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Rohingyas : menace de génocide..

Publié le par ottolilienthal

Le mythe de la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi s’effondre

 

Le silence de l’ancienne dissidente, au lendemain de la condamnation à sept ans de prison de deux journalistes, détruit encore plus, à l’extérieur du pays, l’image de la Nobel de la Paix.

 

En deux ans, depuis son arrivée au pouvoir en Birmanie, saluée à l’époque comme une « nouvelle ère pour la démocratie », la Nobel de la paix 1991, Aung San Suu Kyi n’aura cessé de décevoir, jusqu’à trahir la confiance de la communauté internationale. Après avoir nié la semaine dernière les accusations du dernier rapport de l’ONU sur le génocide des Rohingyas, elle est restée silencieuse au lendemain de la condamnation à sept ans de prison de deux journalistes birmans de l’agence Reuters. Ils avaient enquêté l’année dernière sur les massacres perpétrés par les militaires contre les Rohingyas.

La semaine dernière, l’ancien haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, n’avait pas hésité à la qualifier de « porte-parole des militaires birmans ». Michelle Bachelet, qui lui succède, a appelé à « libérer immédiatement et sans condition » les deux journalistes. 

Une relation ambigüe avec les militaires

Pour Maung Zarni, militant birman des droits de l’homme, défenseur de la cause Rohingyas, « Aung San Suu Kyi n’a pas été silencieuse sur sa perception des deux journalistes. Lors d’un entretien accordé à une chaîne de télévision japonaise, elle les a traités de ’’traîtres’’ ».

Lire aussi Aung San Suu Kyi, une conseillère d’État loin de la « Dame de Rangoun »

L’ancienne dissidente, qui a passé de longues années en résidence surveillée sous la junte militaire, appelant à la liberté d’expression et la démocratie, était encore récemment comparée au Dalaï lama, à Nelson Mandela ou à Martin Luther King. Elle défend aujourd’hui la propagande des militaires et dénonce « l’iceberg de désinformation » des médias occidentaux, lesquels l’avaient tant défendue en dénonçant la junte militaire.

« Une mini-opposition contre elle existe en Birmanie, explique encore Maung Zarni, mais la mentalité féodale birmane empêche toute réelle opposition à Aung San Suu Kyi, encore qualifiée de ’’mère de la Nation’’ et aux militaires. » À l’étranger en tout cas, le mythe de la Nobel s’est effondré.

Dorian Malovic
Birmanie. La disgrâce d’une Prix Nobel

Prix Nobel de la paix en 1991 pour sa lutte contre la junte militaire birmane, Aung San Suu Kyi se retrouve désormais la cible de l’indignation internationale. On la conjure d’intervenir dans la crise humanitaire en Arakan d’où plus de 300 000 Rohingyas ont fui face aux exactions de l’armée.

 

Terrible ironie de l’histoire, avertit The Nikkei Asian Review. Car si les condamnations pleuvent sur Aung San Suu Kyi, les généraux de l’armée birmane, et, en particulier son chef Min Aung Hlaing “véritables maîtres d’œuvre derrière les brutales ‘opérations de nettoyage’ visant les communautés Rohingyas” ne sont pas mis en cause.

Pourtant, rappelle le magazine, Aung San Suu Kyi “n’a aucun pouvoir sur l’armée”.

 

 

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