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Jacqueline Sauvage: une criminelle graciée par les réseaux sociaux

Publié le par ottolilienthal

L'avocat général dresse un portrait complexe de Jacqueline Sauvage
 
 

Fait exceptionnel : l'avocat général du procès en appel de Jacqueline Sauvage sort de son silence pour parler de cet "enfer" de 47 ans qui n'est pas la "réalité judiciaire".

 

Jacqueline Sauvage est une femme "déterminée". Voilà, en substance, ce que veut dire Frédéric Chevallier, l'avocat général du procès en appel de cette dernière, dans une tribune publiée par "le Monde" mardi 2 octobre. Le timing n'est pas innocent : c'est au lendemain de la diffusion du téléfilm de TF1 "Jacqueline Sauvage, c'était lui ou moi" avec Muriel Robin et qui a réuni près de 8 millions de téléspectateurs. Frédéric Chevallier a un autre message à faire passer, un fait rare pour un magistrat, dans sa "Lettre à Madame Jacqueline Sauvage" :

"Vous êtes devenue, sans doute malgré vous, le symbole inadapté d’un fait majeur de société."

Et l'avocat général de dresser un portrait complexe de Jacqueline Sauvage, condamnée pour le meurtre en 2012 de son mari Norbert Marot.

 

 

"Je veux vous parler de ces quarante-sept ans dont d’aucuns, journalistes, hommes et femmes politiques, artistes, intellectuels, de tout bord, de toute tendance se sont emparés sans en connaître la réalité autre que celle faussement véhiculée par ce gigantesque café du commerce que les réseaux sociaux fabriquent et entretiennent à dessein. Pour en faire un enfer", écrit Frédéric Chevallier, qui assure :

"Vous présenter comme soumise et sous l’emprise de ce 'tyran' de Norbert, c’était nier totalement votre personnalité dont la réalité ne correspondait plus en rien à ce que vous avez été pendant quarante-sept ans."  

Pour le magistrat "cette construction" des réseaux sociaux "nie et détruit tout ce que vous avez bâti, tout ce que vous avez conçu, tout ce que vous avez créé. Jusqu’à vous faire victime de faits de viol dont vous ne vous êtes jamais plainte."

"Vous l’avez condamné sans procès"

Il raconte alors "deux heures de plaidoirie, entièrement consacrées à soutenir un acquittement fondé sur une impossible analyse de la notion de légitime défense. Même 'différée', elle ne pouvait justifier votre comportement. Adopter cette stratégie, sans à aucun moment aborder la peine que je proposais, c’était prendre un risque démesuré de vous voir rester en prison."

 

 

Car, selon Frédéric Chevallier, Jacqueline Sauvage est une femme "déterminée". L'avocat général rappelle alors que : 

  • "A l’âge de 17 ans et cinq mois, contre l’avis unanime de votre mère, de votre père, décédé quelques mois auparavant, de vos cinq grands frères", Jacqueline Sauvage épouse Norbet Marot.
  • Jacqueline Sauvage "a toujours su affirmer [son] indépendance économique et [sa] détermination à occuper une activité professionnelle".
  • "Devant l’enquêtrice de personnalité, vos filles concluaient en résumant la situation commercialo-familiales : 'C’est elle le chef d’entreprise.'"
  • Jacqueline Sauvage était "seule titulaire de six comptes bancaires"
  • Elle possédait "également un fusil de chasse automatique à trois coups" et "qu’au total ce sont douze armes à feu et des centaines de munitions qui se trouvaient répartis à travers les pièces de votre domicile".
  • Jacqueline Sauvage a "harcelé menacé verbalement et physiquement, frappé et violenté" l'amante de Norbert Marot, Laurence.

"Alors, non, cet 'enfer depuis quarante-sept ans' véhiculé, relayé, craché, asséné, cette image, ce slogan prompt à enflammer celles et ceux qui l’entretiennent sans savoir, sans même vouloir savoir, il n’est pas celui que la vérité judiciaire de votre histoire établit, Madame", écrit Frédéric Chevallier.

"En exécutant votre mari, vous nous avez privés d’un procès qui aurait peut-être permis d’inverser l’ordre des choses aujourd’hui établi. Vous l’avez condamné sans procès. Vous n’en aviez pas le droit."

 

Par L'Obs

Jacqueline Sauvage : « Son histoire comporte de nombreuses zones d'ombre »

TF1 diffuse ce soir un téléfilm sur l'affaire Jacqueline Sauvage. Un des auteurs d'une contre-enquête dénonce une fiction bien loin de la réalité judiciaire.

Paysage après la bataille
 
 

L’affaire Jacqueline Sauvage qui occupe les médias mainstream depuis plus d’un an est finalement un étonnant révélateur des contradictions qui travaillent actuellement la société française. Qui en dit long sur la déliquescence d’un système politique et médiatique qui n’en finit pas de partir en lambeaux.

Nous avions déjà l’antiracisme petit-bourgeois, élevé au rang de valeur cardinale par des gens pourtant apôtres d’une société communautaire racisée, et brandi comme un signe extérieur de richesse par les bénéficiaires de la globalisation. Voilà que s’affirme désormais l’hégémonie du féminisme victimaire des groupuscules parisiens. Il obéit à la même logique en mettant en avant l’image d’une femme mineure et éternelle victime soumise sans pouvoir s’en émanciper un patriarcat oppresseur. Et exactement comme pour le racisme, que l’on va le plus souvent chercher là où il n’est pas, on n’hésite pas à enfourcher de mauvaises causes au risque de dévoyer les vrais et les justes combats. Mais qu’importe le réel, la vérité, ou la morale puisqu’il ne s’agit en fait, en congédiant le réel, que de se donner bonne conscience à peu de frais et de prendre la pose. L’idéal étant quand, à l’aide du relativisme culturel comme Benoît Hamon ou Clémentine Autain, on peut faire fusionner antiracisme et féminisme en célébrant par exemple, le droit des intégristes musulmans à enfermer et bâcher leurs épouses au nom de la tradition et de la liberté de celles-ci d’accepter ce qui leur est imposé. Féministe et  anti-islamophobe, coup double.

Un enchaînement de réactions lamentables

Le combat pour l’élargissement de Jacqueline Sauvage au nom de la lutte contre les violences faites aux femmes est une mauvaise cause. Simplement parce que l’histoire que nous assène jour après jour la propagande médiatique, est fausse. Jacqueline Sauvage n’a pas été la victime pendant 47 ans d’un mari violent, qu’elle n’a pas abattu froidement de trois balles dans le dos pour se protéger. Le dossier, et tous ceux qui ont eu à en connaître racontent une autre histoire, celle d’une femme de caractère qui dominait sa famille et n’a pas supporté de la voir en échec. Et c’est à partir de cette réalité-là que les juridictions ont statué. C’est la raison pour laquelle lorsque François Hollande, dans une grande première dans la vieille histoire de l’usage de ce droit régalien, a décidé après une première grâce partielle, une deuxième totale un an après, a commis une mauvaise action. Provoquant un enchaînement de réactions lamentables symptôme du délitement des institutions et du désarroi de l’opinion.

À tout seigneur tout honneur, François Hollande a brusquement cédé, aux petites coteries médiatiques, mondaines et parisiennes qui le fascinent manifestement. Ce faisant, qu’il le veuille ou non, il a validé le mensonge, consacré un permis de tuer, et last but not least insulté magistrats et jurés. Personne ne doit pouvoir contester le principe du pouvoir qui lui est donné par la constitution, et le fait de s’en servir. Mais François Hollande fait de la politique, il a été élu pour ça, et utiliser une prérogative juridique ne le dispense pas de le faire dans des formes dignes et en fonction du contexte. De ce point de vue, c’est une catastrophe.

L’apogée du féminisme victimaire

Le féminisme victimaire devenu hystérique ensuite. Tous ces petits groupes qui portent leur androphobie et leurs frustrations en bandoulière sont désormais inaccessibles à toute approche rationnelle. Foin de la réalité, chaque argument qui tente d’y ramener, est immédiatement contré par des raisonnements qui n’ont rien à envier au complotisme le plus obtus. L’ensemble de la planète est dominé par un complot patriarcal et tout ce qui s’y passe doit être lu à la lumière de ce prérequis. Jacqueline Sauvage n’a rien dit pendant 47 ans, personne n’a remarqué chez les gens qui la fréquentaient la moindre trace de coup, on vous répond : emprise, femme soumise, amnésie traumatique, mémoire retrouvée, et toutes les imbécillités issues du commerce des psychologues charlatans. 35 magistrats et jurés ont eu à connaître de son dossier et l’ont cependant condamnée : des « masculinistes » pour les uns, des marionnettes manipulées pour les autres. Débat impossible, et c’est cependant à ces gens-là que le président de la République a donné raison.

Il y a aussi la classe politique, qui s’est vautrée toutes tendances confondues, dans une démagogie compassionnelle assez écœurante. C’est qu’il y a bientôt des élections, et avant des primaires. Alors, plutôt que de parler au peuple on va s’adresser à des petites coteries, des groupuscules que l’on espère prescripteurs d’opinion. Le plus désolant étant pour moi, Jean-Luc Mélenchon, après avoir intronisé Jérôme Kerviel en Robin des bois de pacotille, il a pris la défense de Clémentine Autain qui tirait dans le dos de la brigade des mères du 93 luttant contre l’intégrisme musulman. Pour faire bonne mesure, il vient de faire de Jacqueline Sauvage, coupable d’un crime, l’emblème de la lutte pour l’émancipation des femmes. Bravo camarade ! Qu’importe qu’il s’agisse d’un mensonge, si on s’encombre de la vérité, on ne va pas s’en sortir. Ce qui compte c’est s’adresser aux couches moyennes urbaines, les couches populaires on s’en fout, laissons-les au Front National.

La responsabilité des médias est écrasante

N’oublions pas les syndicats de magistrats qui n’en ratent pas une. Drôle d’institution que ces syndicats sollicités à tout propos pour s’exprimer « au nom » de l’institution judiciaire, qui n’ont une activité syndicale que théorique, mais une activité politique permanente. Les magistrats du siège sont soumis à un devoir de réserve strict, garant de la confiance que les citoyens doivent avoir dans leur impartialité. Qu’à cela ne tienne, il y a les syndicats. Le « mur des cons » a montré la conception que le Syndicat de la Magistrature avait de cette impartialité. Et surtout, il est devenu habituel que ces organisations se moquent du principe de la séparation des pouvoirs dans la mesure où elles ne l’invoquent qu’à leur profit. Et nous sommes bombardés de déclarations politiques critiquant le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif. Là encore, pour relever le camouflet indiscutable infligé à la Justice par François Hollande, les syndicats de magistrats, n’y voyant aucune contradiction, n’hésitent pas à contester au chef de l’État l’utilisation des prérogatives que lui donne la Constitution ! Dites-moi, amis magistrats, vous êtes les derniers à pouvoir critiquer la décision du Président. Il serait peut-être temps de redevenir cohérents.

On finira enfin par les journalistes qui, par facilité et commodité, ont véhiculé la fable de Jacqueline Sauvage victime pendant 47 ans d’un mari violent. Tous les débats, toutes les interventions tous les éditoriaux en ont fait un postulat. Dire d’abord que « cet homme était une ordure », discuter ensuite. La responsabilité des médias, dans la pérennisation du mensonge et le discrédit jeté sur les décisions de justice rendue après des procédures régulières par plusieurs juridictions, est de ce point de vue écrasante.

Je disais en commençant que ce nouvel épisode du feuilleton Sauvage était révélateur des contradictions qui travaillent la société française. Une promenade attentive sur les réseaux, la lecture des commentaires sous les articles de la presse mainstream démontrent qu’une grande partie de l’opinion française n’est pas dupe. Et supporte mal la façon à la fois arrogante et désinvolte dont elle est traitée.

Ceux qui entendent briguer ses suffrages au printemps prochain seraient avisés d’en tenir compte.

 

Régis de Castelnau

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Affaire Jacqueline Sauvage: les souvenirs retrouvés et l'amnésie traumatique mis à contribution pour expliquer son geste.

 

L'avocat Régis de Castelnau publie le 2 janvier 2017 une chronique dans "Causeur" pour dénoncer l’hégémonie du féminisme victimaire des groupuscules parisiens qui "obéit à la même logique en mettant en avant l’image d’une femme mineure et éternelle victime soumise sans pouvoir s’en émanciper un patriarcat oppresseur".

Il écrit :


"Le combat pour l’élargissement de Jacqueline Sauvage au nom de la lutte contre les violences faites aux femmes est une mauvaise cause. Simplement parce que l’histoire que nous assène jour après jour la propagande médiatique, est fausse. Jacqueline Sauvage n’a pas été la victime pendant 47 ans d’un mari violent, qu’elle n’a pas abattu froidement de trois balles dans le dos pour se protéger. Le dossier, et tous ceux qui ont eu à en connaître racontent une autre histoire, celle d’une femme de caractère qui dominait sa famille et n’a pas supporté de la voir en échec. [...] Jacqueline Sauvage n’a rien dit pendant 47 ans, personne n’a remarqué chez les gens qui la fréquentaient la moindre trace de coup, on vous répond : emprise, femme soumise, amnésie traumatique, mémoire retrouvée, et toutes les imbécillités issues du commerce des psychologues charlatans. 35 magistrats et jurés ont eu à connaître de son dossier et l’ont cependant condamnée."

Lire aussi l'article de l'avocate Florence Rault, elle écrit en janvier 2016 :


"Le traitement de «l'affaire Sauvage», illustre jusqu'à la caricature ce qu'est devenu le débat public. Approximations, ignorance, inculture juridique, androphobie, hystérie, se marient pour imposer UNE vérité et la mettre au service d'UNE cause. [...] En ce qui concerne le passage à l'acte, il faut rappeler que Jacqueline Sauvage a abattu son mari avec son propre fusil alors qu'il était immobile sur sa terrasse, de trois balles dans le dos. Et qu'elle pratiquait la chasse en tireuse expérimentée.

À cela, les militants répondent: «souvenirs post-traumatiques». Si l'on comprend bien, à la suite d'une nouvelle altercation Jacqueline Sauvage aurait brutalement été confrontée aux souvenirs de 47 ans de martyr jusqu'alors refoulés. [...] Le phénomène des souvenirs induits ou mémoire retrouvée commence à être connue de la justice pénale et certains ne se laissent plus leurrer.

- La théorie de la mémoire retrouvée fait partie des fables que l'on retrouve souvent dans les affaires d'allégations d'abus sexuels.
- C'est alors que l'on entend trop souvent que la preuve de l'abus résidait justement dans le fait de ne pas s'en souvenir.
- Ah bon? Et qu'un «flash» miraculeux aurait révélé les causes d'un mal être et permis de «commencer à se reconstruire».
- Quand ce flash est favorisé, parfois même imposé par des thérapeutes auto-proclamés, il y a vraiment de quoi s'inquiéter."

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