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Publié le par ottolilienthal

À l'automne 1944, Français et troupes américaines au bord de l'affrontement

Trois mois après le jour J, les Normands n'en peuvent plus des exactions des soldats qui les ont libérés. Retour sur un épisode méconnu.

Policiers et gendarmes sous l'Occupation : collabos ou résistants ?

Deux ouvrages reviennent, cet automne, sur la manière dont les forces de l'ordre se sont comportées entre 1940 et 1945. Deux livres qui donnent à réfléchir.

A la suite de l'armistice du 22 juin 1940 mais surtout de l'entrevue de Montoire entre Petain et Hitler (24 octobre 1940), le regime de Vichy met en place une collaboration d'Etat avec l'occupant nazi. La police et la gendarmerie prennent une part active dans la lutte contre la Resistance ou les rafles de juifs...

À la suite de l’armistice du 22 juin 1940 mais surtout de l’entrevue de Montoire entre Pétain et Hitler (24 octobre 1940), le régime de Vichy met en place une collaboration d’État avec l’occupant nazi. La police et la gendarmerie prennent une part active dans la lutte contre la Résistance ou les rafles de juifs...

 
L’assassinat par Israël du médiateur de l’ONU en Palestine

Israël a reconnu indirectement sa responsabilité dans l’assassinat, en septembre 1948, de Folke Bernadotte, médiateur de l’ONU pour la Palestine.

Folke Bernadotte (à gauche) avec Moshe Sharett (à droite), ministre israélien des Affaires étrangères, en septembre 1948 à Tel Aviv

Alors qu’Israël a célébré avec faste son soixante-dixième anniversaire, marqué par le transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, un autre soixante-dixième anniversaire est passé bien inaperçu: celui de l’assassinat, le 17 septembre 1948 à Jérusalem, du comte suédois Folke Bernadotte, médiateur de l’ONU pour la Palestine. Ce crime avait pourtant suscité alors une condamnation unanime et une profonde émotion, avec une minute de silence à la mémoire de Bernadotte lors de l’Assemblée générale des Nations-Unies. Aujourd’hui, c’est dans l’indifférence générale qu’Israël, au sein d’un musée dépendant de son ministère de la Défense, assume la responsabilité du meurtre du premier diplomate chargé de régler pacifiquement le conflit israélo-arabe.

LA MORT D’UN HOMME DE PAIX

Né en 1895, petit-fils d’un roi de Suède, Folke Bernadotte devient en 1943 le numéro deux de la Croix-Rouge suédoise. C’est à ce titre qu’il parvient à négocier avec les autorités nazies, en février-mars 1945, le sauvetage de 21.000 prisonniers, dont 6500 Juifs. Très actif après la guerre au sein du mouvement des Croix Rouges, dont il défend avec fougue la stricte neutralité, il est nommé par le secrétaire général de l’ONU « médiateur » pour la Palestine en mai 1948: la guerre y fait rage depuis que l’Assemblée générale de l’ONU a adopté, en novembre 1947, un « plan de partage » entre un Etat juif et un Etat arabe; c’est sur la base de ce plan que, au terme en mai 1948 du mandat britannique, Israël vient de proclamer son indépendance, immédiatement contestée par l’intervention des armées arabes. La mission de Bernadotte est limitée à six mois, d’où l’urgence dans laquelle il propose aux parties, dès juin 1948, d’abord une trêve de quatre semaines, puis un plan de règlement du conflit.

Les hostilités reprennent en juillet 1948, avec déplacements massifs de civils arabes, avant que Bernadotte ne négocie une deuxième trêve. La jeune armée israélienne, établie à partir de la milice majoritairement travailliste de la Hagana (la Défense), a de sérieux problèmes de coordination avec les groupes extrémistes de l’Irgoun (l’Organisation) et du Lehi (acronyme hébreu des « Combattants pour la Liberté d’Israël »). Mais tous sont unis dans leur détermination à s’emparer de la vieille ville de Jérusalem, alors même que Bernadotte oeuvre à la démilitarisation de la Cité sainte. Il s’attire pour cela les foudres du Lehi, qui le menace publiquement de mort, sous le slogan « Stockholm est à vous, Jérusalem est à nous » (la photo ci-dessous est exposée au musée du Lehi).

Le 17 septembre 1948, Bernadotte traverse Jérusalem, accompagné dans sa voiture par le colonel français André Sérot, chef des observateurs de l’ONU pour la ville. Sérot tient à remercier Bernadotte d’avoir sauvé en 1945 son épouse du camp de concentration de Ravensbrück. Quatre assaillants en uniforme de l’armée israélienne interceptent le véhicule, dans le secteur de Jérusalem contrôlé par Israël, et mitraillent Bernadotte et Sérot, tués sur le coup. Un « Front de la Patrie » revendique l’assassinat, mais personne n’est dupe et le gouvernement israélien saisit l’occasion pour démanteler la structure militaire du Lehi. Les militants de ce groupe extrémiste, après une courte période de purgatoire, reprendront leur carrière, y compris politique, le plus doué d’entre eux, Yitzhak Shamir, devenant même Premier ministre d’Israël en 1983.

UN MUSEE A LA GLOIRE DES TERRORISTES

Le musée du Lehi se situe dans le quartier branché de Florentine à Tel Aviv. Il occupe la maison même où le fondateur de l’organisation, Avraham Stern, a été tué, le 12 février 1942, par la police britannique. Ce musée est placé officiellement sous l’autorité de l’Etat d’Israël, par le biais de « l’unité des musées » du ministère de la Défense. Les visiteurs sont accueillis par un (ou une) militaire en uniforme. Le ministère israélien de la Défense propose d’ailleurs un ticket combiné permettant de visiter à Tel Aviv, outre le musée du Lehi, deux musées célébrant l’action de l’Irgoun, un musée consacré à l’histoire de la Hagana et un autre à celle de l’armée israélienne. Il n’y a donc pas le moindre doute sur le fait que l’action de groupes stigmatisés alors comme « terroristes » est aujourd’hui intégrée à une mémoire d’Etat de la lutte armée pour Israël.

Après la reconstitution d’ateliers clandestins d’explosifs et de différents attentats, le musée du Lehi justifie en ces termes l’assassinat de Bernadotte: « son plan, rendu public le 27 juin 1948, représentait un danger pour l’existence même de l’Etat d’Israël: Israël et la Transjordanie auraient été considérés comme une seule unité territoriale composée de deux Etats. Le Néguev aurait été inclus dans l’Etat arabe, de même que les villes de Ramla et de Lod, la Galilée occidentale revenant à l’Etat juif. L’Etat juif  n’aurait bénéficié d’aucune continuité territoriale. Jérusalem aurait été inclus dans le secteur arabe avec une autonomie municipale pour la communauté juive. Quelque 300.000 réfugiés auraient pu retourner dans leurs foyers, chaque Etat disposant d’un droit de véto sur la politique d’immigration de l’autre. Le 17 septembre 1948, le comte Bernadotte fut tué par balles par des membres du Lehi s’appelant le « Front de la patrie ». Son plan fut ainsi réduit à néant ».

L’ONU, après la mort de son médiateur, n’a plus eu pour ambition que de négocier des accords d’armistice entre Israël et ses voisins arabes, renvoyant dans un avenir indéterminé un éventuel règlement définitif. C’est donc bien un plan de paix, donc la perspective de la paix elle-même, que le commando du Lehi a voulu tuer en tuant Bernadotte. Le succès de cette manoeuvre criminelle fut tel que l’Etat d’Israël la revendique aujourd’hui dans l’un de ses musées.

Une tragédie de 1948 à méditer aujourd’hui en 2018.

Le sous-marin « San Juan » a implosé en « 40 millisecondes »

Les 44 membres de l'équipage « n'ont pas souffert », d'après un rapport du Bureau américain du renseignement naval, relayé par « Le Monde ».

La France est le pays le plus touché par la pollution des centrales à charbon de ses voisins européens…

 

La pollution au charbon tue, et beaucoup. Les émissions des centrales ont provoqué 22.900 morts prématurées dans l’Union européenne en 2013, mais aussi des dizaines de milliers de cas de maladies cardiaques, bronchites, cancers, selon un rapport réalisé par quatre ONG, le WWF, Climate Action Network, Heal (Alliance pour la santé et l’environnement) et Sandbag.

 

« Plus de la moitié des morts prématurées dans l’UE dues au charbon peuvent être attribuées à 30 centrales », précise le rapport. Les cinq pays dont les centrales ont provoqué le plus de décès au-delà de leurs frontières sont la Pologne (4.690 morts prématurées à l’étranger), l’Allemagne (2.490), la Roumanie (1.660), la Bulgarie (1.390) et le Royaume-Uni (1.350).

>> A lire aussi : Le charbon, matière première toujours présente dans l'économie européenne

La France lourdement touchée avec 1.200 décès

La France est aujourd’hui le pays le plus touché par la pollution des centrales à charbon de ses voisins européens. « La France a peu de charbon dans son mix énergétique mais est lourdement impactée par les centrales de ses voisins ». Selon ce rapport, 1.200 décès prématurés ont été causés en France par la pollution allemande, britannique, polonaise, espagnole et tchèque. La France ne possède elle-même plus que trois centrales à charbon, mais reçoit donc énormément de poussières de ses voisins.

Les particules fines constituent « l’ingrédient le plus toxique » de la pollution par le charbon. Ces particules d’un diamètre inférieur à 2,5 microns pénètrent profondément dans le système respiratoire et dans le sang. Elles peuvent se déplacer loin de leur lieu d’émission, « sur des centaines de kilomètres », rappelle le rapport.

>> A lire aussi : Pollution: Où peut-on respirer (moins mal) en France ?

 

 

Les morts du charbon en Europe

Le charbon, combien de morts ? En Europe. Et pas dans les mines, mais dans la rue, à la campagne… partout où l’on respire les particules fines émises par les cheminée des près de 280 centrales électriques au charbon. Réponse : près de 23.000 morts prématurées… par an !

C’est ce qui ressort d’une publication, le rapport Europe’s Dark Cloud : How coal-burning countries make their neighbours sick réalisé par le WWF, l’Alliance pour la santé et environnement (HEAL), le Réseau action climat Europe (CAN Europe) et Sandbag.

Le poids des graphiques

Plusieurs études universitaires et scientifiques se sont attaquées à cette question. Les chiffres du rapport ne sont donc pas une surprise, puisqu’ils en proviennent. Pourtant, les associations qui s’inquiètent de cette hécatombe ont le sentiment que ni les gouvernements ni les populations ne prennent vraiment conscience de cette réalité.

D’où leur décision d’en faire une présentation frappante, avec des graphiques accusateurs et des phrases courtes et fortes. En mettant notamment l’accent sur les morts causés hors de leurs frontières par les pays qui utilisent massivement le charbon pour leur électricité.

Le résultat est effectivement spectaculaire pour qui ignore, ou veut ignorer les dégâts sanitaires de l’usage massif du charbon. Le rapport prend en considération 257 des 280 centrales à charbon existante, et se fonde sur des calculs classiques en épidémiologie de l’effet des particules fines, des oxydes d’azote et de l’ozone près du sol. Mais plus de 80% des conséquences sanitaires – accidents vasculaires cérébraux, maladies cardiaques, cancer et maladies du poumon – sont causées par les particules fines formées à partir des émissions de dioxyde de soufre et de dioxyde d’azote.

Les 23.000 morts prématurées par an ne sont pas réparties de manière homogène sur l’Union Européenne. Pologne, Allemagne et Royaume-Uni sont les plus frappés. Toutefois, la circulation atmosphérique fait que les émissions traversent les frontières et vont provoquer maladies et décès bien loin des cheminées.

L’Allemagne championne du CO2

Ce rapport n’est pourtant qu’un élément de réflexion. Il ne fait que mentionner la contribution majeure des centrales à charbon au changement climatique par l’émission de dioxyde de carbone. A elles seules, les 280 centrales à charbon comptent pour près de 18% du total des émissions de CO2 de l’Union Européenne. La championne en est l’Allemagne puisque ses centrales occupent cinq des six premières places du palmarès (ci dessous). Or pour atteindre les objectifs fixés à la COP-21 à Paris, il faudrait soit fermer rapidement toutes ces centrales, soit les équiper de systèmes permettant de capter le CO2 émis puis de le stocker durablement en sous-sol. Une technologie qui pourrait augmenter de 50% à 100% le prix de l’électricité, et qui suppose de résoudre de nombreux problèmes techniques et de lieu des stockages.

Ce rapport n’aborde également aucune des alternatives pour la production d’électricité. Une manière d’éviter tout débat préalable à ce sujet afin de concentrer le message sur le risque sanitaire des centrales à charbon. Ces dernières produisent près du quart de l’électricité de l’Union Européenne. Les remplacer rapidement ne sera donc pas facile. Si l’on prend le cas de l’Allemagne, cette dernière à investi près de 300 milliards d’euros en 20 ans de subventions pour les énergies éoliennes, photovoltaïques et biomasse (déchets notamment). Pourtant, son électricité est encore à plus de 50% fournie par le charbon (40%) et le gaz auquel il faut ajouter 15% de nucléaire qui doit fermer d’ici 2022.

Les pays dont le système électrique est le plus protecteur du climat et de la santé publique – Suède, Finlande, France, Belgique… – utilisent massivement l’hydraulique et le nucléaire, avec des proportions variées. La contribution des énergies nouvelles renouvelables augmente de manière significative, mais le vrai débat porte sur leur capacité à remplacer totalement le charbon et le gaz dans le mix électrique européen sans qu’une contribution du nucléaire ne vienne boucler le budget, avec des pays qui n’y auront pas recours et d’autres, comme la France ou la Grande-Bretagne, qui en feront un usage important voire majoritaire.

Sylvestre Huet

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