Economie française : "Winter is coming !"

Publié le par ottolilienthal

Coronavirus : les scénarios noirs d'une profonde récession

Jean-Marc Jancovici : «Christine Lagarde, présidente de la BCE, considère que les mesures de confinement font perdre 2% de PIB par mois à l'Europe.

C'est raccord avec mon estimation : la France vient "d'immobiliser" l'hôtellerie restauration, la culture (parcs de loisirs, cinémas, concerts, musées...), la construction, une large partie des transports, l'enseignement (le remplacement par du téléenseignement est en pratique pas si simple), le commerce non alimentaire, une partie de l'industrie automobile... Bref 40% de notre l'économie est stoppée net, soit 3,5% de récession (en rythme annuel) par mois de confinement. Et chacun sait que les "officiels" sont toujours trop optimistes pour le PIB futur

Question (très) dérangeante : combien de temps la restriction tiendra pour éviter des morts que nous acceptons en d'autres circonstances ? Car, sans mesure particulière, le coronavirus tuerait l'équivalent de quelques années de "mort en vente libre" (tabac, alcool, sucres & graisses en excès), soit ≈ 100.000 décès prématurés chaque année, que nous avons collectivement acceptés jusqu'à maintenant.

L'épisode actuel est hélas illustratif d'un monde en contraction, où il faudra, de plus en plus souvent, arbitrer entre deux risques dont aucun n'était considérée comme susceptible de survenir à bref délai.»

(publié par J-Pierre Dieterlen)

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159116076212281

15 000 emplois menacés dans le secteur de l’automobile

 
 
 
 

La fin du diesel et le basculement vers les moteurs électriques entraînent une mutation profonde du secteur automobile à laquelle de nombreux sous-traitants ne sont pas préparés.

Alors que la filière doit faire face à l’une des plus importantes mutations de son histoire, tout le gotha de l’automobile est réuni ce jeudi au Pavillon Gabriel, près des Champs-Elysées, pour célébrer le Centenaire de l’Organisation internationale des constructeurs automobiles (OICA).

 
 

L’occasion également pour Xavier Mosquet, associé au sein du cabinet Boston Consulting Group (BCG), et Patrick Pélata, ancien directeur général de Renault, de présenter leur rapport sur la filière automobile française, commandé en octobre dernier par Emmanuel Macron.

 

 

10 % des salariés français travaillent dans le secteur automobile

Il y a urgence. Les grands patrons du secteur (constructeurs, équipementiers et sous-traitants), qui fait travailler directement ou indirectement plus de 10 % de la population active du pays, n’hésitent pas à parler de « survie ». L’ancien ministre Luc Chatel, aujourd’hui président de la Plateforme de la filière automobile (PFA), qui réunit plus de 4000 entreprises, a fait part lui aussi de sa « vive inquiétude » en décembre dernier lors d’un comité stratégique de filière.

L’automobile fait en effet face à l’une des plus importantes mutations de son histoire. De plus en plus connectée, électrique et autonome, elle exige de la part de ceux qui la fabriquent de faire preuve comme jamais de résilience. Sinon, un certain nombre d’entre eux disparaîtront.

La Fonderie du Poitou Fonte en redressement judiciaire

L’hécatombe a malheureusement déjà commencé. Le sous-traitant automobile Fonderie du Poitou Fonte (FPF), qui fabrique des blocs-moteurs à Ingrandes-sur-Vienne (Vienne), a été mis ce mardi en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Poitiers. 400 salariés sont concernés. Le groupe japonais Ibiden a confirmé au mois de janvier à ses 320 salariés la fermeture de son usine de filtres à particules pour véhicules diesel située à Courtenay (Loiret).

Dans l’Aveyron, l’usine Bosch d’Onet-le-Château, qui produit des injecteurs diesel, a de son côté signé un « accord de transition » au mois de juillet dernier avec les 1 500 salariés. Les trois quarts peuvent se voir imposer jusqu’à 20 jours d’arrêt de production. En contrepartie, Bosch a mis 14 millions d’euros sur la table pour moderniser l’une des lignes de production. Mais l’autre s’arrêtera définitivement dans quelques semaines.

La chute du diesel s’accélère

La Plateforme de la filière automobile a publié en novembre dernier, en partenariat avec l’Observatoire de la Métallurgie, une étude sur le risque économique et social. « Les conclusions font froid dans le dos, s’inquiète l’un des contributeurs du rapport. Certes, l’essor de la voiture électrique et autonome bouleverse déjà les cartes. Mais c’est surtout l’accélération du déclin du diesel, qui nous fragilise actuellement considérablement. »

 

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La part d’immatriculations de véhicules diesel est en effet passé de 72 % en 2012, à moins de 40 % l’année dernière. « Dans les cinq ans à venir, plus d’une cinquantaine d’entreprises, et 15 000 emplois, sont directement menacés », prévient-il.

« La menace est effectivement réelle, prévient également Jean-Pierre Floris, le délégué interministériel aux restructurations d’entreprises. Et encore, les chiffres pourraient s’alourdir dans les mois à venir. » Intervenant en appui du Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), cet ancien dirigeant de Saint-Gobain cible la « discrimination dont le diesel fait actuellement l’objet », et salue la tentative de Bercy d’intégrer ce carburant dans la vignette Crit’Air 1. « Il serait dans l’intérêt de la France d’avoir une politique en la matière plus progressive, estime-t-il, en instaurant une transition douce. Et surtout en ne pénalisant pas le diesel propre. »

 

Erwan Benezet (@erwanbenezet)| 13 février 2019

 

http://www.leparisien.fr/economie/15-000-emplois-menaces-dans-le-secteur-de-l-automobile-13-02-2019-8011428.php#xtor=AD-32280599

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