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histoires de gros sous..

Publié le par ottolilienthal

Le jeu dangereux de Draghi et Macron avec leurs salaires

Alors que le président du conseil italien Mario Draghi renonce à sa rémunération, l'Elysée refuse de rendre public le bulletin de salaire d'Emmanuel Macron. Une situation ubuesque et plutôt dangereuse politiquement. 

Mario Draghi a frappé les esprits, du moins en Italie, en annonçant qu'il ne recevrait aucune rémunération pour son poste du président du conseil. Comme en France, les politiques italiens ont des obligations de transparence. C’est donc sur 110.000 euros de revenus brut par an que l’ex-président de la Banque centrale européenne fait une croix, sachant qu’il dispose par ailleurs de près de 500.000 euros liés à ses différentes pensions de retraite, selon l'agence Reuters.

Annonce démagogique

Pour l’ancien député et président de l’Observatoire de l’éthique publique, René Dosière, ce type d’annonce est "démagogique". Il rappelle que Donald Trump, par exemple, avait fait savoir qu’il renonçait à son salaire de président des Etats-Unis. François Hollande, lui, avait annoncé qu’il baissait sa rémunération de 30%. "Ce ne sont pas forcément des bons messages", poursuit l'ancien parlementaire socialiste pour qui diriger un Etat ou un gouvernement est un travail qui mérite un (bon) salaire : "Le bénévolat politique se pratiquait au XIXe siècle, il favorise bien entendu ceux qui ont des moyens et ce n’est pas vraiment une avancée démocratique."

Il n’empêche que le coup médiatique du président du conseil italien intervient au moment même où la présidence de la République française s’est engagée dans un surréaliste bras de fer avec une chercheuse française, membre de l’Observatoire de l’éthique publique, Lucie Sponchiado. Cette dernière a demandé à l’Elysée, qui depuis 2007, pratique la transparence de son budget sous le contrôle de la Cour des comptes, un copie du bulletin de salaire d’Emmanuel Macron.

 

15.000 euros par mois

La présidence de la République, d’abord oralement, puis par un courrier signé du directeur de cabinet du président, Patrick Strzoda, lui a opposé une fin de non-recevoir. "Une attitude d’autant plus incompréhensible que l’on sait tout sur le train de vie de l’Elysée et la rémunération du président", explique René Dosière. La rémunération du président de la République, comme celle des membres du gouvernement, est en effet fixée selon des règles détaillées par un décret du 23 août  2012. Ce qui permet d'évaluer le revenu mensuel d'Emmanuel Macron à environ 15.000 euros brut par mois. L’Elysée, pour argumenter son refus, met en avant la doctrine de la Commission d'accès aux documents administratifs, qui avait estimé en 2009 que les dispositions relatives à la communication des documents administratifs devaient "être interprétées à la lumière de l’article 67 de la Constitution du 4 octobre 1958" établissant un régime d’irresponsabilité au profit du chef de l’État".

Mais le problème est que cette autorité administrative indépendante a changé d’avis depuis 2009. Le 10 décembre dernier, elle a considéré que "les bulletins de paie ou relevés d’indemnités du président de la République sont des documents administratifs communicables à toute personne qui en fait la demande, sous réserve de l'occultation préalable des mentions relevant de la vie privée et à la situation fiscale du président de la République". 

Précédent du Conseil constitutionnel

Dosière préfère parler d'imbroglio que d'obstruction, et explique que l’Observatoire ne saisira pas la justice administrative pour obtenir ces documents, "même si la chercheuse peut toujours le faire à titre personnel". Pas question de passer à l’offensive, comme il l’avait fait avec les membres du Conseil constitutionnel, "dont la rémunération était clairement basée sur des fondements illégaux". Les sages, sentant le danger, s’étaient d’ailleurs mis dans les clous avant même que le tribunal administratif ne se prononce. Révélée par Le Monde et Marianne, l’affaire du bulletin de paie de Macron, devrait, elle aussi, être résolue avant que la justice n’ait à se prononcer. D’autant que, aux dires de René Dosière, "nous n’avons rien à apprendre de la consultation de ces bulletins de paie, il s’agit plus d’une affaire de principe."

Dans une note sur le sujet mise en ligne sur le site de l'Observatoire de l'éthique publique, Lucie Sponchiado "regrette que la présidence de la République ne se montre pas exemplaire et donne le sentiment de se dérober à la démarche de transparence qui s’est déployée ces dernières années." Elle précise que "désormais, seul le tribunal administratif de Paris est compétent pour juger si oui ou non les bulletins de salaires du président de la République sont bel et bien des documents administratifs communicables."

 

L’ex-député rappelle que la transparence s’est beaucoup améliorée du coté de la présidence de la République "puisque avant 2007 son budget était opaque et non contrôlé, ainsi bien sûr que la rémunération du chef de l’Etat." Ce qui rend le refus de communication de l'Elysée d'autant plus incompréhensible.

Saint-Martin : le père de Laeticia Hallyday jugé en septembre pour violences

André Boudou a agressé un pêcheur qui faisait le plein de carburant de son embarcation au quai de la station essence de Sandy Ground.

 

Laeticia Hallyday n'avait sûrement pas besoin de ça. Son père, André Boudou, est convoqué le 12 septembre à la chambre détachée du tribunal de Saint-Martin où il comparaîtra pour des violences infligées à un septuagénaire ayant entraîné une ITT (incapacité totale de travail) supérieure à huit jours.

 

 

Le 20 mars dernier, André Boudou, 67 ans, ancien joueur de rugby de l'AS Béziers et père de Laeticia Hallyday, veuve du chanteur Johnny Hallyday, a agressé un pêcheur qui faisait le plein de carburant de son embarcation au quai de la station essence de Sandy Ground (Ouest), et qui lui demandait de réduire la vitesse de son bateau dans le lagon, selon une source proche du dossier.

8 jours d'ITT

André Boudou a asséné plusieurs coups de poing au visage du pêcheur, qui a perdu plusieurs dents, selon la même source. Des préjudices corporels qui ont valu à la victime plus de 8 jours d'ITT.

 

 

Toujours selon la même source, le père de Laeticia Hallyday pourrait également avoir à s'expliquer et répondre devant la justice, le 12 septembre, de faits de menaces proférées à l'encontre de plaisanciers à Saint-Barthélemy, l'île voisine de Saint-Martin. Johnny Hallyday, décédé d'un cancer le 5 décembre 2017 à 74 ans, appréciait la tranquillité de Saint-Barth, où il possédait une villa avec sa femme Laeticia. Il y a été inhumé le 11 décembre 2017, dans le petit cimetière de Lorient. Sa femme continue de s'y rendre régulièrement.

 

EuroMillions : son ticket perdu, le gagnant a dû partager son gain de 163 millions d'euros

Le deuxième plus gros gagnant français à l’EuroMillions avait perdu son ticket en 2011. Il a dû verser 12 millions d’euros à celui qui l’avait trouvé, selon un arrêt récent de la cour administrative d’appel de Paris. Le fisc qui voulait imposer cette somme rondelette a été débouté.

Cet arrêt de la cour administrative d’appel de Paris du 27 juin 2019 est passé inaperçu. Il aurait pourtant mérité le prix du meilleur scénario de comédie française de l’année.

On y apprend en effet que le gagnant de la cagnotte de 163 millions d’euros au tirage de l’EuroMillions du 13 septembre 2011 avait égaré son ticket. Il a dû verser 12 millions d’euros à celui qui l’avait trouvé pour récupérer le précieux sésame et pouvoir toucher son gain.

Dans cette histoire croustillante, tout le monde a été gagnant, sauf le fisc qui réclamait un peu plus de 4,3 millions d’euros à celui qui a raconté à la Française des jeux avoir trouvé le ticket "sur la voie publique". Les gains au loto ne sont pas imposables au titre de l’impôt sur le revenu mais l’administration fiscale estimait que cette faveur ne devait pas s’appliquer à l’heureux bénéficiaire de l’indemnité de 12 millions d’euros.

La cour administrative d’appel lui a donné tort en considérant que cette rémunération exceptionnelle n’était pas soumise à l’impôt, contrairement à ce que demandait le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin.

Un protocole d'accord imposé par la Française des jeux

La décision de justice n’explique pas comment le reçu gagnant d’une valeur de 163 millions d’euros a été perdu avant de tomber dans d’autres mains. L’arrêt de la cour administrative d’appel relate cependant comment a été tranché le différend entre le détenteur du ticket et le joueur qui avait pu prouver que c’était bien lui qui avait parié sur la combinaison gagnante.

La Française des jeux a exigé un accord entre les deux parties qui ont signé un protocole transactionnel aux termes duquel le découvreur du ticket renonce à son droit au gain en contrepartie d’une indemnité de 12 millions d’euros, soit environ 7,5% des 163 millions d’euros.

Seul le joueur avec le ticket peut toucher le gain

Le reçu a été restitué à son légitime propriétaire qui était de toute façon le seul à pouvoir toucher le gain car le règlement de l’EuroMillions stipule que le paiement ne peut être remis qu’au joueur exclusivement et contre remise du reçu intact. Il fallait donc que le joueur trouve un terrain d’entente avec le détenteur du ticket pour ne pas perdre son gain.

Même amputés de ces 12 millions d’euros, les 163 millions d’euros remportés par le joueur qui avait validé son bulletin dans le Calvados restent à ce jour le deuxième record absolu de gains à un jeu d’argent en France après les 170 millions d’euros gagnés par un joueur des Alpes-Maritimes le 13 novembre 2012, également à l’Euro Millions.

Le roi des Belges est le souverain le plus « pauvre » d'Europe

Business Insider a fait les comptes : le roi de Thaïlande est le monarque le plus riche du monde. Les souverains ne sont pas tous logés à la même enseigne…

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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David Hallyday : qui est Alexandra Pastor, la mère de son fils Cameron ?

Avant d’être la deuxième épouse de David Hallyday, Alexandra Pastor est d’abord une femme d’affaire redoutable, et très certainement la personnalité la plus discrète du clan Hallyday. Zoom sur la vie de cette héritière monégasque avec qui le chanteur est marié depuis 13 ans.

Alexandra Pastor est sans aucun doute la personnalité la moins connue du clan Hallyday. Peu intéressée par les feux des projecteurs, elle attire pourtant l'attention, notamment à cause de son parcours incroyable. Mariée depuis 2005 à David Hallyday, cette héritière monégasque est une femme d’affaire redoutable. Elle a ainsi hérité de la fortune de son père Michel Pastor, ancien président de l'AS Monaco, et avant lui de son arrière grand-père, Jean-Baptise Pastor à la tête d’un patrimoine immobilier monégasque estimé à 19 milliards d'euros. Mais Alexandra Pastor ne s’est pas reposée sur sa fortune. Elle est ainsi diplômée de la chambre syndicale de Haute Couture, et est responsable de la marque rock Teen Religion.

 

Elle rencontre David Hallyday, fraîchement séparé d’Estelle Lefébure avec qui il aura deux enfants, Ilona et Emma Smet, au sein de la célèbre station de ski suisse de Gstaad. Après deux ans de relation, elle donne naissance en 2004 à Cameron, leur fils de 14 ans.

Lorsqu’ils se marient un an plus tard, elle entre officiellement dans le clan Hallyday et deviendra très proche de la famille de son époux, notamment de sa belle-mère Sylvie Vartan et sa fille adoptive, Darina Scotti. Si toute la famille a vécu pendant longtemps à Los Angeles, c’est désormais au Portugal qu’elle habite, mais sans David, qui a choisi de s’installer à Londres après la mort de son père, là où personne ne le reconnaît. 

David déshérité à cause de la fortune d’Alexandra ? 

A la mort de son père, Alexandra Pastor aurait hérité avec David Hallyday d’une bonne partie de sa fortune. Selon « L'Express », « la famille Pastor posséderait un tiers des logements de Monaco. » Johnny Hallyday aurait eu connaissance de cela et aurait pensé que son fils était à l’abri. 

En Afrique du Sud, le business de la Mandelamania

Souvenirs vendus à la sauvette, ligne de vêtements siglés «46664» d'après son matricule de prisonnier... Nelson Mandela est aussi un produit marketing.

«Regardez, là c’est la photo de Nelson Mandela. Et quand vous inclinez un peu le cadre, la lumière change, et c’est le drapeau sud-africain qui apparaît». Marie Petlele est fière de cet achat, qu’elle accrochera bientôt au mur de son salon. Comme des milliers de Sud-Africains, cette mère de famille habitant le township de Soweto, a cédé à la «Mandelamania» qui s’est emparée du pays depuis le décès du héros de la lutte anti-apartheid, le 5 décembre.

 
 

Devant la maison où il s’est éteint, dans une riche banlieue de Johannesburg, des vendeurs à la sauvette ont posé leurs étals. «Le lendemain de sa mort, nous avons imprimé la photo de Madiba sur des dizaines de tee-shirts», dit Nkateko Manganya, un des nombreux opportunistes, qui a gagné jusqu’à 8000 rands (550 euros) par jour cette semaine. «D’habitude, je vends surtout des produits de l’ANC - le parti au pouvoir - lors des événements politiques. Mais en ce moment, tout le monde veut un souvenir de Nelson Mandela», ajoute-t-il alors que des clients farfouillent parmi les polos, casquettes, horloges et drapeaux à son effigie, disposés au bord de la route. La mort du père de la nation arc-en-ciel fait marcher les affaires.

«Tout ce dont on peut rêver pour promouvoir un produit»

Et les petits commerçants ne sont pas les seuls à profiter de l’occasion. Les hommages à Nelson Mandela marqués du sigle d’une banque, d’une compagnie d’assurance, ou d’une chaîne de télévision satellite, ont fait leur apparition sur les panneaux publicitaires de Johannesburg. Déjà avant son décès, l’image du premier président noir d’Afrique du Sud générait un important business. « La "valeur" de Mandela est inestimable, pense Jeremy Sampson, directeur d’Interbrand et spécialiste des stratégies marketing. Il représente l’intégrité, la dignité, la lutte pour la liberté, tout ce dont on peut rêver pour promouvoir un produit.»

La Fondation Nelson Mandela, créée en 1999, a déposé la «marque» à l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle de Genève. Elle est donc, en théorie, la seule à pouvoir utiliser le nom de Nelson Mandela, mais aussi 66 autres appelations : Madiba, son nom de clan, Rolihlahla, son premier prénom, ou encore son numéro de prisonnier «46664». Une manière, selon Verne Harris, responsable du programme de mémoire de la Fondation, «d’éviter les dérives inappropriées, qui pourrait ternir l’image de Mandela». Afin que celui-ci ne devienne pas une icône mondiale bon marché, façon Che Guevara, la Fondation a remplacé, sur les objets promotionnels, son visage par une photo de sa main ouverte. Elle a aussi intenté plusieurs procès et fait retirer de la vente des dizaines de produits.

«46664»

Mandela a toujours refusé de faire l’objet d’un culte. Mais les moyens utilisés par la Fondation pour que son souhait soit respecté sont parfois controversés. Surtout qu’elle-même n’hésite pas à lancer des opérations marketing, présentées comme caritatives puisqu’il s’agit de perpétuer «les bonnes actions et la mémoire» de Madiba. Il y a deux ans, elle s’est associée à Seardel, la plus grande entreprise de textile sud-africaine, pour mettre sur le marché une ligne de vêtements siglés «46664», en référence au numéro de matricule de Mandela dans la prison de Robben Island. Des vêtements vendus à un prix inaccessible pour une majorité de Sud-Africains, ravis aujourd’hui de faire le plein à moindre coût de souvenirs à l’image de «Tata Madiba». Dans la rue, certains vendeurs prétendent avoir l’autorisation de la Fondation et lui reverser une partie des bénéfices, ce que cette dernière dément. Mais il semblerait qu’une certaine tolérance règne. L’idée que l’héritage de Mandela appartient à tous les Sud-Africains prévaut en ce moment particulier.

«Il y aura toujours des gens qui veulent faire de l’argent sur le dos de mon grand-père et c’est très difficile de tout contrôler», confiait Kweku Amuah, un des petits-fils de Nelson Mandela, à Libération, en juillet. Et les proches du héros de la lutte anti-apartheid ne seront pas les derniers à vouloir tirer des bénéfices de son nom et son image. Des petits-enfants ont déjà lancé une marque de vêtements du nom de son autobiographie Un Long chemin vers la liberté, et une de ses filles produit du vin, vendu sous le nom «House of Mandela». Les descendants de l’icône sud-africaine, dont les divisions ont éclaté au grand jour avant même sa mort, comptent bien profiter des fruits d’un héritage qu’ils considèrent leur revenir de droit.

Patricia Huon (à Johannesburg)

Gros plein de sous :

 

Les trois premiers milliardaires, Jeff Bezos (Amazon), Bill Gates (ex-Microsoft) et Warren Buffett (Berkshire Hathaway) sont à eux trois plus riches que la moitié de la population américaine, qui , en plus, achète leurs produits.

 

(extrait de l'article "milliards de vivre", Le Canard enchaîné, 7/11/2018)

Comment CGG a ruiné la « veuve de Carpentras »

Une veuve venue assister à l’assemblée générale de CGG le 13 novembre 2017, me raconte son histoire autour d’un café.  Cette soixantenaire perd  son mari, en 2013. Dans le portefeuille de celui-ci, elle trouve une très grosse ligne d’actions CGG qui, au moment du décès, cotent 300 euros. Mais la liquidation de la succession traîne en longueur, deux années au total,  pendant lesquelles notre veuve est bien trop occupée pour surveiller le cours de CGG. De toutes façons, elle ne peut rien décider car, en attendant d’être partagés, les biens sont gelés.

Pendant ce temps, l’exploitation du gaz de schiste américain ralentie la demande  de pétrole, un mauvais coup pour les actions du spécialiste de l’échographie du sous-sol. C’est une centaine de milliers d’euros d’épargne qui partent en fumée, pour la veuve  et pour les héritiers. Quand elle récupère les actions de son époux,  l’ex- Compagnie Générale de Géophysique vaut autour de 70 euros. Et 70 € par action c’est peu ou prou ce qu’elle paiera en droit de succession. Car le fisc se base sur le cours au jour  du décès, pour lui faire payer les 20 % de frais. Il ne reste plus rien ou presque des exploits boursiers de son mari avec CGG, mais il est trop tard pour vendre, se dit-elle.

Mi 2015, les formalités sont terminées. Notre veuve* s’intéresse à la Bourse. On lui conseille d’assister à l’Assemblée de CGG. En janvier 2016, le DG du groupe y présente, les perspectives du parapétrolier sous un jour qu’elle trouve attrayant. La fin de 2015 a  été moins pire que prévue, dit-il,  mais il faut alléger l’endettement. Il propose à ses actionnaires d’augmenter le capital pour l’aider à passer ce difficile moment. Jean-Georges Malcor fixe la barre haut : il veut  350 millions d’euros, sur la base d’un cours ajusté à 21,12 €.  Actionnaires de CGG,  la banque publique BPI France et de l’Institut français du pétrole énergies nouvelles, les deux bras armés de l’Etat annoncent qu’ils souscriront, de même que le client Total.

Notre héritière est rassurée, dans les jours qui suivent, elle souscrit elle aussi, à de nouvelles actions. « Moyenner à la baisse » c’est le meilleur moyen de gagner en Bourse, lui dit-on.

Mais notre veuve voit très vite ses espoirs s’effriter, l’action CGG ne fait que chuter. Lorsque je l’ai rencontré à l’AG, l’action CGG valait 3,91 €. Le piteux PDG sollicitait à nouveau ses actionnaires et proposait une restructuration financière. Les ratios n’étaient pas bon, l’insolvabilité semblait inéluctable, mais la société continuait à s’activer, le fonds de commerce était préservé, rassurait-on. L’heure était venue de se mettre autour de la table, l’Etat au capital avait dicté ses conditions. Les vautours avaient débarqué. Ces créanciers peu scrupuleux, obtinrent du ventre mou des actionnaires ( dont l’Etat) qu’on leur remis des actions en échange de leur dette. Comme ça ne suffisait pas, le parapétrolier CGG pour poursuivre son activité, émettrait de nouveaux emprunts, fort tarifés.  Les minoritaires quant à eux, seraient massivement dilués.

Mme de Carpentras était d’humeur joueuse ce jour là. Elle m’interrogea : devait-elle souscrire à cette nouvelle augmentation de capital ? C’était une affaire n’est-ce pas ? Un bon prix : 1,56 € par action quand le cours est à 3,80 €  ?  Ce n’était pas ainsi qu’il fallait calculer. Il ne restait plus grand chose du gâteau CGG, et elle allait devoir le partager avec de nombreux créanciers, qui n’apporteraient pas un sous.

J’ignore si la veuve compris, elle se demanda plutôt ce qu’aurait fait son mari.

 

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(*) Nous avons bel et bien rencontré une veuve à qui il est arrivé ce type de mésaventure fiscale et financière.

 

André Boudou, beau-père de Johnny et fraudeur fiscal à répétition

 

Le père de Laeticia Hallyday a été condamné deux fois de suite à de la prison avec sursis pour "fraude fiscale" pour avoir dissimulé une partie des revenus de sa boîte de nuit du Cap d'Adge, l'Amnesia. 

 

Johnny Hallyday et l'argent: l'idole des jeunes ne comptait pas
 
Par Matthieu Hoffstetter Tout au long de sa carrière, Johnny Hallyday aura dépensé sans compter. Malgré des ventes records, des tournées lucratives et des exils loin du fisc français, la star n'a pas amassé de fortune démesurée. Sa générosité avec ses amis et proches, une propension à distribuer ses biens et une envie de se faire plaisir auront guidé sa stratégie financière.
 

Johnny s'en est allé. Laetitia, sa veuve, et ses enfants David, Laura, Jade et Joy ne devraient pas souffrir de difficultés financières dans les mois à venir. Cependant, au vu des chiffres faramineux des ventes d'albums, des tournées à succès, des concerts à guichets fermés, des cachets de cinéma ou de l'intense merchandising qui a vu fleurir des produits dérivés à foison, n'importe quel analyste financier pourrait s'attendre à voir surgir un héritage gigantesque. Pas avec celui de Johnny Hallyday. Pas le style de l'idole des jeunes.

Lire aussi: La carrière de Johnny Hallyday en 12 chiffres

 
 

Avec Jean-Philippe Smet, né d'une mère coiffeuse puis employée de crèmerie et d'un père ayant fui, l'argent n'est pas un but en soi. C'est uniquement le facilitateur des envies, le moyen de s'offrir une guitare à l'adolescence, une Harley-Davidson à l'âge adulte, une villa aux Etats-Unis ou un chalet à Gstaad plus tard,... Mais l'argent, c'est surtout l'occasion de faire la fête avec ses amis, de partir à l'improviste avec ses proches en voyage ou d'acheter des voitures.

Dès les premières années de sa carrière, Johnny Hallyday dépense. La star des yéyé affiche un train de vie dispendieux. Et il ne sera jamais enclin à se serrer la ceinture. En 2011, un ancien conseiller fiscal cité par Les Inrocks, affirme que ses dépenses se chiffrent «entre 200'000 et 400'000 euros mensuels. (...) Et encore, ce chiffre ne comprend pas le remboursement des maisons. Il couvre simplement les frais d'entretien, de personnel, les voitures, les déplacements en jet et les dépenses quotidiennes». Un avis confirmé par son ancien impresario, Jean Pons: «L'argent, Johnny ne sait pas ce que c'est. Il est l'un des rares hommes de spectacle à se comporter aussi peu en homme d'affaires».

Une star détachée des contraintes comme Elvis

Une forme d'insouciance qui le rapproche d'un Elvis Presley, l'icône des débuts. Comme le King, Johnny va battre les records. Mais comme la star américaine, il va brûler l'argent et se désintéresser de la gestion en la confiant à d'autres. Si Elvis Presley laisse le Colonel Parker gérer ses contrats, Johnny Hallyday laisse un autre Johnny, Stark, l'imprésario star des années 1950 à 1970 en France, aux commandes de l'intendance. Or, Johnny Stark, qui va également gérer les affaires de Sylvie Vartan et Hugues Aufray notamment, va se soigner généreusement lors des signatures de contrat: à l'occasion de la signature de Johnny Hallyday avec Philipps en 1961, il s'arroge 50% des revenus de son poulain à peine majeur... et oublie le fisc français. Lorsque les impôts s'aperçoivent de cela et réclament leur dû, c'est le clash entre les deux Johnny.

Si Johnny Stark se promenait avec une valise contenant chèques et espèces qu'il distribuait à Johnny ou à ses amis selon les demandes du chanteur, son successeur Jean Pons se rend vite compte des difficultés et choisit de bluffer: pendant plusieurs années, il va affirmer au chanteur que les réserves sont épuisées et que les recettes des ventes de disques et des tournées suffisent à peine à rembourser impôts et dettes. Le bluff fonctionne tant bien que mal et le bas de laine de Johnny se reconstitue, alors même que certains albums et tournées rencontrent moins de succès qu'au début des années 1960.

Plus tard, les comptables du chanteur omettent la bagatelle de quatre millions de francs français sur les déclarations de revenus des années 1971 et 1972. Le fisc s'en aperçoit et engage une procédure: Johnny sera condamné le 1er avril 1977 par la 11e chambre correctionnelle de Paris à dix mois de prison avec sursis et 20'000 francs d'amende.

Difficile cependant d'enfouir longtemps l'envie de faire plaisir qui habite Johnny Hallyday. Avec ses amis, il ne compte pas: repas aux restaurants avec des notes s'élevant à 15'000 francs, juke-box de collection en cadeaux à chaque membre d'un groupe d'amis, voitures de prestige achetées sur un coup de tête ou investissements immobiliers,... l'argent file plus vite qu'il ne rentre dans les caisses. C'est ainsi que ses diverses résidences vaudraient à elles seules un roman.

Saint-Barthelemy, Ramatuelle, Pacific Palissades à Los Angeles, Marnes-la-Coquette, Beverly Hills ou Gstaad: autant de choix motivés par des raisons diverses et qui vont souvent s'avérer plus boulets que havres de paix. Au début des années 1990, sa villa de la Côte d'Azur, La Lorada, est à peine achevée qu'il fait face à une situation extrêmement tendue: des investissements sur l'île de la Réunion ont causé des pertes et un avis à tiers détenteur fait courir le risque au chanteur de se retrouver avec 3000 francs français de l'époque pour vivre chaque mois. Son comptable réalise alors que les dettes du chanteur s'élèvent à 30 millions de francs. Seule la sollicitude du ministre socialiste des finances de l'époque, Michel Charasse, permet d'éviter à la star de se retrouver sur la paille. Mais il doit en passer par une nouvelle cure d'austérité et doit mettre sur pied tournées et enregistrements pour s'acquitter de ses dettes.

Une décennie plus tard, les comptes sont revenus dans le positif. Mais la situation reste fragile. Encore et toujours la propension du chanteur à dépenser. Comme avec cette Rolls-Royce achetée sur un coup de tête alors que le chanteur, attendu pour un rendez-vous chez le médecin, avait choisi de se balader dans le quartier pour éviter de faire le pied-de-grue dans la salle d'attente. Ou cette Ferrari choisie un jour où un ami lui rend visite avec ce même modèle et que Johnny craque pour cette voiture et file derechef chez le concessionnaire le plus proche.

Or, il reste toujours aussi difficile pour ses comptables et conseillers financiers et fiscaux de valider ces achats soudains alors même que le chanteur paie la bagatelle de 120'000 francs par jour d'impôts à l'aube des années 2000. La star aime le soleil? Le climat fiscal de Monaco pourrait lui plaire. Mais les ressortissants français ne bénéficient pas des mêmes avantages que les étrangers. Aiguillé par ses conseillers, il sollicite la nationalité belge, que détenait son père biologique. Avec ce passeport, il pourrait résider à Monaco et voir sa note fiscale s'alléger considérablement. Mais la procédure s'éternise et l'issue n'est pas garantie, surtout une fois la demande médiatisée et les accusations d'exil fiscal sorties dans la presse.

Passeport belge, exil suisse

En 2007, changement de cap: c'est à Gstaad que Johnny pose ses valises, alléché par la perspective d'un forfait fiscal de 607'000 euros annuellement. Selon Les Inrocks, le chalet de Gstaad lui coûte 3 millions d'euros (achat et travaux) via deux emprunts "in fine": Johnny ne rembourse dans un premier temps que les intérêts, se réservant le règlement de la totalité du prêt pour une échéance ultérieure. La séjour suisse s'avèrera désastreux sur le plan financier: le forfait fiscal a beau être avantageux, Johnny Hallyday doit quand même s'acquitter en France de tous les revenus générés par les concerts, tournées et ventes d'albums. De plus, après l'épisode du passeport belge, l'exil suisse nuit à son image et Optic 2000 résilie son contrat: entre 300'000 et un million d'euros de pertes par an, selon la RTBF. Il finira par quitter le canton de Berne, direction la Californie.

Ces errances ne lui épargnent pas les mésaventures fiscales: le Canard Enchaîné annonce en 2012 que le fisc lui réclame la bagatelle de 9 millions d'euros pour des impayés sur plusieurs années. De nouveaux enregistrements et des tournées sont remis au programme, afin d'éponger le passif et de retrouver une certaine assise financière. Et les dépenses ne cessent pas, comme avec un jet acheté pendant sa période suisse, en copropriété avec Tony Scotti, mari de son ex-femme Sylvie Vartan. En 2015, Gala affirme que le chanteur cherche à vendre plusieurs propriétés, dont la résidence de Marne-la-Coquette (estimée entre 14 et 25 millions d'euros selon les sources) et le chalet de Gstaad.

Finalement, c'est à Marne-la-Coquette que l'idole des jeunes aura rendu son dernier souffle. Après avoir brûlé la vie comme l'argent, vivant à se faire plaisir et à célébrer l'amitié avec des cadeaux tous plus fous les uns que les autres. Mais sans thésauriser. «Je suis complètement détaché des valeurs matérielles qui pourrissent et empoisonnent les individus. Mon argent me sert surtout à être libre et à vivre comme je veux», expliqua-t-il un jour.

L'argent lui servait aussi à faire des bonnes oeuvres. Le 7 mars 1979, alors même qu'il a soutenu Varely Giscard d'Estaing à la présidentielle de 1974, il rend visite aux sidérurgistes de Lorraine alors en grève, passe une partie de la nuit avec eux et offre son cachet des concerts dans la région à ces ouvriers de Longwy. Sept ans plus tôt, il avait déjà pris part successivement à deux événements avec d'autres artistes: un gala à l'Olympia au profit de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) le 13 mars 1972, et un autre le 30 octobre de la même année en faveur de la réforme pénitentiaire, d'une politique plus préventive que répressive en matière de criminalité et pour l'abolition de la peine de mort. A cette occasion, il s'était retrouvé associé à une série de chanteurs et d'artistes marqués politiquement à gauche (Léo Ferré, Georges Brassens, Serge Reggiani, Nanette Workman).

Les années 1980 ne voient pas cet activisme cesser: il est aux côtés de Coluche lors de la création des Enfoirés pour soutenir les Restos du Coeur en 1986, avec Balavoine et 80 autres artistes pour Chanteurs sans frontières, et avec Charles Aznavour en 1989 pour l'enregistrement du 45-tours Pour toi Arménie, suite au séisme.

Enfin, la lutte contre la maladie avait aussi vu le chanteur s'engager. Dès 1992, il s'engage avec Line Renaud et d'autres artistes dans la lutte contre le Sida. Et il va rééditer cet engagement en 1998 avec Ensemble, en 2000 avec le disque Noël Ensemble, puis en 2001 avec Ma Chanson d'enfance. D'autres concerts sont donnés au profit de la lutte contre le cancer, pour venir en aide aux victimes du tsunami du 26 décembre 2004 ou encore au profit de l'Unicef.

Sans compter d'innombrables dons et cadeaux plus discrets et dont les témoignages ont surgi plusieurs mois ou années après, au profit d'associations caritatives diverses ou d'organisations non gouvernementales.

Trader en 2008, ma vie a basculé la nuit où j'ai "perdu" 750 millions d'euros

Trader, ce n’était pas un rêve d’enfant. Je ne me suis jamais dit : "Plus tard, je passerai mes journées à acheter et vendre des instruments financiers au téléphone dans une salle des marchés".

 

Je me suis retrouvé là un peu par hasard, en étant moins mauvais en maths que dans les autres matières, puis en étudiant à l’université de Paris Dauphine. Et puis je l’admets, j’ai aussi fait ce métier parce qu’il était bien rémunéré. De la même manière, j’ai ensuite été désavoué par l’industrie financière un peu par hasard. Au détour d’une crise boursière et d’un contexte qui m’ont été défavorables, j’ai été condamné à de la prison avec sursis et 315 millions d’euros de dommages et intérêts. 

 

Cette affaire est maintenant derrière moi, la page est tournée. J'ai même fait de mon expérience un roman, à cheval entre la fiction et la réalité. Si les faits sont réels et la plupart des personnages aussi, j’ai inventé la plupart des scènes dans lesquelles ils sont impliqués, changé leurs traits de caractère pour les rendre plus romanesques. J’ai cherché à écrire un bon roman, agréable à lire, plutôt qu'à simplement raconter des faits.

 

750 millions d’euros perdus en une nuit

 

J’ai travaillé environ huit ans pour le groupe Caisse d’Epargne. En stage, dans la salle des marchés de la rue Saint-Jacques en 2001, j’ai tout de suite accroché. J’ai aimé l’ambiance, l’adrénaline, les tâches. Une fois embauché, j’ai d’abord géré des produits dérivés servant à protéger des risques de marchés un portefeuille d’investissement. En 2006, j'ai été chargé de la gestion d’un portefeuille pour compte propre. C’est-à-dire que mon travail ne consistait pas à faire des prix pour des clients, mais à investir sur les marchés financiers pour le compte de la banque.

 

Ce métier m’a plu. J’y étais bien, même si je me sentais souvent en décalage avec mes collègues. Il faut dire que la mentalité du milieu bancaire est particulière. Je me souviens qu’à l’époque de Sarkozy, j’étais le seul dans la boite à ne pas être fan du président. Malgré ça, je n’avais pas à me plaindre. Entre ce boulot privilégié et ma vie de famille, j’avais tout pour être bien.

 

Tout a basculé une nuit d’octobre 2008 : le portefeuille dont j’étais responsable a perdu 750 millions d’euros. C’est un peu comme un accident finalement. Il y a un avant et un après le 10 octobre 2008 pour moi.

 

Le pire week-end de ma vie

 

Je me souviens encore de cette soirée. Les bourses mondiales allaient mal depuis presque un mois, date de la faillite de Lehman Brothers. Mais le portefeuille dont j’avais la charge avait tenu bon et je pensais sincèrement que le plus dur était passé.

 

Dans cette logique, mes supérieurs et moi-même avons pris la décision de ne pas vendre le portefeuille que je gérais. J’ai informé par mail ma hiérarchie de ce choix et j’ai bouclé ma journée de travail. Relativement serein. Quelques heures plus tard, à 22h30, les marchés américains clôturaient en baisse de 10%.

 

Le portefeuille allait exploser le lendemain à l’ouverture, ça a été une nuit en enfer. Le lendemain matin, j’ai estimé la perte entre 100 et 150 millions d’euros. Mes supérieurs ont d’abord réagi avec calme et on a fait un inventaire du portefeuille. J’ai passé le pire week-end de ma vie. Mon cerveau était en ébullition et le stress me faisait souffrir physiquement.

 

Le mardi suivant, le management m’a retiré la gestion du portefeuille et a décidé de solder toutes les positions. Le marché était sinistré, il n’y avait plus de liquidités, mes supérieurs hiérarchiques et moi avons essayé de leur faire entendre raison : ça allait être un bain de sang…

 

La direction de la banque n’a rien voulu savoir et a chargé l’inspection générale, dont le métier n’est pas celui de trader, de clôturer le portefeuille. Sans surprise, l’inspection générale s'est faite laminée. L’ardoise a atteint 750 millions d’euros. Dix jours plus tard, j’étais mis à pied, puis viré dans la foulée.

 

2 ans de prison avec sursis et 315 millions d’euros

 

Mes supérieurs, pourtant clairement au courant de ma gestion et du contexte de crise économique mondiale, n’ont pas été tenus pour responsables de la catastrophe. Moi oui. Après m’avoir licencié, la Caisse d’Epargne m’a attaqué en justice pour abus de confiance. J’ai été mis en examen et le procès s’est soldé par une condamnation de deux ans de prison avec sursis et 315 millions de dommages et intérêts. Le verdict m’a sonné, mais pas surpris.

 

Pour ce qui est de la somme à payer, je n’étais évidemment pas en mesure de régler un tel montant. J’ai donc redouté une saisie sur mes biens et un endettement à vie. Mais j’ai rapidement compris que la Caisse d’Epargne ne me demanderait jamais concrètement ces 315 millions d’euros. Cela fait partie du jeu : la banque attaque non pas pour me faire payer mais pour gagner de l’argent à travers un crédit d’impôt. Ce que la Caisse d’Epargne a obtenu, à hauteur de 250 millions d’euros, via la procédure fiscale dite du "Carry-Back".

 

Pendant le procès, j’avais du mal à sortir la tête de l’eau, mais je restais positif. J’ai créé un site d’information financière et économique. J’écrivais des articles pédagogiques et de vulgarisation sur mon domaine d'expertise. Cette activité m’occupait l’esprit. À côté, je donnais des cours à l’Université de Paris Dauphine et à l’EISTI, une école d’ingénieur à Cergy.

 

J'ai rebondi, en écrivant et en enseignant 

 

Sans être un littéraire, j’ai toujours aimé écrire. C’était un peu un hobby et j’avais envie depuis quelques années d’un livre, mais je ne savais pas vraiment quel sujet aborder. Mes proches m’ont conseillé de raconter l’histoire que j’étais en train de vivre et une fois l'angle d’attaque trouvé, tout est venu assez facilement.

 

Je ne voulais pas écrire une autobiographie pour autant. D'abord, parce que ce n’est pas un genre littéraire qui me plait, mais aussi, parce que je voulais pouvoir être libre de romancer certains aspects de ma vie. Le fond de ce qui est raconté est donc vrai, en revanche, les personnages sont recréés et déformés afin d'apparaître plus romanesques. Les scènes auxquelles ils participent sont la plupart du temps le fruit de mon imagination. C’est pourquoi, je dirais comme Frederick Exley, dans la conclusion de l’avertissement de son chef d’œuvre "Le dernier stade de la soif" :

 

"Voilà donc pourquoi je souhaite que l’on me considère comme auteur d’une fiction"

 

Aujourd’hui, j’enseigne à temps plein à l’EISTI et à Dauphine. Je rembourse encore mes dettes – j’avais emprunté de l’argent à des amis quand j’étais au plus bas – et je vis dans un petit studio. Je ne m’en plains pas, et j’aime ma vie actuelle. J’ai l’impression d’être redevenu étudiant.

 

Toutefois, quand je regarde mon parcours, certaines choses m’ont déçu.

 

Humainement, j’ai fait le tri

 

Je suis déçu du comportement de certains de mes supérieurs hiérarchiques de l’époque, de certains de mes anciens collègues qui m’ont ignoré du jour au lendemain et de la décision biaisée des juges qui m’ont condamné à une peine pour l’intérêt général, alors qu’ils ont dit eux-mêmes que je n’avais rien dissimulé.

 

Je suis aussi désolé de voir que ce procès a affaibli mon mariage, qui a fini par un divorce. Mais on ne peut pas réécrire l’histoire. Peut-être que s’il n’y avait pas eu cet "accident",  j’aurais tout de même fini par divorcer. Ce qui compte, c’est que mon ex-femme soit toujours dans ma vie. C’est la mère de mon fils et elle a toujours été présente pour moi. Même le jour du procès.

 

Je suis aussi heureux d’avoir pu reconnecter avec de vieux amis d’enfance ou du lycée, lors de ces périodes douloureuses. Humainement, j’ai fait le tri et j’ai rencontré plein de personnes intéressantes. Bien sûr, si je pouvais remonter le temps, je ne ferais pas les mêmes choix au cours de la semaine du 6 octobre. Cependant, je n’ai ni regret ni rancœur.

 

Je ne suis pas le Kim Kardashian des traders ruiné

 

D’ailleurs, je ne fais pas vraiment état de ce qui m’est arrivé. Je n’ai pas vraiment l’intention de devenir le Kim Kardashian des traders ruiné, comme Kerviel. Je n’aime pas trop être comparé à lui.

 

D’abord, parce que les affaires sont différentes. Dans celle de Kerviel, il est question de faux et d’usage de faux. Ses chefs d’accusations sont bien différents des miens. Et puis, le personnage qu’il s’est façonné m’est aussi totalement étranger. Je ne comprends pas sa démarche judiciaire, qui consiste non pas à contester sa culpabilité mais plutôt à faire valoir celle des autres, de ses supérieurs. On a compris que ses supérieurs se doutaient de quelque chose. C’est évident. Ce n’est pas la question ! Mais il cherche quoi, au fond ?

 

On me demande souvent si j’ai déjà placé de l’argent en bourse. La réponse est non. Je n’ai jamais placé le moindre euro. Ça ne m’intéresse pas une seconde. Je suis une véritable cigale, je dépense l’argent que je gagne. Et comme je ne suis pas du genre Rolex et BMW, je dépense tout dans des voyages en famille ou des bons restaurants, des sorties. Je préfère avoir de beaux souvenirs, que d’être un jour le plus riche du cimetière.

 

Alors, c’est sûr, aujourd’hui, j’ai plus de dettes que d’actifs. Mais, "qui paie ses dette s’enrichit", et aujourd’hui, si je ne suis pas riche en argent, je suis riche d’une vie vécue et bien remplie, d’un fils et d’amis exceptionnels que je tiens à remercier.

 

Propos recueillis par Barbara Krief.

Boris Picano-Nacci a été condamné à deux ans de prison avec sursis et à 315 millions d'euros de dommages et intérêts pour avoir "fait perdre" 750 millions d'euros à la Caisse d'épargne en 2008. Plein de ressources et plutôt optimiste, l'ancien trader a écrit un livre. Dans l'autofiction "Regarde le trader tomber" (Ed.Presses de la Cité), il raconte son histoire. Témoignage.

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