Les évaporés du Japon

Publié le par ottolilienthal

Enquête sur le phénomène des disparitions volontaires

 

Léna Mauger et Stéphane Remael nous font part de ce phénomène qui est beaucoup plus important que dans le reste du monde (85000 annuels déclarés à la police pour environ 100000 évaporés en plus). Cela s'explique déjà d'une part par la culture nippone où honte et déshonneur sont bien prégnants et d'autre part par la facilité à "s'évaporer" : il n'y a pas au Japon de recoupements d'informations administratives comme en France par exemple. Il est beaucoup plus difficile dès lors que l'on projette de "changer de vie" d'être retrouvé. ... ça génère une manne pour des détectives ... 360 à 430 € par jour soit 10800 à 14400 euros mensuels pour d'improbables retrouvailles. Beaucoup d'enquêtes s'arrêtant en cours faute d'argent suffisant. En parallèle, des associations se créent.


Les personnes rencontrées par ce journaliste et photographe ont des profils très différents. La majorité des cas ont fait suite à la récession Japonaise, au licenciement puis à la honte, d'autres ont été kidnappés par la Corée du Nord, beaucoup ont voulu se soustraire à des créanciers... d'autres à se soustraire à la pression scolaire et à la réussite sans faille des examens ... tous les portraits vous inviteront à découvrir une autre facette qui conduisent des hommes le plus souvent mais aussi des femmes à devenir des clandestins. Des ingénieurs deviennent ainsi des intérimaires précaires, d'autres serviront la cause pour nettoyer les lieux après Fukushima (... peu importe s'ils se prennent des radiations hors normes, ce sont déjà des fantômes, des sans-papiers ...)

"Les évaporés" nous renvoient aux incidences mondiales des spéculations et de ce qu'elles engendrent dans le contexte très particulier de la mentalité nippone qui n'accepte pas l'échec et le déshonneur. Récits graves, tristes, très touchants de leur parcours de vie.

 

 

15 oct 2016 - ANTUNES Laure

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