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Covid gazette

Publié le par ottolilienthal

des nouveau-nés hospitalisés, un phénomène nouveau

Le service pédiatrique de l'hôpital de Nice (Alpes-Maritimes) reçoit de plus en plus de nourrissons positifs au Covid-19 présentant des symptômes sérieux. Les cas graves chez les enfants restent rares, mais ils sont plus récurrents depuis l'arrivée du variant Delta.

À Nice (Alpes-Maritimes), les pédiatres font face à un phénomène nouveau : le Covid-19 s'attaque à des nourrissons. Plusieurs nouveau-nés sont en effet hospitalisés. Mais lors des vagues précédentes, le service pédiatrie était vide. Depuis juillet, le nombre d'enfants positifs au Covid-19 a été multiplié par dix. Sur les 9 233 patients hospitalisés en France, figurent seulement 44 enfants de 9 ans ou moins, et 74 jeunes de 10 à 19 ans. Mais le variant Delta a fait grimper les contaminations chez les enfants. 

Faut-il vacciner les enfants ?

Pour les médecins, il s'agit plus d'une inquiétude épidémiologique que médicale, car peu d'enfants positifs développent des symptômes graves. Mais un foyer comprenant un enfant entre 11 et 17 ans augmente le risque d'infection par le Covid-19 des adultes jusqu'à 30%. La rentrée ne devrait pas arranger les choses. Alors, faut-il vacciner les enfants ? Les enfants de moins de 12 ans ne sont pour l'instant pas éligibles. Plusieurs laboratoires, comme Pfizer ou Moderna, ont commencé des phases de test, dont les résultats pourraient commencer à tomber en septembre. 

J.Lonchampt, S.Piard, L.Benzaquen, P.Vaireaux, A. Lo Cascio, N.Murviedro - France 2
France Télévisions

 

 

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/variant-delta/covid-19-des-nouveau-nes-hospitalises-un-phenomene-nouveau_4735751.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20210813-[lesimages/image2]

la vaccination obligatoire pour les soignants est approuvée par 76% des Français, selon un sondage

Un majorité se prononce également en faveur de l'extension du pass sanitaire (vaccination complète ou test négatif récent), même si l'adhésion varie quelque peu suivant les lieux concernés, n'atteignant que 58% pour les cafés et restaurants.

Un plébiscite. Selon le sondage Elabe pour BFMTV publié mardi 13 juillet, la vaccination obligatoire pour le personnel soignant, annoncée lundi par Emmanuel Macron pour lutter contre la reprise épidémique du Covid-19, est approuvée par 76% des Français. D'une manière générale, toutes les nouvelles mesures liées à la crise sanitaire bénéficient du soutien d'une majorité de la population. 

L'adhésion à l'extension du pass sanitaire (vaccination complète ou test négatif récent) varie quelque peu suivant les lieux concernés. Très forte pour l'accès aux voyages en avion, train et car (76%), aux hôpitaux et maisons de retraite (70%), elle l'est moins pour l'accès aux lieux de loisirs et de culture rassemblant plus de 50 personnes (66%) et l'accès aux cafés, restaurants et centres commerciaux (58%). Toujours selon le sondage, les Français approuvent également (63%) la fin de la gratuité des tests PCR, hors prescription médicale, à partir de l'automne.

Une plus faible majorité (54%) des Français jugent les mesures annoncées "adaptées à la situation", le reste les jugeant plutôt trop strictes (31%) que pas assez (15%).

France Télévisions
 
Publié

 

 

 

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/covid-19-les-nouvelles-mesures-prises-par-emmanuel-macron-approuvees-par-76-des-francais-selon-un-sondage_4700929.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20210715-[lespluspartages/titre4]

Variant Delta du Covid-19 : "Ne pas se faire vacciner, c'est faire preuve d'incivilité", selon le professeur Jean-François Timsit

Face à la progression du variant dit indien, le chef du service de réanimation et des maladies infectieuses de l'hôpital Bichat rappelle la nécessité de se faire vacciner. Une dose ne suffit pas, d'autant plus contre ce variant.

Alors que le variant Delta du Covid-19 gagne du terrain en France, "ne pas se faire vacciner à l'heure actuelle, c'est faire preuve d'incivilité", estime samedi 26 juin sur franceinfo le professeur Jean-François Timsit, chef du service de réanimation et des maladies infectieuses à l'hôpital Bichat, à Paris. "Ce variant est 50% plus contagieux que le variant dit anglais", ajoute Jean-François Timsit. "Il y aura toujours des contre-indications au vaccin, mais ça restera infime par rapport aux gens qui doivent profiter de cette vaccination. A ce stade, si on veut pouvoir revivre, il n'y a pas d'autre solution", insiste le médecin.

franceinfo : Le variant Delta découvert en Inde arrive chez nous. Est-ce qu'il faut redouter dans les jours, les semaines à venir, une hausse des contaminations partout en France, à cause de ce variant ?

Jean-François Timsit : C'est certain. Nous avons des données assez claires montrant que ce variant est 50% plus contagieux que le variant dit anglais. Donc, il y a clairement un risque. D'autant plus qu'à l'heure actuelle, on vit quasiment normalement, alors qu'on a une couverture vaccinale qui est encore très insuffisante. Il faut savoir qu'une dose, d'après ce que l'on sait, ne protège qu'à 33% de la contamination au variant Delta.

Ce n'est qu'avec deux doses des vaccins à ARN messager qu'on obtient des protections qui sont de l'ordre de 85 à 90%.

Jean-François Timsit, chef du service réanimation à l'hôpital Bichat

à franceinfo

Il y a donc une course contre la montre entre la vaccination et l'arrivée de ce variant qui va s'installer si on ne se vaccine pas plus. Si vous ne vous vaccinez pas, vous allez mettre en risque l'ensemble de vos proches et des gens que vous allez croiser et qui sont éventuellement fragiles. Bien entendu, les gens fragiles qui ne se vaccinent pas ont un risque de mortalité qui va être d'autant plus élevé qu'ils ont des facteurs de risque importants.

Les jeunes semblent être plus touchés par ce variant Delta. Parce que ce sont les moins vaccinés ?

C'est comme d'habitude. Le début de la reprise épidémique passe toujours par les jeunes. Pour l'instant, ce sont les moins vaccinés. Ce sont aussi eux qui profitent le plus de la réouverture du pays et du déconfinement complet. Donc on voit une augmentation de la contamination chez les jeunes. Ils ne vont pas être très malades, bien sûr, mais ils vont être la source de la diffusion du virus partout. Je crois que les jeunes sont très motivés pour se faire vacciner et il faut qu'ils le fassent. Ils doivent convaincre leurs aînés de faire la même chose, pour ceux qui sont encore réticents. Ce que l'on craint, c'est que ce variant Delta prenne le pas, parce que l'immunité apportée par le vaccin n'est pas très bonne, et qu'il est plus contagieux que les autres. Avec le risque de repartir vers le mois de septembre. Avoir une reprise des cas, voire même une reprise des cas hospitalisés ou des cas graves. C'est possible, et en particulier si on ne se vaccine pas suffisamment.

Que faut-il faire pour motiver encore les gens à aller se faire vacciner ? On voit que la campagne marque le pas.

Moi, je serais assez raide. Je pense que ne pas se faire vacciner à l'heure actuelle, c'est faire preuve d'incivilité. C'est probablement idiot de ne pas se faire vacciner quand on a des facteurs de risque. Mais en plus, c'est très incivil de ne pas le faire pour les autres. Il y aura toujours des contre-indications au vaccin, mais ça restera infime par rapport aux gens qui doivent profiter de cette vaccination large. A ce stade, si on veut pouvoir revivre, il n'y a pas d'autre solution. Et cette solution, elle est collective. On ne peut pas accepter que 30 à 40 % de la population disent : "Non, je suis contre le vaccin !" Donc oui, ma réponse serait à terme d'être extrêmement incitatif. 

Radio France
 
Publié

 

 

 

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/variant-delta-du-covid-19-ne-pas-se-faire-vacciner-c-est-faire-preuve-d-incivilite-medecin_4679475.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20210628-[lespluspartages/titre3]

"Il est possible que nous ayons une quatrième vague" à l'automne, prévient Jean-François Delfraissy

La progression du variant indien inquiète les autorités françaises. Est-il plus dangereux ? Plus contagieux ? Le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy nous répond.

Le variant indien va-t-il devenir majoritaire en France ? "Le variant indien a comme caractéristique un taux de transmission qui est nettement plus élevé, 50 % de plus", reconnaît Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, invité sur le plateau du 20 Heures de France 2. Doit-on s'inquiéter pour autant ? "On a affaire à un vrai questionnement", confie le Professeur. 

Pas de panique

Selon Jean-François Delfraissy, le variant indien va apparaître au cours de l'été, puis remplacer progressivement le variant anglais. "Il est possible que nous ayons une quatrième vague" à l'automne, prévient le Professeur.  Il a rappelé que le vaccin d'AstraZeneca était un peu moins efficace contre ce nouveau variant, de 30 % environ. Mais il n'y a pas de raison de céder à la panique. "C'est en partie contrôlé", assure-t-il. La vaccination de masse devrait permettre de ralentir davantage le développement de ce nouveau variant. 

France Télévisions Publié

 

 

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/covid-19-il-est-possible-que-nous-ayons-une-quatrieme-vague-a-l-automne-previent-jean-francois-delfraissy_4656127.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20210610-[lesimages/image0]

pourquoi l'OMS craint que la deuxième année de la pandémie soit "plus mortelle que la première"

Les variants du virus et une mauvaise répartition des vaccins au niveau mondial expliquent notamment le pessimisme de l'Organisation mondiale de la santé, soulignent des spécialistes interrogés par franceinfo.

"Au train où vont les choses", la deuxième année de la pandémie de Covid-19 sera "beaucoup plus mortelle que la première", a déploré le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, vendredi 14 mai devant la presse. Un constat qui inquiète alors que l'Europe et les États-Unis voient la perspective d'une sortie de crise avec la vaccination. Franceinfo tente de comprendre pourquoi le bilan de l'année 2021 pourrait être bien plus lourd que celui de 2020.

>> Covid-19 : suivez l'évolution de l'épidémie dans notre direct

Parce que la pandémie ne faiblit pas à l'échelle mondiale

Avec encore plus de 700 000 cas identifiés quotidiennement ces derniers jours, selon les chiffres de l'université américaine Johns-Hopkins (contenu en anglais), la pandémie continue de se développer dans la plupart des pays du globe. Un indicateur de cette tendance est l'augmentation considérable du nombre de cas identifiés depuis le début de l'année 2021. Au 31 décembre 2020, 83,5 millions de cas avaient été recensés depuis le début de la pandémie, selon le site Our World in Data (contenu en anglais). Ce chiffre a presque doublé en moins de cinq mois et s'élève désormais à 162 millions au 15 mai. 

Le nombre de morts suit la même dynamique. Le virus a fait 1,8 million de victimes en 2020 et on en compte déjà 1,5 million depuis le début de l'année. "On sait que l’Inde et le Brésil sous-estiment les décès, tous les malades n’ont pas été pris en charge et donc été pris en compte", souligne Mircea Sofonea, épidémiologiste à l'université de Montpellier. Ce dernier évoque "une trajectoire qui va malheureusement permettre le dépassement du bilan de 2020".

Parce que les variants sont plus transmissibles

"Ce sont les nouveaux variants qui conduisent à cette augmentation assez impressionnante", explique Jonathan Roux, épidémiologiste à l'Ecole des hautes études en santé publique.

Ils ont été identifiés depuis quelques mois en Angleterre, en Afrique du Sud, au Brésil, mais aussi en Inde, où le B.1.617 engendre des records quotidiens de nouveaux cas diagnostiqués. "Ils ont été des moteurs de cette vague de contaminations, assure Mircea Sofonea. Le variant identifié au Royaume-Uni, par exemple, est plus contagieux et nécessite un contrôle plus important que la souche historique du virus."

Parce que le virus se répand dans de nouveaux pays

Alors que la situation était relativement sous contrôle dans plusieurs pays d'Asie du Sud-Est l'an dernier, l'explosion du variant B.1.617 a considérablement changé la situation. Singapour et Taïwan viennent de reprendre des mesures drastiques de lutte contre le Covid-19 : fermeture des restaurants et des lieux de divertissement, mais aussi limitation des rassemblements, en intérieur comme en extérieur.

Ces choix des autorités répondent à des augmentations inexpliquées des contaminations, alors que les deux pays bénéficiaient jusqu'alors de conditions de vie quasi normales grâce à la stratégie "zéro Covid" mise en place depuis l'an dernier. Taïwan a recensé vendredi 180 nouveaux cas, contre 29 la veille, selon l'AFP. L'Etat insulaire craint notamment une recrudescence des cas liés à l'émergence du variant identifié en Inde. 

D'autres pays redoutent l'arrivée du virus en raison de la relative faiblesse de leur système de santé : "Au Népal par exemple, il n’est pas dimensionné pour accueillir autant de patients. L’Occident était débordé l’an dernier, alors que le virus était moins virulent, il n'y avait pas de variants, rappelle Jonathan Roux. Ce sont des territoires qui n’ont pas été aussi fortement touchés que l’Occident lors de la première vague." Le spécialiste craint également l'arrivée du virus en Afrique, un continent qui sera probablement "l'un des derniers à accéder à la vaccination".

Parce que la vaccination n'est pas encore suffisante à l'échelle mondiale

Jonathan Roux se veut rassurant : "L'épidémie n'est pas en progression dans les zones en cours de vaccination." Mais si plus d'un tiers des Américains sont désormais entièrement vaccinés contre le Covid-19, et qu'ils peuvent commencer à retirer leurs masques, cette situation est loin d'être généralisée. "On est à un niveau de vaccination encore trop faible au niveau mondial", déplore Mircea Sofonea.

L'épidémiologiste de l'université de Montpellier souligne également l'impossibilité pour le vaccin d'endiguer une vague déjà présente : "Quand on a des pays comme le Brésil ou l’Inde qui font face à des flambées, ce n’est pas le vaccin qui va dans l’instant sauver la mise. Même un confinement arrive trop tard dans ce genre de situations." L'Inde a débuté vendredi une campagne avec le vaccin russe Spoutnik V, approuvé en urgence par les autorités, afin de freiner les contaminations.

Les épidémiologistes dénoncent également la répartition inégale de la vaccination : "On sait que celle-ci fonctionne. Mais à délaisser certaines parties du monde, le virus peut plus facilement se propager. Et s'il se propage, on prend le risque de l'apparition de variants", explique Jonathan Roux. Le programme Covax, qui vise à fournir des doses aux pays les plus démunis, n'a pas encore porté ses fruits.

"Je comprends pourquoi certains pays veulent vacciner leurs enfants et leurs adolescents, mais je vous demande de penser à y renoncer et de donner plutôt les vaccins à Covax", a d'ailleurs demandé vendredi le directeur général de l'OMS. Le système Covax a été privé d'un grand nombre de vaccins qu'il pensait pouvoir distribuer au deuxième trimestre 2021. L'Inde, où l'essentiel des doses pour le programme sont fabriquées, a interdit leur exportation pour lutter contre l'explosion de la pandémie sur son sol.

Marianne Chenou - franceinfo
France Télévisions
 
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https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/covid-19-pourquoi-l-oms-craint-une-deuxieme-annee-de-la-pandemie-plus-mortelle-que-la-premiere_4624759.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20210516-[lestitres-coldroite/titre2]

"Covid" au masculin et sans majuscules dans Le Petit Robert 2022

Le Petit Robert estime que "l'usage fait loi" et retient que le mot "covid" s'emploie majoritairement au masculin dans les pays francophones. 

Le Robert, l'un des deux grands dictionnaires commerciaux en France, estime dans son édition 2022 que le mot "covid" s'écrit avec une minuscule et qu'il est plutôt masculin.

Pour désigner la maladie virale qui s'est répandue dans le monde entier, le Robert distingue le terme générique de "covid", comme dans l'exemple "suspicion de covid", et celui spécifique de "Covid-19" avec une majuscule. La définition donnée est : "Maladie infectieuse et contagieuse causée par un coronavirus".

Son concurrent, le Larousse, met systématiquement une majuscule, donnant comme graphies possibles "COVID-19 ou Covid-19".

Hésitations sur le genre

Covid-19 est un acronyme forgé à partir de l'anglais par le Comité international de taxonomie des virus (ICTV) et adopté par l'Organisation mondiale de la santé en février 2020. Il signifie maladie à coronavirus de 2019.

Son genre grammatical fait l'objet d'hésitations en français. Pour le Robert, il est "masculin ou féminin", donc plus fréquemment masculin, alors que pour le Larousse, il est "féminin ou masculin" : plus correct en féminin, mais masculin chez de nombreux locuteurs.

Dans sa présentation du dictionnaire 2022, Le Robert estime que "c'est l'usage qui fait loi. Si le féminin est adopté au Canada francophone, le masculin est pour l'instant majoritaire en France, où l'avis de l'Académie française a été rendu tardivement, alors que le masculin était déjà bien implanté".

Afflux de mots liés à la pandémie

Le Robert a ajouté de nombreux mots liés à la pandémie. Certains très courants dans le langage aujourd'hui, comme "déconfinement", "distanciel", "cas contact", et d'autres plus rares, comme "aérosolisation" ("diffusion aérienne de fines particules par aérosol") ou "saturomètre" ("appareil qui mesure la saturation du sang en oxygène").

>> Petit Larousse illustré 2022 : 170 nouveaux mots, "un bouleversement" pour ce professeur qui n'a "jamais vu un tel changement linguistique"

Le linguiste Alain Rey, l'un des principaux créateurs des dictionnaires Le Robert, décédé en octobre, fait son entrée parmi les noms propres, aux côtés entre autres du Premier ministre Jean Castex, du président américain Joe Biden et de sa vice-présidente Kamala Harris, ou de l'astronaute Thomas Pesquet.

 

 

https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/covid-au-masculin-et-sans-majuscule-dans-le-petit-robert-2022_4618473.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20210511-[lespluspartages/titre2]

"La volonté politique de contrôler l'épidémie n'est pas claire", estime Samuel Alizon, du CNRS

Selon Samuel Alizon, directeur de recherche au CNRS, au laboratoire maladies infectieuses et vecteurs, la stratégie choisie par la France "est de laisser circuler le virus largement".

"Sur le moyen ou le long terme, la volonté politique de contrôler l'épidémie de Covid-19 n'est pas claire", a estimé dimanche 18 avril sur franceinfo Samuel Alizon, directeur de recherche au CNRS, au laboratoire maladies infectieuses et vecteurs. Alors que la France met en place progressivement une quarantaine obligatoire pour les voyageurs en provenance du Brésil, d'Argentine, du Chili et d'Afrique du sud, mais aussi de Guyane, Samuel Alizon juge que cela n'aura pas d'effet sur les variants qui "sont déjà là". Selon lui, la stratégie choisie par la France "est de laisser circuler le virus largement".

franceinfo : Est-ce que la mise en place de quarantaine peut vraiment limiter l'arrivée en Europe et en France du variant brésilien ?

Samuel Alizon : On peut s'interroger sur la motivation. Parce que si c'est pour empêcher l'arrivée des variants venus d'autres pays, c'est trop tard. On sait qu'ils sont déjà en France. À ce niveau-là, cela peut jouer sur des nouvelles importations. Mais les variants sont déjà là, on les a détectés même s'ils sont rares. Il y a des inconnues aujourd'hui sur ces variants, mais ils sont déjà là. Si cela a un effet, ça ne sera pas sur l'arrivée des variants.

Est-ce qu'il faut s'inquiéter des variants brésilien et sud-africain ?

À court terme, le problème c'est le variant V1 détecté au Royaume-Uni. C'est 80% des cas. Celui-là, il est maintenant à peu près avéré qu'il est plus virulent. C'est à dire que si vous êtes infecté par celui-là, vous avez plus de risques de faire un Covid sévère. Il y a un peu un décalage entre ces effets d'annonce sur les quarantaines imposées aux voyageurs et l'absence d'annonce vis à vis du variant V1, dit britannique, avec la réouverture des écoles dans une semaine où là, on ne sait pas trop ce qui est prévu. Sur le moyen ou le long terme, les variants V2 et V3, ceux détectés en Afrique du Sud et au Brésil, posent pas mal de questions, notamment parce qu'ils semblent échapper à l'immunité naturelle et à l'immunité de certains vaccins.

Si vous avez déjà été infectés par des lignées qui circulaient en 2020, a priori, vous n'êtes pas immunisés ou très peu immunisés contre les variants V2 et V3. C'est ce qu'a vécu le Brésil, qui a eu une première vague extrêmement meurtrière et qui malgré cela est en train de revivre une deuxième vague extrêmement meurtrière.

Est-ce qu'il y a donc un intérêt à mettre tous les voyageurs en quarantaine en provenance de ces pays où le variant circule ?

Ces variants sont déjà là, donc, à court terme, vous n'empêcherez pas leur arrivée. Sur le moyen ou le long terme, la volonté politique de contrôler l'épidémie n'est pas claire. Aujourd'hui, la circulation massive en France, fait par exemple que la France est potentiellement aussi un des pays où des variants risquent d'évoluer. Le virus mute en continu. La plupart de ces mutations sont neutres. Plus vous le laissez circuler, plus il y a de risques que certaines de ces mutations aient des effets. Donc, la stratégie choisie par la France qui est de laisser circuler le virus largement est une stratégie qui maximise les risques, qui maximise les coûts à court terme, et qui, sur le long terme, maximise les risques aussi en termes d'évolution virale.

Radio France
 
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Vaccination des soignants : si les explications ne suffisent pas, "il faudra envisager une obligation", selon la professeure Anne-Claude Crémieux

"La vaccination, c'est notre principal moyen de nous protéger contre le virus et son variant anglais", assure sur franceinfo l'infectiologue.

Anne-Claude Crémieux, professeure spécialiste de maladies infectieuses à l'Hôpital Saint-Louis à Paris, membre de l'Académie nationale de Médecine, a estimé lundi 8 mars sur franceinfo que "si vraiment, on n'arrive pas à vacciner le personnel soignant", alors "il faudra envisager une obligation vaccinale."

Le personnel de santé continue à être réticent pour se faire vacciner contre le coronavirus, notamment avec le vaccin AstraZeneca jugé moins efficace. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, parle d'"irresponsabilité" de la part des soignants et n'exclut pas dans Le Parisien une obligation vaccinale. "Je pense qu'il faut convaincre le personnel soignant de façon générale, les convaincre pour l'instant, parce qu'on vient de démarrer finalement la campagne de vaccination", a expliqué Anne-Claude Crémieux. "Je suis assez confiante dans le fait qu'avec toutes ces explications, toutes ces connaissances que nous sommes en train d'engranger" sur le vaccin AstraZeneca, "on va pouvoir vacciner largement le personnel soignant", a-t-elle affirmé.

Si vraiment on n'arrive pas à vacciner le personnel soignant, comme on est parti avec ce virus sur peut-être plusieurs saisons, oui, il faudra envisager une obligation vaccinale, comme d'ailleurs nous l'envisageons pour la grippe.

Anne-Claude Crémieux

à franceinfo

"Je fais partie de l'Académie de médecine qui s'est prononcée il y a quelques mois sur l'obligation vaccinale pour la grippe", a déclaré la professeure, rappelant l'importance de la vaccination et a salué le coup d'accélérateur opéré par le gouvernement ce week-end. "C'est très bien et c'est notre principal moyen de nous protéger contre le virus et son variant anglais. Et plus la couverture sera importante et moins il y aura de risque de confinement. Donc, c'est vraiment une très bonne nouvelle", dit-elle.

Elle se réjouit aussi que les médecins généralistes entrent dans la danse de la vaccination : "Moi, j'ai énormément confiance. Je pense que tous les médecins vont s'y mettre. C'est une force de vaccination qui est absolument considérable", dit-elle.

franceinfoRadio France

Mis à jour le

 

 

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/video-vaccination-des-soignants-si-les-explications-ne-suffisent-pas-il-faudra-envisager-une-obligation-selon-la-professeure-anne-claude-cremieux_4324701.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20210309-[lesimages/image1]

"À un moment donné", le Covid-19 "va rentrer dans les rangs des virus saisonniers banals", assure le virologue Bruno Lina

Selon le virologue, membre du Conseil scientifique, l'immunité due à la vaccination et au nombre de personnes contaminées "commence" à avoir un impact sur l'épidémie de Covid-19.

"À un moment donné, le potentiel évolutif" du Covid-19 "va arriver à une fin. Quand il arrivera à cette fin, il va rentrer dans les rangs des virus saisonniers banals qui donneront des rhumes ou des infections pas sévères", a assuré le virologue Bruno Lina membre du Conseil scientifique, jeudi 4 mars,sur franceinfo.

"L'immunité à la fois post-infectieuse et post-vaccinale que l'on commence à avoir impacte le virus, explique Bruno Lina. S'il veut continuer à pouvoir diffuser à l'intérieur de la population humaine, il faut qu'il s'adapte, qu'il évolue. Et c'est ce qu'il est en train de faire".

Aujourd'hui en France, plus d'une personne contaminée sur deux est infectée par le variant britannique, plus contagieux, qui deviendra le seul virus en circulation, probablement fin mars, d'après les spécialistes.

 

D'autres variants apparaissent, notamment celui de New York, mais d'après le virologue, c'est plutôt une bonne nouvelle. "C'est un élément d'espoir, estime Bruno Lina. On est peut-être dans une phase où ce virus a fini de faire son évolution et maintenant on arrive sur une fin de phase pandémique pour rentrer dans une phase de circulation à bas bruit du virus."

"C'est une sorte de nouvelle grande dépression qui commence", estime Arnaud Montebourg

"La pauvreté se répand à une vitesse incroyable"

Les restaurateurs, les patrons de théâtre, les salles de sports, les cafetiers sont sans perspectives d'ouverture. Le gouvernement devrait proposer une nouvelle salve d'aides. "C'est très difficile pour l'État de distribuer des aides à des centaines de milliers de commerçants donc le temps que cela arrive, tout le monde sera déjà mort", estime Arnaud Montebourg.

"Nous ne sommes pas dans une crise économique. C'est une sorte de nouvelle grande dépression qui commence. Parce que vous avez toutes les personnes qui étaient intérimaires, en CDD qui ont perdu leur emploi. On voit les files d'attente lors des distributions de soupe populaire qui s'allongent. Vous avez aujourd'hui une pauvreté qui se répand à une vitesse incroyable. [...] La France est une cocotte-minute", juge Arnaud Montebourg.

Dans son livre, L'engagement, Arnaud Montebourg critique la bureaucratie. "Elle est très forte. Vous avez une sorte de cercle invisible et invincible presque, de la haute technocratie qui dirige ce pays. Et qui est une forme d'arrogance par rapport à la société", conclut Arnaud Montebourg.

(extraits)

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/confinement/coronavirus-c-est-une-sorte-de-nouvelle-grande-depression-qui-commence-estime-arnaud-montebourg_4185899.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20201119-[lesimages/image4]

 

« Inaugurer le temps des arbitrages où tout ne pourra, heureusement ou malheureusement, être maintenu »


Prenant l’exemple d’Air France, quatre enseignants-chercheurs montrent, dans une tribune au « Monde », qu’il faut passer d’une gestion du maintien de l’existant à celle de la suppression pure et simple des activités que condamnent les catastrophes à venir.

 "Faut-il sauver Air France ? Maudit soit celui qui répondra : « Oui, sans hésiter. » Un expert du marketing ou un syndicaliste militant se rejoindront pour expliquer à quel point Air France est plus qu’une simple entreprise ; c’est un symbole, un mythe, un patrimoine, un fleuron, une fierté, à tel point que la foison de qualificatifs susciterait immédiatement une curiosité anthropologique qui s’attacherait à décoder ce que cet attachement si particulier et si puissant à cette entité nous dit de la cosmologie des Français.


Maudit soit aussi celui qui répondra trop hâtivement : « Non, Air France est incompatible avec les enjeux écologiques », ignorant justement tous les peuples, les collectifs, les affects qui nous attachent à cette entité si dense.

Les enjeux sociaux et les risques politiques sont en fait trop importants pour répondre trop clairement à la question. On se protégera en affirmant que la situation est soit exceptionnelle, soit trop complexe, deux avatars managériaux très utiles permettant d’échapper à la question qui tue. Au mieux, on cherchera à conditionner le sauvetage à quelques vagues exigences techniques, sociales ou écologiques.
Dans tous les cas, on fera tout pour de ne pas regarder l’anthropocène dans les yeux, cette nouvelle époque climatique et écologique faite d’irréversibilités, de discontinuités et autres situations catastrophiques comme celle que nous vivons en ce moment.


« Vide stratégique »


Or notre monde organisé est peuplé de milliers d’organisations « comme Air France », c’est-à-dire d’entités qui ont fait proliférer des réseaux de dépendance offrant, dès lors, très peu de prises politiques. Ces objets sont puissants, et la crise liée au Covid-19 nous montre à quel point leur puissance réside non pas dans leur solidité financière ou leur modèle économique, mais plutôt dans les attachements, c’est-à-dire dans les réseaux de dépendances fortes qu’ils ont su tisser autour d’eux, faisant de leur existence un préalable à la subsitance de nombreux humains.
Sauver Air France est ainsi un impératif qui ne se discute pas. Tenter de répondre autrement à cette question ouvrirait en effet la boîte de Pandore : celle de l’ingénierie de la fermeture, celle des protocoles de renoncement, celle qui consiste à inaugurer le temps des arbitrages où tout ne pourra, heureusement ou malheureusement, être maintenu.

Cette impossibilité à envisager la fermeture est symptomatique du « vide stratégique », selon le titre du livre de Philippe Baumard (CNRS Editions 2012), dans lequel les organisations et les politiques qui les encadrent se situent. Si nous ne pouvons pas imaginer la fermeture d’Air France, nous ne pourrons jamais imaginer la fermeture d’une compagnie pétrolière, d’une entreprise de croisière, ni d’une société qui promet des voyages spatiaux. La compagnie pétrolière est encore plus essentielle qu’Air France pour faire tourner nos économies sous perfusion aux énergies fossiles. Nos ambulances sont attachées à Total ! L’entreprise de croisière offre des milliers d’emplois et des vacances bon marché à des cohortes de classes moyennes du monde entier. Les voyages spatiaux, du point de vue de la construction de nouvelles mythologies cherchant à forcer le possible, ne sont pas mal non plus ! Cette impossibilité nous dit beaucoup, aussi, de cette incapacité du management à penser autrement que par la continuité, l’action, le possible, le projet ou le processus.


Protocole de soin


La première exigence d’un protocole de redirection écologique consiste à imaginer sereinement et lucidement la possibilité d’une fermeture pour des raisons anthropocéniques. La question est donc moins celle de fermer Air France que de pouvoir penser et anticiper sa possible (et probable à moyen terme) trajectoire de fermeture, c’est-à-dire son « atterrissage », pour prendre au mot le concept du philosophe Bruno Latour.


Ceci débouche alors sur une deuxième caractéristique liée à l’éclosion de nouveaux imaginaires managériaux encore tabous aujourd’hui : le management (qu’il soit stratégique ou opérationnel) serait moins guidé par l’hystérie d’un agir projectif que par un soin porté à la bonne fermeture. Pour employer une analogie médicale, il ne s’agit plus de maintenir en vie coûte que coûte, mais de penser le protocole de soin dans l’accompagnement d’une fermeture.

La redirection écologique des organisations est donc un programme ambitieux d’un point de vue cosmologique (il agit sur les imaginaires) et technique (il exige des nouvelles compétences). Elle fait subir une série de torsions à la question initiale, de manière à faire surgir toutes les questions que l’on préfère cacher sous la serviette.


Sommes-nous réellement en train de sauver Air France ? Ou sommes-nous en train de la mettre en coma artificiel ? A quoi renonçons-nous en sauvant une entreprise ? Qui ne sauve-t-on pas en sauvant Air France ?
Poser sincèrement et démocratiquement de telles questions ouvrirait alors de nouveaux horizons concrets pour l’écologie politique, et notamment la question centrale du « comment fermer ? ».


Technologies « zombies »


Que veut dire vraiment « prendre soin » d’une entreprise condamnée par sa matérialité écologique, par son design fautif ? Car l’anthropocène est un bon révélateur des erreurs en matière de design d’objets pensés dans des imaginaires relativement récents et déjà dépassés. L’avion, comme milles autres réalités de notre héritage industriel, est une anomalie en matière de design, une « technologie zombie » au sens du physicien José Halloy. Pour diverses raisons : sa dépendance à des énergies fossiles, son inscription dans de vastes réseaux de dépendances créant des irréversibilités politiques et écologiques… L’avion en tant que transport de masse est condamné si nous prenons l’anthropocène au sérieux (bien évidemment nous pouvons décider de ne pas le prendre au sérieux).

Sauver Air France, c’est ainsi d’abord sauver les personnes qui dépendent d’elle au jour le jour, c’est leur permettre de retrouver une autonomie et ne plus lier leur existence à la finitude écologique d’Air France. Récemment, un patron de fonds d’investissement nous confiait sous le couvert de l’anonymat : « La décroissance est devenue le principal scénario d’optimisation financière. » Nous faisons le pari que bien penser une trajectoire de fermeture par la création de nouveaux régimes d’assurances et de redirections sera plus efficace socialement, écologiquement et économiquement qu’une fermeture brutale typiquement néolibérale.


La redirection écologique offre ainsi un nouvel horizon d’intervention publique et technique : accompagner lucidement la fermeture d’organisations incapables d’envisager autre chose que la persévérance dans leur être, coûte que coûte et à l’infini.

Emmanuel Bonnet, Diego Landivar et Alexandre Monnin sont enseignants-chercheurs, respectivement en gestion, économie et philosophie, au groupe ESC Clermont, membres d’Origens Media Lab où ils pilotent le projet « Closing Worlds Initiative ». Sophie Marmorat est enseignante-chercheuse en gestion au groupe ESC Clermont."
(publié par Joëlle Leconte)

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159393238157281

 

L'épidémie de coronavirus pourrait déclencher un effondrement de 25.000 milliards de dollars (20.000 milliards de livres sterling) dans l'industrie des combustibles fossiles en accélérant le déclin terminal des entreprises les plus polluantes du monde.

Une étude a révélé que la valeur des réserves mondiales de combustibles fossiles pourrait chuter de deux tiers, plus tôt que ne le prévoit l'industrie, car la crise du Covid-19 a accéléré le pic de la demande de pétrole, de gaz et de charbon.

L'effondrement imminent des combustibles fossiles pourrait constituer "une menace importante pour la stabilité financière mondiale" en anéantissant la valeur marchande des entreprises de combustibles fossiles, selon le groupe de réflexion financier Carbon Tracker.

Le rapport prévoit qu'une baisse de 2 % de la demande de combustibles fossiles chaque année pourrait faire passer les futurs profits des compagnies pétrolières, gazières et charbonnières de 39 à 14 milliards de dollars.

Il avertit qu'un coup porté aux entreprises de combustibles fossiles pourrait provoquer une onde de choc dans l'économie mondiale, car leur valeur marchande représente un quart des marchés boursiers mondiaux et elles doivent des billions de dollars aux banques mondiales.

Kingsmill Bond, l'auteur du rapport, a déclaré "Il est temps de planifier une réduction progressive et ordonnée des actifs liés aux combustibles fossiles et de gérer l'impact sur l'économie mondiale plutôt que d'essayer de maintenir ce qui n'est pas durable".

Le rapport indique que le monde "assiste au déclin et à la chute du système des combustibles fossiles" en raison de la croissance plus rapide que prévu des alternatives d'énergie propre, associée à l'effondrement de la demande de combustibles fossiles dans le contexte de la pandémie.

Il fait suite aux conclusions de l'Agence internationale de l'énergie, qui prévoyait que les retombées du Covid-19 entraîneraient la chute la plus grave de la demande énergétique depuis la Seconde Guerre mondiale et déclencheraient des creux de plusieurs décennies pour la consommation mondiale de pétrole, de gaz et de charbon, alors que les énergies renouvelables continueraient de croître.

La demande mondiale de combustibles fossiles a chuté de près de 10 % en raison du blocage par le coronavirus, et de nombreux économistes de l'énergie pensent qu'elle pourrait ne pas se remettre de la crise.

Selon M. Bond, les entreprises de combustibles fossiles et leurs investisseurs n'ont pas réalisé que le déclin actuel de l'industrie des combustibles fossiles pourrait être fatal.

"Ce qui est bizarre, c'est que les détenteurs de combustibles fossiles ont été si longtemps résistants à l'idée de changement et ont fait tellement de fausses déclarations qu'ils risquent d'être victimes de leur propre rhétorique", a-t-il déclaré.

"Il y a beaucoup plus de risques inhérents au système des combustibles fossiles que ce que l'on trouve habituellement sur les marchés financiers. Les investisseurs doivent augmenter les taux d'actualisation, réduire les prix attendus, diminuer les valeurs finales et prendre en compte les coûts de nettoyage".

(publié par J-Pierre Dieterlen)

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159385677767281

 

“l’économie mondiale doit repenser d’urgence son modèle !”

 

 

 

Les décisions que nous pourrons prendre pour préparer le monde d’après "ne mèneront à rien si l’on ne réalise pas notre transition énergétique, et cela dans les plus brefs délais", met en garde notre chroniqueur Benjamin Louvet, gérant matières premières chez OFI Asset Management.

 

A l’heure où la crise du coronavirus garde encore confinée près de la moitié de la population mondiale, il est important de prendre un peu de recul et de se rappeler un élément essentiel : au cours des dernières décennies, notre monde s’est considérablement amélioré. La richesse mondiale s’est appréciée, beaucoup de gens sont entrés dans la classe moyenne, l’espérance de vie s’est considérablement allongée, la faim dans le monde a reculé : non, ce n’était pas mieux avant ! Cette formidable transformation, nous la devons en grande partie au pétrole et aux énergies fossiles. Energie dense, le pétrole - et le charbon avant lui - est sans doute aussi en partie à l’origine de la fin de l’esclavage. Le pétrole a modifié à jamais la façon de faire la guerre mais aussi la raison de faire la guerre.

La crise du coronavirus, qui s’est soldée par une baisse drastique de notre consommation d’énergie (la consommation de pétrole a perdu près de 30% au pic de l’épidémie), est venue nous rappeler ce lien indéfectible qui existe entre la croissance, dont la définition est la valeur en Euro issue de la transformation des biens et des services, et l’énergie, que la physique définit comme la capacité mesurée en joules de transformation d’un système. Ce que le P.I.B. compte en euro, la physique le compte en joule !

 

Le problème est que nous sommes aujourd’hui confrontés à une double limite. D’abord, la disponibilité de ces ressources est finie. L’AIE a donné l’alerte fin 2018 en actant que le pic de production du pétrole conventionnel avait été atteint en 2008 ! Depuis, nous ne tenons que grâce au développement des pétroles non conventionnels américains et canadiens, dont l’équilibre financier déjà précaire est aujourd’hui encore un peu plus fragilisé par la baisse de consommation et la baisse de prix induites par la crise sanitaire. L’autre souci, c’est qu’aujourd’hui cette énergie nous tue. Les émissions de CO2 qui y sont associées polluent notre air, faisant des centaines de milliers de victimes chaque année à travers le monde, et entraînent un réchauffement qui, si l’on ne fait rien, provoquera des bouleversements climatiques mettant en grave danger notre existence même !

Le réchauffement climatique, au même titre que le virus qui nous frappe, est un ennemi vicieux, car invisible. Comme la grenouille qui ne voit pas le danger si vous la mettez dans une casserole d’eau froide sur un réchaud, nous sommes en train de cuire à petit feu sans nous en rendre compte.

 

Ce que la crise du coronavirus a mis en évidence sur ce point, c’est qu’avec une crise aussi violente que celle que nous traversons, nos émissions de CO2 devraient reculer de moins de 10% cette année. Si cela est une bonne nouvelle pour le climat, ça l’est moins si l’on confronte cela à l’échelle des engagements que l’on a pris notamment lors des Accords de Paris : la COP 21 vise une division par 4 de nos émissions d’ici à 2050. Plus encore, compte tenu de notre mode vie et de la démographie, l’ampleur de la réduction à opérer si nous ne voulons rien changer à nos modes de vie est une division par plus de 10 de nos émissions de CO2 ! Il nous faut donc repenser d’urgence notre modèle économique, nos valeurs.

La crise sanitaire qui nous touche aujourd’hui, en arrêtant totalement notre économie pour plusieurs semaines, nous donne l’occasion de prendre un peu de hauteur et de réfléchir au modèle de société que nous voulons remettre en place une fois ce drame passé. Certaines industries devront par exemple, être abandonnées ou repensées. Mais rien n’est facile. Et c’est dans le domaine énergétique que le challenge est peut-être le plus important. Nous devons décarboner notre économie et, pour cela, décarboner notre énergie. Le problème c’est que l’énergie est partout, et que les énergies fossiles ont des qualités inégalables.

 

Il n’existe pas de solutions simples pour réaliser la transition énergétique aujourd’hui indispensable. Les énergies renouvelables, que l’on qualifie souvent d’énergies nouvelles, sont en réalité les plus anciennes au monde ! Et on ne les a pas abandonnées contraints et forcés, pour se tourner vers des solutions moins efficientes ! Y revenir pose des problèmes énormes, au premier rang desquels leur intermittence, mais aussi leur acceptabilité sociale. La disponibilité des métaux de base nécessaires à leur généralisation est aussi une limite, sur laquelle la Banque Mondiale notamment a déjà fait part de son inquiétude.

Le nucléaire, source d’énergie qui n’émet pas de CO2, pose d’autres problèmes - en particulier la gestion des déchets - et interroge, elle aussi, sur son acceptabilité sociale. Mais elle présente l’avantage, contrairement à une opinion largement répandue, d’être une des énergies la moins émettrice de gaz à effet de serre ! Il n’y a pas de solution magique. Il faudra faire des choix : a-t-on besoin de croître tous les ans pour être heureux ? Le risque nucléaire est-il acceptable ? Le coût des énergies renouvelables est-il supportable ? Et comment gère-t-on l’intermittence ? Ou les déchets radioactifs ? Le développement de l’aviation civile doit-il être limité ? Ce sont autant de questions que nous devrons nous poser en sortie de cette crise sanitaire. Et la sphère politique a bien évidemment un rôle à jouer en fixant des objectifs et des règles claires.

Bien sûr, il y a des raisons d’espérer. Les ingénieurs travaillent sur le stockage de l’électricité pour pouvoir solutionner le problème de l’intermittence, d’autres travaillent au développement de la fusion nucléaire, qui permettrait une énergie quasi infinie et presque sans déchet. D’autres enfin travaillent sur la captation du CO2. Tous ces éléments sont des lueurs d’espoir, mais la situation exige des réponses et un ajustement immédiat de notre modèle. La situation est grave, mais nous nous devons de rester optimistes, tout en prenant bien garde néanmoins de ne pas être complaisants !

Comme le rappelaient Matthieu Auzanneau et Jean-Marc Jancovici, du Shift project, dans une tribune récemment : “La France est le pays des lumières, il est temps de changer l’ampoule” ! Toutes les décisions que nous pourrons prendre pour préparer le monde d’après ne mèneront à rien si l’on ne réalise pas notre transition énergétique, et cela dans les plus brefs délais. C’est cela qui constitue, plus que jamais, notre enjeu d’avenir(s) !

Benjamin Louvet, gérant matières premières chez OFI Asset Management, achevé de rédiger le 18/05/2020

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