Molotov, nouvelle télévision ?

Publié le par ottolilienthal

La Télévision est morte, vive Molotov

 

 

La télévision telle que nous la connaissons depuis le milieu du 20ème siècle commence à dater : avec Internet, les habitudes évoluent : Replay, VOD et, bien évidemment, les services comme Netflix. En France, un nouveau service se propose de révolutionner la télévision : c'est Molotov, un "Netflix-like" mais pour les chaînes de télévision classiques et qui offre des services supplémentaires.

Molotov lancé le 11 juillet 2016

Sans doute afin de ne pas risquer une surchauffe de ses serveurs à l'occasion de l'Euro 2016 (et à fortiori lors de la finale qui a vu la France perdre contre le Portugal), Molotov a attendu lundi 11 juillet 2016 pour être lancé. Après un test chez quelques centaines de personnes et deux ans de développement, la plateforme est disponible.

Molotov, c'est un peu un mélange de Netflix et de télévision classique : les 35 chaînes de la TNT sont disponibles gratuitement mais avec l'avantage de pouvoir bloquer et reprendre un programme en cours ou encore de pouvoir trier les programmes en fonction des centres d'intérêt, des types, des personnalités... avec Molotov il n'est donc plus question de "subir" ce que les chaînes proposent ainsi que leur grilles de programmation, mais de devenir "acteur" de sa télévision.

Un business-model qui se basse sur des abonnements

A la différence de Netflix, toutefois, Molotov n'a pas de contenu dédié : la plateforme ne diffuse que des chaînes de télévision. Et l'accès est gratuit pour son service basique, soit les 35 chaînes de la TNT et les possibilités de gestion du direct et de tri.

C'est l'inquiétude des investisseurs : malgré 10 millions d'euros levés, le business-model de Molotov reste flou : les seuls revenus de la plateforme seront ceux issus de ses deux abonnements payants : un à 3,99 euros par mois qui offre un multiflux (un peu inutile, il suffit d'avoir un compte gratuit pour chaque membre de la famille pour avoir un multiflux gratuit) et 100 heures d'enregistrement (contre 10 pour la version gratuite) ; et un abonnement premium à 9,99 euros par mois qui donnera accès aux chaînes payants et à certaines options.

 

Paolo Garoscio

Molotov, la plateforme qui veut dégoupiller la télé

 

 

L’idée est tellement évidente qu’on se demande pourquoi personne ne l’a eue avant. Peut-être parce qu’elle était technologiquement complexe à mettre en œuvre. Après trois ans de travail, la plateforme Molotov se lance ce lundi, avec l’ambition, ni plus ni moins, de «réinventer la télévision». L’emphase, typique de l’esprit start-up, est à la hauteur de l’attente que celle-ci a suscitée dans le monde des médias, pour deux raisons. D’abord parce qu’elle est très bien financée, après une levée d’argent initiale de 10 millions d’euros, auprès du fonds français de capital-risque Idinvest notamment. Ensuite, parce qu’elle est portée par un trio d’hommes qui ne sont pas tout à fait des perdreaux de l’année : Jean-David Blanc, cofondateur d’Allociné, Pierre Lescure, ancien PDG de Canal+ et Jean-Marc Denoual, ex-cadre de TF1.

De quoi s’agit-il ? Molotov, qui veut s’étendre sur tous les appareils connectés à Internet, est une plateforme en ligne donnant accès à l’ensemble des programmes des chaînes de télévision françaises et à leurs catalogues de vidéo de rattrapage : émissions, films, documentaires et tout le reste. On peut donc s’y déplacer par chaînes, par catégories («animaux», «aventure», «environnement», «finance», «histoire», «sport»…), par personnages (animateurs, acteurs, réalisateurs…) ou via l’usage du moteur de recherche interne, qui permet de trouver des programmes correspondant à ses intérêts.

Nous avons pu assister à une rapide démonstration du service. Plutôt bien fichu au niveau de l’ergonomie, il semble performant. A l’usage, on prend conscience que l’offre de télé est beaucoup plus riche que ce l’on peut croire : à tout moment, il y a une palanquée de films, documentaires et séries disponibles, permettant de sortir du combo Hanouna-Nagui-Plaza. En cela, Molotov est susceptible de changer la manière dont on consomme la télévision, en se détachant un peu plus du linéaire et en reprenant la logique de catalogue propre à des services comme Netflix. «La télévision est très riche en programmes mais très archaïque dans leur distribution, explique Lescure. Il y a un gâchis phénoménal : certains passent complètement inaperçus à cause d’une mauvaise information des téléspectateurs.»

Le service de base est gratuit. Avec un identifiant et un mot de passe, il est possible d’avoir accès à 35 chaînes gratuites, parmi lesquelles celles de la TNT gratuite (à l’exception notable du clair de Canal+), TV5 Monde, France 24 ou encore BFM Business, et à leurs replay (sauf TF1 et M6, pour lesquels c’est en négociation). On peut ajouter à ce large panel un bouquet de 37 chaînes payantes moyennant 9,99 euros par mois.

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