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Nucléaire niouzes

Publié le par ottolilienthal

La Farn, le superpompier du nucléaire

REPORTAGE. Créée après l’accident de Fukushima, la Force d’action rapide nucléaire (Farn), unité unique au monde, peut intervenir en 12 heures en cas d’accident grave.

La patronne du bistro posé sur l'aérodrome de Saint-Sylvain, pas très loin de Saint-Valery-en-Caux (Seine-Maritime), continue à servir des verres, imperturbable. Pourtant, dehors, c'est presque une ambiance de guerre. Balayé par les vents, un hélicoptère bedonnant tourne sans cesse, qui pose et enlève d'énormes colis ; à côté, une barge ficelée sur une remorque attend, prête à servir ; pas très loin, un camion équipé d'un bras articulé déplace des arbres arrachés et des pylônes pliés en deux ; un peu partout, des hommes casqués slaloment entre trois immenses tentes kaki, semblables aux modèles militaires. La Force d'action rapide nucléaire (Farn) est à l'action. Ce 20 janvier, les hommes qui composent cette unité d'élite ont fort à faire : à cinq kilomètres de là, ils doivent coûte que coûte refroidir le réacteur 4 de la centrale de Paluel. Une panne électrique générale a coupé le système de refroidissement d'eau. Si la mission échoue, la catastrophe nucléaire guette.

On l'aura compris, tout cela n'est qu'un exercice. L'accident est fictif. Les hommes de la Farn s'entraînent, comme ils le font trois à quatre fois dans l'année. Ils doivent se tenir prêts à intervenir, dans n'importe quelle centrale nucléaire de France, en douze heures. Ces hommes savent tout faire : dégager une route jonchée d'arbres ou de gravats, alimenter en eau, en électricité ou en air un réacteur – c'est le cœur de leur mission –, et même prendre le contrôle d'une centrale nucléaire si les agents habituels ne peuvent plus le faire. L'unité a été créée après l'accident de Fukushima, il y a tout juste dix ans. Depuis le 1er janvier 2016, ses 300 membres sont répartis entre un état-major, basé à Saint-Denis, et quatre services régionaux situés auprès de quatre centrales, dont celle de Paluel.

En colonnes, comme au GIGN

Chacune de ces bases régionales dispose de cinq « colonnes » – un terme du GIGN –, composées de quatorze équipiers. En permanence, quatre sont prêtes à partir. Tout est minuté, avec une discipline quasi militaire. En cas d'alerte déclenchée par l'état-major, une première équipe légère se déploie sur la zone et établit la première base ; elle est rejointe, douze heures plus tard, par une première colonne, puis, après le même délai, par une seconde. Très choyées, les équipes de la Farn disposent d'un arsenal à faire pâlir d'envie un régiment du génie : soixante-huit véhicules lourds (camions semi-remorques, camions-grues…), quarante-quatre véhicules légers (pick-up 4x4, barges de débarquement…), un hélicoptère, plus une batterie de drones, robots et autres petits engins aptes à pénétrer dans une zone irradiée. Manipulés à distance, les robots de la société peuvent ainsi entrer dans une enceinte nucléaire et actionner, par exemple, des vannes, même en cas de forte irradiation.

Arrêt du nucléaire : la Cour des comptes fustige l'impréparation de l'État

La juridiction financière publie un rapport qui critique le manque d'anticipation de l'arrêt des centrales nucléaires, dont celle de Fessenheim.

Site du gouvernement : Arrêt d'un réacteur à Fessenheim : une première étape pour réduire la part de l’énergie nucléaire
Commentaire de Jean-Marc Jancovici : "
A la question "pourquoi fermer Fessenheim" le gouvernement répond d'abord : "C’est la plus ancienne centrale française".

Donc l'âge signifierait danger ? Mais l'ASN, qui a précisément le mandat de dire si une centrale est bonne pour le service, n'avait rien contre l'âge de Fessenheim. Incidemment les modèles équivalents aux USA sont partis pour fonctionner 60 ans.

Que le gouvernement fasse croire qu'il serait à même d'avoir un jugement techniquement plus fondé que celui de l'ASN relève de l'imposture, sauf à aller jusqu'au bout de la logique et dissoudre l'ASN pour incompétence. Tant que nous y sommes, pourquoi ne pas le faire ?

Puis, un peu plus bas, arrive le mensonge, bien gras et bien dodu : "Ce projet vise à faire du Haut-Rhin un territoire de référence à l’échelle européenne en matière d’économie bas carbone.".

Que l'on fasse du bas carbone en supprimant du bas carbone, voilà qui est trop fort : est-ce que les shadoks y avaient seulement pensé ?

Le mensonge et l'imposture n'étant pas des motifs de démission aussi puissants que les sextapes, il faut croire qu'ils sont beaucoup moins dangereux pour l'avenir !

NB : des fois que le site soit modifié après publication de ce post, on trouvera plus bas deux copies d'écran pour attester que je n'ai pas rêvé."
(publié par Joëlle Leconte)

 

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159035025192281

Le cri d'alarme de l'ancien haut-commissaire à l'énergie atomique

Yves Bréchet alerte sur l'avenir du nucléaire, « fleuron » de l'industrie française, aujourd'hui victime de l'idéologie comme du déclin de l'État stratège.

 
 

Première nucléaire : le silence assourdissant des médias

 

Le premier réacteur de troisième génération (EPR) connecté au réseau dans le monde est d’origine française. Il a atteint sa pleine puissance le 30 octobre 2018 dans le silence assourdissant des  grands médias.

Seraient-ils gênés par un succès français, surtout en Chine ?

Caisse de résonance

Deux employés d'une centrale nucléaire qui se brulent légèrement les mains avec un jet de vapeur (non radioactive) est un « évènement » consciencieusement rapporté dans les grands médias, y compris télévisés.

Mais la première mondiale de la connexion au réseau, le 29 juin 2018 en Chine (Taishan), du premier réacteur nucléaire EPR de conception française depuis 40 ans est quasiment passée sous silenceNi TF1, ni Le Monde, ni ARTE n'en ont fait leur une. Il s'agissait pourtant d’un évènement historique : c’est le premier réacteur occidental de nouvelle génération (GEN III) à fonctionner au monde.

La moindre inauguration d’une « ferme » éolienne donne lieu à un rappel du nombre (surestimé) de foyers alimentés par une électricité non carbonée (quelques milliers, mais en réalité aucune de manière sûre et continue). En revanche, un réacteur comme l’EPR permettra d’alimenter en électricité fiable, sûre et décarbonée plus de 4 millions de foyers chinois. Mais qui s’y intéresse ?

Il est certainement plus “vendeur” de se délecter des difficultés rencontrées sur l'immense chantier de construction du même réacteur EPR à Flamanville et de brocarder les « aristocrates de l’atome ».

Certes, Taishan, en Chine, c'est loin.

Fukushima au Japon aussi, et c'est même encore plus loin. Pourtant, l'accident (qui n'a provoqué aucun décès) de la centrale de Fukushima suite au tsunami (qui a provoqué, lui, 20.000 morts) a été traité par les médias comme si c'était cette centrale qui était à l'origine des victimes. Certaines associations antinucléaires bien soutenues par de grands médias publics célèbrent même des “anniversaires” de Fukushima tous les ans en liant vicieusement (ou intelligemment selon le point de vue) la centrale aux 20.000 morts du tsunami.

En Chine, premier marché nucléaire mondial, 16 réacteurs sont en construction.

L'EPR est le quarantième réacteur à être mis en service dans ce pays. Le lendemain 30 juin (hasard du calendrier ?), le premier réacteur américain de troisième génération (AP1000) a été connecté au réseau à Sanwen, suivi par un autre du même type le 8 août, puis par un troisième le 24 août.

Le premier réacteur AP1000 connecté en fin juin a atteint sa pleine puissance le 14 août.

Entre temps, début juillet, un réacteur « sinisé », dérivée du réacteur français de 900 mégawatts (MW), a été mis en service sur le site de la centrale nucléaire de Yanjiang qui compte désormais 5 réacteurs.

Ça ne chôme pas l’été en Chine !

Maîtriser le cycle du combustible

Comme la France, la Chine veut maîtriser toute la chaîne du traitement du combustible nucléaire, de la fabrication au stockage. Un accord a été signé en juin 2018 avec ORANO (ex AREVA) qui participera à la construction d’une usine de retraitement du combustible usé sur le modèle de celles de La Hague dans la Manche et de Melox dans le Gard.

La volonté de la Chine de suivre la même voie que la France dans la stratégie du recyclage du combustible montre la pertinence de ce choix fait il y a plus de 40 ans et notre expertise dans ce domaine.

Les grands médias « étourdis »

Les médias ont sans doute été « étourdis » par tous ces travaux d’Hercules en Chine, ou bien sont-ils tout simplement étourdis au point de ne pas voir la montée du nucléaire dans ce pays et dans le monde ?

Peut-être se bouchent-ils le nez devant cette réalité qui offusque leur parti-pris antinucléaire ? « Couvrez ce sein que je ne saurais voir ! » (Tartuffe de Molière).

Il est tellement plus facile et réconfortant d’évoquer seulement leurs investissements dans les éoliennes et les panneaux photovoltaïques (dont la Chine nous inonde).

Le nucléaire en ordre de marche en France

Le Groupement des Industriels Français de l’Energie Nucléaire (GIFEN) a été créé en juin 2018. Il est composé d’une trentaine d’acteurs du nucléaire et sera chargé d’établir une feuille de route pour la filière nucléaire et de porter sa voix en France et dans le monde.

Peu de Français le savent mais, depuis 2012, la France développe un petit réacteur modulaire compact (SMR pour Small Modular reactor) de 150 MW à 170 MW par module dérivé du réacteur éprouvé K15 qui équipe nos sous-marins lanceurs d’engins à propulsion nucléaire. Il peut y en avoir 2 à 4 par site.

Ce SMR est destiné à étoffer l’offre à l’exportation au côté du réacteur de moyenne puissance (ATMEA 1 / 1100 MW) dont 4 exemplaires ont été vendus à la Turquie, et du réacteur de grande puissance (EPR / 1600 MW) vendu à la Finlande, la Grande-Bretagne et… la Chine.

L’Inde devrait acquérir 6 EPR dans les prochains mois et d’autres pays sont intéressés (Pologne, République Tchèque, Arabie-Saoudite).

En avant !

En France, les SMR revitalisent la filière nucléaire en favorisant le maintien des compétences de pointe, et en attirant les jeunes ingénieurs sur des projets innovants et concrets.

Les composants seront assemblés et testés en usine, sur le modèle des chantiers navals, et non plus sur le chantier, ce qui pourrait réduire à 3 ans la construction après la pose du premier béton.

La France n’est pas seule sur ce créneau et de nombreux projets SMR sont en cours dans le monde. La société américaine NuScale est la plus avancée pour le moment. Elle propose des centrales multi-SMR qui pourraient accueillir jusqu’à 12 modules de 60 MW.

Il y a aussi en France le projet du démonstrateur de réacteur surgénérateur de quatrième génération ASTRID ainsi que les recherches en cours pour un réacteur à fusion ITER.

Faire résonner le tambour du scandale pour dénoncer les défauts relève souvent d’un journalisme partisan et facile pour conforter une idéologie antinucléaire, et puis… « ça fait vendre ».

Pendant ce temps, le travail remarquable d’équipes talentueuses et les grandes réussites techniques se déroulent dans le silence assourdissant des médias.

 

 Michel Gay

https://sciencetechaction.tumblr.com/post/179825722775/premi%C3%A8re-nucl%C3%A9aire-le-silence-assourdissant-des

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