Affaire Troadec

Publié le par ottolilienthal

Hubert Caouissin raconte l'horreur

Hubert Caouissin, qui a reconnu le meurtre de son beau-frère, la femme de celui-ci et leurs deux enfants, le 16 février à Orvault en Loire-Atlantique, a raconté sa version des faits aux juges.

 

 

Le Parisien a pu consulter les dix-neuf pages dans lesquelles Hubert Caouissin, 46 ans, assassin présumé de Pascal, Brigitte, Sébastien et Charlotte Troadec, raconte cette nuit d'horreur, le 16 février dernier.

Le mobile d'Hubert Caouissin : de l'or, reçu d'un héritage, que Pascal Troadec aurait jalousement conservé, refusant de partager avec sa soeur et son beau-frère, le couple Caouissin.

L'audition du suspect par les juges aura duré six heures.

Le 16 février, à Orvault, village de Loire-Atlantique, Hubert Caouissin attend la nuit pour venir épier sa belle-famille. Pascal et Brigitte Troadec, ainsi que leurs enfants Sébastien et Charlotte, sont à la maison. Lui s'est muni d'un stéthoscope, dans l'espoir d'entendre les conversations, et d'un carnet et crayon pour les noter. 

Il assure qu'il ne voulait pas les tuer

Ce n'est pas la première fois qu'il espionne ainsi les Troadec. "Je voulais chercher et voler un double des clés de la maison pour revenir plus tard, quand la famille allait partir en vacances", précise-t-il aux juges. Il assure qu'il  n'avait aucune intention de tuer. Il espérait seulement "trouver des éléments" pour "les mettre en cause dans le vol de l'or de l'héritage de Lydie" (son épouse et la soeur de Pascal Troadec).

Il est tapi là quand une porte-fenêtre s'ouvre, et reste ouverte pour le chat de la maison. Hubert Caoussin entre dans la maison, prend peur, sort, puis y retourne et se cache dans la buanderie, au rez-de-chaussée, raconte-t-il. Il veut voler le double des clés de la maison, mais Pascal Troadec l'entend.

 "Je vais te tuer !", aurait crié Pascal Troadec, appuyé par son fils Sébastien : "Chope-le". Une bagarre commence entre les trois hommes. Hubert Caouissin tente de fuir par la porte d'entrée, fermée à clé. Pascal Troadec revient vers lui, muni d'un pied de biche. Hubert Caouissin le désarme et se met à le frapper avec l'outil, ainsi que Sébastien. La fille Troadec, Charlotte, réveillée par le bruit, reçoit elle aussi un coup de pied-de-biche, qui l'aurait tuée sur le coup selon les dires du suspect. 

Il se rend compte qu'il a atteint "le point de non retour", dit-il, et décide de "ne plus fuir et d'achever" toute la famille. Il donne les derniers coups mortels à Pascal Troadec, Sébastien, et la mère de famille Brigitte. 

Il pleure

Dans les heures qui ont suivi, Hubert Caouissin a fait disparaître les corps et nettoyé la maison. Selon lui, il pensait à son fils de 8 ans, espérant le protéger et rester auprès de lui. Des restes humains et les bijoux des victimes ont été retrouvés disséminés autour de la ferme de Pont-de-Buis dans le Finistère.

Quand il se confie aux juges, il pleure en évoquant les meurtres de Sébastien et Charlotte, 21 et 18 ans.

Mis en examen pour assassinats et atteinte à l'intégrité d'un cadavre, son épouse Lydie est elle accusée de modification de l'état des lieux d'un crime et recel de cadavres.

un trésor en or à l’origine de la tragédie, selon la mère de Pascal

Dans un entretien au « Parisien », la mère du père de famille assassiné à Orvault estime que ce dernier « a spolié » sa sœur, Lydie.

 

Dans un entretien au quotidien Le Parisien, jeudi 9 mars, la mère de Pascal Troadec, tué par son beau-frère Hubert C., explique qu’un trésor « de lingots et de pièces d’or », découvert par son époux, est à l’origine de la tragédie qui a frappé la famille. Un or « volé peut-être », croit-elle savoir, « à la Banque de France » lors de la seconde guerre mondiale.

Elle détaille ainsi que son mari, ex-artisan plâtrier, avait récupéré ce pécule, en 2006, lorsqu’il a effectué des travaux chez une locataire dans un immeuble datant de 1907 du vieux quartier de Recouvrance, à Brest. Depuis, il était caché dans le garage de leur maison.

 
 
Son époux, devenu entre-temps commerçant en outils, est mort le 29 novembre 2009. « En 2010, poursuit-elle, j’ai dû être hospitalisée, et Pascal m’a demandé la clé de la maison et a profité de mon absence pour s’emparer de cet or ! »
« Il a spolié sa sœur Lydie ! J’ai bien essayé d’intervenir et d’arbitrer. J’ai dit que je n’étais pas d’accord, mais Pascal est devenu très autoritaire et m’a dit de me taire. »

La mère affirme alors que son fils se vantait d’avoir placé ce trésor à Monaco et en Andorre, qu’il y en avait assez pour vivre longtemps et que personne ne pouvait y toucher.

Nombreux voyages

Selon son récit, la relation entre Pascal, d’un côté, Hubert et Lydie, de l’autre, n’a jamais été très bonne. Son fils aurait ainsi « toujours été jaloux » du train de vie de son beau-frère. « Il ne l’aimait pas », résume-t-elle. Mme Troadec évoque également un épisode où sa fille « avait enregistré son frère lors d’une dispute et avait placé ce document sur son ordinateur comme pour se protéger ».

La vieille dame de 76 ans raconte également les cartes postales envoyées par « Pascal et sa famille » : « Ils voyageaient beaucoup. C’était une preuve, car leur situation financière a bien changé au tournant de 2010 et 2011. » « Cet or a tout brisé », se lamente-t-elle aujourd’hui.

Hubert C., 46 ans, a reconnu dimanche en garde à vue les meurtres le 16 février des deux parents Pascal et Brigitte Troadec, 49 ans, et de leurs deux enfants, Sébastien, 21 ans, et Charlotte, 18 ans, dans leur maison à Orvault, au nord de Nantes. Il a été mis en examen et écroué, ainsi que sa compagne Lydie, 47 ans.


Le Monde.fr avec AFP |

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