agriculture et maraichage..

Publié le par ottolilienthal

Agriculteurs, agricultrices, donnez votre avis sur http://grandeconsultationagri.fr/ !

Le Shift lance une "Grande Consultation des Agriculteurs" afin de recueillir des retours du terrain et enrichir nos travaux en cours sur l’avenir de l’agriculture. Chaque contribution est précieuse, pour s’assurer de l’alignement du travail du Shift Project avec la réalité vécue sur le terrain.

Exclusivement adressé aux agriculteurs et aux agricultrices, ce questionnaire d'environ 15 min sera analysé pour enrichir le rapport final "Pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère" dont la publication est prévue le 28 novembre prochain. Les réponses à cette consultation permettront d’enrichir l’étude du Shift Project qui vise à analyser les enjeux physiques et les risques auxquels est confronté le secteur et à formuler des propositions éclairées pour y faire face.

👉 Participez à la grande consultation : http://grandeconsultationagri.fr/

👉 Plus d'infos : https://theshiftproject.org/article/g...

 

Hiver pluvieux, printemps pluvieux… Quels impacts pour nos producteurs?...

 

” Chez nous à La Chapelle-Thècle, nous avons eu environ 1200 mm d’eau en 6 mois contre environ 1100 mm  en une année pour les années pluvieuses.


De nombreuses conséquences sont à déplorer sur notre ferme. Concernant les volailles, les bâtiments ont été plusieurs fois  inondés par de fortes coulées d’eau. Cet excès d’humidité a impacté la litière des poulets. Il nous  a fallu beaucoup pailler et mettre de l’asséchant litière pour absorber cet excès.

Et pour les céréales, c’est également très compliqué. Les cultures d’hiver (blé, orge, etc…) ont souffert de l’excès d’eau:  les graines ayant pourri dans l’eau à certains endroits, les semis sont donc clairsemés ce qui risque d’engendrer une grosse perte de rendement (à hauteur de 50-60 %). Pour les cultures de printemps (mais, soja), nous attendons le beau temps pour semer car nos parcelles ne sont pas drainées et donc pas encore praticables.”

Olivier ROUX, ferme des Palisses à la Chapelle-Thècle (71) 16 05 2024

Ruée vers les terres agricoles....




Quand j’étais adolescente, dans les années 1990, qui étaient une période assez difficile ici, mon père disait : «Restez près de la terre. Si vous avez de la terre, vous n’aurez jamais faim. » Alors qu’il était universitaire de carrière, papa est né et a grandi dans le pays, il savait donc de quoi il parlait (et il cultivait les meilleures tomates de tous les temps). Moi, pas tellement. Je veux dire, la vie urbaine c'est ce que la plupart des adolescents veulent, non?

Je ne savais pas, ni moi ni personne d’autre à l’époque, qu’on en arriverait peut-être à cela — cultiver sa propre nourriture parce qu’il n’y a personne d’autre pour la cultiver. Cette perspective n’est pas aussi lointaine et fantastique qu’elle aurait pu paraître dans les années 90. Maintenant, les gens qui ont l’argent achètent des terres agricoles comme s’il n’y avait pas de lendemain, parce qu’il pourrait ne pas y en avoir.

Selon Reuters, en novembre dernier, « les fonds d’investissement sont devenus des acheteurs voraces de terres agricoles américaines, amassant plus d’un million d’acres alors qu’ils cherchent à se protéger contre l’inflation et à tirer parti de la demande mondiale croissante de nourriture. »

« Les investisseurs investissent des sommes record dans les terres agricoles des États-Unis alors qu’ils s’emparent d’un actif qui devrait surperformer à mesure que la population mondiale croît fortement et que les ressources naturelles se raréfient. »

Il semble que la demande de terres agricoles n’augmente pas seulement aux États-Unis. Dans l’Union européenne, le prix à l’hectare était en moyenne supérieur à 10 500 euros en 2022. D’autre part, le prix de location d’un hectare de terrain était en moyenne de 233 euros. En Bulgarie, le prix des terres arables a bondi l’an dernier d’environ 10 % par rapport à l’année précédente.

Les militants pour le climat insistent sur le fait que le changement climatique ruine la planète, notamment en réduisant la disponibilité des terres arables. Et la population mondiale augmente.

C’est la raison invoquée dans un certain nombre d’analyses récentes sur l’empressement des sociétés d’investissement à acheter le plus de terres agricoles possible. La terre, selon le raisonnement, est l’investissement le plus sûr. Quoi qu’il arrive d’autre, les gens doivent manger et la nourriture vient de la terre — et nous aurons besoin de beaucoup plus de nourriture à l’avenir. La meilleure couverture contre l’inflation, mieux que l’or pour certains.

Je crois que l’investissement dans les terres agricoles deviendra probablement à un moment donné littéralement vital — en raison de ces politiques qui risquent de nuire beaucoup plus à la disponibilité des terres agricoles que les conditions météorologiques défavorables réelles et hypothétiques résultant des changements climatiques.

La terre peut en effet devenir le nouvel or..

Irina Slav

https://irinaslav.substack.com/p/farmland-rush?utm_campaign=email-half-post&r=216vfx&utm_source=substack&utm_medium=email

Dans une semaine c'est le salon de l'agriculture. Commentaire de Jean-Marc Jancovici sur LinkedIn.
 
"Depuis quelques semaines ça remue un peu dans le monde agricole. Parlons confrontation de l'agriculture au défi énergie et climat alors !
 
L'image ci-dessous retrace l'évolution du rendement à l'hectare d'une des principales cultures françaises : le blé tendre (celui du pain) depuis un siècle et demi. En gros, il a gagné un facteur 10.
 
Nous le devons aux combustibles fossiles. D'abord au charbon, qui a permis de développer une métallurgie qui a fourni des assemblages solides pour le bois et le cuir (cerclage de roues, colliers de trait, assemblage de charrettes, etc), des outils métalliques (faux, haches, etc) et des outils nouveaux (charrues par exemple).
 
Puis au charbon et au pétrole combinés, qui ont permis de fabriquer et déployer des tracteurs, remplaçant chacun des dizaines de chevaux.
 
Puis aux trois énergies fossiles, qui ont permis de s'adjoindre engrais de synthèse (fabriqués avec du gaz) et pesticides (qui viennent de la chimie organique, donc du pétrole).
 
Les arbres ne montant pas jusqu'au ciel, à un moment les rendements ont plafonné. Et, depuis quelques années, la pression climatique commence à se faire sentir, et pour le blé le rendement commence même à baisser un peu.
 
Ce rendement baisse aussi légèrement (en France) pour les pommes de terre, les pois, l'orge, le seigle, le riz ou la betterave (à sucre). Pour d'autres cultures le mal se limite à un arrêt de la hausse depuis 20 à 40 ans (tournesol, colza, avoine, par exemple).
 
Et demain ?
 
Le climat ne va pas devenir plus favorable. La disponibilité en combustibles fossiles ne va pas augmenter. Il est donc probable que l'érosion des rendements se poursuive, surtout si on veut préserver la biodiversité en même temps (donc moins de pesticides).
 
Or, nous nous sommes tous habitués à la division par 10 à 30 que les combustibles fossiles ont permis d'obtenir sur le prix réel des denrées agricoles en sortie d'exploitation.
 
A la caisse du magasin, cela n'a pas tant baissé, parce que nous n'achetons plus des produits bruts en sortie de ferme comme il y a un siècle, mais des produits transformés (même un paquet de pâtes, du pain ou une boîte de sauce tomate), emballés, transportés, entreposés, réfrigérés, manutentionnés, promus, et le cout de ces opérations est venu masquer une large part de la baisse des produits agricoles eux-mêmes.
 
Notre statut d'urbains (pour 80% de la population) nous interdit aussi de revenir rapidement aux produits en sortie d'exploitation : impossible d'échapper a minima aux circuits logistiques (et aux emballages qui vont avec) permettant de nourrir les villes. Et impossible d'avoir un potager suffisant pour chaque urbain !
 
Il est très certainement possible de faire mieux dans le partage de la valeur ajoutée qui va du champ à l'assiette. Mais le sens de l'histoire est probablement que, après un siècle de baisse, le prix des aliments devrait repartir dans l'autre sens en tendance."
 
(publié par Cyrus Farhangi)
 
 
Peut être une image de texte qui dit ’Wheat: Yield Yields are measured in tonnes per hectare. 7t Our World inData 61 INSECTICEN FONGICIDE 5t France 41 3t 21 0t 1850 1880 1900 Toujours pas de fossiles Data source: Food and Agriculture Organization (2015) CC.BY 1920 1940 1960 the United Nations: 1980 2000 2021 Wanmali (1984): Brassley (2000): Broedberry et Evolution de la production de blé tendre à l'hectare. Source Our World in Data’
 
 
 
 
 
 
 
Inondations dans le Pas-de-Calais : un syndicat agricole estime à 50 millions d’euros les pertes

Des inondations historiques ont touché le Pas-de-Calais. Les agriculteurs n’ont pas épargnés et doivent faire avec des pertes très importantes.

Les conséquences des inondations survenues dans le Pas-de-Calais il y a un mois sont encore palpables. Les agriculteurs, piliers de l'économie locale, sont parmi les plus touchés, rapporte BFM TV, le 23 décembre 2023. Avec près de 600 exploitants confrontés à des pertes importantes, la situation s'avère alarmante. Les estimations actuelles des dommages subis par le secteur agricole s'élèvent à environ 50 millions d'euros, une somme colossale qui met en péril la survie de nombreuses exploitations.

La réaction du gouvernement face à cette crise a été vivement attendue. Si une aide financière de 80 millions d'euros a été promise, des voix s'élèvent pour exprimer des préoccupations quant à sa répartition. En effet, d'autres régions, telles que la Bretagne, ont également subi des pertes dues aux intempéries. Il est donc essentiel que ces fonds soient alloués équitablement afin de répondre aux besoins urgents des agriculteurs du Pas-de-Calais tout en prenant en compte les autres zones sinistrées.

Des conséquences sanitaires

À Hames-Boucres, une localité particulièrement touchée, les images de désolation sont omniprésentes. Clémence Delamaere, une agricultrice locale rencontrée par BFM TV, est au cœur de cette tourmente. Sa ferme, autrefois florissante, a subi d'importants dégâts. Plus de 450 bovins, principale source de revenus de l'exploitation, ont été privés de nourriture suite à la montée des eaux. Les stocks de paille et de maïs, essentiels à leur alimentation, ont été gravement endommagés, suscitant des inquiétudes quant à la qualité et la disponibilité de la nourriture pour les semaines à venir.

Outre les pertes matérielles, les conséquences sanitaires se font également ressentir. Les animaux, exposés à des conditions insalubres, ont développé des infections, entraînant des frais vétérinaires supplémentaires et une baisse significative de la production laitière. Pour Clémence et de nombreux autres agriculteurs, la route vers la guérison s'annonce longue et semée d'embûches.

 

https://www.capital.fr/economie-politique/inondations-dans-le-pas-de-calais-un-syndicat-agricole-estime-a-50-millions-deuros-les-pertes-1489473

Canicule et agriculture : «L’Espagne ne pourra plus être le verger de l’Europe»

Les températures caniculaires dans le sud du Vieux Continent font craindre des pertes de rendements agricoles. Au-delà de 43°C, les cultures méditerranéennes subissent un stress thermique et peuvent perdre leurs fleurs, feuilles et fruits, prévient l’agroclimatologue Serge Zaka.

La fournaise a planté ses griffes dans le sud de l’Europe. Depuis début juillet, les records de températures tombent les uns après les autres : 46°C en Sardaigne, 45,3°C en Catalogne, 40°C en Corse… De quoi craindre des pertes de rendements agricoles en cascade. Les plantes méditerranéennes, plutôt résistantes, ont tout de même des limites physiologiques au-delà desquelles elles subissent un stress thermique. Résultat, la floraison des cultures maraîchères et les vignes risquent d’être fortement perturbées, avec des fleurs et des feuilles brûlées et des fruits desséchés. Pour l’agroclimatologue Serge Zaka, il est urgent de revoir la répartition des cultures en Europe, pour minimiser les chutes de rendements inexorables au réchauffement climatique.

Quels sont les impacts de l’augmentation des températures sur les cultures ?

 

D’abord, l’augmentation générale des températures tout au long de l’année, liée au réchauffement climatique, bouleverse les stades de développement des végétaux. Par exemple, la floraison des arbres fruitiers a deux semaines d’avance par rapport à ce que l’on observait il y a 50 ans. Les moments de sensibilité de la plante se superposent à des périodes à risques climatiques. Le gel en avril, alors que certaines plantes sont en fleurs, en est un parfait exemple.

Ensuite, il y a un effet ponctuel violent lors d’événements records de températures, comme ce que traverse le sud de l’Europe cette semaine. Ces événements extrêmes provoquent des dégâts sur les végétaux et induisent des pertes de rendements. Là, l’impact dépend du stade du végétal. Par exemple en Andalousie, les oliviers ont subi des températures autour de 38°C pendant leur floraison. Or, c’est un moment où l’arbre est plus sensible..

Comment se matérialisent les dégâts ?

Les dégâts peuvent être de différents types, comme la perte de fleurs ou de feuilles, qui peuvent brûler. Les fleurs de tomate et de courgette, par exemple, sont vulnérables à partir de 35°C. Or en Italie et en Espagne, on est largement au-dessus, puisqu’on y mesure des 45-46°C. Les dégâts sur les fleurs sont irréversibles, elles ne repoussent pas avant l’année suivante. Et à chaque fleur perdue, on perd un fruit ou un légume. De même, à ces températures, les olives se dessèchent et tombent de l’arbre. Les pertes dépendront de la durée et de l’intensité de la canicule.

Concernant la vigne, c’est surtout le goût des grains de raisins qui est altéré par ces températures. La moindre disponibilité en eau permet au sucre de se concentrer dans les grappes et d’augmenter le taux d’alcool. En quarante ans, on a gagné 2 degrés d’alcool dans toutes les régions de France.

 

Vous expliquez que les limites physiologiques des espèces ont été atteintes. C’est-à-dire ?

Prenons l’exemple du maïs. Plus il fait chaud, plus il pousse vite – jusqu’à une certaine limite. Sa température optimale est à 30°C. Entre 30 et 40°C, les processus biologiques sont dégradés à l’intérieur des feuilles et la croissance ralentit. Au-dessus de 40°C, la température maximale de croissance du maïs, les plants ne poussent plus. Cette limite-là dépend de chaque espèce. Pour la betterave, dans le nord de la France, c’est plutôt 35°C. Une fois la température maximale dépassée, les plantes ont encore quelques degrés de tolérance. Mais à plus de 43°C en Méditerranée, les plantes subissent inévitablement un stress thermique. Les cellules meurent, les feuilles et les fruits brûlent et on observe des pertes de rendements.

Existe-t-il des solutions ?

Malheureusement, il y a très peu de solutions face à un stress thermique. Contrairement à un stress hydrique où l’on peut compenser le manque d’eau en arrosant – s’il n’y a pas d’arrêté sécheresse. A 46°C, comme en Sardaigne cet été, on ne peut rien faire pour les feuilles, les fleurs et les fruits car il est techniquement compliqué de couvrir les cultures.

Pour définir un stress thermique, on mesure l’intensité, la durée, et le couplage avec d’autres stress comme la sécheresse et le vent. Dans l’Hérault en juin 2019, des pans entiers de vigne ont brûlé en quelques heures, à cause des 46°C et des 40 km/h de vent enregistrés.

L’Espagne représente 50% de la production mondiale d’olive, mais le pays est en proie à des chaleurs accablantes. Va-t-on vers une pénurie d’huile d’olive ?

 

En effet, à cause des chaleurs du mois d’avril et de la sécheresse, il y a des pertes qui atteignent 80 % sur certaines oliveraies d’Andalousie. Mais d’autres régions espagnoles ont pu pallier les manques et nous n’avons pas encore de visibilité sur une éventuelle pénurie. Par contre, nous ne sommes pas sur une année de production optimale, et cela va se ressentir sur les prix.

Le problème, c’est que l’on a spécialisé chaque partie du monde dans une production, et c’est cela qui augmente les risques de pénuries en cas d’aléas climatiques. C’est ce qu’il s’est passé en 2021 avec la moutarde, produite en majorité au Canada. Cette année-là, il a fait 49°C et les cultures ont été ravagées. Résultat, il y a eu une pénurie mondiale. Ne vaudrait-il pas mieux produire un peu de tout, partout ?

D’autant plus que l’aire de répartition des espèces change avec le réchauffement climatique…

Tout à fait. C’est ce qu’on appelle l’évolution des biogéographies, qui sont essentiellement déterminées par les températures, et dans une moindre mesure par les précipitations. Aucun végétal ne pousse au hasard, ils ont tous des zones thermiques optimales.

 

Avec le changement climatique, les aires de répartition remontent vers le nord. Ainsi, les régions du monde les plus septentrionales vont découvrir de nouvelles cultures, voire des hausses de rendements. A l’inverse, au sud, certaines cultures vont perdre en potentiel, comme le maïs ou l’oignon. Il faut se poser la question : qui va prendre la relève ? L’Espagne ne pourra plus être le verger de l’Europe, tel qu’il est actuellement. Il faut redispatcher ses productions maraîchères plus au nord.

Les rendements de blé, au contraire, sont en hausse de 5% en France par rapport à la moyenne des dix dernières années. Comment l’expliquer ?

Le changement climatique, ce n’est pas seulement des pertes de rendements. En Europe, le blé d’hiver est planté en automne. Cela veut dire qu’à l’arrivée des sécheresses au printemps, les racines du blé sont profondes et peuvent aller chercher de l’eau plus loin dans le sol. De plus, on récolte le blé autour du mois de juillet, donc il échappe aux canicules estivales. Aussi, le CO2 [en augmentation dans l’atmosphère à cause des activités humaines, ndlr] favorise la photosynthèse et la croissance des plantes – tant qu’il y a de l’eau. C’est pour ça que les travaux du Giec concluent à une hausse des rendements de blé dans le nord de l’Europe et à une diminution dans le sud, à cause des sécheresses. Finalement, les rendements de blé se stabilisent depuis les années 2000 alors qu’ils étaient en hausse depuis les années 1945.

A l’inverse, on plante le maïs au printemps et lorsque les sécheresses arrivent, les racines sont encore peu profondes. Les rendements sont en drastique baisse car la plante ne répond pas aux concentrations de CO2 et avec les arrêtés sécheresse, on ne peut plus irriguer les cultures. En 2022, on a eu la plus mauvaise récolte de maïs depuis 1990, avec une perte de 54% de la production dans le sud-ouest de la France.

Les prix des fruits et légumes sont donc voués à augmenter ?

Tout dépend de l’anticipation. Aujourd’hui, on anticipe mal les effets du changement climatique. A chaque phénomène climatique extrême, les rendements baissent et les prix augmentent. On pourrait amortir les variations de prix en créant de nouvelles filières. Pour l’olive par exemple, il faut permettre aux producteurs de s’installer plus au nord, dans la haute vallée du Rhône et vers Toulouse par exemple.

Est-ce à l’Etat d’anticiper ces changements ?

Absolument. Aujourd’hui, le gouvernement est sur une stratégie du pansement. On cultive les mêmes choses aux mêmes endroits, alors que les espèces sortent progressivement de leurs zones de prédilection. Les agriculteurs tentent de s’adapter en changeant de variété, en modifiant le cycle cultural ou la date des semis. Mais ces stratégies ne suffisent pas, il faut changer de culture et créer des filières. Car si on veut faire de l’olive ou de la pistache dans le sud de la France, on a besoin de gens pour récolter, transporter, transformer et acheter. Il faut créer un tissu économique local, national voire international, et tout ça prend du temps, entre quinze et trente ans. On est déjà très en retard. Il est urgent d’investir massivement vers des cultures résistantes au climat de 2040-2050.

Eléonore Disdero

publié le 21 juillet 202
Quand la petite couronne de Paris était maraîchère

À l’heure où le ministère de l’Agriculture met en avant la nécessité d’augmenter notre souveraineté alimentaire en fruits et légumes, le recensement décennal de l’agriculture de 2020 montrait un résultat encourageant pour l’Île-de-France.

Le nombre d’exploitations maraîchères a ainsi doublé depuis 2010, passant de 74 à 139, tout comme les surfaces en maraîchage diversifié (au moins 30 espèces différentes sur une même exploitation), qui sont passées de 1140 à 2040 ha.

Cela ne représente toutefois que 3 % des exploitations et moins de 0,4 % des surfaces. Et on reste encore très loin de satisfaire les besoins en légumes (et encore plus en fruits !) de la région parisienne, qui dépassent les 800 000 tonnes annuelles.

Cependant, ce frémissement maraîcher est prometteur et se poursuit, souvent appuyé par des collectivités soucieuses de satisfaire une aspiration de consommation locale de leurs habitants. De même, se développent depuis une quinzaine d’années des formes de maraîchages intra-urbains (y compris des jardins collectifs) qui témoignent aussi de cet intérêt renouvelé pour le maraîchage de proximité.

La petite couronne, historiquement maraîchère

Renouvelé, car la déconnexion entre les citadins et le maraîchage en Île-de-France est finalement très récente. Les mouvements actuels retissent les liens d’une histoire multiséculaire, lorsque les jardins maraîchers étaient situés dans les interstices d’un tissu urbain en voie de densification.

L’urbanisation de la capitale s’est en effet faite dans de nombreux quartiers par une phase de transition entre le rural et l’urbain, la période maraîchère, où des champs ou des prés accueillent des activités maraîchères, avant d’être urbanisés.

Ainsi, 800 maraîchers œuvraient quotidiennement au XVIIIe siècle, 1 800 en 1860, 2 500 en 1912 !

Plus de cinquante communes de l’actuel grand Paris ont été marquées par l’empreinte des maraîchers, avec une occupation géographique hétérogène. Si l’expression de « ceinture maraîchère » est communément admise, l’emprise maraîchère touchait essentiellement le nord, le sud et l’est de la capitale et très peu l’ouest.

Pour s’installer, un maraîcher a besoin d’un terrain relativement plat, très drainant, proche d’un axe de circulation et peu cher à l’achat. Il aime également se trouver à proximité de collègues, voire aménager un lotissement maraîcher. Ces conditions étaient réunies dans les banlieues nord et sud, mais pas à l’ouest (aux terrains très convoités par l’industrie et les rentiers et aux prix dissuasifs) ou à l’est (où les coteaux de Belleville, Bagnolet et Montreuil, ainsi que la taille très réduite des parcelles, empêchaient les installations).

Six cartes de 1859 à 1959 ; il y une croissance du nombre d’exploitations jusqu’à 1912, puis une décroissance rapide au XXᵉ siècle
Évolution de l’implantation des maraîchers en Île-de-France, avec une installation préférentielle au nord et au sud. Jean-Michel Roy, Fourni par l'auteur

En quittant les XIIe et XVe arrondissements de Paris dans la seconde moitié du XIXe siècle (chassés par l’urbanisation), les maraîchers se sont donc installés au nord à Asnières, Clichy, Aubervilliers et Bobigny, et au sud entre Issy-les-Moulineaux et Créteil. Parmi l’ensemble de ces villes, Bobigny et Créteil ont été marquées durablement par des implantations maraîchères de centaines d’exploitations.

Les maraîchers, rouage de l’économie circulaire périurbaine

Gens de la ville et du périurbain depuis le Moyen Âge, les maraîchers s’intégraient parfaitement dans une économie circulaire, utilisant les ressources de la ville, cherchant sans cesse à produire mieux et plus et à moindre coût.

Ils pouvaient ainsi s’adapter aux changements de consommations, à l’évolution des goûts et de la demande… mais aussi à l’expansion des villes, notamment en se déplaçant. Contrairement aux cultivateurs de légumes ou arboriculteurs installés et liés à leurs terroirs, les maraîchers peuvent en effet changer d’emplacement au gré des opportunités en emportant leur terreau pour recommencer sur des terrains vierges.

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Les maraîchers parisiens avaient ainsi élevé la culture des légumes au rang d’un art, d’une esthétique relationnelle entre le cultivateur, la terre, la nature et les innombrables légumes cultivés tout au long de l’année. Ils ont décuplé le produit du sol, cultivé de façon quasi permanente au prix d’un investissement considérable en matériel, de quantités phénoménales de fumier et d’eau, et d’un savoir-faire unique (cloches à salades ou melons, couches chaudes, etc.).

À la fin du XIXe siècle, sur des surfaces de souvent moins d’un hectare, les maraîchers arrivaient ainsi à produire l’équivalent de 250 tonnes par hectare. À titre d’exemple, 100 millions de salades sortaient annuellement des exploitations avant la Première Guerre mondiale. Leur production était destinée aux marchés et bonnes tables de la capitale ou des capitales européennes, et parfois considérée comme un produit de luxe (carottes ou navets, primeurs, salades en plein hiver…).

Ainsi, la croissance de la population aux XVIIIe et XIXe siècles s’est accompagnée de l’augmentation de l’effectif des chevaux (on comptera jusqu’à 100 000 chevaux dans Paris à la fin du XIXe). Pour les maraîchers, cela se traduit par plus de fumier pour faire des couches chaudes, et produire des primeurs l’hiver. Et quand les effectifs de chevaux viennent à chuter au XXe siècle, ils cherchent d’autres matières premières, des meules de champignons, par exemple.

Leur itinérance, leur ingéniosité, leurs connaissances techniques et leur infatigable labeur leur ont permis de s’adapter durant des siècles aux mutations de la ville et aux transformations des consommations.

Pour un retour vers une petite couronne maraîchère ?

Porteuse de nombreuses innovations techniques en son temps, d’économie circulaire, contributrice majeure à l’alimentation de Paris, la ceinture maraîchère de Paris pourrait aujourd’hui être réactivée pour des raisons de sécurisation alimentaire et environnementale.

Certes pas aux mêmes endroits, souvent urbanisés de nos jours, mais selon une logique voisine de production maraîchère de qualité en proximité, orientée vers les besoins et les marchés de la ville : c’est donc surtout vers du périurbain qu’il faut s’orienter.

Il faut ainsi poursuivre l’installation de maraîchers sur les fonciers détenus par la puissance publique, sur des friches agricoles (plus de 4200 ha en Île-de-France), mais aussi inciter les exploitations de grande culture à se diversifier en maraîchage ou en légumes de plein champ.

Parallèlement, et avec une visée plus éducative que strictement productive, il faut poursuivre la multiplication des formes de jardinage potager, individuel et collectif, ou l’installation de microfermes maraîchères participatives, de préférence en milieu urbain dense où elles sont très demandées.

Il est probable que si reconquête maraîchère il y a en Île-de-France, elle prendra divers visages, des petites fermes maraîchères diversifiées en circuits courts à des exploitations de plus grande taille, individuelles et collectives, orientées notamment vers la satisfaction des besoins de la restauration collective.

C’est par une connaissance fine des leçons de l’histoire, en adaptant les techniques d’alors à nos possibilités, contraintes et objectifs d’aujourd’hui, bref en apprenant du passé avec les yeux du présent, que l’on pourra réaliser cette reconstruction. Cela porte un nom aujourd’hui, la « French method » en matière de cultures urbaines, selon le terme accolé outre-Atlantique à ce maraîchage parisien du passé.

Localiser ces zones de production au cœur des métropoles pourrait permettre de contribuer à réduire les îlots de chaleur, de retraiter les déchets urbains, de séquestrer du carbone, de réduire les émissions de CO2 dues au transport alimentaire. Et de retrouver la joie ancienne de pouvoir déguster des produits ultra frais, sans intermédiaires, et locaux.


Jean-Michel Roy, historien et anthropologue, spécialiste de l’agriculture urbaine, est co-auteur de cet article.

Agriculture : « Il faut abandonner le labour »


Commentaire de Jean-Marc Jancovici sur Linkedin :


"Dans un entretien au Télégramme (qui à une époque fut "de Brest"), Lionel Alletto évoque les modifications des pratiques agricoles qu'il serait pertinent de mettre en oeuvre pour gagner en résilience et diminuer la pression sur l'environnement (NB : je soupçonne la transcription de l'interview de comporter quelques erreurs ici ou là, qui conduisent certaines phrases à être étranges ou en décalage).

Quelques éléments intéressants de cette interview :


- les techniques sans labour semblent améliorer la résistance à la sécheresse (un avantage qui pourrait ne pas être mince avec ce qui nous attend)


- la diversification des cultures - dont la polyculture élevage - permet de diminuer l'usage des phytosanitaires
- le seul phytosanitaire vraiment utile en agriculture de conservation c'est... le glyphosate (tous les échos que j'ai eus laissent penser que ce n'est pas celui dont l'interdiction est la plus prioritaire...)


- en "période de temps calme" sur le prix de l'énergie, l'agriculture de conservation ne change pas la donne sur le plan économique (donc elle ne rapporte rien de plus... mais ne coute pas plus non plus), mais quand les prix des hydrocarbures grimpent au plafond elle donne un avantage

J'avais retenu par ailleurs que d'avoir un couvert végétal sur l'ensemble de l'année favorise la séquestration de carbone dans le sol.

"sur le papier", dixit l'urbain que je suis qui ne tient pas souvent une fourche ou une bêche , cette technique semble donc à généraliser. Que manque-t-il pour que cela soit le cas ? La liste des "conditions du succès" n'est pas très différente ici de ce qu'elle est pour tout passage à l'échelle d'une manière de faire pour laquelle des pionniers montrent que globalement ca fonctionne :


- une valorisation "culturelle" d'un changement de pratique dans un monde où c'est plutôt l'inverse qui est la règle. Les terroirs, AOC, etc, valorisent le fait de "faire toujours pareil", et là il s'agit de valoriser l'inverse !


- du coup il faut un accompagnement et de la formation, à la fois par la recherche (c'est donc une très bonne chose que l'INRAE s'en mêle) et par les entités dévolues à cet effet (chambres d'agriculture et conseil interne des coopératives notamment)


- il faut aussi que les règles économiques ne dissuadent pas explicitement les modifications de pratiques, voire les encouragent (il n'y a pas que les prix de vente pour cela : l'Etat, comme il l'a fait pour le covid, pourrait reprendre de la dette d'agriculteurs qui accepteraient de changer de pratiques, par exemple). Or le premier souci des règles économiques aujourd'hui n'est pas d'assurer la "durabilité physique" !

Tout est résumé dans cette phrase de l'interview : "Les systèmes [agricoles] doivent (...) gagner en résilience et (...) être moins dépendants des ressources externes, être plus diversifiés pour faire face aux aléas, maximiser les services écosystémiques". Il n'y a plus qu'à "


https://www.letelegramme.fr/…/agriculture-il-faut-abandonne…
(posté par Joëlle Leconte)

« Installer un million de paysans dans les campagnes, seule façon de limiter le recours aux pesticides »
 

Il faut changer radicalement de modèle agricole et « reprendre la terre aux machines », plaide Nicolas Mirouze, ancien élève d’AgroParisTech devenu viticulteur, et qui a « bifurqué » vers l’agroécologie, dans une tribune au « Monde ».

Je m’appelle Nicolas Mirouze, je suis vigneron dans les Corbières (Occitanie), mais aussi ancien élève d’AgroParisTech et sociétaire de la coopérative d’intérêt collectif L’Atelier paysan, qui agit pour un changement de modèle agricole et alimentaire. Je me suis établi en 1999 sur un domaine viticole en agriculture conventionnelle et j’ai décidé, dès la deuxième année, de changer de mode de culture, en délaissant les engrais chimiques et en limitant l’emploi de pesticides. Il m’a fallu vingt longues et difficiles années pour m’extraire complètement du modèle de l’agriculture industrielle intensive tout en rendant ma ferme pérenne. J’ai aujourd’hui 50 ans, j’en avais 27 le jour ou j’ai décidé de « bifurquer ».

En France, une partie non négligeable de la population n’a pas les moyens de l’alimentation qu’elle voudrait choisir. Parfois, elle ne peut même pas acheter l’alimentation la moins chère disponible en grande surface : c’est ainsi que, selon l’inspection générale des affaires sociales, 5,5 millions de personnes en grande précarité alimentaire dans la France de 2018, antérieure à la crise due au Covid-19, se procuraient leurs repas quotidiens grâce à l’aide alimentaire.

Cynisme

Cette aide, devenue systémique en France, est distribuée par plus de 200 000 bénévoles, qui subissent quotidiennement toute la violence de cette pauvreté. Elle est abondamment pourvue par les surplus inconsidérés de l’agriculture industrielle intensive (car il faut toujours produire plus) et participe directement à la compression des coûts des produits agricoles et donc à la diminution du revenu des agriculteurs. Elle est également abondamment pourvue par les invendus de la grande distribution, qui se voit ainsi dotée d’une efficiente filière de recyclage. Comble du cynisme : cette nourriture « recyclée » est une source de défiscalisation pour des entreprises dont la contribution est assimilée à un don. Peut-on continuer à traiter d’une façon aussi indigente les plus pauvres d’entre nous, les bénévoles qui les soutiennent, les paysans qui voudraient les nourrir ?

L’autre face de cette triste réalité est que, sur la période 2010-2019, 77 % des revenus des agriculteurs proviennent des aides nationales et européennes. Sur la même période, 25 % des agriculteurs ont un revenu annuel moyen inférieur à 8 400 euros. Sur l’année 2018, 14 % des exploitations françaises ont un résultat courant négatif, selon les chiffres publiés en 2020 par le ministère de l’agriculture. Ce tableau stupéfiant est celui d’un système qui ne fonctionne pas du tout, qui – sans même parler de dégâts écologiques, de rendements énergétiques négatifs ou de perte de qualité nutritive – ne remplit aucun de ses objectifs initiaux : rémunérer les agriculteurs pour qu’ils fournissent une alimentation suffisante, satisfaisante et à la portée de tous.

Parmi toutes les technologies paysannes que nous défendons à L’Atelier paysan, la machine tient une position singulière. Nous accompagnons des agriculteurs à concevoir des outils qui sont assemblés lors de formations. Les participants se réapproprient un savoir-faire qui a, bien souvent, disparu de nos campagnes : celui du travail du métal. Ces formations sont une première étape vers une autonomie technique paysanne. La mécanisation industrielle telle qu’elle s’est déployée en France, soutenue par des politiques publiques depuis soixante-dix ans, a créé de terribles dépendances techniques et financières, qui expliquent la prolétarisation avancée d’une grande partie des agriculteurs de notre pays. Elle a aussi contribué à la destruction des communautés paysannes en engageant les agriculteurs dans une course à la terre : il faut « bouffer l’autre avant d’être bouffé ».

Fuite en avant

Ce sont bien des choix politiques qui ont condamné les agriculteurs vers une fuite en avant insensée. Mais comment s’extraire aujourd’hui de ce modèle ? Avec, selon l’Insee, 400 000 exploitants et 650 000 travailleurs et travailleuses de la terre au total, en 2019, l’usage massif de pesticides est absolument inévitable : il n’y a plus suffisamment de ressources dans nos campagnes pour réaliser le travail que suppose une agriculture sans recours à une chimisation massive.

L’avenir est déjà là, avec l’agriculture « 4.0 », qui représente la « nouvelle frontière » du lobby agro-industriel : les drones, les robots et le numérique. L’histoire se répète : cette mise en application du progrès ne servira que des intérêts sans rapports directs avec celui de l’alimentation de la population. Elle se fera au détriment des agriculteurs, dont les dépendances aux équipementiers et aux banques vont s’aggraver. Ce qui nous est promis, c’est une agriculture pratiquée dans une campagne complètement déshumanisée, définitivement vidée de ses paysans.

Depuis plus de dix ans, nous accueillons, dans nos maisons de L’Atelier paysan, les « bifurqueurs » de tous horizons, le mouvement est donc durablement installé. Nous avons encore beaucoup de travail pour faire en sorte que les colères et les larmes deviennent une puissance de transformation sociale plutôt qu’une fuite. Notre projet politique est consigné dans un manifeste : Reprendre la terre aux machines (Seuil, 2021). Ce projet refuse de dissocier la question de l’autonomie paysanne et celle de l’autonomie alimentaire. Nous avons pour objectif d’installer dans les campagnes françaises un million de paysans et ce sera la seule façon de limiter significativement le recours aux pesticides. L’agroécologie paysanne ne sera alors plus pratiquée par quelques marginaux cantonnés dans des sortes de « réserves », mais deviendra le modèle agricole dominant à l’échelle d’une nation comme la nôtre. Un bouleversement aussi important ne sera pas concédé par les élites politiques et économiques sans le surgissement d’un mouvement social. Il n’aura jamais lieu sans un rapport de force assumé, il sera conquis par la lutte ou il n’adviendra pas.

Nicolas Mirouze

Vigneron, sociétaire de la coopérative L’Atelier paysan

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/06/01/nous-avons-pour-objectif-d-installer-dans-les-campagnes-francaises-un-million-de-paysans_6128443_3232.html

Disette d’engrais : les agriculteurs sur un volcan

Depuis le début de la guerre en Ukraine, la chasse à l’azote, à la potasse et au phosphore tourne au casse-tête. Dur, dur de faire sans eux. Reportage.

Le trésor est rouge. Le trésor est blanc. Le trésor est ocre. Le trésor est rare. Le trésor n'a pas de prix. Il est sous clé, derrière de lourdes portes, dans un hangar de 4,5 m de hauteur. Philippe Forgeret, sous-directeur de la coopérative agricole Agropithiviers, nous invite à glisser une tête « case n° 7 ». Voici de l'ammonitrate, de petits granulés beige-blanc.

On arrive en fin de saison. Dans un coin, il n'en reste qu'une cinquantaine de tonnes. Nous poursuivons case n° 6 : les réserves d'un « engrais binaire 0/10/30 » sont tout aussi faibles. Idem case n° 5, qui abrite un reste rouge de chlorure de potassium. Sur ce site situé en périphérie de la sous-préfecture du Loiret, il est possible de stocker jusqu'à 4 000 tonnes d'engrais, de différentes natures. On est loin du compte.

Philippe Forgeret a pour mission de remplir toutes ces cases et, plus largement, d'acheter le nécessaire pour les 400 agriculteurs de sa « coop », installés dans un rayon de 20 kilomètres autour de la sous-préfecture du Loiret, tous au service de leurs champs de blé, de colza, d'orge… L'acheteur d'Agropithiviers a beau sourire, il est face à un sacré casse-tête, une situation inédite en trente-cinq ans de carrière. Un gros nuage plane sur les prochaines récoltes… Il est de plus en plus difficile de se procurer les engrais sur le marché international – la production française ne couvrant pas les besoins de tous nos agriculteurs, il faut chasser à l'étranger. « L'année dernière, la situation était déjà tendue du fait des difficultés logistiques sur le plan mondial avec le Covid et de la forte reprise économique. Puis il y a eu le 24 février… » Ce jour-là, faut-il le rappeler, la Russie, puissance agricole, attaquait une autre puissance agricole, l'Ukraine, et bousculait ainsi les flux commerciaux de matières premières. « Je n'ai plus de repères », reconnaît Philippe Forgeret.

D'habitude, à cette période-là de l'année, il multiplie les bonnes affaires. Car nous sommes à la « morte-saison », ni l'hémisphère Sud ni l'hémisphère Nord n'ont besoin d'engrais. À lui, normalement, potasse, azote et phosphore à prix cassés. Sauf qu'il y a panique dans nos campagnes ! Toute la planète céréalière est sur un volcan, à la recherche désespérée de ces trois éléments indispensables aux cultures.

Ça chauffe pour l'azote

Avec l'azote, la partie est des plus compliquées. Sa fabrication nécessite du gaz, et l'on connaît désormais la place clé de la Russie sur ce segment et la dépendance de notre continent à ce pays. Conséquence : les prix de l'azote et des dérivés explosent puisqu'ils suivent ceux du gaz. Ajoutez à cela la crainte que Vladimir Poutine ne ferme les robinets… Sans oublier, en conformité avec les sanctions françaises contre Moscou, l'impossibilité de se fournir auprès d'usines installées parfois même sur le Vieux Continent mais détenues par des Russes ou leurs proches, comme le gigantesque établissement d'Eurochem à Anvers, en Belgique. « Les Allemands peuvent encore mener des transactions financières avec cette usine puisque le siège est en Suisse. Le propriétaire russe a transféré ses actions à son épouse croate. Mais nous, Français, à la demande du Trésor, ne pouvons plus rien faire avec cette société. »

Que d'obstacles à franchir, oui, pour nourrir nos sols ! « Il y a peu, j'ai voulu acheter 1 200 tonnes d'engrais. Je n'ai trouvé aucun vendeur en mesure de me fournir la totalité. J'ai dû passer par plusieurs entreprises, qui m'en ont lâché 200 chacune, à des prix différents. » L'acheteur d'Agropithiviers accepte d'y mettre le prix. « Si je n'en achète pas maintenant, le risque est que je n'en trouve plus dans les prochains mois et, par conséquent, que mes agriculteurs n'en aient pas à disposition. » C'est à la sortie de l'hiver, du mois de février au mois d'avril, qu'ils s'en servent essentiellement pour leurs épandages.

Mais il n'y a pas que l'azote qui tourmente Forgeret, la potasse le chiffonne aussi. Cet élément se trouve en abondance du côté de la Biélorussie, alliée de la Russie, et sous sanctions européennes depuis quelques semaines. L'alternative serait de se fournir, par voie maritime, auprès du lointain Canada, qui a déjà son carnet de commandes bien plein avec ses ogres de voisins américains et brésiliens…

« La semaine prochaine, j'envoie mes bons de commande aux agriculteurs », ne désespère pas Philippe Forgeret. Les 400 exploitants d'Agropithiviers auront le choix : ou le suivre, demander un tonnage d'engrais et n'en connaître le prix qu'à l'issue des courses – ce sera une moyenne annualisée – ou ne pas en être et acheter au coup par coup, en comptant sur le facteur chance.

« Les engrais pèsent lourd dans mes charges »

Fils et petit-fils d'agriculteur installé à Gueudreville Jouy, Cédric Benoist a opté pour la deuxième solution. Sans attendre, cet adhérent d'Agropithiviers a commandé la semaine dernière un camion d'engrais pour nourrir ses betteraves sucrières, son blé dur, ses blés améliorants (utilisés pour des mélanges de farine), son orge de printemps. Le voici plongé dans son ordinateur, examinant une feuille de calcul Excel, un nouvel outil fourni par sa coopérative afin de piloter ses coûts d'exploitation. « Les engrais pèsent lourd dans mes charges : leur prix est passé de 23 euros par tonne d'orge en 2021 à 60 euros aujourd'hui. »

Lui a besoin, en tout, de 50 tonnes pour ses 160 hectares de terre. Avec un prix à la tonne 600 euros plus cher que la normale, « ça représente un billet supplémentaire de 30 000 euros », calcule-t-il. Dans les prochaines semaines, il devrait recevoir son « camion » d'ammonitrate, un dérivé de l'azote redoutablement efficace pour la culture du blé : Sans lui, « la productivité baisserait de 50 à 60 % » ; avec lui, le blé prend rapidement de la hauteur, de la masse.

Indispensable triptyque azote-potasse-phosphore

Très peu d'alternatives efficientes et bon marché à l'indispensable triptyque azote-potasse-phosphore s'offrent aux céréaliers. Il y a le compost. Cédric Benoist se fournit auprès d'un éleveur des Côtes-d'Armor. Il s'en sert avant de mettre en culture ses betteraves, son colza et ses tournesols. Puis, grâce à une analyse satellitaire de ses sols, il complète, parcelle après parcelle, avec « du chimique » . Au kilogramme près. Car le compost est peu pratique à étaler ; de toute façon, il n'y en aurait pas suffisamment pour tous.

« On ne peut pas se passer des engrais. Il faudrait changer tout le système de culture, il faudrait réintroduire de l'élevage, ce serait une évolution structurelle », explique Jean-François Bléchet, vice-président de la chambre d'agriculture du Loiret. L'exploitant nous reçoit en bordure d'un de ses terrains, situé à Jouy-en-Pithiverais. Au loin, on aperçoit du colza, des éoliennes et des vignes expérimentales. Des insectes tournicotent. « L'augmentation de nos coûts est vertigineuse. » Adhérent lui aussi d'Agropithiviers, il sort de la poche de sa chemise une petite feuille où il a griffonné quelques chiffres chocs à notre attention. En 2021, il achetait de la solution azotée, un engrais liquide, au prix de 240 euros le litre, contre 400 actuellement ; quant à l'ammonitrate, il s'échangeait à 270 euros la tonne l'année dernière et s'affiche aujourd'hui à 790. « Cela remet en cause le cadencement de notre exploitation », insiste Jean-François Bléchet.

Avec son frère Éric, il cultive 340 hectares et élabore l'assolement. D'une année à l'autre, pour des raisons agronomiques, ou économiques, les cultures diffèrent, ou ne se voient pas accorder la surface. C'est ainsi qu'en 2021, en voyant les prix des engrais déjà monter, le duo de frangins a décidé de faire « plus d'orge que de blé, car il demande moins d'engrais azoté. Pour l'année prochaine, le tournesol pourrait être une alternative intéressante, car il demande moins d'engrais que les betteraves, ou de l'orge ».

Pour baisser leur consommation d'engrais chimiques, les Bléchet passent aussi par le méthaniseur de leur coopérative, qui produit du digestat – un résidu de matières naturelles – à épandre sur leurs parcelles. Mais, là aussi, l'offre est limitée. Qui sait s'ils se laisseront tenter par des cendres de coques de tournesol, chargées en potasse, achetées récemment et pour la première fois par Agropithiviers ? Le gisement français ne couvrira jamais l'ensemble des besoins… Une solution après l'autre.

Dans certains cas, les céréaliers ont la possibilité de semer entre deux cultures des plantes-usines à azote. Il y a aussi cette innovation : des bactéries capables d'attraper de l'azote dans l'air afin de faciliter son absorption par le blé. De quoi permettre de capter 20 à 30 unités d'azote par hectare. Mais il en faut en tout de 150 à 200 unités… « Je compte sur la recherche pour limiter nos intrants », dit Jean-François Bléchet. Elle a permis de diviser par trois la quantité d'engrais nécessaire pour produire une tonne de sucre grâce à de nouvelles variétés de betteraves. Il a fallu vingt ans.

le quotidien de plus en plus coûteux des maraîchers

Les agriculteurs souffrent aussi de la hausse des matières premières, comme beaucoup de professions. Que ce soit les engrais, les plastiques, mais aussi l'énergie pour ceux qui chauffent leur serre, la facture a été multipliée par trois en quelques mois, comme dans la région de Nantes, en Loire-Atlantique.

Près de 11 hectares de tomates viennent tout juste d'être plantés sous un immense abri de verre. Mais Antoine Cheminant, maraîcher à Carquefou (Loire-Atlantique) ne sait pas s'il pourra en tirer un bénéfice cette année. Ses coûts de production ont explosé : +15 % sur les plants, +25 % sur la laine de roche dans laquelle ils poussent, idem sur l'engrais. Le prix du gaz dont il dépend pour maintenir ses serres à 17 degrés a été multiplié par trois. "Je ne sais pas si ma culture sera rentable en 2022", s'inquiète Antoine Cheminant. Son père le confirme, il n'a jamais vu une telle hausse de toutes les matières premières.

Des maraîchers déboussolés

Selon lui, pour que l'entreprise familiale continue de faire vivre 85 salariés, il faudra que la grande distribution rogne ses marges. Autour de Nantes (Loire-Atlantique), il y a 4 000 hectares de légumes, et 200 maraîchers déboussolés. La profession prévient : certaines entreprises pourraient ne pas se relever.

T. Paga, K. Moreau,P. Lacotte - France 2
France Télévisions

 

 

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/agriculture-le-quotidien-de-plus-en-plus-couteux-des-maraichers_4881001.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20211215-[lesimages/image3]

Les agriculteurs ont besoin d'être soutenus financièrement pour favoriser le développement de l'agroforesterie

Commentaire de Jean-Marc Jancovici : «L'agroforesterie devient un élément bien identifié de la politique agricole commune pour "aller vers la neutralité carbone". Il faut dire que cette pratique apporte de nombreux bénéfices : elle remet du carbone dans le sol (via les racines des arbres), retient ce dernier (ce qui limite l'érosion), ombrage les cultures ou les animaux en pâture qui supportent mal la sécheresse en période de coup de chaud, amende le sol (via les chutes de feuilles), abrite des oiseaux ou prédateurs qui se nourrissent de ravageurs, limite la diffusion des maladies, bref ce n'est que du bonheur ou presque... à ceci près que cela peut gêner le passage des engins agricoles et donc diminuer à court terme la productivité, raison, pour laquelle on a fait "sauter les haies" un peu partout dans les paysages de plaine.

Il est important d'inverser cette tendance et de revenir à "plus d'arbres dans les champs" (et des arbres et des culture qui seront adaptés au climat de 2100, ce qui est une difficulté supplémentaire).

Mais pour cela les agriculteurs ont parfois besoin d'une aide financière. Là comme ailleurs, la méthode employée et le schéma retenu seront cruciaux pour que les pratiques encouragées ne comportent pas d'effet pervers.»

(publié par J-Pierre Dieterlen)

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159700797027281

Foncier agricole, ces centaines de milliers d'hectares qui échappent au contrôle des Safer

Les ventes de parts sociales, de biens en usufruit ou en nue-propriété, masquent des transactions foncières et financières qui échappent au fonctionnement des marchés des terres et des prairies libres. Des centaines de milliers d’hectares sont ainsi échangés.

Le marché foncier préfigure l’évolution de la propriété foncière dans les années à venir. L’an passé, 424 000 hectares de terre et de prés ont changé de propriétaire. Mais parallèlement à ces marchés de 5,3 milliards d’euros, 616 000 hectares appartenant à 5 560 sociétés sont en partie détenus  par de nouveaux actionnaires. 1,1 milliard d’euros de parts sociales a été vendu et acheté en 2019, soit 17,6 % de la valeur des ventes sur le marché foncier agricole.

Cette surface de 616 000 hectares est mentionnée par la fédération nationale des Safer (FN Safer) dans son dernier rapport rendu public fin mai. Même s’il s’agit d’une estimation, ce chiffre montre que le marché des parts sociétaires représentait 1,4 fois la surface des ventes réalisées sur le marché de terres libres et louées.

Mais on ne sait pas quel a été le montant moyen de chaque hectare de terre et de prairie ainsi échangé, puisque les acquisitions ont porté sur des parts sociales.

Toutefois, « une seconde estimation, basée sur le pourcentage moyen de parts cédées, donne l’équivalent des surfaces transférées en 2019 via les cessions de part : 9 780 hectares pour les sociétés de portage, 177 200 hectares pour les sociétés d’exploitation », analyse la FN Safer.

Le travail à façon, un accès au foncier "déguisé"

« Du point de vue de l’entreprise de travaux agricoles (ETA), la sollicitation par une exploitation peut être assimilée à un mode d’accès au foncier », défend aussi la FN Safer. Si certains contrats prévoient uniquement l’exploitation des terres, d’autres ETA proposent un spectre plus large de services, comprenant l’exploitation, mais aussi les décisions et la gestion. » Certaines ETA exploiteraient plusieurs milliers d’hectares "en toute impunité" (du point de vue des Safer) puisqu’il n’existe aucune structure pour limiter la superficie cultivée.

Autre marché foncier qui échappe aux contrôles des Safer, les ventes de propriétés rurales en démembrement. La surface croît régulièrement et le nombre de transactions a battu un record l’an passé.

Les ventes en démembrement portaient entre autres sur 1,54 % de la surface du marché foncier rural : 1,24 % pour la nue-propriété et 0,3 % pour l’usufruit.

« 350 ventes d’usufruit ont été notifiées aux Safer pour 2 100 hectares et 20,4 millions d’euros. Les cessions de nue-propriété notifiées sont au nombre de 950 pour 8 580 hectares et 115,8 millions d’euros. »

Enfin, le marché des terres et des près loués porte chaque année sur une surface de plus en plus importante. En 2019, 174 900 hectares ont été vendus, soit 5,3 % de plus que l’an passé auxquels s’ajoutent 43 600 hectares de bâtiments loués.

Ces dernières années, environ 150 000 hectares en fermage ont changé de propriétaire, si on exclut les années 2009 et 2010, alors que le marché des surfaces des terres libres oscillait entre 150 000 et 250 000 hectares.

Le profil des vendeurs et des acquéreurs de terres change. Parmi les terres louées, « la vague des départs à la retraite peut expliquer la hausse des ventes de bien bâtis, autrement dit des exploitations », analyse la FN Safer. Des fermiers en place peuvent aussi être tentés d’acheter les terres qu’ils cultivent pour sécuriser leur exploitation avant de la transmettre.

La crise de l’élevage peut aussi expliquer cette hausse : des terres sont cédées pour recapitaliser les exploitations.

Enfin, la détention de terres est un bon placement financier. Selon la FN Safer, le taux de rendement brut d’une terre louée est de 2,70 % (montant du fermage divisé par le prix de l’hectare) alors que celui d’un produit d’assurance vie n’excède pas 1,4 %.

Toutefois, ce taux de rendement varie d’un département à l’autre selon le prix de l’hectare de terre et le montant du fermage. Il était supérieur à 3,7 % dans les Pays de la Loire et il est plus faible dans le Grand bassin parisien.

Dans ces conditions, la hausse continue du prix moyen de l’hectare loué n’est pas une surprise.

Ainsi, le prix de l’hectare de terre louée était de 4 760 € l’an passé. Il a donc progressé de 0,6 % alors que le prix de l’hectare libre a stagné (6 000 € ; 7 290 € en grandes cultures, 4 670 € en zones d’élevage).

Dans le Bassin parisien, un hectare loué était vendu 6 000 € en moyenne  et même 10 000 € dans la Marne. Mais dans les départements d’élevage (Bourgogne, Pays de la Loire, Franche-Comté par exemple), la FN Safer souligne que l’hectare de terre n’excédait pas 3 000 €.

Outre les prix, les écarts de prix

En 2019, un hectare de terre louée équivaut à 79 % du prix d’un hectare de terre libre.

Cet écart de prix « oscille de 66,6% dans les Hauts-de-France à 97,3 % en région Grand Est, où les terres louées sont quasiment négociées au prix des terres libres », souligne la FN Safer.

Ces écarts de prix évoluent d’année en année. Ils renseignent sur le dynamisme du marché foncier des terres louées.

Dans chaque département, il est animé par des bailleurs qui cherchent à vendre leurs terres et par des fermiers en place qui ont un droit de préemption sur les terres mises en ventes qu’ils cultivent. Aussi, ces agriculteurs font pression pour acheter des terres moins chères.

En fait, le prix de vente des terres prend en partie en compte les loyers versés durant la durée du bail. Il a même souvent été négocié au moment de la signature du contrat de location, toujours selon la FN Safer.

Par ailleurs, des parcelles louées de petite dimension et isolées intéressent peu d’acquéreurs, hormis les exploitants en place qui voient, dans l’acquisition de ces terres, la sécurisation du foncier de leur exploitation.

Au final, cette conjoncture de facteurs contribue à faire baisser le prix de l’hectare de terre occupée et à creuser l’écart avec les prix de vente de terres louées.

Mais dans certaines régions, l’expansion urbaine et l’expulsion d’agriculteurs de leurs terres tendent à accroître l’écart de prix entre terres libres et louées car les agriculteurs expulsés cherchent à acquérir de nouvelles terres. Par ailleurs des terres libres proches d’une ville sont susceptibles de devenir constructibles ce qui les renchérit!

Mais si dans certains départements, peu de terres libres sont en en vente, le marché des terres louées se confondra alors avec celui des terres libres. Les écarts de prix seront alors faibles puisque les deux marchés s’aligneront !
 

Les fruits et légumes bio d'été cultivés en France interdits à la vente cet hiver
Jusqu'au 1er mai prochain, les fruits et légumes d'été issus de l'agriculture biologique française sont interdits à la vente dans l'Hexagone.

 

 

 
 

Non, vous ne pourrez plus acheter de tomates bio cultivées en France cet hiver.

Conformément à la décision du Comité national de l'agriculture biologique (Cnab) de juillet dernier, depuis le 21 décembre, il est interdit de vendre en France des fruits et légumes d'été bio cultivés dans l'Hexagone cet hiver, rapporte LCI.

 
 
 

Jusqu'au 30 avril, il ne sera donc plus possible de trouver sur les étais des tomates, concombres, poivrons ou aubergines issus de l'agriculture biologique française.

Des serres chauffées

En effet, cultiver ces fruits et légumes en plein hiver suppose en général de le faire sous des serres chauffées, ce qui implique des émissions de gaz à effet de serre plus importantes qu'en saison. 

Pour autant, les agriculteurs français n'ont pas l'interdiction de cultiver des fruits et légumes d'été bio en serres chauffées pendant l'hiver : ils peuvent le faire, mais ne pourront pas commercialiser leur production avant le 1er mai prochain.

L'objectif reste cependant de basculer vers un mode de production meilleur pour l'environnement. Les serres construites à partir du 1er janvier 2020 auront ainsi l'obligation de fonctionner avec des énergies renouvelables. Celles déjà en place ont jusqu'en 2025 pour faire la transition.

Reste un paradoxe, que souligne Le Figaro : l'interdiction "n'affecte pas les fruits et légumes produits à l'étranger comme en Espagne, aux Pays-Bas ou en Italie. Des produits qui peuvent donc être cultivés sous serre dans leur pays d'origine puis être importés".

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