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Affaire Ferrand

Publié le par ottolilienthal

L’installation des Mutuelles de Bretagne dans des locaux brestois financée avec de l’argent public?

 

Une épine de plus dans le pied de Richard Ferrand. Selon nos confrères de BFMTV, les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand a été le directeur général de 1998 à 2012, auraient perçu 55.000 euros de fonds publics pour financer l’installation des Mutuelles dans des locaux brestois. Des locaux qui ne seraient rien d’autre que la propriété de Sandrine Doucen, la compagne de l’actuel ministre de la Cohésion des territoires.

Selon des documents officiels consultés par BFMTV, le Conseil municipal de la ville de Brest et le Conseil général du Finistère auraient, à trois reprises, versé des subventions aux Mutuelles de Bretagne pour les aider à s’équiper et à s’installer dans des locaux brestois appartenant à Sandrine Doucen.

 
Il n’y avait « pas (eu) d’argent public » engagé, selon Benjamin Griveaux
 

Le 1er décembre 2011, les Mutuelles de Bretagne adressaient une demande de subvention de 300.000 euros pour la création d’une « nouvelle plateforme » au Conseil général du Finistère. Ce dernier acceptait et versait 15.000 euros. Le 23 octobre 2012, le Conseil municipal de Brest acceptait de verser une deuxième subvention de 20.000 euros pour aider à la « mise en place d’une plateforme unique de gestion des services brestois des Mutuelles de Bretagne ». Le 12 février 2013, le Conseil municipal doublait cette aide et versait 20.000 euros aux Mutuelles de Bretagne.

Au total, ce sont donc bel et bien 55.000 euros qui auraient été touchés par la mutuelle de Richard Ferrand. Pourtant, le 24 mai dernier, Benjamin Griveaux, porte-parole de La République en marche avait affirmé qu’il n’y avait « pas (eu) d’argent public » engagé dans cette opération.

« On cherche un scandale à partir de quelque chose qui n’est rien »

Pour l’entourage de Richard Ferrand, « on cherche un scandale à partir de quelque chose qui n’est rien », affirmant que « ces choix sont de saine gestion ». Ses proches précisent d’ailleurs qu’en décembre 2011, l’actuel candidat aux législatives « ne siège plus au Conseil général. Il n’a jamais été membre du conseil municipal de Brest ».

Pour eux, la pratique n’a rien de polémique : « La plupart des collectivités et des communes ont des programmes d’aide à l’installation d’infrastructures de ce type (…) Il s’agit d’interventions publiques auxquelles les Mutuelles de Bretagne, comme toutes les structures comparables, sont éligibles ».

« Ce n’est pas la compagne de Richard Ferrand qui a bénéficié des subventions »

Ils soulignent également que les subventions ont été perçues par les Mutuelles de Bretagne et non par le bailleur du local, soit Sandrine Doucen : « Ce n’est pas la compagne de Richard Ferrand qui a bénéficié des subventions, c’est l’exploitant (c’est-à-dire les Mutuelles). (…) Ces subventions sont au bénéfice des Mutuelles de Bretagne, elles ne sont pas au bénéfice du propriétaire bailleur. »

Une enquête préliminaire a été ouverte pour déterminer si ces sommes ont bien servi à l’acquisition d’équipement ou si elles ont financé une partie des rénovations.

 

des électeurs amers avant les législatives

Affaire Ferrand : le témoignage d'un ancien avocat accable le ministre

 
Maître Alain Castel, avocat à la retraite à l'origine de l'opération immobilière de la compagne de Richard Ferrand, dévoile de nouveaux éléments dans une interview au Parisien et estime que "le dossier mériterait au moins des investigations complémentaires".

Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, aurait signé la promesse de vente des locaux loués par sa compagne aux Mutuelles de Bretagne alors que le ministre dirigeait au même moment la mutuelle, révèle lundi Le Parisien.

Le quotidien tient cette information de maître Alain Castel, avocat à la retraite, à l'origine de l'opération immobilière concernant la compagne de Richard Ferrand. Celui-ci raconte qu'en 2010, suite à une affaire de recouvrement de créances, il diligente la saisie immobilière de locaux professionnels qui devaient ensuite être mis aux enchères. Richard Ferrand aurait eu vent de cette vente et a contacté le propriétaire avant la présentation du bien.

"Un compromis de vente est signé entre [le propriétaire] et Richard Ferrand Ferrand en son nom propre, avec un condition suspensive : la conclusion d'un bail commercial avec une SCI devant substiter Richard Ferrand et les Mutuelles de Bretagne."

"Nous n'avons pas de patrimoine commune"

Dans son édition de mercredi, le Canard enchaîné a révélé que les Mutuelles de Bretagne, dirigées jusqu'en 2012 par le ministre de la Cohésion des territoires, avaient loué à partir de 2011 des locaux commerciaux appartenant à sa compagne pour un loyer annuel de 42.000 euros.

Richard Ferrand répond avoir signé le compromis uniquement "parce que les parties adverses avaient besoin de l'engagement d'un acquéreur pour lever un problème". "J'ai hésité", rapporte le ministre, précisant avoir accepté sachant que "cela n'engageait ni la mutuelle, ni moi-même".

"Il n'y avait pas de conflit d'intérêt", se défend le ministre. "Je ne suis ni marié, ni pacsé avec Sandrine Doucen. Avec ma compagne, nous ne vivons pas sous le régime matrimonial. Nous n'avons pas de patrimoine commun. On peut se séparer demain, chacun gardera ses biens. Je ne suis pas partie de l'affaire."

Plus largement, la "vraie question, c'est pourquoi Richard Ferrand n'a pas fait acheter l'immeuble par la mutuelle. C'était dans l'intérêt de celle-ci. Elle faisaiait des travaux et se retrouvait quinze ans plus tard propriétaire d'un bien largement fructifié", détaille Alain Castel. Au lieu de cela, c'est la SCI de la compagne de Richard Ferrand qui en profite aujourd'hui.

Les électeurs jugeront selon Edouard Philippe

Le Premier ministre Edouard Philippe a exclu vendredi la démission de Richard Ferrand, renvoyant aux électeurs le choix de sanctionner ou non le ministre de la Cohésion des territoires fragilisé par les révélations du Canard enchaîné.

Outre l'affaire des locaux de la mutuelle, ce proche d'Emmanuel Macron est fragilisé par le fait qu'il avait embauché son fils pendant plusieurs mois, en 2014. Ni le Parquet national financier, ni le parquet de Brest n'entendent ouvrir d'enquête sur ces deux volets.

(avec Reuters)

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