nous interposer lorsqu’il y a des acteurs qui peut-être manipulent l’offre afin d’en bénéficier », a-t-elle considéré, le 22 septembre, dans le cadre d’un déplacement en Pologne.

Comment expliquer la position actuelle de la Russie ? Pour certains observateurs, la Russie cherche à rendre l’Europe encore plus tributaire de son nouveau gazoduc vers l’Allemagne, Nord Stream 2, dont les Etats-Unis ont d’abord voulu empêcher l’installation. Le tuyau attend l’aval du régulateur allemand pour sa mise en service effective, prévue pour la fin de l’année. Il permettra aux Russes d’éviter de passer par l’Ukraine, avec laquelle les relations diplomatiques sont au plus bas. « Pour la Russie, la logique n’est pas tant celle de l’économie de marché que celle de la géopolitique d’Etat. Elle n’a jamais envisagé le gaz sous l’angle uniquement économique », estime Nicolas Goldberg, spécialiste énergie pour le cabinet de conseil Colombus Consulting.

Autre interprétation : la Russie chercherait ainsi à « montrer un mécontentement vis-à-vis du “narratif” [récit] de la transition énergétique », selon Thierry Bros, professeur associé à Sciences Po, spécialiste des questions gazières. Le discours général autour de la lutte contre le réchauffement climatique fait du gaz « l’un des éléments du problème », estime-t-il, plutôt qu’« une solution ». En mai, l’AIE marquait les esprits : son rapport préconisait de ne plus explorer non seulement les gisements de pétrole, mais non plus ceux de gaz.

Cette situation acte les limites de la stratégie européenne de diversification de ses approvisionnements, des pays européens ayant désormais recours au gaz naturel liquéfié, qui se transporte par navire. Problème : les méthaniers suivent surtout la demande, et privilégient aujourd’hui l’Asie. « Quel intérêt aurait la Russie à augmenter ses exportations de gaz vers l’Europe, alors justement que l’Europe a essayé de s’affranchir de sa dépendance à la Russie ?, demande M. Goldberg. La Russie n’a pas vocation à être un “swing supplier” [fournisseur de remplacement]. »

L’Europe aurait surtout gagné à s’exprimer plus clairement et plus tôt, selon Thierry Bros : « Les Européens n’ont pas été capables d’avoir un discours aussi clair que Joe Biden. » En août, le président américain soulignait le besoin de son pays en « or noir », manière de faire pression sur les tarifs adoptés par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole.


Adrien Pécout

https://www.lemonde.fr/…/flambee-des-prix-de-l-energie-les-…

(publié par J-Pierre Dieterlen)

Prix de l’électricité : « C’est un yo-yo dangereux »

L’envolée des prix de l’énergie pèse sur les ménages mais aussi sur les entreprises. L’analyse de Nicolas Goldberg de Colombus Consulting.

Depuis quelques semaines, les cours des matières premières, donc de l’énergie, s’envolent. La facture d’électricité des ménages va subir une hausse importante, au point que l’association UFC Que choisir met en garde contre un « risque d’explosion ». La facture, selon ses calculs, pourrait atteindre 1 700 euros en moyenne en 2022, contre 1 550 euros au début de l’année. Pour réduire la note, le gouvernement affirme « regarder toutes les options », dont un élargissement du dispositif qui offre aux opérateurs alternatifs comme CDiscount ou Plüm Energie de se fournir à un tarif fixe auprès d’EDF. Nicolas Goldberg, senior manager « Energy » au sein du cabinet de conseil Colombus Consulting, estime qu’il faut aller encore plus loin.

Le Point : Comment expliquer la hausse subite et importante des prix de l’énergie ?

Nicolas Goldberg : Comme pour les matières premières, qui connaissent une augmentation sévère de leurs cours, les prix de l’énergie s’envolent à cause de la reprise économique. Le gaz, les quotas de CO2, mais aussi l’uranium sont concernés, partout dans le monde. L’ensemble des matières premières a par ailleurs été l’objet de spéculation, ce qui a tiré les prix à la hausse.

Quel mécanisme est en œuvre pour que la facture d’électricité des foyers français soit touchée ?

Les prix de gros sur les marchés sont fixés à partir des tarifs du dernier moyen de production d’énergie appelé, afin que lui aussi fasse un bénéfice. Si ce n’était pas le cas, il ne pourrait pas y avoir un équilibre entre l’offre et la demande d’électricité. Les deux doivent être égaux à tout moment si on ne veut pas que le réseau s’écroule. Les premiers modes de production, ce sont les énergies renouvelables, qui ne peuvent stocker d’énergie ; les derniers, ce sont les centrales à gaz ou à charbon. Or, comme le coût de ces matières premières augmente, le prix de gros de l’électricité suit la même voie.

Par ailleurs, on a souhaité augmenter le prix du carbone, qui était très bas ces dernières années. Il était tombé à 5 euros la tonne de CO2, c’est ridicule, sans effet sur les entreprises. En 2019, pour faire remonter le prix du carbone, l’Union européenne a réduit les quotas. La tonne de CO2 est aujourd’hui à environ 60 euros, ce qui pèse sur le prix des produits carbonés et des énergies fossiles. L’augmentation des prix de l’énergie est donc la conséquence de ce qu’on voulait !

Quelles sont les perspectives ?

Les prix sur les marchés sont très volatils, il faudra trouver une solution. Le mégawattheure coûtait 50 euros environ il y a quelques mois, il est passé à 100 euros il y a une semaine, il est à 120 aujourd’hui ! C’est un yo-yo dangereux. Je ne vois pas d’amélioration avant mars. Tout dépendra du passage de l’hiver. Les particuliers sont touchés, mais aussi les entreprises. Cette envolée des prix rogne leurs marges, elle peut même les supprimer. On parle beaucoup de réindustrialiser la France, mais, pour relocaliser des usines, les prix des matières premières, donc ceux de l’énergie, doivent être stables et prévisibles. C’est nécessaire à l’activité.

Un dispositif particulier à la France, l’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH), permet aux fournisseurs alternatifs comme TotalEnergies de se fournir auprès d’EDF à un prix fixe. C’est donc insuffisant ?

Oui. Ce dispositif est limité à 25 % de la production d’électricité d’origine nucléaire produite par EDF, soit 100 TWh. Or, l’an dernier, les demandes des fournisseurs ont excédé ce plafond de 50 TWh, pour atteindre 150 TWh ! En novembre, lors du prochain « guichet », on peut imaginer que la demande atteindra 175 TWh. À 42 euros le MWh quand le prix sur les marchés approche les 120 euros, l’ARENH est évidemment un dispositif très intéressant ! On pourrait donc augmenter le plafond de 25 % pour satisfaire les fournisseurs alternatifs et les consommateurs, mais ce serait au détriment d’EDF et sans garantie d’investissement dans de nouveaux moyens de production. Il faudrait revoir aussi les conditions d’accès. EDF pourrait vendre l’intégralité de son électricité nucléaire à un tarif fixe, si ce prix était relevé en échange, mais Bruxelles exige une réforme en profondeur de l’entreprise. On n’évitera pas le débat sur le relèvement de l’ARENH.

Quels sont les effets pour les ménages ? Le chèque énergie de 100 euros peut-il compenser cette envolée des prix ?

J’ai chiffré l’effet sur la facture d’électricité entre 7 et 8 % d’augmentation pour un ménage, et l’UFC Que choisir à 10 %. C’est historique. Le chèque énergie est une bonne mesure de compensation, mais il ne profitera qu’à 6 millions de ménages. Et, encore une fois, que fait-on pour les entreprises, dont les marges peuvent être sérieusement rognées par l’envol des prix de l’énergie ?

Quelles pourraient être les solutions pour limiter la hausse des prix ?

On peut agir sur la fiscalité. Ce qui a fait augmenter la facture de l’électricité entre 2008 et 2016, c’est la CSPE. Cette contribution au service public de l’électricité visait essentiellement à financer l’essor des énergies renouvelables, comme le solaire et l’éolien. Elle a été modifiée, mais je pense qu’il faudrait surtout l’alléger, car le coût des énergies renouvelables a beaucoup baissé. Une baisse de 5 % environ me semblerait justifiée. Ce serait un signal cohérent compte tenu de la baisse des coûts des renouvelables pour l’État et de la volonté d’encourager le report des consommations fossiles vers l’électricité, comme avec le véhicule électrique par exemple.

Michel Revol, le Point

D’après un récent rapport de l’ADEME, un quart des ménages français sont désormais équipés d’un climatiseur. Mais la climatisation fait grimper la facture énergétique générale. Elle augmente aussi l’empreinte carbone de l’Hexagone. Dans les années à venir, l’ADEME estime que le taux d’installation de la climatisation en France devrait encore progresser. La question de son poids sur le réseau électrique va donc se poser à plus ou moins brève échéance.

25% de logements français équipés

C’est un seuil symbolique. En 2020, la France a franchi la barre des 25% de ménages équipés d’un système de climatisation. L’ADEME souligne que la progression est rapide. En 2016, on ne comptait encore que 14% de la population équipée. Les vagues de chaleur de ces dernières années ont poussé de nombreux particuliers à s’équiper. Et l’offre de climatiseurs s’est assez diversifiée pour présenter désormais des tarifs attractifs. Pour la seule année 2020, les Français ont ainsi acheté plus de 800 000 appareils de climatisation pour leurs logements.

Malgré la démocratisation de la climatisation grâce aux appareils mobiles, l’installation d’une climatisation reste un poste de dépense important. Les ménages français les plus modestes sont les moins équipés (seulement 19%). En revanche, les professions libérales et les catégories CSP/CSP+ sont 37% à posséder une climatisation.

Sans réelle surprise, ce sont les régions du sud-est et la Corse qui captent l’essentiel des installations. Les températures moyennes annuelles et l’intensité des vagues de chaleur répétées poussent les populations locales à investir dans une solution pour rafraîchir leur logement. Et cette installation de confort se fait plus généralement dans les maisons individuelles que dans les appartements.

Climatisation et facture énergétique

La climatisation est une innovation qui garantit un meilleur niveau de confort dans les logements pendant les épisodes de canicule. Mais le revers de la médaille, c’est son empreinte carbone et sa facture énergétique. L’ADEME constate : “La climatisation est aujourd’hui responsable de près de 5% des émissions d’équivalent CO2 du secteur bâtiment.” Et cette tendance devrait encore s’accentuer dans les années à venir. Les particuliers investissent plus généralement dans un climatiseur mobile. C’est à la fois la solution dont le coût est le plus accessible, et l’installation la plus simple. Malheureusement, un climatiseur mobile consomme 2,5 fois plus d’électricité qu’un climatiseur PAC réversible.

Le rapport de l’ADEME souligne qu’un mauvais choix de climatiseur peut avoir un impact considérable sur la consommation électrique annuelle d’un foyer. Les écarts de consommation entre plusieurs types de climatisation peuvent être très importants. L’ADEME veut aussi promouvoir un usage raisonné et responsable de la climatisation. Le rapport observe que “passer d’une température de consigne de 22°C à 27°C permet de diviser par 2 la consommation d’énergie”. La température de déclenchement est aussi un indicateur à suivre. “Mettre en route la climatisation à partir de 30°C en extérieur au lieu de 27°C” permet ainsi de diviser par 3 la consommation d’énergie.

Concrètement, un appareil de climatisation peut rapidement augmenter la facture énergétique. Dans une enquête réalisée en juillet 2019, le site Consoglobe estimait qu’en moyenne un climatiseur portable de classe A d’une puissance de 2,5 kW coûtait 15 centimes d’électricité par heure. Soit plus de 100 euros pour un mois de climatisation dans le logement.

Quel impact de la climatisation sur le réseau électrique ?

Si l’ADEME veut encourager la sobriété énergétique pour la climatisation, c’est qu’elle pourrait avoir un fort impact sur le réseau électrique. “Le réchauffement constant de la planète amène à penser que les systèmes de climatisation continueront à se développer pour assurer le bien-être et le confort de chacun. Il est donc impératif de maîtriser cette évolution pour en limiter l’impact au maximum.”

A terme, le nombre de foyers français équipés de climatiseur devrait encore augmenter drastiquement. Et en cas de vague de chaleur, les climatiseurs entraîneront un pic de consommation d’électricité sur le réseau. Ce phénomène était déjà connu en hiver, pendant les vagues de froid. Il tend désormais à se généraliser l’été. Aux Etats-Unis, la Californie a mis en place un système d’alerte FlexAlert. Pour éviter tout risque de black-out du réseau électrique, les habitants sont invités à réduire leur consommation d’électricité. Et la climatisation est un des leviers énergivores identifiés pour faire baisser la tension sur le réseau. En France, RTE avait ainsi constaté en juin 2019 un record de consommation en France avec un pic à 59 436 MW. Et la France devrait connaître des pics estivaux répétés dans les années à venir.

Rédigé par : La Rédaction
La Rédaction
 
 
 
 

Jean-Marc Jancovici : Plus d'énergie, ou moins d'énergie ?


Si l'on prolonge les tendances, vous dira-t-on, nous allons en consommer de plus en plus. En fait cette affirmation est déjà doublement inexacte. Le maximum dans la zone OCDE est survenu en 2007, et surtout si on prolonge non pas la consommation elle-même, mais sa variation annuelle, alors on obtient une des deux courbes du bas sur le graphique ci-dessous. Dit autrement, cela signifierait qu'à l'avenir, climat ou pas climat, nous allons avoir dans les pays "riches" une "décélération" simplement due à la difficulté croissante à s'approvisionner en combustibles fossiles (qui représentent l'essentiel de l'approvisionnement).

Intéressant, non ?


(publié par Joëlle Leconte)

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