ONG, monde associatif, l'envers du décor...

Publié le par ottolilienthal

Oxfam à poigne

 

On en sait un peu plus sur les licenciements et les fermetures de bureau annoncés par Oxfam le 20 mai. Il s'agit donc de 18 bureaux et de 1 500 emplois, soit près du tiers des effectifs. Petit détail troublant : alors qu'Oxfam France se présente sur son site internet comme "un mouvement citoyen qui lutte contre les injustices et la pauvreté", on découvre que le dégraissage, du genre massif, ne concerne que les pays pauvres (Thaïlande, Afghanistan, Tanzanie, Burundi, Bénin..). Curieusement, ces pays ont un point commun : aucune législation sociale ne défend les salariés en cas de licenciement. Mais tout celà n'est pas grave, puisque, comme l'a expliqué Duflot sur son compte twitter : "Oxfam ne "licencie" pas 1 500 personnes, mais organise le départ progressif de certaines de ses équipes". Si c'est progressif...

C'est pourtant la même Cecile Duflot qui avait signé une tribune dégoulinante, le 27 mars, appelant à préparer le fameux "jour d'après" : "Pour éviter une très grave crise sociale qui toucherait de plein fouet chômeurs et travailleurs, il faut interdire tous les licenciements dans la période"..

Sauf si c'est loin des médias et si c'est progressif...

 

Le Canard enchaîné, 17/06/2020

La descente aux enfers d'Oxfam

Sa réputation était déjà écornée par plusieurs scandales. La crise du Covid va contraindre l'ONG à mettre en place un plan de licenciements.

 
 

L'exploitation sexuelle serait «endémique» dans le secteur humanitaire selon un rapport

 

Le problème de l’exploitation sexuelle est « endémique » dans le secteur de l’aide humanitaire, qui n’en a pas fait assez pour tenter de l’éliminer, une attitude qui frise « la complicité », selon un rapport parlementaire britannique publié ce mardi.

Ce rapport de la Commission du Développement international de la chambre des Communes fait suite au scandale provoqué par les révélations en février d’abus sexuels commis par certains employés de l’ONG britannique Oxfam après le séisme dévastateur de 2010 en Haïti. Ces révélations avaient déclenché une cascade de plaintes à travers le secteur.

« C’est endémique, et ça l’est depuis longtemps »

La Commission estime que l’ampleur du problème est impossible à déterminer mais soupçonne que les cas connus ne sont que le sommet de l’iceberg.

« Il y a des cas d’exploitation et d’abus sexuels, et ils ont lieu à travers les organisations, les pays et les institutions. C’est endémique, et ça l’est depuis longtemps », souligne-t-elle. « La fourniture d’aide aux personnes et communautés en crise a été minée par des prédateurs sexuels qui exploitent des systèmes de gouvernance affaiblis », a-t-elle ajouté.

Des pistes pour lutter contre l’exploitation sexuelle

Selon les députés, le secteur humanitaire surestime les efforts déployés pour résoudre le problème : l’autorégulation qu’il a mise en place est insuffisante. Ils recommandent notamment le déploiement d’un registre mondial des travailleurs humanitaires pour empêcher les prédateurs sexuels de se maintenir en passant d’une ONG à une autre.

« Le secteur humanitaire, collectivement, a connaissance depuis des années des cas d’exploitation et d’abus sexuels par son propre personnel mais l’attention qu’il a donnée au problème n’est pas à la hauteur du défi », a déploré le rapport, dénonçant une « culture du déni » au sein des ONG comme des Nations unies.

La réponse « molle » du secteur a créé « une impression globale de suffisance, qui frise la complicité », a-t-il ajouté, estimant que les ONG étaient plus soucieuses de protéger leur « réputation » que des victimes.

Le Royaume-Uni accueillera en octobre une conférence internationale destinée à définir une approche commune à tout le secteur. Judith Brodie, qui supervise le réseau britannique des ONG de développement international, a assuré dans un communiqué qu’elles œuvraient à mettre fin aux abus sexuels et que « le changement a commencé ».

 

20 Minutes avec AFP

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