L'Italie, sur la pente glissante du déclin

Publié le par ottolilienthal

La menace italienne croissante sur l’Eurozone

Le premier pays sauvé par ce plan de relance est l’Italie. Le déséquilibre budgétaire de l’Italie et les diverses « négociations » que le pays a eu avec l’Union Européenne pour obtenir des exemptions d’équilibre budgétaire deviennent un refrain quasi constant et un travail a plein temps de tout nouveaux élus italiens. Il faut reconnaitre qu’elle a assuré un rôle de premier plan dans les problèmes de migration venant de l’Afrique.

En effet, les prévisions de 2019 sont battues en brèche par les conséquences de la crise du coronavirus : le Trésor Italien vient d’annoncer un déficit de 12% du PIB.

Certes, l’Italie a pris de plein fouet le confinement et a réussi à remettre de l’ordre dans sa situation sanitaire mais la conséquence directe est une hausse de l’endettement qui va atteindre 156% du PIB (contre 134% en 2019). De ce fait, l’Italie rejoint le niveau de la Grèce. Heureusement pour le pays, l’agence de notation Fitch a décidé de maintenir l’Italie dans la catégorie « investment grade » en dégradant sa note d’un cran a BBB-[3]. Mais il s’en faut de peu pour voir passer le pays de l’autre cote dans la catégorie « junk ».

C’est dire que le sauvetage de Bruxelles était indispensable. Mais 200 milliards d’euros dont 81,4 milliards de subventions, le montant le plus élevé de l’Union Européenne, ne permettront que de gagner quelques mois si le pays ne se reforme pas.

La situation bancaire

Dans la situation précaire du monde bancaire, l’Italie peine à sortir de décennies de mauvais crédits. Avec une prévision de 11% sur l’ensemble du pays, beaucoup d’institutions financières sont menacées. Ce ne sont pas les grandes banques (Unicredit et San Paolo) qui sont le plus en danger mais bien les caisses d’épargne et les banques régionales qui, politisées, ont été moins disciplinées dans l’octroi de crédit. Par exemple dans le secteur de la construction, 23% des prêts octroyés sont considérés comme des prêts bancaires non productifs.[4]

Si l’Italie n’a pas été friande de garanties publics a son secteur bancaire, elle a cependant reussi a enfreindre la reglementation Europeenne pour s’assurerv le contrôle d’une banque « politique » Monte dei Paschi di Siena.

Comme tous les Etats-Membres, l’Italie devra présenter son plan de relance a la majorité qualifiée des Vingt-Sept membres (55% des pays et 65% de la population).[5] L’obtention de subventions par l’Italie est donc soumise à une série de réformes en matière de pensions, de justice, de soins de santé et d’éducation. Le plan doit également intégrer des mesures liées à la transition verte et au numérique.

Subitement, pour la droite, la souveraineté de l’Italie a été la victime du coronavirus en étant contrainte d’accepter les conditions pour l’obtention des fonds. Qui plus est les subventions ne seront payées que si le plan de réformes est approuvé. Les Etats-Membres devront présenter leur plan de relance à la majorité des vingt-sept membres.

Les prêts ne sont pas conditionnels. Mais ils s’ajoutent à l’endettement ou refinancement des dettes existantes. Le gouvernement Conte s’est battu pour éviter ces réformes. C’est là que l’opposition des quatre frugaux a joué un rôle essentiel. L’enthousiasme de la nuit des annonces passe, c’est à une action difficile que se prépare le gouvernement italien. Tiendra-t-il ?

Ce fonds de relance n’est pas parfait, mais c’est la première étape vers une initiative plus large qui s’inscrit dans les projets d’union fiscale et de marches des capitaux. Il est triste de voir qu’il est fallu une crise sanitaire de cette envergure pour pousser les pays à agir dans cette direction, mais il serait encore plus triste de voir cette initiative mise à mal par des pays peu vigilants comme l’Italie ou l’Espagne.

 

(extrait de https://www.lemonde.fr/blog/finance/2020/07/30/chronique-dune-crise-financiere-annoncee-30-le-fonds-de-relance-europeen-favorise-litalie/

Georges Ugeux

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